MANUSCRITS DU CODE
avait autrefois retranchés aux manuscrits du Code; ce travail de restitution du texte originaire se poursuivit jusque (379) vers la fin du onzième siècle; à ce moment un revirement complet se produisit ; l'abrégé fut délaissé pour des manuscrits qui contenaient presque en entier les neuf premiers livres. Nous possédons trois manuscrits de l'abrégé du Code sous sa forme la plus étendue ; ils ont été faits du dixième au douzième siècle (1). C'est d'un manuscrit abrégé du même genre que s'est servi l'auteur de la lex romana canonice compta ; même observation à propos de VEœpositio sur le recueil des lois lombardes , appelé Liber Papiensis (2), qui date du milieu du onzième siècle, et à propos du Libellus de Petrus Crassus (a. 1080) (3). On ne constate l'emploi des manuscrits reproduisant le Code dans son entier que dans les extraits de Milan (4) et dans la Collectio canonum d'Anselme de Lucques (mort en 1086). A partir du onzième siècle , les manuscrits qui ne se bornèrent plus à donner un abrégé du Code , ne furent point, comme on aurait pu s'y attendre, la reproduction des anciennes copies intégrales du Code qui existaient encore à ce moment ; on se contenta de s'aider de celles-ci pour combler les lacunes des manuscrits de l'abrégé déjà complété dans une certaine mesure ; le procédé ne changea point , mais on se montra plus radical dans l'application. Les trois derniers livres du Code restèrent cependant séparés des neuf premiers; on les copia à part; les manuscrits qui les contiennent ne remontent pas au delà du milieu du douzième siècle ; à en juger par les ouvrages juridiques, on ne parait pas non plus les avoir consultés
(1) On trouvera l'indication du contenu de ces manuscrits dans le deuxième appendice de l'édition critique du Code. Cf. Chiappelli, Sixidi e ciocumenti di sloria e dirillo, VI.
(2) Voir rénumération des passages du Code cités dans cotte Expositio dans les Moniunenta Germaniac liistorica, Loges, IV, p. i.xxxiii.
(:\) Fickcr, Forscliungen zur lieichs-und licchtsgesctxichlc Italiens, IV, lOG et suiv.
(4) Ci-dessus, p. 500.
antérieurement. Ils portent la dénomination de Très Librî, tandis que par Codex on n'entend, en général, que les neuf premiers livres. Les Très Libri ont dû être copiés sur les manuscrits types qui servirent à compléter les autres livres. Quant à ces manuscrits, ils sont perdus. Les compléments qu'on en a tirés ont laissé subsister quelques lacunes. Les constitutions en langue grecque n'ont pas été reproduites ; il est à présumer que bon nombre d'entre elles manquaient déjà dans les manuscrits types (1). On ne laissa subsister qu'une seule reproduction de certaines constitutions latines insérées deux fois dans les copies plus anciennes. Les inscriptions et suscriptions furent regardées comme des additions superflues. Ce furent surtout ces dernières qui eurent à souffrir de cela; dès le début, on les supprima presque entièrement, tandis que les premières figurent encore dans les manuscrits du douzième et (880) du treizième siècle; il est vrai que celles-ci, je veux dire les inscriptions, sont tronquées; on avait commencé par supprimer le nom du destinataire, puis on s'attaqua au nom des empereurs; on en vint, au quinzième siècle, à ne laisser subsister que les premiers mots Imp. ou /dem, afin de distinguer les constitutions les unes des autres.
Nous possédons du Digeste un manuscrit fort ancien , du sixième ou au plus tard du septième siècle , œuvre de La Florentine, scribes grecs (3). Il sc trouve à Florence depuis l'année 1406 ; antérieurement à cette date, qui est celle de la prise de Pise par les Florentins, il appartenait aux Pisans; on peut établir avec certitude que ce manuscrit se trouvait à Pise depuis le milieu du douzième siècle. On a prétendu
(1) Préface de l'édition critique du Code, p. xxi.
(2) Pour ce qui suit, voir la préface de Mommsen dans son édition du Digeste.
(3) On trouvera un fac-similé de quelques pages de ce manuscrit à la fin du second volume de l'édition Mommsen. Une reproduction photographique du manuscrit tout entier est en préparation dans ce moment en Italie ; elle se fait par les soins du gouvernement italien. Cf. Archivio giuridico^ 1893, 3* fasc.