LES DEUX GATON
livres à S. Aelius , mais que cette attribution était con- (55) testée.
Dans rénumération de Pomponius, on trouve ensuite les deux Caton, le père, M. Porcius Cato, né en 520/234, m. Porcms cato. consul en 559/195, censeur en 570/184, mort en 605/149, le fils portant le même nom (1) avec le surnom de Licinianus (né vers 562/192, mort en 601/153 ou 602/152). Les écrits juridiques du père ne nous sont pas connus (2) ; le fils paraît en avoir laissé un grand nombre (3). Les écrivains postérieurs distinguent rarement ces deux personnages l'un de l'autre (4) ; quand il s'agit de responsa (5) ou d'autres traités juridiques, il semble qu'il faille les attribuer de préférence au fils; il en est ainsi en particulier des Gommentarii juris civilis (6) et d'une œuvre en quinze
comme l'exige la suite des idées, les études grammaticales; on les appelait ainsi du nom d'un contemporain de Crassus, L. Aelius Stilo, qui les avait créées. Voigt croit à tort qu'il s'agit ici d'études juridiques spéciales portant sur les matières traitées dans les œuvres d'Aelius. Il est également inexact de voir, comme le fait Voigt, une allusion à la division des Tvipertita dans le passage suivant de Probus, 1 : Quod in — legibus publicis pontificumque monumenlis et in juris civilis libris etiam nunc manet.
(1) La contradiction qu'il y a dans la phrase de Pomponius, g 38 : hos sectatus ad aliquid est Cato. deinde M. Cato prince}:)S Porciae familiae cujus et libri exlant, disparaît si l'on admet avec R. Schœll, XII Tabl., p. 24, que la première mention de Caton est une glose marginale insérée par erreur au texte.
(2) Cicéron y fait allusion, de orat., 3, 33, 135. Voir, sur Caton l'Ancien, Teufifel, Litteralurgeschichte , g 118-122. Jors , Rechtswisseiischaft , I, 267 et suiv.; sur le fils, cf. Jors, I, 283 et suiv. On trouve des formules de contrats dans la lies rustica ; voir à ce sujet Rudorff, Indices leclionum de Berlin, 18i6. 1846/47; Bekker, Zeitschrift fur Rechisgeschichtc, III, 1864, p. 416 et suiv.; Bcchmann, Kauf, I, 526.
(3) Pomponius ajoute après les mots qui précèdent (n. 1) : sed plurimi (ilii ejus, ex quibus céleri oriiintur. Mommsen propose de lire ordiuntur ; lo texte signifierait alors que les écrivains postérieurs (les jurisconsultes?), dans leurs citations, ne remontent pas au delà de ce Caton; — mais ceci n'est pas parfaitement exact, puisqu'ils citent également S. Aelius.
(4) Aulu-Gclle, 13, 20, 9: e.v majore Cntonis filii>, qui praelor desigualus paire vivo mortuus est et ecjregios de juris disciplina libres rrliquil. Mommsen conclut de ce passage (lioem. Geschichte, W , 45!), traii. Alexandre, t. III, p. 23.'^)) qu'un de ses ouvrages ])ortait pour titre : de juris discijfliuii ; mais Auhi-Gcllc no parait pas avoir voulu faire allusion ù un écrit spécial.
(5) Cic. de oral., 2, 33, 142 (ci-dessus, g 7, p. 06, n. 2).
(6) Festus, v° mundus.
Manilius.
livres au moins, dont le titre ne nous est pas donné (1).
Pomponius passe sous silence C. Livius Drusus, consul en 607/144; c'était cependant un jurisconsulte dont les consultations étaient très recherchées et qui laissa des ouvrages de droit (2) (3).
Après les deux Caton, Pomponius signale trois hommes (§ 39) qu'il qualifie de fondateurs du jus civile (4). Ce sont P. Mucius, Brutus et Manius Manilius. Le plus ancien des trois est sans doute M' Manilius, consul en 605/149(5). Ses consultations étaient très estimées; il laissa sept livres (6). C'est peut-être à lui qu'il faut faire honneur de ces Manilianae venalium vendendorum leges, comme Cicéron les
(1) Dig., 45, 1, 4§ 1 (Paul).
(2) Val. Max., 8, 7, 4, dit de lui : jus civile populo benignissime interprelatus est ulilissimaquc discere id cupientibus monumenta composuil. Cf. Cic, Tusc, 5, .38, 112: Brut., 28, 109 ; Celsus le cite également, Dig., 19, 1, 38 g 1.
(3^ Mentionnons en passant deux contemporains de Caton le Censeur, un peu plus jeunes que lui, Fabius Pictor et Q. Fabius Labco, consul en 571/183; Cic, Brut., 21, 81 : Ser. (?) Fabius Pictor et juris et lilterarum et antiquilalis bene peritus , Q. que Fabius Labeo fuit ornatus isdem fere laudibus. C'est peut-être au premier de ces deux personnages que se rapporte le passage de Macrobe, Sat., 3, 2, 11 : primo pontificii juris libro apud Piciorem; cf. aussi Huschke, Jurisprudentia , p. 2 et suiv. On peut également signaler comme vivant à cette époque, T. Manlius Torquatus, consul en 589, que Val. Maxime, 5, 8, 3, qualifie de juris civilis et sacrorum ponlificalium peritissimus.
(4) Dans quel sens faut-il entendre cette expression ? C'est ce qui reste obscur malgré l'opposition qu'il y a entre elle et celle du g 41, à propos de Q. Mucius {jus civile jjrimus constiluit.) On a proposé diverses explications. Schneider, Quaesliones de Ser. Sulpicio , croit que l'on a voulu dire qu'ils furent les premiers à justifier scientifiquement leurs avis ; selon Sauio, Varroniana, p. 202, on fait allusion à ce fait que leurs œuvres seraient la base principale du Jus civile de Q. Mucius le Pontife.
(5) Pauly , Real-Ei-tcyhlopacdie , IV, 1481, 4. Manilius est un des interlocuteurs du de Republica de Cicéron; il est également cité ailleurs, dans les écrits de cet auteur; cf. Onomasticon TuUianum, p. 375.
(6) Il faut lire, avec Berlrandus (Bt'oi vojjiixwv sive de jurisperitis libri dans les Vilae tripartitae IConsultorum velerum, éd. Franck, Halae, 1718), le g 39 de Pomponius comme s'il y avait : ex his P. Mucius etiam X libros reliquil, Manilius Vil , Brulus III ; cette leçon se justifie par la phrase suivante : illi duo consulares fuerunt, Brulus praetorius , et par le fait que Cicéron confirme le nombre de trois livres attribués à Brutus ; cf. p. 75, n. 6.