‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 25 sur 147 · MANILIUS. BRUTUS. P. MUGIUS SCAEVOLA · texte numérisé non relu

MANILIUS. BRUTUS. P. MUGIUS SCAEVOLA

appelle (1), ou, pour parler comme Varron, des Manilii actiones ; ce dernier écrivain nous a rapporté un certain nombre de ces actions, non sans en avoir modifié quelquesunes (2); et il y a joint des formules pour les stipulations de vente. On ne saurait dire si ces leges et ces formules figuraient dans les livres de Manilius que nous venons de citer ou si elles se trouvaient dans d'autres ouvrages (3).

M. Junius Brutus (4), qui ne parvint qu'à la préture , écrivit trois livres de jure civili (5) ; à l'exemple des philosophes grecs, il donna à son traité la forme d'un dialogue entre lui et son fils (6) ; le cas est unique dans la littérature juridique de Rome. Brutus est cité avec P. Mucius et Manilius à propos de certaines questions controversées (7).

Enfin, le dernier de ces trois jurisconsultes, P. Mucius Scaevola, consul en 621/133, puis poiitifex maœimus (8), composa dix libelli ; certaines de ses décisions sont rapportées par Cicéron et par les jurisconsultes postérieurs (9).

Brutus.

P. Mucius.

(1) De oral., 1, 58, 246.

(2) Varron, r. r., 2, 3, 5; 2, 5, 11.

(3) Sanio se prononce dans le dernier sens , Zur Geschichle der rœm. Rechtswissenschaft, p. 32 et suiv. L'attribution de ces formules à M' Manilius offre des difficultés, parce qu'on trouve dans Varron une leçon différente {Mamilius ; cf. Keil), leçon avec laquelle s'accorde l'ed. princeps du de oratore (Mamilianae); il ne paraît pas que nous possédions des renseignements certains sur la véritable leçon des mss. de Cicéron. Les Hoslilianae actiones dont parle Cicéron, de oral., 1, 57, 245, étaient-elles un recueil juridique ou littéraire (dans ce dernier sens, Rudorff, Rechtsgeschichte, I, 264)? C'est ce que l'on ne saurait dire.

(4) Cic, Brut., 34, 130 : virum optimum — et juris peritissimum.

(5) Mommsen, Rœm. Geschichle, IF, 459, déduit ce titre d'un passage du pro Cluentio de Cicéron, 51, 141,

(6) Cicér., de orat., 2, 55,223.224. Sur le nombre des livres, cf. ci-dessus p. 74, n. 6; voir aussi Cic, pro Cluentio, 51, 141 ; Quintilicn, 6, 3, 44. Le passage du de oral. : ex tertio libro, in quo (inem scrilicndi fecit (lot cnim, ut audivi Scaevolam dicerc, sunt vere Druti lil)ri). donnerait à entendre, il est vrai, que des livres apocryphes étaient venus s'y joindre. Sur les responsa insérés dans cet ouvrage, cf. g 7, p. 66, n. 2.

(7) Cic, de fin., 1, 4 (= Dig., 7, \, m pr.); ad fam. 7,22; Aulu-Gcllo, 6, 15. 17,7, 3; Dig., 9, 2, 27 g 22; 18, 2, 13 pr. 41, 2, 3 g 3; 49, l.V. 4; cf. 50, 7, 17.

(8) Voir des détails sur sa vio dans Pauly, Real-Eucyhlopaedie , V, tSI et suiv.

(9) Cf. les textes dans Iluscliko, .lurisi>ruilriiliii, \>. (1 et suiv., o( Dig., 21. 3, 66 pr. 49, 16, 4; 50, 7, 18.

scaevoia Soii cousiii , Q. Mucius Scaevola, qu'on appela l'Augure

"^'^^' pour le distinguer du fils du précédent, son homonyme, naquit vers 593/161, fut consul en 637/117(1); il est moins connu. Poraponius ne le nomme pas. Il était néanmoins estimé comme consultant , à ce que dit Cicéron qui fut encore en l'an 665/89, peu de temps avant sa mort, un de ses auditeurs (2).

Les élèves de Manilius , de Brutus et de P. Mucius furent, selon Pomponius (§40), P. Rutilius Rufus, Aulus (3) Verginius et Q. Tubero. Le premier, né vers 596/158, Rutilius Rufua. consul cu 649/105, fut condamné au bannissement en vertu d'une sentence injuste (662/92) et passa le reste de sa vie à Smyrne (4). Il avait tout jeune encore reçu l'enseignement de P. Mucius (5) ; il étudia les doctrines stoïciennes à l'école du philosophe Panaetius , et se distingua comme militaire, comme homme d'Etat, comme orateur et historien. Très recherché comme consultant (6), ce fut aussi un écrivain juridique estimé (7). Il est probable qu'il est le même que le Rutilius cité par Sabinus (8), peut-être aussi le même que le préteur P. Rutilius qui introduisit dans

(1) Cf. Onomasticon Tullianum, p. 405; Pauly, Real-Encyhlopaedie, V, p. 183.

(2) Cic, Laelius, 1, 1 ; de leg., 1, 4, 13.

(3) Sic Rupertus d'après Cic, Lael., 27, 101; les manuscrits donnent Paulus.

(4) Cf. Majansius, ad XXX jiirisconsultorum fragmenta, II, 1 et suiv. ; Onomaslicum Tullianum, II, 517; Teufifel, Literaturgeschichte, g 146, 3, et les auteurs qu'il cite.

(5) Cic, de off., 2, 13, 47.

(G) Cic, Brut., 30, \\2 : magnum mvnus de jure respondendi sustinebat.

(7) Suet., Aug., 89.

(8) Dig. , 7, 8, 10 g 3; 33, 9, 3 g 9; 43. 27, 1 g 2; tous ces textes sont tirés d'Ulpien, ad Sahinum ; il est prouvé, du moins pour le second texte, que Sabinus était la source où puisait Ulpien. Mommsen. Ad capila duo Gelliana {Feslgaben fur Beseler, p. 92), conclut de ce passage que Rutilius était de date plus récente que Q. Mucius, du moment oii il s'écarte d'une opinion émise par ce jurisconsulte; mais rien ne prouve que ce n'était pas l'opinion de Rutilius qui était la plus ancienne. On peut faire remarquer, en faveur de ceux qui identifient les deux Rutilius, que Pomponius se contente d'en citer un. C'est sans doute encore le même qui est l'auteur de la Ruliliana cçnslilutio, Vatican, fragm., l.

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