‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 26 sur 147 · RUTILIUS · texte numérisé non relu

RUTILIUS

l'édit la formula Rutiliana et les dispositions sur les affranchis (1).

Nous n'avons de renseignements ni sur Verginius, ni sur les travaux juridiques de Q. Aelius Tubero, consul en 636/118, stoïcien comme Rutilius et comme lui élève de Panaetius (2).

Contentons-nous de mentionner quelques jurisconsultes contemporains des précédents, au témoignage de Pomponius, mais qui n'occupèrent pas dans la littérature juridique une place éminente : Sextus Pompeius , oncle de Cn. Pompeius Magnus (3), Coelius Antipater, plutôt historien que jurisconsulte (4), L. LiciniusCrassus, consul en 659/95, auquel Pomponius donne par erreur le surnom de Mucianus et qu'il regarde comme le frère de P. Mucius (5), le confondant ainsi avec P. Licinius Crassus Mucianus ; ce dernier fut consul en 623/131, mourut en 624/130; Cicéron nous apprend qu'il était aussi un bon jurisconsulte (6).

§ 9. — Les jurisconsultes du dernier siècle de la République.

Depuis le milieu du septième siècle, nos sources nous fournissent des renseignements plus étendus sur les jurisconsultes et sur leurs œuvres (7). Pomponius lui-même ,

(1) Gaius, 4, 35; Dig., 38, 2, 1 g 1.

(2) Cicéron cité par Aulu-Gelle, 1, 22. 7 : nec vero scientia juris majoribus suis Q. Aelius Tubero defuit, doctrina eliam superfuit. Teufifel, Pauly's Real-Encyklopaedie, I, 1, p. 334, 4. Le Tubéron cité dans les écrits dos jurisconsultes de l'empire est un élève d'Ofilius qui porto le même nom. Pomponius, g 46.

(3) Cic. Brut., 47, 175 : Sextus (rater ejus {Cn. Pompei) praeslantissimum ingenium contuleral ad summam juris civilis et ad perfectam gcnmetriae et rcrum Stoicarum scientiam.

(4) Cf. Teuffel, Literaturgesrhichte, g 142, 5.

(5) En disant : hune Cicero ail jurisconsultorum disertissimum, Pomponius se réfère au passage do Brutus, 3!), 145, oîi il est question, sans aucun doute, de L. Crassus. Sur ce dernier, cf. Onoinaslicon TuUianum, p. 344 et suiv.

(G; Onom&sticon Tullianum, p. 348.

(7) Nous passerons sous silence les jurisconsultes dont le nom nous a été

l'auteur qu'il nous fallait consulter presque uniquement

jusque-là, ne se contente plus, à partir de ce moment, de

reproduire les indications puisées dans d'autres écrivains ;

il a lu divers écrits de la période dont nous allons parler,

et il a commenté l'un d'entre eux. Ajoutons que nous pos-

(59) sédons de longs extraits de quelques-uns de ces ouvrages.

Ce n'est point là l'effet du hasard ; cela tient à la situation

éminente occupée par le premier des jurisconsultes que

nous allons nommer ; son œuvre a été le point de départ

des travaux juridiques de date postérieure.

Le jurisconsulte auquel nous faisons allusion est le pon-

Le grand pontife tifex maximus Q. Mucius Scaevola, fils de ce P. Mucius

Q. Mucius. . , , . rt i I 1 1 I f\ -1

dont il a été question plus haut; ne vers 614/140, consul en 659/95 , il fut mis à mort par les partisans de Marins en 672/82. C'était un esprit orné des connaissances les plus variées. Il passa aux yeux de ses contemporains et à ceux des générations suivantes pour le modèle du jurisconsulte savant et consciencieux (1). Un de ses livres, le liber singularis "Opwv , a fourni des fragments au Digeste de Justinien (2). Cet écrit ne contenait pas seulement des définitions , mais on y trouvait aussi des règles de droit et des explications des termes employés dans les lois et surtout de brèves formules des principes juridiques; il a servi de modèle aux definitiones et aux regulae des jurisconsultes postérieurs (3). Son œuvre capitale, le Jus civile en dix-huit

transmis par divers écrivains , et en particulier par Cicéron dans son Brutus, quand une mention ne se justifiera ni par des œuvres juridiques ni par une influence notable sur la marche de la science du droit. — Varron, l. L, 6, 69, mentione les Acliones de Q. Cosconius; était-ce une œuvre juridique? On ne saurait le dire. En dehors de ce texte, Cosconius n'est cité que comme grammairien (Varron, l. L, 6, 36) ou comme historien de la littérature (Suétone, Vita Terenlii).

(1) L'administration de la province d'Asie par Q. Mucius était citée à ses successeurs comme un modèle à suivre. Val. Max., 8, 15, 6.

(2) Dig., 41, 1, 64. 43, 20, 8. 50, 16, 241. 50, 17, 73.

(3) On trouve des conjectures sur les rapports entre cette œuvre et celle qui suit, dans Sanio , Zur Geschichle der roem. Rechlswissenscliafl , 1858, p. 41 et suiv.

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