LES INSTITUTES DE GAIDS
versel, et, sans transition, la théorie des obligations qui forme la fin du troisième livre (1). Elle comprend deux grandes parties consacrées l'une aux contrats, l'autre aux délits ; il y a quatre espèces de contrats , les contrats re , verbis, litteris ou consensu. Entre les contrats et les délits, il est encore une fois question de l'acquisition par les tiers, sorte d'appendice à la théorie des contrats. Les délits sont étudiés dans l'ordre suivant : furtum, rapine, damnum injuria datum et injure.
Au livre IV, Gaius s'occupe'du ;ms gwoc? ad actiones pertinet. Il commence par établir une division des actions ; et, à propos des fictitiae actiones, il donne un aperçu des legis actiones; il traite ensuite des diverses parties de la formule, de la plus petitio et de la compensation. Une transition embarrassée (2) l'amène aux actiones adjectitiae et aux actions noxales. Et à la suite de cette théorie viennent la représentation en justice (3), la division des judicia en légitima et im- (i89) perio continentia, l'extinction des actions par l'effet du temps, leur transmission héréditaire, la satisfaction donnée au demandeur avant le jugement, les exceptions, les interdits, les peines de procédure, Vin jus vocatio et le vadimonium.
C'est dans les Institutes qu'on trouve pour la pre- ordre mière fois un plan général embrassant les principales divisions de l'œuvre, tandis que, dans les écrits antérieurs, elles se suivaient sans que rien les rattachât les unes aux
(1) Hugo , en se basant sur un passage de Théophile , 3, 13 pr. 4 , 0, pr. (cf., en particulier, Goetlinger Gelehrte Anzeiger, 1840, p. 1033 et suiv.), a soutenu que le Jus quod ad actiones periinel commençait par les obligations (le début du livre IV de Gaius est perdu), mais le passage même de Théophile prouve que c'est là une erreur -, cf. d'ailleurs Puchta, Inslilutionen, I g 99 hh,
('2) 4, 69 : Quia tamen superius menlionem habuimus de actione, qiia in peculium filiorum famili.is servorumque aijilw, opus est , ut de h&c acliom... admoneamus. La transition naturelle serait la suivante : après avoir traité des actions et dos diverses parties de la formule, on va s'occuper des cas où l'on est responsable du fait d'autrui (gg f)9-81) (alieno nomine), pour passer à la représentation eu justice (agerc alieno nomine).
[3) Ici aussi, la suite des idées n'apparaît pas dans le texte do Gaius ; tout ce qui suit jusqu'aux exceptions est relatif à l'extinction des actions.
des niiilicres.
autres ; on les classait comme dans la source du droit que l'on étudiait ou bien on les présentait dans quelque autre ordre traditionnel. Gains s'efforce même d'établir un ordre méthodique entre les matières comprises dans ces divisions principales. On se demande s'il faut faire honneur à ce jurisconsulte de cette classification systématique du droit romain. Lui-même ne donne jamais à entendre qu'il en soit l'inventeur. Il ne se préoccupe pas une seule fois de justifier de quelque façon que ce soit cette division en personae, res et actiones, qui, si elle avait été son œuvre, aurait appelé des explications; il parait supposer qu'elle était déjà connue : c'est une division traditionnelle (1). Pour les subdivisions, on y remarque des défauts divers (2), il y a des répétitions (3) et des lacunes, si bien que l'on est tenté de supposer qu'on est en présence d'un premier essai. Mais il y a des raisons pour ne pas les attribuer à Gains; on est surtout frappé de voir combien ses transitions rendent obscure la division de la troisième partie , bien conçue d'ailleurs (4) ; on dirait que Gains l'a empruntée à l'œuvre d'un autre jurisconsulte à laquelle elle servait de base et qui l'avait reproduite sans explications, parce qu'elle était déjà en usage (5).
(1) La division en personae et res se rattache, d'après une conjecture assez accréditée de nos jours, à la division des dieux romains qu'on trouve dans les Indigilamenta; on en distinguait deux sortes, les uns chargés de veiller au développement physique et intellectuel de chaque homme, les autres s'occupant de leurs besoins, de leurs affaires et de leurs actes, Varron cité par S« Augustin, De civ. dei, 6, 9; Ambrosch, Ueber die Religionsbûcher der Roemer, 1843, p. 8, exprime cette distinction en disant que les premiers s'occupent des personae, et les autres des res. D'autres font dériver le plan de Gains de l'exposé des res divinae présenté par Varron dans ses Antiquités (Augustin , De c. d., 6, 3); au liv. 2 et 4, il y est question des personnes qui avaient à s'occuper des res divinae ; au liv. 5-7, des loca sacra et religiosa ; au liv. 8-10, du calendrier des fotcs et des fêtes.
(2) Signalons, par ex., les explications qui sont données en passant et qui brisent la suite des idées, par exemple 1, 96. 119-122. 156. 159-163. 4, 91-95.
(4) Rem. 39. 40.
(5) Cf. Kalb, Roms Juristen, p. 84 et suiv. Gaius , 3, 90. 91 , ne fait pas