‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 69 sur 147 · GAIUS · texte numérisé non relu

GAIUS

avons ne nous autorisent pas à nous prononcer sur ce point d'une façon sûre (1). En tout cas, Gains lui-même atteste qu'il avait le droit de cité (2) et qu'il était de nationalité romaine (3); nous avons vu plus haut, p. 117, que son commentaire sur l'édit provincial ne contient que le jus honorarium figurant dans l'édit du préteur urbain et applicable à tout l'empire (4) ; si singulier que cela nous semble, on ne voit pas pourquoi cet ouvrage n'aurait pas été écrit à Rome (5).

§ 25. — Marcellus, Scaevola, Papinien et leurs contemporains. (i92)

De Marc-Aurèle à Septime Sévère la science juridique est de nouveau en progrès à Rome. Le jurisconsulte Ulpius Marcellus (6), qui faisait partie du conseil d'Antonin le Pieux (7) et de celui de Marc-Aurèle (8), forme comme la transition entre l'époque précédente et celle-ci. Son œuvre principale consiste dans les trente et un livres (9) de ses

722 . suppose que Gaius était professeur à Rome , et enseignait dans une stalio destinée aux provinciaux. Padelletti, Archivîo Giuridico, XIII, 1874, p. 324, revient à l'opinion ancienne suivant laquelle le nom de Gaius serait un gentilice, tandis que Cattaneo, Rendiconti del R. Istituto lombardo, sér. II, vol. 14, fasc. X, XI, le considère comme un cognomen.

(1) Cf. Huschke, Jurisprudenlia, p. 150 et suiv., et Zeitschrift fur Rechtsgeschichte, VII, 161 et suiv. Wlassak, Processgesetze, II, 224 et suiv.

(2) Par exemple Gaius, 1, 55.

(3) Dig., 50, 16, 233 g 2.

(4) A la différence des autres commentateurs de l'édit, Gaius fait parler, en régie générale, le proconsul au lieu du préteur.

(5) Cf., d'un côté, Mommson, Zeitschrift fur Rechlsgescliichle , IX, 1870, p. 95, 40; d'un autre côté, Degenkolb, Kritische Vicrteljahrschrift , XIV, 1872, 500, 1. A l'appui de l'idée que le commentaire a été rédigé à Rome, on peut citer en particulier le texte du Dig., 27, 10 , b : vel a praetore vel in provinciis a praesidc; qu'on remarque que Gaius ne dit pas : vel Romae a praetore.

(6) Les jurisconsultes l'appellent seulement Marcellus. Il faut pcut-étro l'identifier avec le gouverneur de la Pannonie inférieure, L. Ulpius Marcellus, G. I. L., III, 3307; mais il est dUBcilo do croire que ce soit le mémo jicrsonnago (|ue ce Marcellus dont i)arlo Dion, 72, 8, et qui combattit victorieusement en Bretagne sous Commode.

(7) Vila PU, 12, 1.

(8) Dig., 28, 4, 3, p. 256, n. 5.

(9) Ce chiÉErc est celui que l'on trouve au Dig.. Indpx nuct., 17, 1 ; los ex-

Dirjesta; on y trouve tantôt un exposé dogmatique,' tantôt de la casuistique. Les anciens auteurs y sont souvent cités (1) ; des décrets et des rescrits des empereurs y sont rapportés ; mais Marcellus puise de préférence dans son propre fonds (2). La casuistique a encore conservé, dans une certaine mesure, la forme qu'elle avait dans les Quaestiones et les Epistulae (3) d'où elle est tirée. Le Digeste de Marcellus a été composé sous Marc-Aurèle et sous Verus (4); le vingt-neuvième livre se place en l'année 166 ou peu après (5). Scaevola et Ulpien ont annoté cet ouvrage. Les autres écrits du même auteur dont nous ne pouvons fixer la date précise sont : six livres ad legem Juliam et Papiam, les Responsa en un livre (6), cinq livres au moins de officio consulis dont il ne nous est parvenu qu'une citation qui se trouve dans les écrits de Marcien (7). On se demande si Marcellus n'a pas composé aussi un traité de officio praesidis en plusieurs livres (8). Nous avons déjà (193) parlé de ses Notas sur le Digeste de Julien (9) et sur les

traits qui figurent au Digeste de Justinien sont d'accord avec cette indication, sauf un texte, Dig., 49, 15, 2, où le lib. XXXIX n'est mentionné, sans doute, que par erreur.

(1) Il cite Alfenus (et, d'après lui, Servius), puis Sabinus, Cassius, Neratius, Ariston, Julien et Publicius.

(2) On doit en conclure que Marcellus a voulu simplement compléter les anciens commentaires et non les remplacer par son œuvre personnelle.

(3) Parmi ceux qui le consultent figurent deux jurisconsultes, Gaurus, Dig., 8, 2, 10, et Sulpicius, Dig., 24, 1, 49.

(4) Antonin le Pieux est mentionné dans un fragment de Marcellus. au Dig., 8, 1, 7 pr. (livre III), mais on le suppose mort. On trouve des décisions de Marc-Aurèle dans des extraits de ce jurisconsulte, au Dig., 17, 2, 23 g 1- 28, 4, 3 pr. 35, 1, 48. 37, 8, 3.

(5) Dig., 28, 4, 3 pr. : Proxime in cognilione principis... de legalis dubitalumest... Sententiaimp. Antonini A. Pudente et Pollione conss.{=a. 166).

(6) On ne saurait dire s'il y avait dans les Digesla de Marcellus des responsa proprement dites.

(7) Dig., 40, 15, 1 g 4.

(8) Dig., 4, 4, 43 : de officio praesidis libre I ; au Dig., Index auct., 17, cet ouvrage n'est pas mentionné ; il se peut qu'on ait fait une confusion avec Macer (g 27). Il n'est pas douteux qu'il faille attribuer à Macer, comme le font les mss. de la Vulgate, l'extrait dejudiciis publicis libro II , que la Florentine, Dig., 3, 2, 22, donne comme étant de Marcellus.

(9) Sur la manière dont Marcellus traite les opinions de Julien, cf. Bulh,

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