‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 71 sur 147 · SCAEVOLA. PAPINIEN · texte numérisé non relu

SCAEVOLA. PAPINIEN

peut-être avec celui du Digeste. Tous les traités que nous avons énumérés jusqu'ici ont fourni des extraits au Digeste de Justinien. Nous ne connaissons un dernier livre de Scaevola, le liher singularis de quaestione familiae (1), que par son titre.

Scaevola est cité non seulement par ses élèves Paul et Tryphoninus, mais par Ulpien et Marcien. Modestin le place au premier rang des jurisconsultes les plus éminents (2).

Papinien [Aemilius Papinianus) (3) a atteint encore un papinien. plus haut degré de réputation (4). Il naquit probablement sous Antonin le Pieux (5). Il doit avoir été allié à l'empereur Sévère par la seconde femme de celui-ci (6) ; d'où l'on a conclu qu'il pouvait bien être originaire , (i98) comme elle, d'Hémèse en Syrie (7). En tout cas, ce fut

suite pas que cet ouvrage ait été composé sous Sévère et sous Antonin, comme plusieurs le pensent (par exemple Rudorff, g 72, 43); cf. Unterholzner VerjàhrunysleJire, I, § 132, in fine. D'ailleurs, la comparaison do deux fragments du Digeste, 42, 8, 24 et 12, 6, 61 prouve que cet ouvrage est plus récent que les Réponses.

(1) Dig., Index auct., 18, 5.

(2) Dig., 27, 1, 13 § 2. Cod. Theod., 4, 4, 3 § 3 (a. 39G) ; il est qualifié dans ce texte d'auctor prudenlissimus jurisconsultorum.

(3) Le nom tout entier se trouve au Dig., 12, 1, 40; Cod. Just., 1 , 17, 1 g 6 et dans une inscription, rem. 60; partout ailleurs on l'appelle simplement Papinianus.

(4) Ev. Otto, Papinianus, Lugd. Bat., 1718 (éd. augm., Brem., 1743); Bruns, dans la Realencyclopaedie de Pauly, V, 1141 et suiv.

(5) Il devait être à peu prés du même âge que Sévère (né en 14G).

(H) Vita Carac, 8. Kalb, Roms Juristen, 117, croit que le biographe fait allusion à la seconde femme de Papinien; mais s'il en était ainsi, il lui aurait suffi de constater que Sévère et Papinien étaient alliés; dans la vie do Sévère, dans la vie de Géta et probablement aussi dans la première partie (aujourd'hui perdue) de la vie de Caracalla, il faisait remarquer plus d'une fois que Sévère avait eu deux femmes; s'il avait voulu exprimer l'idée que lui prête Kalb, comment n'aurait-il pas vu qu'il exposait les lecteurs à une confusion certaine ?

(7) C'est en se basant sur le fait rapporté au texte et sur la mention do quelques questions de droit relatives à l'Asie Mineure et à la Syrie que Brcrncr, Reclilslehrev, p. 90, conjecture que Papinien a été, pendant un certain tem[)s, professeur de droit à Béryle. La glose sur la Vita Altwandvi, (W, lui attribue toute une série d'élèves, depuis Alfenus jusqu'à Ilorinogèno; on ne saurait conclure de là qu'il fut j>rofesseur do droit. En sons cniilrairo,

l'un des amis intimes de Sévère; à propos de sa carrière , on nous rapporte tout d'abord qu'il fut assesseur du préfet du prétoire (1). Sous Sévère , il commença par être magister libellorum (2), puis devint préfet du prétoire en l'année 203 (3), et conserva cette fonction jusqu'à la mort de Sévère. Selon certains historiens, Caracalla la lui enleva aussitôt après son avènement (4) ; d'autres supposent qu'il lui laissa cette dignité jusqu'au moment où il le fît périr en l'année 212 (5). Papinien fut mis à mort à la suite du meurtre de Geta par Caracalla (6).

Les principaux ouvrages de Papinien sont ses Quaestiones en trente-sept livres et ses Responsa en dix-neuf livres (7). Le premier de ses écrits fut composé du temps où

Breraer, p. 62. Kalb, op. cit., p. 111 et suiv., voudrait faire de Papinien un Africain à raison de particularités qu'offre sa langue; voir, en sens contraire, E. Schulze, Zeitschrift der Savigny-Sliftung , R. A., XV, p. 125 et s.

(1) Il y est fait allusion au Dig., 22, 1, 3 g 3 : praefectis praelorii suasi. Nous avons cité plus haut, p. 259, n. 2, une addition à la Vita Caracullae , 8, 3, de laquelle il résulte que Papinien aurait été le condisciple de Sévère à l'école de Scaevola et son successeur dans la charge d'advocatus fisci (Sévère fut certainement advocalus fisci sous Marc-Aurèle, Vila Geiae, 2). Faut-il voir là une pure invention? ou bien ces renseignements ont-ils une origine historique ? La question n'est pas encore tranchée. Mommsen penche pour la première explication.

(2) Dig., 20, 5, 12 pr.

(3) Il fut probablement le successeur immédiat de Plautianus, qui fut tué au commencement de la. 203, peu après être devenu sénateur. Nous trouvons des renseignements sur le rôle qu'il joua comme préfet du prétoire en l'a. 204 (du moins à ce qu'il semble), dans Dion, 76, 10. Zonaras, 12, 10; une inscription rapportée dans Orelli-Henzen, n. 5603 : sub Maecio Laeto et Aemilio Papiniano pp. pp., est de l'a. 205.

(4) Dion, 77, 1; Zonaras, 12, 12.

(5) Vita Severi, 21, 8; Vita Carac, 8; Zosim., 1, 9. Sur les hypothèses de Kalb, Roms Juristen, 113, cf. E. Schulze, op. cit., p. 113.

(6) Il s'est formé au sujet de sa mort plusieurs légendes qui sont rapportées dans la vita Carac, 8. Suivant les uns , ce sont ses efforts pour maintenir l'accord entre les deux princes, suivant les recommandations de Sévère, qui lui valurent la haine de Caracalla. D'autres racontent que, Caracalla lui ayant demandé d'excuser la mort de Geta devant le Sénat et devant le peuple, Papinien aurait répondu : non tam facile parricidium excusari posse quam fieri. Enfin, d'après une troisième version, comme Caracalla le priait de rédiger un discours contre son frère qu'il avait tué, il répondit : illud esse parricidium aliud accusare innocenlem occisum.

(7) Lenel, Palingenesia, I, 313 et suiv.

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