‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 72 sur 147 · PAPINIEN · texte numérisé non relu

PAPINIEN

Sévère était seul empereur (193-198) (1).- Il est conçu sur le même plan que les Digesta des jurisconsultes anté- (i99) rieurs. Papinien ne se contente pas, comme Scaevola, d^plpinren. de faire figurer dans ses œuvres ses travaux personnels , il fait des emprunts aux autres jurisconsultes ; et tandis que les Digesta de Scaevola auraient pu s'appeler tout aussi bien des Quaestiones , les matières traitées dans les Quaestiones de Papinien ne correspondent pas au titre qu'il a choisi et le nom de Digesta aurait mieux convenu à son ouvrage. On y trouve soit des exposés dogmatiques, soit de la casuistique , et celle-ci n'a point , à ce qu'il semble, sa source principale dans des disputationes (2). La forme usuelle des quaestiones proprement dites est complètement abandonnée ; il n'y a que les conclusions qui s'y trouvent indiquées, et cela de la façon la plus abstraite possible (3). Les opinions des anciens jurisconsultes y sont fréquemment mentionnées ; Papinien nomme Mucius, Servius, Alfenus, Labéon, Sabinus, Cassius, Pegasus, Nerva, Caelius Sabinus, Neratius, Ariston, S. Caecilius et surtout Julien; il rapporte aussi souvent les décisions des anciens auteurs sans donner leur nom. On trouve également dans son texte des constitutions impériales qui y ont été insérées avec ou sans explications (4). Ce livre était-il un traité complet des matières qu'on comprenait alors dans les Digesta ou bien n'était-il fait que pour servir de complément aux Digesta déjà existants? Il est impossible aujourd'hui de s'en rendre compte. Le titre choisi par Papinien donne à

(1) Cf. d'un côté D., 31, 64 (livre XV), divi Marcus et Commodus impp., et Dig. , 22, .3, 26 (livre XX), divus Commodus, et, d'autre part, Dig., 31, 67 g U (livre XIX), oplimus imp. nosler; Dig., 22, 1. Gg 1 (livre XXIX), imp. noslev Severus, et Dig., 50, 5, 7 (livre XXXVI), oplimus nosler Severus A. Il serait possible que les premiers livres eussent été composes avant Sévère.

(2) On trouve au Digeste des réponses à des questions écrites posées à Pai)inicn à propos de cas pratiques, Dig., 31, 9, 13 (Cluiidius i^cleucus Papiniano suo sa/.). 46, 3, 94 g 3 (Fabius Jiiniiarius Pnpiuiano sa/.).

(3) Cf. Dirkson, Hinlerlaasene Scliriften, II, 453 et suiv.

(4) Par exemple Dig., 29, 1, 34 pr. .38, 2, 42 l 3. 49, 17. 13.

croire que c'était plutôt un ouvrage de cette dernière espèce. Nous avons quelques notes de Paul sur les Quaestiones de Papinien.

Réponses. Lcs Rcspoïtsa (1) sont postérieurs ; c'est un livre qui date

de l'époque où Sévère et Caracalla étaient associés au trône ; il n'est pas antérieur au plus tard à l'année 206 (2), du moins à partir du livre 5. Il était conçu sur le même plan que les Quaestiones et il est certain qu'il fut terminé (3). Dans cet ouvrage comme dans le précédent, la forme adoptée par l'auteur n'est pas d'accord avec le titre (200) qu'il a pris ; Papinien se borne à donner les points de fait indispensables et la solution de la question, en y joignant d'ordinaire les motifs à l'appui ; le tout est présenté de telle façon qu'on dirait de la casuistique sans référence à des espèces particulières ; ce n'est que par exception que la distinction entre la demande et la réponse a été conservée. On n'y trouve pas seulement des responsa de Papinien; il y en a d'autres jurisconsultes, et, avec elles, des décisions rendues dans les auditoria des préfets ou des empereurs (4), ou même des constitutions impériales dont quelques-unes sont insérées purement et simplement sans commentaire (5). On y rencontre même des généralités (6).

(1) Il faut peut-être effacer le mot digestorum au Dig., 48,21, 3 pr. : Papinianus libro XVI digestorum respo7isorum.

(2) Dans le premier livre, Papinien nomme tantôt Sévère seul (Dig., 50, 5, 8 pr.), tantôt Sévère et Caracalla (Dig., 50, 5, 8 g 5); au livre 5, il traite de l'oratio de l'a. 206 sur les donations entre époux, Dig., 24, 1 , 32 g 16. Les deux empereurs sont mentionnés aux livres 5 à 12 dans des termes qui les font supposer vivants (Dig., 27, 1, 30 pr., 34, 9, IG g 1- 31, 78 g 1 ; Vat. fr., 294; Fragment de Berlin. 7); on lit au Dig., 34, 9, 18 pr. : divus Severus ; ce n'est pas une raison pour croire que l'expression optimi principes nostri, qu'on trouve au Dig., 48, 2, 22 (livre 16), se réfère à Caracalla et à Géta; le texte de la 1. 18 pr. donne plutôt à supposer que l'expression dont nous nous occupons a été insérée dans le texte par l'un des annotateurs. Dans ce sens, Otto, Papinianus , p. 262.

(3) Fitting, Aller der Sch7'iften der rœmischen Jurislen, p. 32, s'exprime à ce sujet avec quelque hésitation.

(i) Quelquefois il se contente du simple mot placuit pour rappeler les décrets impériaux et les autres constitutions.

(5) Par exemple, Dig., 34, 9, 16 g 2. 50, 5, 8 pr.

(6) Cf. Dig., 50, 1, 15. 17. 50, 2, 6. 50, 5, 8.

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