PAPINIEN
Les Réponses de Papinien furent publiées de nouveau par Paul et par Ulpien avec des annotations. On ne peut pas déterminer d'une manière précise la date Autres œuvres
• ■/-VIT 1 ^^ Papinien.
des autres œuvres de Papinien. Ses deux livres de Definitiones renferment sous une forme concise un aperçu du droit en vigueur tel qu'on l'exposait dans les Digesta, peutêtre aussi sur le même plan. Il a consacré un ouvrage en langue grecque, intitulé 'Actuvoiaixoç (1), à traiter des fonctions des à<7Tuv(^(jLot ; on entendait peut-être par là les quattuorviri viis in urbe purgandis dans les municipes; la police des rues dont les édiles étaient chargés autrefois, avait été confiée à ces fonctionnaires (2). Enfin Papinien écrivit encore deux traités de adulteriis, l'un en deux livres, l'autre en un seul. Ce dernier contenait surtout des responsa et c'était peut-être un complément du premier (3). Il fut annoté par Marcien (4).
La postérité a placé Papinien au-dessus de tous les jurisconsultes qui l'avaient précédé (5). Il y a quelque
(1) Tel est le titre qu'on trouve au Dig. , Index auct., 2, 6. Le seul fragment qui figure au Dig., 43, 10, 1, désigne ainsi cet ouvrage : èx toO àa-zvvo|/.ixoû |j.ovo6iê),ou Toù naircviavoû.
(2) Dans ce sens, Mommsen, Staatsrecht, II', 603; autrefois, on croyait que ce livre concernait les édiles (par exemple, Otto, Papinianus, c. 4 g 3, c. 12 g 5; Dirkscn, Civilistische Abhandlungen, I, 81); mais ces magistrats portaient le titre d'àyopavôiioi. Kuhn, Die staedtische und bûrgerliche Verfassung des rœmischeyi Reichs, 1 , 58 et suiv., supposait qu'il s'agissait là des curatores reipublicac des municipes.
(3) A l'exemple de Cujas, on admet aujourd'hui que ce liber singxilaris n'avait trait qu'au cours de la procédure dans l'accusatio (dans ce sens encore, Dirksen, Hinlerlassene Scliriften, II, 4G1); mais quel rapport y a-t-il entre cette matière et les textes suivants : Coll., fi, 6 et Dig., 22, 5, 14. 48, 5, 12 g 12. 13?
(4) Dig., 23, 2, 57'. 48, 5, 8.
(5) Cf. Vita Severi, 21 , 8 : Papinianum juris asylum et doctrinae Icgalis Uiesaurum; Zosime, 1, 9 : Ilaiiivtavàv... ivSpa... inl vd(xa)v yvûxyti xai tl(n]yr\(je.i nâvTa; xoùç Ttpè aùtoù xal |1£t' aùtov P6)|ia(ou; vo|i,o6éTai; v)7rep6aXX(5|ievov. Des qualifications comme les suivantes : vir consultisaimus, Cod., 7, 32, 3 (Decius), ou prudentissimus, Cod., 6, 42, IG(Carus), cf. 5, 71, 14; Nvv. \0S> praef. g 2, ou /lomo excelsi ingenii, Inst. , 2, 23, 7 (ô dptaxo; twv vo(jiixâ)v, Théophilo, 2, 23, 7), sont aussi décernées quchiucfois aux autres jurisconsultes classiques. Justinien déclare formcllcmoiil (ju'il est le premier do tous los jurisconsultes, au Cod., (>, 12, 31) (arri(/i.s.sjmi ingenii et inerilu unie ulios
(201) exagération dans ce jugement; mais il est certain qu'il n'est inférieur à aucun. Les fragments de ses ouvrages qui nous restent témoignent encore de l'indépendance de son esprit et de la pénétration de ses vues ; c'est bien le jurisconsulte qui a une grande connaissance des affaires, qui possède à fond les principes du droit et qui cherche à atteindre un point de vue plus large et plus élevé que celui auquel se placent ses prédécesseurs. Il apporte dans l'examen des opinions anciennes une critique éclairée, libre de préjugés, où l'on ne trouve pas trace des vivacités de la polémique. Il s'efforce d'être le plus bref possible, d'atteindre la plus grande précision dans son style; sous ce rapport, c'est un maître qu'on ne peut dépasser ; le sens est sans doute, de temps à autre, un peu difficile à saisir, mais à cela près, sa langue est simple et, en général, très pure (1).
Messius. Messius, l'un des contemporains de Papinien , n'est
nommé qu'une fois; on constate qu'il était membre du conseil de Septime Sévère (2). A la même occasion et au Tryi.i.uninus. même tltrc , on cite également Claudius Tryphoninus (3). Nous connaissons de ce dernier, en dehors des notes sur les œuvres de son maître Scaevola (4), vingt et un livres de Disputationes (5). Il suit dans cet ouvrage l'ordre de l'édit, mais, d'après nos sources, il semble s'arrêter à la matière des testaments ; peut-être n'avait-il pas pu le terminer ; peut-
excellens); cf. Dig., const. Deo auclore, g 6, const. Omnem, g 4; mais la reconnaissance de sa supériorité résulte surtout de la condamnation des notes ajoutées à ses écrits (J 32) et de la préférence que donne à ses œuvres la loi des citations (g 32).
(1) Otto, Papinianus, c. 4 g 6, a recueilli un certain nombre d'héllénismes dans les écrits de Papinien. Cf. Kalb, Roms Juristen, p. 6, 24, 109; Liupold, Ueber die Sprache des Juristen Aemilius Papinianus, 1891.
(2) Dig., 49, 14, 50.
(3) S'il faut l'identifier avec le personnage auquel s'adresse une constitution au Cod., 1, 9, 1 (a. 213), peut-être aurait-il été à ce moment fonctionnaire en Syrie.
(4) Ci-dessus, p. 261 etsuiv. Lcnel, Palingenesia, II, 378 et suiv.
(5) Lenel, op. cit., p. 351 et suiv.
MESSIUS. TRYPHONINUS. CALLISTRATE. 269
être les commissaires de Justinien n'eurent-ils à leur disposition qu'une moitié environ de l'œuvre complète. Les Disputationes de Tryphoninus ont été écrites, au moins jusqu'au livre 10, du temps de Caracalla et de Geta, par conséquent en l'année 211 jusqu'au commencement de l'année 212 (1). On y reconnaît encore d'ordinaire que les explications ont leur origine dans de véritables disputationes sur les espèces qui y sont prévues (2). Les auteurs (202) cités dans ce livre sont Servius, Sabinus, Julien, Marcellus et Scaevola.
Callistrate a écrit , sous Sévère , deux livres de Quaestio- caiiisiraie. nés (3) et quatre livres de jure fisci et populi (4) ; ce dernier ouvrage est le premier traité spécial qui ait été composé sur cette branche du droit ; on s'était contenté jusque-là de. lui réserver une place dans les Digesta. Du temps de Sévère et de Caracalla, il rédigea ses six livres de cognitionibus (5), où l'on trouve pour la première fois une théorie d'ensemble de V extraordinaria cognitio (6). Il n'est pas possible d'attribuer une date précise à ses autres ouvrages, ses trois livres d' Institutiones (7) et ses six livres edicti monitorii ou ad edictum monitorium (8) ; ce dernier traité
(1) Cf. d'une part, Dig., 27, 1, 44 pr. (livre 2) : imp. noster, cum divo Severo pâtre suo ; Dig., 49, 25, 12 g 17; (livre 4) : ab imp. noslro et divo Severo; Dig., 3, 1, 11 (livre 5) : a principe nostro; et d'un autre côté, Dig., 48, 19, 39 (livre 10) : optimi imperatores nostri. Scialoja, Bulleitino deW Istituto di diritlo Romano, 1889, p. 229, croit que le rescrit auquel il est fait allusion au Dig., 49, 17, 19 | 2 (livre 18), est celui qui est rapporté au Code Just., G, 21, 2.
(2) Brcmer, Rechlslehrer, p. 20 et suiv.
(3) Dig., 1, 3, 38, imp. noster Scverus; 12, 3, 10, divus Commodus. Dans cet ouvrage, on se réfère aux liesponsa de Sabinus et de Papirius Fronto.
(4) Dig., 49, 14, 2 g G : imp. noster Severus A.
(5) Dig., 50, 4, 14 g 4 : imp. noster Severus A. ; 1, 19, 3 g 2 : impp. nostri Severus et Anloninus ; 50, 2, 11 : principes nostri.
(G) On y cite de nombreuses constitutions et une fois un texte do Julien. Dig., 5, 1, 36 g 1. Bremer, Rechtslehrer, p. 97, clicrcho à [)rouvor que l'écrit a été composé dans une ville do province.
(7) L'idée do Rudorff que ces Institutos reproduisent le plan do celles de Gaius, n'est pas exacte.
(8) Dig., Index auct., 27, 2 : cdicton moniturioti. Rudorff, '/.citsclirift fur
Menander.
TcrluUien.
renferme une étude assez brève de Vedictum perpetuum ; à en juger par les fragments que nous en avons, l'exposition dogmatique l'emporte de beaucoup, dans cet ouvrage, sur la casuistique. Le nom de ce jurisconsulte fait supposer qu'il était d'origine grecque ; on s'explique aussi de cette façon qu'il s'occupe de préférence des provinces de langue grecque et des rescrits qui s'y appliquaient et dont certains étaient rédigés en grec. Son latin est défectueux; ses écrits trahissent son origine étrangère plus que ceux des autres jurisconsultes dont le latin n'était pas la langue maternelle (1).
Arrius Menander, membre du conseil de Sévère et de Caracalla (2), écrivit, sous ces empereurs (3), quatre livres de re militari (4).
Tertullianus laissa huit livres de Quaestiones (5) et un livre de castrensi peculio (6). Le premier de ces ouvrages est cité par Ulpien au huitième livre ad Sabinum (7), composé sous Caracalla; il est fort probable que l'autre n'a pas été fait avant le règne de Sévère (8).
Rechlsgeschichte, III, 28, et H. Pernice, Miscellanea, p. 102 et suiv., essaient d'expliquer ce titre.
(1) Cf. Kalb. Roms Juristen, 118 et suiv.; E. Schulze, dans la Zeitschrifl der Savigny-Sliftung, R. A., XII, 117. 129.
(2)Dig., 4, 4, 11 §2.
(3) Au Dig., 49, 16, 4 § 9. 5 g 4, on lit : imperator noster. Dans ce dernier texte, on vise, d'après la 1. 13 g 6, eod., une constitution de Sévère et do Caracalla. Menander mentionne Sévère seul comme l'auteur de cette constitution et vise ce mémo empereur dans un autre texte. Cf. Fitting, Aller der Schriflen, p. 33.
(4) Lenel, Palingenesia, I, 695 et suiv.
(5) Extraits au Dig., 1, 3, 27. 41, 2, 28.
(6) Extraits au Dig., 49, 17, 4. 29, 1, 23. 33; citation au Cod. Just. , 5, 70,
(7) Dig., 29, 2, 30 g 6 (Tertullien y invoque l'autorité de S. Pomponius). Deux autres citations qui se trouvent dans Ulpien, ad Sabinum, au Dig., 28, 5, 3 g 2. 38, 17, 2 g 44, sont tirées aussi sans doute de ces Quaeslioiies.
(8) L'équipement pour le service militaire qui, d'après le Dig., 49, 17, 4 pr., fait partie du peculium castrense, n'y a été compris que du temps de Sévère, à ce que soutient Fitting, Peculium^ castrense, p. 36 et suiv. — On a supposé que ce Tertullien est le morne que le Père de l'Eglise Q. Septimius Florens Tertullianus, dont les écrits ont été composés sous Sévère