ARRIUS MENANDER. TERTULLIEN. PAP. FRONTO
Papirius Fronto publia des Responsa en trois livres au p..p Fromo. moins (1); Callistrate et Marcien le citent (2). Peut-être néanmoins n'appartient-il pas à notre époque et a-t-il vécu antérieurement (3).
§ 26. — Paul et Ulpien.
Papinien avait été comme la plus haute expression du génie créateur de la jurisprudence romaine. Après lui , les jurisconsultes s'attachent moins à produire qu'à élaborer les matériaux accumulés par leurs devanciers, afin de permettre de s'en servir plus commodément. Cette tendance nouvelle qui s'était fait jour, dès le deuxième siècle, dans les écrits de Pomponius , a pour principaux représentants , au troisième siècle, Paul et Ulpien.
L'origine de Paul {Julius Paulus) (4) n'est pas connue (5). (204) Nous le voyons d'abord , dans nos sources , mentionné comme avocat à propos d'une question de droit (6) , puis
et Caracalla; on se base, pour le soutenir, sur doux motifs : d'abord, les écrits de ce dernier démontrent qu'il avait une certaine connaissance du droit (par exemple, ApoL, 1-6. 28-44; de anima, C in fine ; et aussi au titre de praescriplionibus adversus haereticos); ensuite Eusèbe {Hisl. eccl.,2, 2) dit de lui : xoùç 'Pwjjiaîwv v6|jiouç rixpiêwy.w; àvi^p. Mais le style du Pore de l'Eglise est complètement différent de celui du jurisconsulte: et la critique qu'il dirige contre la procédure suivie à l'égard des chrétiens par le gouverneur de province est faite à un point de vue si étroit, est si embarrassée et si pleine de sophismes, qu'on ne peut songer à l'attribuer à un jurisconsulte éminent.
(1) Dig., 50, 16, 220 g 1. 14, 2, 4 g 2 in fine.
(2) Dig., 15, 1, 40. 30, 114 g 7.
(3) Il n'y a que ces jurisconsultes qui le citent; mais ce n'est pas une preuve décisive qu'il vécût à une époque rapprochée de la leur ; l'expression qu'on trouve au Dig., 30, 114 g 7 : quod et Scaevola notai et Papirius Fvonio scribil, ne démontre pas non plus qu'il ait écrit après Scrcvola.
(4) Witto dans l'Encyhlnpaedic d'Ersch et do Gruber, 111, 14, p. 221-234.
(5) Los inscriptions do Padoue , qui le font originaire de cette ville , sont modernes; cf. Conradi, Paverga, 1740, p. 511; Witto, op. cil.
(6) Dig., 32, 78 ;g 6. Une autre question do droit sur laquelle IIoûXo; ô vo|iix(iî fut consulté est rapportée dans Artémidoro, Onirocriliroti. 4, 80; cf. Tzschirner, Zeilschrifl fur lïechlsgeschichtc, XII, 149 et suiv.
Paul. comme assesseur du préfet du prétoire Papinien (1). Il fut ensuite magister memoriae (2) et membre du conseil impérial (3), collègue, en cette qualité, de Papinien; il faisait dès lors partie de ce corps sous Sévère et Caracalla (4) ; sous Alexandre Sévère, il fut préfet du prétoire et eut pour collègue Ulpien (5).
Paul eut pour maître Scaevola (6). Le nombre de ses écrits dépasse celui de la plupart des autres jurisconsultes romains ; en dehors de ses notes sur les ouvrages d'autres auteurs, nous connaissons de lui quatre-vingt-six écrits en trois cent dix-neuf livres (7). Nous manquons des renseignements nécessaires pour déterminer la date de leur composition ; mais cependant nous pouvons affirmer que ses travaux vont du règne de Commode à celui d'Alexandre Sévère.
Il dut écrire tout d'abord ses notae (8) sur les Digesta de Julien , en prenant pour base les travaux de Marcellus (9),
(205) et sur les Quaestiones de Scaevola ; les notes sur les Quaes-
(1) Dig., 12, 1, 40; vita Pescennii, 7, 4; vita Alex., 26, 6. Suivant certains savants, l'auditorium Papiniani praefecti praetorio jurisconsulli dont il est question dans le premier de ces textes, serait non pas l'auditoire du préfet, mais celui du professeur; ils en concluent que Paul fut l'élève de Papinien, Voir par exemple Bremer, Rechtslehrer, p, 62, 269.
(2) VHa Pescennii, 7, 4.
(3) Dig., 4, 4, 38 pr.; vita Alex., 68, 1.
(4) Dig., 29, 2, 97.
{b) Vita Pescennii, 7, 4; vita Alex., 26, 5. Dans ces textes, on trouve mentionnée l'opinion do certains auteurs d'après lesquels Elagabal l'aurait nommé préfet en même temps qu'Ulpien; mais l'inexactitude en est démontrée par les données que nous avons sur la carrière d'Ulpien (ci-dessous, p. 286, n. 7), Aurel. Victor, Caes., 24, 6, rapporte que Paul fut banni par Elagabale et rappelé par Alexandre Sévère.
(6) P. 194, 28. Fitting, Aller der Schriften, p. 25, 47, explique l'absence de la qualification de noster dans les responsa et dans le livre ad Vitellium, en disant que Scaevola était déjà mort au moment où ces écrits furent composés ; cf. Mommsen, Zeilschrift fur Rechisgescldchle, IX, 115 et suiv.
(7) Labéon laissa 400 livres (p. 190). Pomponius n'en écrivit guère moins que Paul.
(8) Hommel, Palingenesia, II, 298 et suiv. Sur les prétendues annotations des Posleriores de Labéon, voir p. 193.
(9) C'est ce qui résulte du Dig., 5, 1, 75. 15, 3, 14. 39, 6, 15.
tiones et les Responsa de Papinien sont de date plus récente. Les quatre livres ad Neratium sont aussi de simples annotations (i).
De ces écrits, il faut rapprocher l'extrait des Pithana de Abrégé
. . . des Pithana.
Labéon en huit livres (2) , avec des additions critiques (3) conçues dans un esprit assez peu favorable à l'œuvre originale (4). Paul rectifie maintes fois les idées de Labéon; il montre, en particulier, que les principes de Labéon sont formulés en des termes trop généraux ; à propos des actes juridiques non solennels, il cherche à faire prédominer la volonté des parties contrairement aux décisions de Labéon , qui sont trop absolues (5) ; mais quand il corrige en note les idées de Labéon, il cite des cas auxquels ce dernier n'aurait pas songé à appliquer ses décisions (6).
Paul a également donné un abrégé des Digesta d'Alfenus en huit livres au moins (7) ; il s'est contenté de résumer l'œuvre ancienne sans y joindre de travaux personnels (8).
Il en est autrement des quatre livres ad Vitellium (9). Il Ad viteinum. n'a pas pris pour base de ce travail l'œuvre même de Vitellius , mais le commentaire qu'en avait donné Sabinus (10) ; il cite ce dernier, le reproduit même quelquefois textuellement en y joignant ses remarques personnelles. On y trouve encore toute une série d'additions tirées des anciens auteurs, Cassius, Proculus , Neratius, Julien, Abur-
(1) Page 227.
(2) Page 190.
(3) Dans certains textes, on ne donne pas les passages de Labéon qui précédaient les notes de Paul ; cf. Dig., 33, 4, 13. 40, 7, 41 g 1- 'il. 1. G5 g 3.
(4) En sens contraire, A. Pernice, Labeo, I, 38.
(5) Par exemple Dig., 14, 2, 10. 18, 4, 25. Labéon partait sans doute du même jjrincipe; il est probable qu'il ne voulait donner de décision que pour le cas où la volonté des parties ne pouvait pas ^''tre établie.
(G) Par exemple Dig., G, 1, 78. 41, 1, G5 g 2. 49, 15, 28.
(7) Lenel, Pnlingcnesia, I, 38 et suiv. Le Dig., Index auct., ne cite que l'œuvre d'Altenus lui-mômo; sur ce jurisconsulte, voir ci-dessus, p. 85.
(8) Dig., 32, GO, 1 : au lieu de respondi qu'on trouve dans ce texte, il faut certainement lire rcspondit, comme dans les autres.
(9) Lenol, op. cit., II, 1301 et suiv.
(10) Page 202.
Sounciis DU Droit komain. 18
nius Valens , Pomponius et Pedius , et en particulier un grand nombre de responsa de Scaevola (1). L'ordre des matières est le même que celui du Jus civile de Sabinus (2). L'œuvre personnelle de Paul embrasse l'ensemble du droit; elle est conçue sur un plan plus vaste que celui des (206) écrits de tous les jurisconsultes qui l'ont précédé. 11 consacra au droit privé tout d'abord les dix-huit livres ad Plautium (3) ; comme dans les Digesta , on trouve dans cet ouvrage un commentaire de l'édit, avec des compléments empruntés au jus civile. Il y combine le texte de Plautius avec les additions de Javolenus et de Pomponius ; les écrivains postérieurs y sont cités ; il y a également des remarques et des explications personnelles de Paul.
Ses travaux les plus importants sur le droit privé sont ' un commentaire de l'édit et des libri ad Sahinum. ÂdEdictum. Les soixante et dix-huit livres ad edictum{^), pas plus que les commentaires antérieurs , ne sont une simple interprétation de l'édit , ou , du moins , cette interprétation n'occupe qu'une place secondaire, étant donnée l'étendue de l'œuvre; c'était surtout un libre exposé du droit prétorien fait sur le plan de l'édit. Comme Celsus et Julien, Paul fait précéder les principales divisions de l'édit d'introductions fort étendues , où il expose les théories générales se référant à chacune d'elles, sans les rattacher à l'édit; ainsi, on trouve des théories de ce genre, au livre trente-cinq, sur la formation, sur la dissolution du mariage et sur les constitutions de dot ; au livre trente-huit , sur la tutelle ; au
(1) Quelquefois le nom de l'auteur a disparu; cf. Dig., 32, 78 pr. = 33, 7, 20 § G et 32, 78 g 2. 3 = 32, 93 g 2. 101 g 1.
(2) On ne voit pas trop quel était l'objet du livre IV.
(3) Ces livres doivent être comptés au nombre des œuvres personnelles de Paul , quoiqu'ils affectent çà et là la forme d'un commentaire sur Plautius (ci-dessus, p. 211); c'est ce qui résulte dujfait que le travail de Javolenus ne comprenait que 5 livres et celui de Pomponius 7, tandis que celui de Paul en renferme un bien plus grand nombre.
(4) Lenel, op. cit., II, 960 et suiv. Au Dig., Index auct., 25, 1, on donne à l'ouvrage de Paul 80 livres en y comprenant les deux livres sur l'édit des édiles.
livre cinquante, sur l'affranchissement; au livre cinquantequatre , sur la possession et sur l'usucapion ; au livre soixante et douze , sur la stipulation; il n'y a que les chapitres sur le testament et le legs où elles manquent, sans doute parce qu'il avait traité cel matières en détail dans les libri ad Sabinum. Dans les deux livres ad edictum aedilium curulium (1), il ne cite, à notre connaissance, que Trebatius , Ariston et Pedius ; Caelius Sabinus , l'auteur qui s'est le plus spécialement occupé de ce sujet , n'y est pas mentionné. Dans son commentaire sur l'édit, il remonte , pour ses citations , jusqu'à Brutus et Manilius ; et parmi les jurisconsultes postérieurs que nous connaissons, il y en a peu dont on ne trouve le nom dans les extraits de cet ouvrage. Pour les écrits antérieurs à Labéon , il est établi qu'il a consulté directement ceux d'Alfenus ; mais il n'a peut-être utilisé les autres que de seconde main (2). Quoique Paul connût à fond les ouvrages de droit antérieurs à lui, il n'use du procédé des citations qu'avec réserve. Les traites de Labéon et de Sabinus, (207; le Digeste de Julien, les commentaires de Pomponius et de Pedius (3), sont les écrits dont il se sert de préférence. Le plus récent des écrivains qu'il cite est Scaevola. Le commentaire de l'édit semble avoir été composé en partie sous Commode, et c'est à peine si on peut songer à le faire remonter jusqu'au règne de Sévère (4).
(1) Lenel, op. cit., II, 1095 et suiv.
(2) Paul cite quelquefois de seconde main mcme les jurisconsultes postérieurs ; ainsi Proculus (l'après Urseius Ferox (Dig. , 39, 3, 11 § 2), Sabinus d'après Cassius (Dig., 4,8, 19 g 2), Vivianus d'après Pomponius (Dig., 13, G, 17 g 4).
(3) Celsus et Marcellus n'y sont cités que rarement.
(4) Fitting, Peculium caslrense, p. xxxii, s'appuie principalement pour fixer cette date sur le fait que Paul ne cite aucune dos nombreuses et importantes constitutions do Bévèro et do son fils. On peut ajouter qu'il n'y a pas non plus de référence aux Quacsliunes de Papinion et cependant ses annotations sur cet ouvrage prouvent dans quelle estime il le tenait. 11 est vrai que Marcien est mentionné par lui au Dig., 7, 9, 8; mais il no faut pas hésiter à voir là une do ces confusions «si fréquentes entre le nom de Mar-
AdSabinum. Deds Ibs seizG livres ad Sahinum (1), Paul, pas plus que Pomponius, n'a pris pour base de son travail, le texte même de Sabinus; il a fait un traité de jus civile sur le plan de l'ouvrage de Sabinus et il se sert aussi bien des travaux des autres jurisconsulte^ que de ceux de Sabinus. La source principale à laquelle il puise est le travail de Pomponius sur Sabinus ; parmi les auteurs anciens il recourt surtout à Julien, à Marcellus et à Scaevola (2). Il ne paraît pas avoir consulté les Quaestiones de Papinien , ce qui donne à supposer que l'œuvre de Paul a été, au plus tard, composée sous Sévère.
Paul n'a pas seulement écrit le grand commentaire de l'édit dont nous venons de parler ; il en a fait aussi un moins étendu en vingt-trois livres sous le titre de Brève Edictum ou Brevia (3) (4) ; peut-être était-ce un simple abrégé de l'autre ouvrage (5).
A ces travaux d'une étendue considérable s'ajoutent une Monographies, séric de monographies destinées les unes à combler les lacunes de ceux-ci, les autres à revenir sur des théories qui y étaient déjà exposées. Tels sont les ouvrages suivants {Uhri singulares) : de actionibus (6), de conceptione formula- (208) ^um (7), de inofficioso testamento (8) et de centumviralibus (9)
cien et celui de Mécien; Vimp. Antoninus , dont il est question au Dig. , 4, 8, 32 l 14 (livre XIII), n'est autre que Commode.
(1) Lenel, op. cit., p. 1551 et suiv.
(2) Africain ne se trouve pas au nombre des jurisconsultes qu'il cite.
(3) Cf. Mommsen sur le Dig., 13, 5, 22. Aux Vat. fr., 310, le titre est ad edictum de brevibus.
(4) Lenel, op. cit., p. 955 et suiv.
(5) Ci-dessus, p. 180. Autres conjectures sur le rapport qu'il y avait entre ces deux commentaires : Witte , op. cit., p. 226, 21; Rudorff, de jui-isdictione edictum, p. 14 et suiv.; H. Pernice , Miscellanea, l, 105; Huschke , Publiciana, p. 5, 3; Karlowa, Rechtsgeschichte, I, 636.
(6) Dig., Index auct., 25, 64. Huschke, die jûngst aufgefiindenen Bruchstûche aus Schriften roemischen Juristen, 1880, p. 12, 2.
(7) Dig., 44, 1, 20; cet écrit n'est pas mentionne au Dig., Index auct. Aussi Huschke, Karlowa et Wlassak ont-ils admis que cet ouvrage était identique avec le de actionibus.
(8) Dig., 5, 2, 18. 23. 32.
(9) Le texte porte seplemviralibus.
judiciis (1), Ttepl SusaiTOffTraffTwv (2) , c'est-à-dire sur les droits des propriétaires de deux choses réunies qu'on ne peut séparer, de intercessionibus feminarum (3) et ad Se. Velleianum (4), ad orationem divorum Antonini et Commodi (5), de dotis repetitione (6), de do7iationibus inter virum et uœorem (7) (livre relatif peut-être à Voratio Caracallae de l'année 206), ad orationem divi Severi (8) du temps de Caracalla (9), de jure patronatus (10), de forma testamenti (il), ad legem Vella^ eaw(12), desecundis tahulis (13), ad Se. Silanianum{[^), de jure codicillorum (15), de instrumenti signifîcatione (16), de adsignatione libertorum (17), de gradibus et adfinibus et nominibus eorum (18), de libérait causa (19) et de articulis liberalis eausae (20), ad Se. Claudianum (21), de injuriis (22), &7:o6Y]xapta (23).
(1) Dig., 5, 2, 7. 28. 31.
(2) Glossae nomicae, v. de Tigno.
(5) On lit divi Marci au Dig., Index auct., 25, 50; divi Antonini et Commodi au Dig., 23, 2, 60; divi Severi et Commodi au Dig., 23, 2, 20. Du moment où on cite Papinianus libvo V responsorum dans un texte du Dig., 23, 2, 60 g 4, l'ouvrage date au plus tôt du règne de Sévère et de Caracalla (198-211).
(6) Dig., 50, 17, 68.
(7) Dig., Index auct., 25, 07.
(8) Dig., 27, 9, 2. 4. 13.
(9) Dig., 27, 9, 13, pr. imp. Antoninus et divus pater ejns.
(10) Dig., 25, 3, 9. 38, 1, 17. 28.
(11) Sic Dig., 32, 98; de testamentis, Dig., Index auct., 25, 61, et Vat. fr., 229, 230. Witte, op. cit., p. 233, 69-70, admet qu'il y avait là deux ouvrages distincts. Cf. Lenel, op. cit., I, p. 1102, 6.
(12) Dig., Index, 25, 51.
(13) Dig., 28, 5, 57. 28, 6, 38. 30, 126.
(14) Dig., 29, 5, 7. 10. 12.
(15) Dig., 29, 7, 8. 30, 127. 34, 4, 16. 35, 1, 38. 40, 4, 28.
(16) Dig., 32, 99. 33, 10, 4; Index auct., 25, 58 : de instructo de inslrumcnto.
(17) Dig., 23, 2, 59. 28, 3, 14. 34, 2, 30. 34, 4, 15. 50, 17, 69.
(18) Le Dig., 38, 10, 10, contient presque en entier le traité de Paul; la chose a été certifiée à Cujas {ObservatioTies, 6, 40) par le possesseur d'un manuscrit de l'œuvre originale, manuscrit aujourd'hui perdu.
(19) Dig., 40, 12, 33.
(20) Dig., 40, 12, 41.
(21) Dig., 40, 13, 5. Au Dig., Index auct., 25, 37, on a écrit, par mégardo : ad senatusconsullum Libonianum seu Claudianum.
(22) Coll. 2, 5. 6.
(23) Dig., Index auct., 25, 42; le litre exact parait avoir été de formula hypotliecaria, comme dans les écrits do Gaius ot do Marcicu.
(209) Trois livres de Fideicommissa (1) et le liber singularis de
senatusconsultis (2) forment le complément des libri ad edictum et ad Sahinum.
Les appendices qu'il était d'usage de joindre au commentaire de l'édit dans les Digesta ont fourni à Paul la matière d'un grand nombre de monographies; la plus étendue de toutes est le commentaire ad legem JuUam et Papiam (3), en dix livres (4); les libri singulares de tacitis fîdeicommissis (5) et de jure patronatus quod ex lege Julia et Papia venit (6) se rattachent à celui-ci ; les autres sont : les libri singulares de legitimis hereditatibus (7), ad Se. Tertullianum (8), ad Se. Orfitianum (9), ad legem Cinciam (10), ad legem Falcidiam (11) (12), les trois livres ad legem Aeliam Sentiam (13), les libri singulares ad legem Fu-
(1) Lenel, Palingenesia , I, 1099 et suiv. L'imp. Antoninus dont il est question au Dig. , 40, 5, 31 g 4, pourrait être Commode, ou Caracalla, ou Elagabal, du moment oîi on ne trouve ailleurs que Marcus imp. (40, 4, 56) ; il serait dangereux d'argumenter de ce que Papinien n'est pas cité dans ce petit ouvrage, car nous n'en avons que quatre citations , et Mécien n'y est pas nommé non plus.
(2) Dig., 36, 1, 27.
(3) Dig., Index aucl., 25, 7 : ad leges. Recueil des fragments dans Lenel, op. cit., p. 1125 et suiv. Quant à la date, Fitting {Aller der Schriflen, p. 45) croit, sans raisons suffisantes, que les mots divus Antoninus au Dig., 49, 14, 13 g 7, se rapportent à Marc-Aurèle. Cf. Mommsen, Zeitschrift fur Rechtsgeschichte, IX, 111 et suiv.
(4) Dig., 25, 7, 2; au lieu de libro duodecimo, il faut lire dans ce texte : libi'O secundo.
(5) Dig., 49, 14, 49 (on ne peut pas savoir quel est l'empereur désigné par les mots : Imp. Antoninus); 50, 16, 229; Dig., Index auct., 25, 54, de tacito fideicommisso ; le commentaire traite des tacita fideicommissa au septième livre.
(6) Dig., Index auct., 25, 63; c'est au même sujet que se rapportent sans doute les livres IX et X du commentaire.
(7) Dig., Index auct., 25, 70.
(8) Dig., 38, 17, 5-7; 50, 16, 231. 32, 28.
(9) Dig., 38, 17. 6. 50, 16, 230.
(10) Dig., 1, 3, 29.
(11) Dig., 35, 2, t. 3. 23, 2, 7. 31, 6. 46, 3, 105.
(12) Paul traite, au seizième livre, ad Sabinum, du postliminium et de la loi Cornelia, matières dont il est aussi question à cette place dans les Digesta.
(13) Hommel, op. cit., p. 110 et suiv.
fiam Caniniam (1), de publîcis judiciis (cet ouvrage est du temps de Caracalla) (2), ad Se. Turpillianum (3), trois livres de adulteriis (4) et le liber singularis ad legem Juliam de adulteriis (5) (cet écrit est postérieur à la mort de Caracalla) (6), le liber singularis ad Se. Libonianum (7), deux (210) livres ad legem Juliam [majestatis] (8), les libri singulares de poenis omnium legum (9), de poenis paganorum (10), de poenis militum (11), de portionibus quae liberis damnatorum conceduntur (12), deux livres de jure fisci écrits sous Caracalla (13), les libri singulares de appellationibus (14) et de usuris (15). On ne saurait dire si les libri singulares de concurrentibus actionibus (16), de juris et facti ignorantia (17), de jure singulari (18) rentrent dans cette catégorie d'ouvrages ou si c'étaient des travaux nouveaux et sans précédents.
A ces commentaires étendus Paul a joint plusieurs recueils de décisions d'espèces. Ses vingt-cinq livres de Quaestiones et ses vingt-trois livres de Responsa sont conçus Questions, sur le plan des Digesta^ suivant le précédent donné par
(1) Dig., 35, 1, 37. 50, 16, 215.
(2) Dig., 47, 15, 6 (ab imp. nostro et pâtre ejus). 48, 1, 8. 48, 8, 7. 48, 13, 9.
(3) Dig., 23, 2, 68. 48, 6, 12. 48, 10, 21.
(4) Hommel, op. cit., p. 1 et suiv.
(5) Coll., 4, 2-4. 6; Dig., 48, 16, 16. — Coll., 4, 2, 1 : Brevem inlerpretationem de adulteriis coercendis facturus per ipsa capila ire malui ordinemque legis servare.
(6) Coll., 4, 3, 6 : Magnus Antoninus, cf. Mommsen, op. cit., p. 109.
(7) Dig., 48, 10, 22; cf. 277, n. 21.
(8) Dig., 40, 9, 15. L'imp. Antoninus, cité au princ. de ce texte, est, d'après le Cod., 9, 8, 6 g 3, l'empereur Caracalla.
(9) Coll., 8, 2; Dig., 48, 9, 10. 48, 16, 2.
(10) Dig., 47, 2, 90, 47, 16, 2. 48, 10, 23. 48, 18, 21 ; Coll., 11, 6. 12, 6.
(11) Dig., 47, 17, 3. 48, 3, 8. 49, 16, 14.
(12) Dig., 48, 20, 7, pr. g 2. 1, 5, 7. 48, 20, 7 g 3-5.
(13) Dig., 34, 9, 5 (g 9, Impp. Severus et Antoninus; g 10, divus Severus).
(14) Dig., 49, 2, 2. 49, 5, 7.
(15) Dig., 22, 1, 17.
(16) Dig., 44, 7, 34. 47, 2, 89.
(17) Dig., 22, 6, 9.
(18) Dig., 1, 3, 16. 7, 1, 63. 24, 3,54.
Scaevola et par Papinien. Le premier de ces ouvrages (1) contient surtout des explications sur des espèces dont les unes sont tirées de disputationes orales, et dont les autres lui ont été soumises par écrit par quelques-uns de ses élèves.
rmosiions. Elles sont examinées de la façon la plus approfondie, dans tous les sens, sans que le jurisconsulte se borne à s'occuper des points qui lui sont signalés par les consultants. On y trouve également soit des responsa de Paul, soit des textes où il donne des explications théoriques sans se référer, semble-t-il, à des disputationes ou à des questions, comme il s'en trouvait dans les lihri ad edictum et ad Sabinum (2); le jurisconsulte y rapporte des rescrits (3) et même des extraits des ouvrages des anciens auteurs, tantôt sans la moindre addition (4), tantôt avec une remarque présentée sous forme de note additionnelle (5). Il y (211) est question, enfin, d'affaires examinées à l'auditoire de Papinien (6). Il suit de là que ce recueil paraît avoir été fait pour servir de complément aux commentaires étendus dont nous venons de parler ; cette conjecture s'accorde bien avec l'époque de sa confection, car il est postérieur à la mort de Sévère (7).
Réponses. Les Respousa sont plus simples et leur objet s'accorde
mieux avec leur titre (8). Il s'y rencontre sans doute
(1) Lenol, Palingenesia, I, 1181 et suiv.
(2) Cf. Dig., 2, 14, 43. 4, 2, 17. 42, 6, 5. Il est difficile de déterminer jusqu'à quel point les compilateurs de Justinien ont modifié les textes suivants, Dig., 19, 5, 5. 22, 3, 25. Cf. Eiselc, Zeitschr. d. Savigny-Stiflung, VII, 1, 29; Gradenwitz, Interpolalionen, p. 14. Lenel, Zeitschr. d. Savigny-Stiflung, IX, 2, 1.
(3) Dig., 40, 4, 52.
(4) Dig., 10, 3, 29 g 1. Il y a aussi des réponses consistant en de simples renvois aux solutions données par des jurisconsultes antérieurs, par exemple Dig., 11, 1, 20 g 1. 20, 5,9.
(5) Dig., 45, 3, 20 g 1 ; cf. aussi 23, 5, 10, où Paul s'occupe du cas examiné par Africain dans le texte précédent.
(G) Dig., 12, 1, 40.
(7) Dig., 50, 1, 18 : divus Severus.
(8) Lenel, op. cit., p. 1223 et suiv. Quoique nous ne possédions aucun extrait des liv. XXII et XXIII, le chiffre que nous indiquons est exact,
quelques rescrits impériaux sans notes de Paul (1), mais c'est la faute des compilateurs de Justinien si nous n'avons pas la réponse (par exemple, Collatio, 10, 8) ou la demande (par exemple,. Digeste, 31, 87 § 3, 4) dans le texte desquelles elles étaient insérées. Plusieurs réponses ont tout à fait l'apparence de demandes posées au jurisconsulte par ses élèves, comme celles qu'on trouve dans les Quaestiones; à cet égard, on ne saurait établir de distinction bien tranchée entre les deux ouvrages (2). Les réponses sont données de façon très diverse ; tantôt c'est un simple oui ou non, tantôt la réponse est accompagnée de motifs détaillés, tantôt des questions mal posées sont rectifiées, et le jurisconsulte examine, sous tous ses aspects, l'espèce qui lui est soumise. Ce recueil a été commencé au plus tard sous Elagabal et terminé sous Alexandre Sévère (3).
La participation de Paul aux délibérations du conseil impérial l'a amené à composer deux écrits, où l'on trouve rapportées les décisions des procès soumis en appel à l'auditoire impérial. L'un d'eux porte le titre de Décréta et se Décréta. divise en trois livres ; l'autre comprend six livres et a pour titre : impériales sententiae in cognitionihus prolatae (4). Dans (2i2)
car le Dig., Index auct., 25, 3, le donne, et on le retrouve au Dig., pr. II (c. Omnem), gg 1 à 5.
(1) Dig., 5, 1, 48. 26, 5, 24. 48, 19, 43, 49, 1. 25. 50, 1, 21 g 6. 50, 71, 9 g 1.
(2) Cf. par exemple Dig., 17, 1, 59 g 4. 19, 2, 54 pr. g 1. 22, 1, 12. 26, 7, 46 g 1.
(3) Cf., (l'une part, Dig., 48, 19, 43 pr. (imp. Anloninus), texte tire du livre I; Coll., 10, 9 (rescrit de l'a. 213), texte tiré du livre V; d'autre part, Dig., 31, 87 g 3, 4, du livre XIV, et 49, 1, 25, du livre XX ; on rapporte dans CCS derniers fragments des rescrits d'Alexandre Sévère et ce prince y est appelé imp. nosler, g 4.
(4) C'est le titre qu'on trouve au Dig., 35, 1, 113. 40 , 1, 10; à l'indication du livre d'où le fragment est tiré, on ajoute, contrairement à l'usage ordinaire : ex libris sex libro secundo; ailleurs, cette indication est conçue do la manière suivante, Dig., .50, 16, 240 : Paulus ex libris sex libro primo imperialium senlenliarum in cogn. prol. Qchvûling, Jurisprudenlia antejuslinianea, p. 211 et suiv., a reconnu le premier <iue c'est à ce livre que se réfère la mention du Dig., Index aucl., 25, 10 : sentenlion t^xoi faclon, (îiataët Les mots ^xoi fncton (cf. ci-dessus, gg 14, p. 127, n. 5), servent à di-stinguer ce livre des sententiae dont nous allons parler.
certains fragments de la compilation de Justinien tirés de cet ouvrage, on ajoute à cet intitulé, seu[sivé) decretorum libro- (1). On veut dire par là que le cas prévu au texte est examiné également dans les Décréta ; on peut s'en assurer par la comparaison de deux textes au Digeste, 10, 2, 41 et 37, 14, 24. On ne voit pas qu'il y ait de différence entre l'objet de ces deux recueils (2). Ils se placent tous les deux entre les années 198-211 (3); ils remontent donc à une époque antérieure aux Quaestiones et aux Responsa, ouvrages où Ton trouve aussi quelques décisions impériales.
Paul ne s'est pas contenté d'écrire les commentaires et
les recueils dont nous venons de parler. On lui doit encore
des manuels abrégés portant sur les mêmes matières et
destinés soit aux praticiens, soit aux étudiants. Les cinq
Sentences. livrcs do Sententiae ad filium (4) portent sur tout l'ensem-
(1) Dig., 28, 5, 93. 36, 1, 83; ailleurs, 37, 14, 24, on lit : Paiilus imp. sententiarum in cogn. prol. sive decretorum ex libris sex libro primo; Cujas a conclu de là, Observationes, 2, 26, que les Décréta et les Imp. sententiae ne formaient qu'un seul ouvrage. Mais cette opinion doit être repoussée parce que le Dig. , Index auct. , distingue les deux ouvrages et parce que les extraits des Décréta ont été placés par les commissaires de Justinien dans la série dite de Papinien, les extraits des Sententiae dans la série des appendices; cf. Bluhme, Zeitschrift fur geschichtlich. Rechtswissenschaft, IV, 312 et suiv. , 325 et suiv. ; ajoutons que Vindex n'attribue aux Décréta que trois livres. Au Dig., 37, 14, 24, on doit lire : ex libris sex libro {primo?) sive decretorum libro primo.
(2) Il n'y a pas de raison pour penser, comme le fait Bluhme, op. cit., que les Décréta sont l'œuvre la plus récente; au Dig., 10, 2, 41, on ne donne pas les noms, mais cela n'est pas plus probant en faveur de son opinion que la rédaction abrégée du Dig., 37, 14, 24, ne démontre qu'elle est inexacte.
(3) Cf. en particulier Dig., 28, 5, 93 {imperatores nostri); 50, 2, 9 pr. (Severus A.); 49, 14, 48 pr. {imperatores). Papinien, Messius et Tryphoninus étaient membres du conseil impérial en même temps que Paul.
(4) Voir au g 30 des renseignements sur la façon dont l'ouvrage nous est parvenu. La dédicace ne se trouve que dans quelques manuscrits de la lex Romana Wisigothorum. Deux des manuscrits les plus récents de celle-ci et la Consultalio , 6, 6, donnent à cette œuvre le titre de Sententiae receptae. Cf. Collectio librorum juris Antejitstiniani , II , 45. Conjectures sur cette addition, Huschke, Jurisprudenlia, 5* édit., p. 452. P. -F. Girard, Textes de Droit romain , p. 295.
ble de ces matières ; l'auteur y suit l'ordre habituellement adopté pour les Digesta; il y présente, sous une forme plus concise, les règles du droit en vigueur sans les motiver et sans y joindre l'examen des questions controversées. Cet ouvrage est postérieur à YOratio de Caracalla, de l'année 206, sur les donations entre époux (1), et peut-être n'a-t-il été composé que sous le règne de ce prince (2).
Les trois livres de Manualia (3) ont un tout autre carac- (gis) tére. A côté de formules brèves énonçant des principes, on Autres ouvrages y trouve surtout une casuistique détaillée et approfondie. Le plan est le même que celui de l'édit (4).
Pour servir d'introduction à l'étude du droit, Paul écrivit deux livres d'Institutes (5) , six livres de Regulae et un liber singularis regularum (6).
Les autres ouvrages de Paul portent sur des matières autres que celles dont il est question dans les libri ad Edictum et dans les libri ad Sabinum. A l'exemple de Callistrate, il consacra à l'étude des extraordinariae cognitiones un liber singularis de cognitionibus (7) , qui fut composé après le règne de Caracalla (8). 11 n'y avait pas eu de pré-
Ci) Paul, 2, 23, 5-7.
(2) Huschke, op. cit., p. 451, fait remarquer que le mot hodie dans Paul, 1, 17, 3, contient une allusion au rescrit de Caracalla mentionné au Dig., 8, 4, 2. Il n'est pas certain que Paul, 3, 6, 16, se réfère au Cod. Just., C, 37, 3 (a. 211). Fitting, Aller der Schriften , p. 48, admet que Paul, 5, 16, 11, ne connaissait pas encore le rescrit de Caracalla rapporté au Dig., 3, 3, 33 g 2; cf., en sens contraire, Geib, Geschiclite des roem. Criminalpvozesses, p. 595 et suiv. Le passage de Paul, 5, 22, 3. 4, a été écrit, sans doute, avant la concession du droit de cité à tous les habitants de l'empire (ci-dessus, p. 159). Fitting, Peculium castrense, p. xxxiv.
(3) Lcnel, Palingenesia, I, 1135 et suiv.
(4) Comme le deuxième livre arrive jusqu'à la matière des stipulations, il y a lieu d'admettre que le dernier livre était consacré aux matières formant appendice dans les Digesla.
(5) Dig., 41, 2, 41. 8,2, 4. 44, 7, 3. Voir ci-dessous g 30, 11.
(6) Lenel, op. cit., p. 1221 et suiv.
(7) Lenel, op. cit., p. 958.
(8) Dig., 49, 18, 5 : diuus Magnus Antoninus cum paire sxio, par opposition à 27, 1, 46 g 2. 50, 17, 101 : imp. Antoninus cum p&tre suo, expressions qui se réfèrent à l'époque do Caracalla. Mommsen, op. cit., p. 109, explique
cédents, sinon pour l'objet, du moins pour le plan, à ses libri singulares de extraordinariis criminibus (1), ad municipalem (2) et à ses deux livres de censibus (3), qui furent écrits sous Elagabal (4). Il consacra une monographie à chacun des officia des divers fonctionnaires. C'est à ce groupe d'ouvrages qu'appartiennent : deux livres de officio proconsulis (5), postérieurs au régne de Sévère (6), le liber singularis de officio praetoris tutelaris (7), qui subit une nouvelle élaboration en 203-211 et fut publié sous le titre de editio secunda de jurisdictione tutelaris (8) ; l'objet en était, (214) jusqu'à un certain point, le même que celui du liber singularis de eœcusationibus tutelarum (9); enfin, les libri sin^ gulares de officio prattfecti vigilum (10) et de officio adsessorum. On ne voit pas trop quel pouvait être l'objet des libri singulares de jure libellorum (11), datant de l'époque qui suivit le règne de Caracalla, du traité de legibus (12j et du livre de variis lectionibus (13).
la contradiction en supposant qu'après la mort de Caracalla on avait interpolé le premier texte.
(1) Dig., Index auct., 25", 41.
(2) Vat. fr., 237. 243, Ces deux textes ne traitent que des excusationes tutelarum dont Paul s'occupe dans plusieurs autres de ses écrits.
(3) Dig., 50, 15, 8.
(4) Mommsen, Zeitschrifl fur Rechtsgeschichte, IX, 111, 53, contre Fitting, Alter der Schriften, p. 48 et suiv.
(5) Le livre 1 (Dig., 27, 10, 2. 50. 12, 7) traite de la procédure civile et de la'tutelle; le livre 2 (Dig., 48, 2, 14. 48, 8, 5. 48, 18, 11) est relatif à la procédure criminelle. Antérieurement, Venuleius avait déjà écrit sur ce même sujet.
(6) Dig., 50, 12, 7 : divus Severus.
(7) Dig., Index aucl., 25, 40. Va*, fr., 244. 245.
(8) Vat. fr., 247: on cite, dans ce texte, une constitution principum nos- Irorum de l'a. 203 ; l'indication libro I fait supposer qu'il y avait plusieurs livres.
(y) Dig., 26, 3, 4. 27, 1, 11. 26; Vat. fr.. 231. 246.
(10) Dig., 1, 15, 1. 3 pr. g 1. 2. 19, 2, 56. 47, 18, 2. 1, 15, 3 g 3-5. 20, 2, 9. On ne peut pas savoir exactement quel est le divus Antoninus visé au Dig., 1, 15, 3 g 2.
(11) Dig., 50, 7, 12 {Magnus Antoninus).
(12) Dig., Index auct., 25, 68.
(13) Dig., 14, 3, 18. 38, 1. 1. 44, 1, 22. Cf. les V'ariae lectiones de Pomponius, p. 233.
Dans ses œuvres principales , Paul se sert surtout des matériaux empruntés aux jurisconsultes antérieurs. Néanmoins, le travail personnel n'y fait jamais défaut, et, dans tout ce qui est œuvre personnelle , il se révèle comme un excellent jurisconsulte ; on est aussi frappé de la pénétration de sa critique dans l'examen et les études auxquelles il se livre sur les matériaux qu'il tire des œuvres d'autrui. Dans beaucoup de cas , il soutient avec une grande indépendance son opinion, quoiqu'elle n'eut point prévalu, contre les décisions impériales et contre l'avis de Papinien, préfet du prétoire (1). Sa langue n'est ni d'une correction parfaite, ni d'une grande souplesse ; aussi est-il quelquefois difQcile de bien comprendre ce qu'il dit (2). Modestin le classe au nombre des jurisconsultes éminents (3) ; Gordien et Dioclétien le qualifient de vir prudentissimus (4) ; mais ce fut surtout l'usage qu'on fit dans la suite de ses Sententiae qui consacra sa réputation (5).
On doit considérer comme ses élèves les jurisconsultes dont les Quaestiones reproduisent plusieurs demandes de consultations (6) : Nesennius ApoUinaris (7), Latinus Largus (8), Licinnius Rufinus (9) et Nymphidius (10).
Ulpien {Domitius Ulpianus) était originaire de Tyr en uipien. Phénicie (il). Il nous renseigne lui-même sur ses débuts
(1) Dig., 4, 4, 38 pr. 14, 5, 8. 32, 27 g 1. 29, 2, 97. 12, 1, 40; cf. aussi 35,2, 1 |14. 36, 1,76 g 1.
(2) Conradi, Parergorum libri quattuor, 1740, p. 513-555, le défend contre quelques critiques mal justifiées. Mais cf. Witte, op. cit., p. 223.
(3) Dig., 27, 1, 13 g 2.
(4) Cod., 5, 4, 6. 9, 22, 11,
(5) Cf. g 32, 12. 16.
(6) Les commissaires de Justinicn ont négligé quelquefois do rapporter les noms de ceux qui avaient posé des questions à Paul, cf. Va/, fr., 227, et Dig.. 26, 2, 30.
(7) Vat. fr., 227; Dig., 3, 5, 33. 27, 1, 32. 35, 2, 22 itextc oii 1 en adresse la parole à Paul en l'appelant domine). 42, 1, 41.
(8) Dig., 21, 1, 56. 31, 83. 40, 8, 9. 44, 2, 30 g 1.
(9) Dig., 40, 13, 4.
(10) Dig., 35, 1,81.
(11) Dig., 50, 1.5, 1 pr. : in Sijria. Phœnice splendidissima Tj/ijorum colonia, unde mihi origo esl. Tyr ôtait-il le lieu .le sa naissance, ou simple-
(215) dans la pratique du droit; il nous apprend qu'il fut d'abord membre du conseil d'un préteur (1). Il fut assesseur du préfet du prétoire Papinien, en même temps que Paul (2). Il semble qu'Elagabal l'ait puni de la rélégation au commencement de l'année 222 (3). Alexandre Sévère le nomma magister lihellorum (4) et l'appela dans son conseil (5) au cours de la même année. Il fut promu, encore la même année, à d'autres honneurs ; le 31 mars 222, on sait qu'il était praefectus annonae (6), et, le 1" décembre, praefectus praetorio (7). Il ne quittait pas l'empereur et jouissait de toute sa confiance. C'était son conseiller préféré ; Alexandre le considérait presque comme un tuteur; il le protégea plusieurs fois contre la colère des Prétoriens (8), qu'Ulpien avait excitée en se débarrassant de ses collègues dans la préfecture du prétoire, et sans doute aussi en essayant de restreindre l'influence de l'armée (9). En l'année 228, Ulpien ^finit par être massacré par les Prétoriens.
Nous ne savons pas quels furent les maitres qui donnèrent à Ulpien l'enseignement du droit (10). Ses écrits paraissent avoir été composés presque tous à l'époque où Caracalla était seul empereur (212-217) ; sous le règne d'Alexandre,
ment sa cité d'origine {origo)! On ne le sait pas. Cf. Bremer, Rechtslehrer, p. 82 et suiv. Il ne faut pas l'identifier avec l'Ulpien de Tyr dont parle Athénée, Deipnosoph., I, 2; cf. sur ce point Kaemmerer, Observaliones juris civilis, p. 135 et suiv.
(1) Dig., 4, 2, 9 2 3; il n'est pas certain qu'il ait joué le rôle d'assesseur du préteur dans le cas mentionné au Dig., 40, 2, 8, comme le croit Bremer, op. cit., p. 58.
(2) Vila. Pescennii, 7, 4 {Viia Alexandri, 26, C).
(3) Vita Heliogab., 16, 4.
(4) Vi^a Pescennii, 7, 4; Vila Alexandri, 15, 3 (26, 5). Conjectures différentes, Karlowa, Rechlsgescliichle, I, 741.
(5) Vita Alex., 68, 1. 31, 2.
(6) Cod. Just., 8, 37, 4.
(7) Cod. Just., 4, 65, 4. On lit dans la Vita Pescennii, 7, 4, qu'il passa de la fonction de magister libelloruyn à la préfecture du prétoire; c'est là une erreur, comme l'assertion qu'on trouve ailleurs [Vita Alex., 26, 5, Aurelius Victor, 2) qu'il avait déjà été promu à cette dernière fonction sous Elagabal.
(8) Vita Alex., 31, 2. 3. 34, 6. 51, 4. 67, 2.
(9) Zosime, l, 11 ; Dion, 80, 2.
(lU) Cf. ci-dessus, g 25, 28.
les fonctions qu'il exerçait et sa situation personnelle auprès de l'empereur durent naturellement mettre un terme à ses travaux scientifiques. Ulpien semble s'être proposé , comme Paul , d'embrasser dans le cercle de ses travaux tout l'ensemble du droit et de donner des explications approfondies, à l'usage des praticiens, sur chacune des branches de la législation. Il est probable qu'il débuta, comme écrivain, par ses notes sur les Digesta de Marcellus (1) et sur les Responsa de Papinien (2). En quoi , il a fait comme (2i6) Paul ; mais à la différence de celui-ci , il n'a pas publié d'abrégés d'œuvres antérieures.
Il s'occupa du droit privé dans un commentaire sur l'édit et dans des lihri ad Sahinum.
Ses quatre-vingt-un livres ad edictum praetoris (3), ou , Adedicium. comme on dit d'ordinaire, ad edictum (4), sont, après le commentaire de Pomponius , l'ouvrage le plus étendu sur l'édit que nous connaissions. Il se distingue de tous les autres commentaires composés après la rédaction de l'édit d'Hadrien, en ce qu'il laisse de côté tous les chapitres tirés des libri juris civilis depuis Celsus et Julien (5), tandis que Paul se contente de traiter à part du testament et du legs (6) ; il s'en distingue aussi par le caractère de l'exposition , en ce qu'il donne surtout des interprétations de chaque édit et des formules qui y sont jointes , allant jusqu'à tout reproduire , règle par règle , et même mot
(1) Dig., 20, 1, 27. 29, 7, 9. 9, 2, 41 pr. 47, 10, 11 g 7. Ces deux derniers textes nous montrent que les notae furent écrites avant le livre 41 ad Sabinum et avant le livre 57 ad ediclum.
(2) Aux textes du Dig., 3, 5, 30 g 2. 50, 8, 4, on doit joindre maintenant les notes sur le cinquième et le neuvième livre contenues dans les fragments do Berlin et de. Paris.
(3) Tel est le titre qu'on trouve au Dig., 47, 10, 22. 47, 12, 1. 2. 47, 15, 1. 50. 1, 25, puis F* au Dig., 50, 7, 15. 50, 8. 8, et F» au Dig., 46, 8, 9.
(4) Lencl, Pulingenesia, II, 421-S84, cf. fraguient de judiciis (ci-dessous g 30).
(.■j) 11 ne fait pas même d'exception pour la tutelle, comme l'admet Loncl, Edictum, p. 251 ot suiv.
pour mot (1). Les divisions sont précédées de temps à autre d'une brève remarque (2); ce n'est qu'à propos de la querela inofficiosi (liv. 14, in fine) qu'il ne se borne pas à un simple commentaire de l'édit, sans doute parce qu'il ne trouvait pas de place pour traiter de cette action dans les lihri ad Sabinum.
Les principales sources de ce commentaire sont les œuvres de Pomponius et de Pedius ad edictum et les Digesta de Julien, de Celsus et de Marcellus, ainsi que les Quaesliones et les Responsa de Papinien (3). Il y a lieu de croire , (217) d'après la manière dont il fait des emprunts à ces ouvrages, qu'il a voulu dispenser de recourir à ceux-ci et qu'il s'est proposé de les remplacer par son commentaire. Les autres travaux de ces jurisconsultes, et en général toute la littérature juridique du deuxième siècle, ont été mis à contribution dans une large mesure ; Ulpien les a, semble-t-il, consultées pour la plupart de première main. Il cite les anciens auteurs en remontant jusqu'à Brutus; il n'est pas possible de déterminer ici avec certitude quels sont ceux qu'il a lui-même consultés ; car toute comparaison avec le répertoire fait par Pomponius nous est interdite. Souvent
(1) Aux livres 15-23,11 s'est écarté du plan de l'édit, d'accord avec Julien, et y a substitué un classement plus méthodique des diverses parties qni le composent. Cf. ci-dessus, p. 223.
(2) Cf. A. Pernice, Ulpian als Schriflsteller {Sitzungsberichle der Berliner Ahad., 1885). p. 4 (446) et suiv.
(3) A. Pernice, op. cit., p. 17 (459) et suiv., et p. 29 (471) et suiv., cherche à prouver qu'Ulpien a simplement emprunté et reproduit des parties fort étendues des ouvrages préccdenls de Celsus, de Julien, de Marcellus , et, en particulier, de Pomponius; il ne les aurait pas fondues les unes dans les autres. Il cherche à l'établir surtout à propos de Pomponius, p. 29 (471) et suiv. Mais il est forcé d'admettre que les citations des autres jurisconsultes (jusque et y compris Julien), qu'on trouve dans ces parties, sont tirées de Pomponius. On peut lui objecter que, dans ces prétendus extraits de Pomponius, Pedius est fréquemment cité aussi bien que Celsus et Julien, avec indication de l'ouvrage et du titre (par exemple Dig., 4, 3, 1-21. 4, 8, 7-27), tandis que dans les autres œuvres de Pomponius, ces longues citations sont fort rares; il y a même des citations de Marcellus et de Papinien disséminées dans ces prétendus extraits (par exemple Dig., 4, 3, 21. 4, 8, 21 g 5).
Ulpieii nous apprend lui-même qu'il a puisé ses renseignements dans des ouvrages plus récents ; d'autre part , nous y trouvons des citations d'auteurs par ouvrages et par livres (1) jusqu'à Labéon, ce qui ne se remarque que fort exceptionnellement dans les écrits des jurisconsultes antérieurs; on est tenté d'admettre, par suite, qu'Ulpien a consulté directement les livres de droit à partir de ceux de Labéon (2).
Les libri ad Edictum ont été publiés sous Caracalla (3). Aux livres 10 et 26, on parle d'une constitution de cet empereur rendue le 19 décembre 212 (4), et l'on dit qu'elle a (gis) été rendue depuis peu de temps (5). Ainsi les vingt-six
(1) Ces indications détaillées manquent dans les livres 46-49; aux livres 50 et 51, elles se rencontrent de nouveau isolément, puis elles disparaissent tout à fait. Cela ne peut sans doute pas être le fait des commissaires de Justinien, quoiqu'ils aient certainement supprimé certaines de ces mentions dans les livres antérieurs, par exemple Dig., 9, 2, 27 § 8. 10. 11.
(2) Ainsi, par exemple, il consulte dans l'original les Posteriores de Labéon et les libri ad Sabinum; il ne se sert pas des extraits de Javolenus. Il cite les commentaires de Labéon sur les divers édits et ses Responsa , d'après l'original, ce qui ne l'empêche pas d'emprunter giilleurs les opinions de Labéon à Javolenus, à Pomponius et à Marcellus, Dans le premier cas, il ne faut pas croire qu'il cite, d'après Pomponius ad Ediclum: cela résulte do ce que Pomponius se contente presque toujours de donner les noms des jurisconsultes sans rapporter le titre de leurs ouvrages. On doit rectifier, d'après ce qui vient d'être dit, les observations de Sanio , Zur Geschichte der Rœm. Rechtswissenschaft, p. 16. 18 et suiv. (cf., du reste, p. 25. 110. 212).
(3) A partir du onzième livre, Ulpien dit fréquemment : divus Severus (par exemple Dig., 4,4, 11 pr. 36, 1, 38 g 1) et divus Severus el imperator nosler (par exemple 4, 4, 3 pr.) ou imp. nosler cum pâtre, etc. (par exemple 11, 7, 11 pr. 27, 9, 3 pr.); dans tout l'ouvrage on trouve imp. noster pour désigner Caracalla. Fitting a soutenu d'abord {Aller der Schriflen, p. 40) que l'imp. Antoninus A., mentionné au Dig., 36, 4 , 5 g 16 (livre 52) n'était pas Caracalla, mais Elagabal ; mais il a abandonné cette opinion (Das caslrerise pcculium, p. xxxvi), depuis qu'elle a été combattue par Mommsen, Zeilsclirifl fur Reclitsgesch., IX, 114. Il prétend encore que la qualification donnée à cette disposition au g 25 du même texte . couslilulio divi Anlonini, prouve que le cinquante deuxième livre a été composé après Caracalla. Dès lors, l'opposition entre les deux paragraphes n'en subsiste pas moins (les exceptions données par Mommsen, p. 99, ne concorncnl ((uo les cas où le texte de la disposition est rapportée), tandis (juo Mominsoii, j). 110, regarde le mot divi, au g 25, comme une interpolation.
(4)Cod., 7, 49, 1.
(5) Dig., 3, 6, 1 g 3. 12. 5, 2 g 2.
Sources uu Druit romain. 19
premiers livres furent terminés peu après 212; étant donnée l'étendue de cette œuvre, étant donné, comme nous le verrons, que l'autre ouvrage principal d'Ulpien et la plupart de ses écrits ont été terminés sous Caracalla, il est raisonnable de supposer que le jurisconsulte avait déjà commencé à s'occuper de ce commentaire avant que Caracalla régnât seul (1).
A l'explication de l'édit prétorien se rattache un commentaire ad edictum aedilium curulium en deux livres (2) ; Ulpien s'est inspiré pour cet écrit des œuvres analogues des jurisconsultes antérieurs et en particulier de celle de Caelius Sabinus.
Ad saiinwn. Les ciiiquantc et un livres ad Massurium Sabinum (3) sont le traité le plus développé que nous ayons sur le jus civile d'après le plan de Sabinus. Les travaux antérieurs y sont aussi complètement dépouillés que dans les œuvres précédentes ; Ulpien a surtout emprunté à Pomponius ex Sabino; il puise ensuite de préférence dans les écrits de Neratius, de Celsus , de Julien, de Marcellus, de Scaevola et de Papinien. Au premier siècle de Jésus-Christ, les jurisconsultes auxquels il doit le plus après Sabinus {Jus civile), sont Labéon dans ses Posteriores et Cassius dans son
(1) Monimscn, op. cit., p. 101, fait remarquer la fréquence des mentions : imp. Severus (Dig., 3,2, 24. 4, 4, 11 § 2- 5- 3, 20 g 12. 6,2, 11 pr. !j, 2, 29 § 1. 17, 1, 12 § 10. 17, 2, 52 g 5. 18, 2, 16. 27, 2, 1 g 1. 27, 9, 1 pr. 28, 5, 30) et impp. Severus et Aiitoninus (Dig., 10, 2, 18 g 3), mentions qui, dans les écrits des jurisconsultes , ne sont usitées que par rapport à un empereur vivant; si elles sont relatives à un mort, on ne les emploie qu'en donnant le texte des dispositions émanées de lui. Mommscn en conclut, en ce qui concerne les citations ci-dessus qui visent l'époque de Caracalla, que les 26 premiers livres furent retouchés du temps de Sévère, et qu'à cette occasion certaines citations furent rectifiées, que dans certains autres on conserva la mention de l'empereur mort, quoiqu'elle eût pris le caractère d'un anachronisme. Il est surprenant seulement que Sévère ne soit jamais qualifié û'imp. nosler, tandis que Caracalla reçoit régulièrement cette qualification; il laut donc que même les textes précédemment cités ne soient pas restés intacts lors de cette retouche.
(2) Dig., Index aiict., 24, 1, réunit ces deux commentaires.
(3) Lenel, Palingenefiin, II, 1019 et suiv. On ne trouve le nom de Massurius qu'au Dig., 50, 7, 1. Cod., 6, 24, 14 pr.
Jus civile (1). Comme dans le précédent commentaire, il (2i9) cite ces œuvres anciennes tantôt directement, tantôt de seconde main (2).
L'ouvrage se termine par un chapitre sur la jurisdictio ; il n'y a point, comme dans Sabinus, une partie finale consacrée à l'acquisition de la propriété; il n'y est pas question non plus des interdits de vi, quod vi aut clam et de precario; enfin on n'y traite pas non plus de la responsabilité du possesseur à raison du dol dans les actions réelles. Ces lacunes ne peuvent pas tenir a ce que les manuscrits que l'on avait du temps de Justinien étaient incomplets , car cet ouvrage d'Ulpien fut certainement en usage dans les écoles de droit jusqu'au sixième siècle. On ne saurait non plus accepter l'idée qu'Ulpien a voulu éviter de traiter une seconde fois des matières dont il s'était occupé dans son commentaire de l'édit; nous avons déjà noté, il est vrai, une préoccupation de ce genre chez Paul et^fprobablement chez Pomponius ; mais ni l'acquisition de la propriété et en particulier l'usucapion , ni le postliminium ne sont étudiés dans le commentaire d'Ulpien sur l'édit ; il ne s'occupe de la donation qu'au point de vue de ïexceptio legis Cinciae (livre 76) (3) ; à propos d'autres théories comme la vente, le commodat, la société, le partage d'une héré-
(1) Sabinus est cité par Ulpien, comme par Pomponius, de la même façon que les autres jurisconsultes. Il ne faut voir que des exceptions sans importance dans des fragments comme celui des Va(. /"»•., 269, où Ulpien reproduit le texte même de Sabinus en l'accompagnant de ses propres explications (cf. Dig., 17, 2, 51 pv., fragment qui sert d'interprétation à la 1. 45 eod.). Cf. encore Lcnel, op. cit. Scialoja, Dullcl. del Instituto di dir. Romnnn, II.
(2) La mention de l'ouvrage et du livre démontrent encore ici qu'CJipien a eu à sa disposition l'œuvre originale ; on peut ajouter qu'une fois il rapporte lui-mcinc expressément qu'il a lu Labéon, Dig., 7, 8, 2 g 1 (le memini qui figure dans ce texte ne peut se rapporter à Celsus, comme le prétend Sanio, op. cit., p. 18) ; cf. Dig., 39, 3, 1 g 20 (apud Labeonem inrjcnio relaluin). Il s'est servi de l'œuvre toute entière de Cassius (cf. les citations, j). 206, n. 1), et peut-être aussi, en mémo temps, tle l'extrait do Javolenus (c'est do ce dernier que peut dériver le fr. du Dig., 28, 2, 6).
(3) Ulpien traite dos servitudes prédiales au livre XXIX ad Sabinum, à l'occasion do la tradition.
dite, le partage de biens communs, le furtum, il n'a pas hésité à revenir deux fois sur le même sujet. Il n'y a dés lors qu'une supposition possible , c'est que l'œuvre d'Ulpien est restée inachevée (i).
Elle a été composée sous Caracalla (2), c'est ce qu'on peut affirmer au moins pour les 43 premiers livres. En ce qui concerne les rapports des lihri ad Sabinum avec le commentaire de l'édit, nous savons qu'au livre 33 du premier de ces ouvrages, . l'auteur se réfère à un texte qui figure au livre 35 du second (3). Justinien rapporte qu'Ulpien donna une deuxième édition des libri ad Sabinum (4). Comme les compilateurs de Justinien ont certainement fait usage de cette dernière, et qu'elle se place, (220) d'après ce qui a été dit, sous le règne de Caracalla, il y a lieu d'admettre sans doute que la première édition fut élaborée avant la rédaction du commentaire sur l'édit ou en même temps que celui-ci (5).
A ces ouvrages principaux se rattachent, pour les com- Monographies. plétcr , un grand nombre de monographies. En premier lieu , le liber singularis de sponsalibus (6) et les six livres de fîdéicommis (7). Dans ce dernier traité, Ulpien s'est
(1) Leist, Rœmische Reclitssysteme, p. 79 et suiv.
(2) h'imperalor noster qui revient souvent dans nos textes (cf. l'ensemble de ces textes recueillis par Fitting, Aller der Schriflen, p. 42) n'est autre que Caracalla; c'est ce que montrent les fr. suivants : Dig. , 38, 17, 1 § 3. 2 g 47. 30, 37 pr. 41 g 3. 23, 3, 9 g 3. 24 , 1 , 7 pr. g 5. 6. 32 pr. g 1. 19. 26, 8, 5 g 3. 12, 6, 23 g 1. 46, 3, 5 g 2.
(3) Cf. Dig., 24, 1, 32 g 27, et 23, 1, 9.
(4) Cod. Just., praefalio III (c. Cordi), g 3, in fine : in antiquis etenim libris non solum. primas editiones, se.d etiam secundas, quas repetitae praeleclionis veteres nominabant, subseculas esse invenimus, quod ex libris Ulpiani viri prude7itissimi ad Sabinum scriptis promptum erat quaerentibus reperire. Fitting, Peculium. castrense, p. xxxvii, ne voit pas dans ces expressions la preuve que l'ouvrage d'Ulpien ait eu une seconde élaboration, mais ses doutes à cet égard ne reposent sur aucun motif plausible.
(5) Le renvoi cité plus haut (note 3) dut figurer pour la première fois dans la deuxième édition.
(6) Dig., 23, 1,2. 12.
l7)Leuel, Palingenesia , II, 903-926. La preuve qu'ils ont été écrits
servi surtout des Fidéicommis de Mécien et des Digesta de Julien et de Marcellus (1). — Aux appendices des commentaires de l'édit, dans les Digesta, correspondent dans les œuvres d'Ulpien : quatre livres de appellationihus (2) , quatre livres ad legem Aeliam Sentiam (3) , vingt livres ad legem Juliam et Papiam (4) , cinq livres de adulteriis (5) , ou , d'une manière plus exacte , ad legem Juliam de adulteriis (6).
A l'exemple de Paul , Ulpien a traité des officia des Traités divers magistrats; mais ses travaux sur cette matière sont plus approfondis que ceux de son rival. Dans les dix livres de officio proconsulis (7) , il commence par s'occu- . per de l'entrée en fonctions, passe dans le livre deux (221) à la jurisdictio , étudie ensuite la haute surveillance sur la tutelle et sur l'administration des cités , la càusae probatio
sous Caracalla résulte, par exemple, des textes suivants, Dig., 32, 1 g 4. 9. 36, 1, 15 g 4. 40, 5, 24 g 9. 26 g 2. 3. 8. 30 pr. g 15. 17.
(1) Trois textes tirés du traité des Fidéicommis s'occupent de cas prévus dans le commentaire de l'édit : Dig., 32, 11 g 18 = 36, 3, 1 g 11. 36, 1, 1 g 13 = 38 g 1. 36, 1, 11 g 2 = 42, 6, 1 g 6. Les deux premiers sont plus détaillés que ceux qui proviennent du commentaire de l'édit, le dernier l'est moins.
(2) Lenel, op. cit. , p. 379-384. Ouvrage du temps de Caracalla ou d'Elagabal d'après le Dig., 49, 5, 5 g 3 [imp. noster Antoninus).
(3) Dig., 50, 16, 216. 40, 2, 12. 16, 40, 9, 30. Ouvrage de date indéterminée.
(4) Dig., Index auct., 24, 3 : ad leges. Recueil des fragments qui en proviennent, Lenel, Palingenesia, p. 939-950. C'est un écrit de l'époque de Caracalla d'après le Dig., 23, 2, 45 pr. 24, 2, 11 g 2. 49, 15, 9.
(5) Lenel, op. cit., p. 931-939. Ce traité est de l'époque qui suit le règne de Caracalla ; cf. Dig., 48, 5, 14 g 3 {divi Severus et Antoninus).
(6) Tel est le titre donné au Dig., 48, 5, 18. 20. 26; ces textes sont tous tirés du livre II. On en a conclu qu'on était en présence d'un ouvrage distinct (cf. ci-dessus, p. 278, à propos de Paul) ; mais comme au Dig., Index auct., cet ouvrage n'est pas visé, que les textes cités sont bien à leur place au livre II, de adulteriis, il est clair que nous avons là simplement un énoncé plus complot du titre.
(7) Cf. RudorfT, Ueber den liber de officio proconsulis, Abhandlungen d. Berliner Aliademie, 1865, p. 233 et suiv.; recueil des fragments, ibid., p. 284 et suiv.; Land, op. cit., p. 960 et suiv. Ruilorfï, p. 296 et suiv., a eu la mauvaise idée do compléter ù l'aide de Lactanco , Div. inst. , 5, 1 1. 12, toutes les dispositions rendues contre les chrétiens. — La rédaction de ce lirro se place sous Caracalla, d'après les textes cités par Fitting, op. cit., p. 35, on particulier d'après le Dig., 50, 2, 3 g 1 (livre III) = Cod. Just., 10, 61, 1 (V id. Jul..2V2).
294 HISTOrRE DES SOURCES DU DROIT ROMAIN.
en matières d'affranchissements (livre 6); après quoi il examine la procédure criminelle et le droit pénal (livres 7-10) ; il clôt son ouvrage au départ du fonctionnaire.
De même, il parcourt, dans trois livres de officio consulis , toutes les attributions du consul ;i) ; Ulpien a écrit encore des monographies de officio co7isularium , de officio quaestoris , de of/icio praefecti urbi , de officio praefecti vigilum , et de officio curatoris reipublicae (2) , et peut-être un deuxième ouvrage de officio quaestoris , en deux livres au moins (3). Les fragments qui nous restent du traité de officio praetoris tutelaris (4) ne sont relatifs qu'aux excuses, matière sur laquelle Ulpien est revenu dans un liber singularis de eœcusationibus (ou excusationum) (5).
Les dix livres de omnibus tribunalibus (6) sont un recueil dont l'objet se rapproche de celui des œuvres précédentes. Il y est question surtout d'attributions spéciales,
(1) Lenel, Palingenesia, II, 951-958. Ce traité est du temps de Caracalla, d'après le Dig., 42, 1, 15 g 1. 3. 4. 8.
(2) Lenel, op. cit., p. 958 et suiv. Ce dernier ouvrage est le seul dont on sache sûrement qu'il a été rédigé sous Caracalla, cf. Dig., 50, 12, 1 pr. g 5; le de off. praef. urbi a été écrit après Sévère, cf. Dig., 1, 12, 1 pr. g 8. 14 {divus Severus).
(3) Dig., 2, 1, 3. Le Dig., Index auct., 24, ne mentionne pas cet ouvrage; il est probable, dés lors, qu'il y a quelque erreur dans l'inscription de ce texte.
(4) Val. fr., 173-223. 232-236. 238-242; Dig., 27, 1, 9 (Dig., 27, 1, 3. 5 = Vat., 186. 190); il est cité par Modestin au Dig., 27, 1, 6 g 1.3. Ce traité est du temps de Caracalla, cf. par exemple Vat., 191, 200, 234, 235.
(5) Dig., 27, 1,7, et cité par Modestin au Dig., 27, 1, 15 g 16. Buchholz , Fragmenta Valicana, p. 309 et suiv., rattache aussi à cet ouvrage les Val. fr.. 123-170; mais la preuve tirée de l'analogie qu'il y a entre les \at. fr., 145. 151 et 223. 223 (ces derniers textes sont tirés du de ofT. praef. tutelaris d'Ulpicn) n'est pas suffisante; il y a des textes qui se ressemblent sans appartenir au même auteur, par exemple les Vat. fr. 233, 235 (empruntés au même ouvrage d'Ulpieu), 237 (de Paul) et la loi du Dig., 27, 1, 46, qui est do Paul. On peut adresser la même objection à l'opinion de Fitting, Alter der Schriften, p. 36, qui identifie les œuvres précédentes sous prétexte qu'il y a analogie entre les Vat. fr., 189, et le Dig., 27, 1, 15 g 16, comme entre les Vat. fr., 240, et le Dig., 27, 1, 7.
(6) Dig., Index auct., 24, 5, protribunalion, et Lydus, de mag.. 1, 48. Recueil des fragments dans Lenel, op. cit., p. 992 et suiv.
comme la jurisdictio tutelaris (livres 1 et 2), la jurisdictio mandata (livre 3), la compétence dans les procès sur les aliments (livre 5) et les cognitiones extraordinariae {\\\yq 8). A ces écrits se rattachent les six livres de censihus relatifs aux impôts (1).
Les Respo7isa et les Disputatioiies, les uns en deux livres, les autres en dix, forment une autre catégorie d'ouvrages. Les Responsa (2) ne contiennent que des consultations d'Ulpien ; les faits et la solution de la question de droit y sont présentés de la façon la plus concise; les motifs de la solution ne sont pas indiqués. Dans les Disputationes {S) , Ulpien examine des questions, dont les unes sont tirées de sa pratique des affaires, les autres empruntées aux anciens auteurs ; il suit l'ordre adopté dans les Digesta. La rédaction permet de reconnaitre , dans beaucoup de cas , que l'œuvre a son origine dans des disputationes (4); Ulpien développe quelquefois, sous une forme dogmatique, la théorie qui s'en dégage (5).
Les six livres des Opiniones semblent avoir été écrits pour les praticiens. L'auteur y présente, dans le même ordre que dans les Disputationes , une série de règles de droit, quelques-unes sous la forme de casuistique, sans rapporter les opinions des autres auteurs, sans citer des rescrits, sans entrer dans des explications approfondies (6). Les extraits que nous possédons s'arrêtent à Vactio ad exhibendum ; l'œuvre est donc restée inachevée, ou bien
Réponses.
Disputationes.
Opiniones.
(1) Dig., 1, 9, 12. 41, 1, 34. 44.7, 26. 47, 15, 7. 50, 15, 1. 3. 4.— Ces livres sont du temps de Caracalla, cf. Dig., 1,9, 12 pr. 50, 15, 1 pr.
(2) Lcnel , op. cit., p. 1016 et suiv. Nous n'avons aucune donnée pour fixer l'époque de la confection. Le plan ne saurait être rétabli.
(3) Diocléticn, au Cod. Just. , 0, 41, 11, = Dig., ."JO, 2, 2 g 2, les qualifie de Publicae disputationes. Recueil des fragments dans Lenel, op. cit., p. 387 et suiv. Le livre est du temps do Caracalla, cf. par exemple Dig., 13, 7, 26 pr. 48, 1, 5 g 1.
(4) Par exemple Dig., 10, 2, 49. 27, 8, 2. 28, 4, 2. 28, 5, 35. 29, 1, 19. 29, 2, 42 g 3. 33, 4, 2. 36, 1, 23 pr. g 4. 42, 1, 57. 44, 3, 5 g 1. 49, 17, 9.
(5) Par exemple Dig., 50, 1, 2. 50, 2, 2.
(6) Lenel, op. cit., p. 1001 et suiv. Date de l'ouvrage indéterminée.
on ne l'avait pas conservée en entier à l'époque de Justinien (1). Nous ne savons ni quel était l'objet des dix livres de Pandectae (2) du même auteur, ni quel rapport il y avait entre cet ouvrage et son libe?- singularis Pandectarum (3).
Ulpien a encore composé plusieurs traités à l'usage des (223) étudiants ; tels sont ses deux livres d' Instilutiones (4) , ses sept livres de Regulae (5), et un liber singularis regula- Règies duipien. ruM (6). Ce domior ouvrage présente, dans le même ordre que les Institutes de Gains , les principes fondamentaux du droit privé. Certaines théories qui manquent à l'œuvre de Gains , figurent au contraire dans les Règles d'Ulpien ; elles y ont été insérées à titre de complément : par exemple, le régime dotal y est examiné à propos du mariage (7) ; la théorie de la loi Julia et de la loi Papia Poppaea à la suite du Jus quod ad personas pertinet (8). Les questions controversées y sont laissées de côté ; aucun auteur n'y est cité; l'exposition y est serrée comme il convient au caractère de l'ouvrage.
En présence d'une pareille fécondité, quand on songe
(1) Des doutes se sont élevés sur l'attribution de cet ouvrage à Ulpien. Cf. Kacmmerer, Observationes juris civilis, ISÎT, p. 173 et suiv. Lenel, op. cit., p. 1001.
(2) Le titre est rapporté dans Vindex auct. du Dig. , 24, 7 : IlavôéxTou ptêXta ûÉxa.
(3) Dig., 12, 1, 24. 40, 12, 34 (où on nomme ïimp. Antoninus, c'est-à-dire, sans doute, Caracalla). Au Dig., Index auct., ce livre n'est pas mentionné; peut-être est-ce par suite d'une méprise qu'on l'a cité.
(4) Recueil des fragments, cf. g 30, 5. Les Institutes sont du temps de Caracalla, cf. Collatio, 16, 9, 3 [imp. noster) et Dion, 77, 9, 4. Sur le plan, voir Krueger, Kritische Versiiche, p. 146 et suiv.
(5) Lenel, Palingenesia, II, 1013 et suiv. On ne peut pas reconnaître quel était le plan suivi par Ulpien; en tout cas, ce n'était pas celui des Institutes de Gains -, nous n'avons aucune donnée qui nous permette d'établir la date de la composition de cet ouvrage.
(6) Sur les éditions de cet ouvrage, voy. g 30, 16, ci-dessous. Il est du temps de Caracalla très probablement, cf. Ulp., 17, 2 {imp. Antoninus) et Dion. 77, 9, 4. 5.
(7) Ulp., 6. 7 gg 1-3.
(8) Ulp., 13-18.
que tous ces travaux se placent dans un court espace de Apprev.ation temps, on s'explique qu'il s'y rencontre bien des défauts, lœuvre duipien malgré le talent incontestable d'Ulpien. Le jurisconsulte a pris trop peu de peine pour élaborer et fondre ensemble les matériaux considérables qu'il avait réunis; souvent il se contente de les placer les uns à la suite des autres , sans les rattacher ensemble ; certaines additions d'Ulpien ne sont que de la pure phraséologie et ne contiennent que des remarques oiseuses. Les contradictions n'y manquent pas , pas plus que les répétitions dans le corps du même ouvrage (1). Ulpien était cependant un juriste pénétrant, un esprit indépendant ; on le reconnaît dans ceux de ses ouvrages qui ont un caractère plus personnel. Si l'on en juge par la faible étendue de son recueil de respo7isa, il ne fut pas un des jurisconsultes les plus consultés. Ses Disputationes témoignent de son activité comme professeur. Il dit lui-même que Modestin a été son élève (2) , et celui-ci , à son tour, le compte parmi les plus illustres jurisconsultes (3). Il possède à un haut degré la connaissance de la langue latine ; son style , pour n'être pas aussi classique que celui de Gains (4) , est cependant clair et agréable ; il est , d'ordinaire , assez abondant , plus précis néanmoins que celui de Pomponius et Gains.
Si l'on établit un parallèle entre Paul et Ulpien , on voit qu'il y a de frappantes ressemblances entre la vie et les
(1) A ce sujet, voir le mémoire déjà cité do A. Pernice et ci-dessous, g 43 (cf. table analytique).
(2) Dig., 47, 2, 52 g 20.
(3) Dig., 27, 1, 13 g 2, Ses travaux ont eu une grande importance pour la pratique et pour l'enseignement des écoles de droit dans les siècles suivants ; cf g 32 47 Diocléticn l'appelle prudentissimus vir (Cod. Just., •), 41, 11); Justinion en fait autant (Cod, Just., prae/-a«io, III, g 3) et lui donne encore les qualificatifs suivants : summi inyenii vir (Cod. Just.. ti, 51, 1 g 9), vir diserlissimus (Co.l. Just., 6, 25, 10), (ToçciraTo; (Nov. 97. c. 6 g 1, ni fine.)
(4) Sur les prétendus hébraïsmes d'Ulpien, cf. Zimmern, Uechlsijeschichte, g 100, 11, et Bruns, dans la liealencyclopacdic do Pauly, VI, 2(WJ.Cf. Kalb, liom's Juristen, p. 127 et suiv., au sujet do quelques particularités du stylo d'Ulpien.
œuvres de ces deux jurisconsultes. L'un et l'autre ont (224) occupé de hautes fonctions ; ils ont été présidents , l'un et paraii.-ie l'autrc , de la chancellerie impériale, conseillers de l'empaui et uipien. pereur , et collègues dans la préfecture du prétoire. Tous deux se sont efforcés, comme nous l'avons dit, d'embrasser l'ensemble du droit et de dispenser par leurs écrits de l'étude des ouvrages antérieurs. C'est Paul qui a fait les premiers pas dans cette voie. A en juger par la date de ses œuvres, il était plus âgé qu'Ulpien. Ulpien l'emporte sur Paul par l'élégance et la facilité de l'exposition ; Paul a peut-être l'esprit plus pénétrant : il ne reproduit pas les écrits antérieurs avec autant d'étendue qu'Ulpien. Ce dernier ayant sous les yeux les œuvres de l'autre , a eu sa tâche facilitée; cependant on voit, parla manière dont il fait ses citations, qu'il a consulté directement lui-même les œuvres des jurisconsultes antérieurs. S'il a écrit un moins grand nombre de livres que Paul (1) , il a donné à chacun de ses ouvrages plus d'étendue que ne l'avait fait celui-ci ; il est même probable que si ses fonctions ne lui avaient pas imposé tant d'obligations et s'il n'était pas mort prématurément, c'eût été un écrivain plus fécond que Paul. Il semble qu'il y ait eu entre eux une certaine rivalité , du moins du côté d'Ulpien , car il ne nomme jamais Paul. Il est vrai que Paul, dans ses derniers ouvrages, ne cite pas non plus Ulpien; mais cela n'est pas aussi surprenant , d'abord parce que Paul cite rarement les autres jurisconsultes, ensuite parce que l'œuvre d'Ulpien ayant consisté surtout dans l'élaboration des matériaux empruntés à d'autres, l'occasion ne s'était peutêtre pas présentée de mentionner ses travaux (2).
(1) Nous connaissons environ 305 ouvrages de Paul, 287 d'Ulpien.
(1) Les Quaestiones de Paul, Dig. , 19, 1 , 43. se réfèrent une fois à une réponse d'Ulpien ; mais ce n'est que dans la demande adressée à Paul que se trouve cette référence.
RUFINUS. MARCIEN.
,§ 27. — Les autres jurisconsultes du troisième siècle.
Un des élèves de Paul, Licinnius Rufinus, est connu comme auteur de Begulae (1) en douze ou treize livres (2).
Marcien {Aelius Marcianus) composa ses écrits (3) peu de temps après le règne de Caracalla. On y remarque un si grand nombre de rescrits impériaux , surtout depuis 198 à 211 (4), qu'on est porté à croire que ce jurisconsulte était employé à la chancellerie impériale. Son œuvre principale consiste dans ses seize livres d'Institutio7ies, traité qui tient le milieu entre l'abrégé à l'usage des commençants et le commentaire. Au début, il y adopte le même ordre que Gaius dans ses Institutes ; après une introduction sur les sources du droit, il y traite du droit des personnes au livre i et au livre 2, de la division des choses et de l'acquisition de la propriété au livre 3. Le quatrième livre est consacré aux testaments, le livre 5 à la succession ab intestat, les livres 6 et 7 aux legs, les livres 8 et 9 aux fîdéicommis , aux affranchissements fidéicommissaires et aux donations à cause de mort. Les livres 10 à 14 sont relatifs aux matières qui forment les parties finales des Digesta ; on y recon-
Lic. Rufinus.
Marcien.
(1) Lenel, Palingenesia, I, p. 559 et suiv.
('2) Le Dig., Index auct., 35, mentionne douze livres ; un fragment du Digeste, 42, 1, 34, est donné comme un extrait du livre 13, peut-être par suite d'une faute du scribe. Le plan dos Regulae no saurait être reconstitué, étant donné le petit nombre de fragments qui nous sont parvenus. Il n'est pas possible non plus de dire si la constitution de l'tmp. Antoninus au Digeste, 24, 1, 41, est la même que celle d'Antonin le Pieux, qui est citée au texte suivant, ou si ce n'est pas une constitution de Caracalla ou d'Elagabal ayant le nicnic objet; cette dernière supposition est la plus probable, car il n'est pas correct de désigner de la sorte des empereurs morts.
(3} Lenel, Palingcncsia, I, G39 et suiv.
(4) Les textes se référant à cette dernière époque ou au règne de Caracalla ont été rassemblés par Fitting, Aller der Sclirifleii, p. 50 et suiv. On y lit : divi Severus el Anloniiius , ou bien Caracalla y est qualifié d'i4nloninus Magnus. La prouve que les écrits do Marcien n'ont pas pu être composés longtemps après Caracalla, c'est ([u'il ne cite qu'une seule constitution qui soit postérieure au régne do ce prince. (Dig., 37, 14, 5 g 1 : impcratoris nostri rescripto).
naît les théories de la loi Julia et Papia (liv. 10 à 12), de la loi Falcidia, de la loi Aelia Sentia , le droit pénal et la procédure criminelle. Quant à l'objet des derniers livres, il est impossible de s'en rendre compte. On n'y trouve pas de trace de la théorie des obligations (1). On doit rapprocher des Institutes les cinq livres de Regulae, ouvrage dont le plan reste obscur pour nous, malgré l'importance des fragments qui nous sont parvenus (2). Marcien n'a commenté qu'une faible partie du droit prétorien dans son libei' singularis ad formulam hypothecariam. Il a encore écrit deux lihri singulares : ad Se. Turpillianum et de delatoribus, ainsi que deux livres de appellationibus (3) et deux de publicis judiciis (4). Nous avons déjà mentionné ses notae sur les libri de adulteriis de Papinien. Dans les citations d'auteurs, il procède comme Ulpien, indiquant d'or-
i226) dinaire, l'ouvrage et le livre, sauf dans ses Institutes. Il se réfère aux jurisconsultes antérieurs depuis Labéon jusqu'à Papinien ; mais il n'a dû consulter directement que ceux dont il mentionne les œuvres, c'est-à-dire Celsus, Julien, Pomponius, Marcellus, Scaevola et Papinien.
Maeer. Aemlllus Macer se rattache au temps qui va de Caracalla
au règne d'Alexandre Sévère (5). Nous connaissons de lui
(1) On pourrait songer à les placer au livre 3, après la théorie de l'acquisition de la propriété, mais alors les deux matières auraient été traitées avec une extrême brièveté en comparaison du droit des personnes et du droit des successions.
(2) Les Règles se bornent, comme les Institutes, aux matières du droit privé.
(3) Dans le petit nombre de fragments que nous en avons, on mentionne une seule fois le divus Severus (Dig., 49, 1, 7) ; cet ouvrage pourrait donc se placer, lui aussi, sous Caracalla.
(4) On y rencontre constamment la mention : divus Severus et Antoninus ; Fitting en conclut que cet ouvrage doit avoir été composé du temps de Caracalla; mais son opinion est en opposition avec un fragment du Digeste, 48, 17, 1 pr. {divus Severus et Antoninus Magnus); peut-être dans tous ces textes faut-il lire divi au lieu de divus; la leçon divus peut provenir d'une interprétation inexacte de l'abréviation d. Cf. Mommsen, Zeitschrift fur Rechlsgeschiclile, IX, 106, 109.
(5) Dans les écrits de Macer, Sévère n'est qualifié de divus qu'aux fragments du Dig., 29, 2, Cl. 47, 10, 40; au lieu de divus Severus et Anloninus, au Dig.. 49, 16, 13 g 6, il faut lire, avec Mommsen, divi. C'est certainement
MACER. MODESTIN. 301
les ouvrages suivants (1), chacun en deux livres : puhlica judicia, ad legem vicesimae hereditatum, de officio praesidis, de re militari et de appellationibus. Il ne cite d'autres jurisconsultes que Paul et Ulpien, et, en outre, dans son traité de re militari, Arrius Menander.
Vers la même époque se placent : Julius Aquila ou Gai- Aquiia. lus Aquila, auteur de Responsa dont nous possédons deux extraits (2), Furius Anthianus, qui écrivit un commentaire f. Amiiianus. de l'édit dont les commissaires de Justinien n'avaient que les cinq premiers livres (3); Rutilius Maximus, qui com- Rut. Msximus. posa un liber singularis ad legem Falcidiam (4).
Avec Herennius Modestinus nous arrivons jusqu'au mi- Modesim. lieu du troisième siècle. Ce jurisconsulte passa un certain temps en Dalmatie , d'où il demanda une consultation à son maître Ulpien (5). Il apparaît avec le titre de Praefectus vigilum dans la Lis fullonum (6) de l'année 226 à l'année 244. Il enseigna le droit à Maximin le Jeune qui fut mis à mort en 238 à l'âge de dix-huit à vingt et un ans (7). Un texte , le plus récent de ceux où il est question de lui , nous le montre donnant des consultations en l'année 239 (8). On pourrait être tenté de croire que le grec était sa langue maternelle, parce qu'il a écrit en grec un ouvrage considérable [de eœcusationibus) ; mais il n'a peut-être employé la
sous Alexandre Sévère qu'a été composé le traité de appellationibus, Dig., 49, 13, 1 pr. {imp. noster Alexander).
(1) Lenel, op. cit., p. 561 et suiv.
(2) Dig., 26, 7, 34. 26, 10, 12. Dans ce texte, on l'appelle Julius; au Dig., Index auct., 30, Gallus; cet Index le place entre Marcien et MoJestin. Le fragment du Dig. ,27, 3, 1 g 3, ne prouve pas que le principe posé par Aquila dans le texte précédent ait été introduit pour la première fois par Sévère.
(3) Dig.. Index auct., 30 (entre Rufinus et Maximus) : 'AvOov îj-oi <I»a)p(ou 'AvOiavoù jxépo; edictu piSXi'a TtévTe. On en a tiré les fragments du Dig., 2, 14, 02. 4, 3, 40. 6, 1, 80.
(4) Dig., 30, 125; Vindex auctorum le place entre .\nthianus et Herinogénien.
(5) Dig., 47, 2, 52 g 20.
(7) Vita Maximi jun., 1, 5.
(8) Cod., 3, 42, 5.
langue grecque de préférence à toute autre que parce qu'il destinait ce livre aux provinces où on parlait le grec. Ses écrits (1), ont été composés, autant qu'on peut s'en (227) rendre compte , peu après Caracalla (2) , car on n'y trouve cité qu'une fois un rescrit d'Alexandre Sévère (3). Il y touche à toutes les matières du droit, mais les plus étendus de ses ouvrages ne sont pas des commentaires approfondis ; ce sont plutôt des manuels destinés à la pratique ou à l'enseignement (4). Tel est le caractère de ses douze livres de Pandectae, de ses dix livres de Regulae et de ses neuf livres de Differentiae. Modestin a lui-même fait un recueil de ses Responsa en dix-neuf livres d'après l'ordre des Di~ gesta. Il a également composé plusieurs monographies ; la plus étendue est ce traité écrit en grec dont nous venons de parler, le de excusa tionibus en six livres; le titre exact en est : napai-rriat; eTrixpoTt^ç xal xoupaTopi'aç (5) ; on reconnaît au soin avec lequel il traite de préférence les questions intéressant les provinces, que ce livre avait bien la destination indiquée plus haut. Dans la même classe d'ouvrages rangeons quatre livres de poenis, un traité de praescriptionibus
(1) Lenel, PaUngenesisL, I, 701 et suiv.
(2) Cf. les textes cités par Fitting, Aller der Schriflen, p. 53 et suiv. On y lit tantôt divi Severus et Anloninus (ceux qui portent divus Sev. et Ant. sont inexacts; on a mal interprété l'abréviation d; cf. Mommsen, Zeitschrift fur Rechtsgeschichle, IX, 106), tantôt divus Antoninus (Dig., 50, 12, 12 g 1) ou divus Maqnus Antoninus (6 OeiotaToç 'Avxwvïvo; ô (xeYa;) , Dig., 50, 4, 11 § 3. 4. 27, 1, 14 g 2, Il faut dès lors abandonner la conjecture de Mommsen, Berichle der Sachs. Gesellschafl, III, IV, 1852, f. 271, suivant lequel les excusaliones auraient été composées avant Veditio II de jurisdiclione tutelaris de Paul (par suite, d'après les Val. fr., 247, avant l'a. 211).
(3) Dig., 48, 10, 29, texte tiré du lib. sing. de enuclealis casibus.
(4) Les deux textes du Dig., 41 , 1 , 53. 54, qui, contrairement au Dig., Index aucl., 31, paraissent prouver l'existence d'un commentaire ad Q. Mucium, en trente et un livres au moins, sont de Pomponius; le fait est depuis longtemps reconnu. Si l'inscription porte idem au lieu de Pomponius, cette erreur peut tenir à ce que les deux lois qui précèdent n'ont été insérées au Digeste qu'après coup et à ce que les commissaires de Justinien n'ont pas alors pris soin de modifier l'inscription suivante pour la mettre d'accord avec la nouvelle composition du titre.
(5) Dig., 27, 1, 1 pr.; Justinien cite cet ouvrage par son titre latin.
HERMOGÉNIEN. CHARISITJS. 303
en quatre livres au moins, et, en outre, un liber singularis de praescriptionibus (1). Modestin a encore écrit toute une série de libri singulares : de inofficioso testamento, de manumiss ionibus , de legatis et fideicommissis , de testamentis^ de heurematicis , de enucleatis casibus, de differentia dotis, de ritu nuptiarum. Il est rare que Modestin cite les auteurs antérieurs ; il semble ne s'être servi que de Paul et d'Ulpien et c'est par l'intermédiaire de leurs ouvrages qu'il connaît les opinions anciennes (2) ; aussi les met-il avec (228) Cervidius Scaevola au premier rang des jurisconsultes (3). Les plus récents des auteurs auxquels on ait fait des emprunts pour la compilation de Justinien, sont Hermoge- Hermogéai nianus et Aurelius Arcadius Charisius (4). Le premier a écrit six livres juris epitomae (5), ouvrage qui offre une
(1) Le Dig. , Index auct., 31, ne mentionne que le dernier de ces ouvrages ; mais les commissaires de Justinien ont eu sous les yeux deux livres différents ; cela résulte de ce qu'ils font suivre les extraits des Responsa de ceux du lib. sing. (Dig., 5, 2, 11. 12. 49, 1, 18-20. 49, 14, 9. 10. 50,
16, 105. 106); au contraire, ils font précéder les extraits des Responsa de l'unique texte tiré de l'ouvrage plus étendu de Modestin sur les prescriptions (Dig., 45, 1, 101. 102).
(2) Il cite Brutus et Scaevola (c'est-à-dire Q. Mucius), Neratius, Julien, Marcellus, Publicius et Cervidius Scaevola.
(3) Dig., 27, 1, 13 g 2. Il ne nomme point Papinien, mais cela peut tenir à ce que ce jurisconsulte ne s'est pas prononcé sur la question examinée.
(4) Au Dig., Index auct., 36. 38, ils sont placés en dernier lieu avec Maxinius. Charisius cite aussi Modestin, Dig., 50, 4, 18 g 20. Les motifs sur lesquels on se base pour prétendre qu'ils n'ont vécu qu'au quatrième siècle, ne sont pas décisifs. On admet qu'il faut rattacher à une constitution de Constantin de l'a. 331, Cod. Theod., 11, 30, 16, la défense d'en appeler des sentences du préfet du prétoire, principe dont Charisius, Dig., 1, 11, 1 g 1, constate l'établissement à la suite de discussions et qu'Hermogénicn, Dig., 4, 4,
17, regarde comme bien établi. Mais cette constitution ne s'occupe, pour ainsi dire, que de l'appel des proconsuls et des représentants dos préfets et ne mentionne (ju'cn passant rim|jussibilité d'en appeler des sentences des préfets. Eu outre, elle est adressée ad universos provinciales . tandis que le principe en question a été établi, d'après Charisius, par une scnlcnlia principulis puhlice lecla. Le texte du Dig., 37, 10, 15, ne repose pas sur celui du Cod. Just., G, 9, 9 (a. 33'.)), ni le fragment du Dig., 48, 15, 7, sur la loi du Cod. Just., 9, 20, 6. 7 (a. 287). Il n'y a pas non i)lus de rapport nécessaire entre le Dig., 40, 2. 23 et le Cod. Just., G, 23, 15; (i, 37, 21 (a. 339). Cf. encore Kalb, Itums Jurislen, p. 144 et suiv.
(5) Lenel , Pulingenesia, I, p. 265 et suiv. Le prétendu extrait d'Ilrrmo-
grande ressemblance avec les Sententiae de Paul ; il y donne dans de brèves formules, sans renvoi aux auteurs, des extraits des travaux antérieurs après les avoir soumis à une élaboration personnelle. Hermogénien nous renseigne luimême sur le plan qu'il avait adopté (1) : après une étude préliminaire sur le status perso7iarum, il avait pris pour base de son œuvre l'ordre de l'édit, et avait joint aux matières qui y étaient comprises les compléments d'usage; en d'autres termes, il avait suivi le plan habituel des Digesta. charisius. Au début il s'occupait des sources du droit. — Charisius (2) était magisler libellorum (3) ; nous connaissons de lui trois libri smgulares (4) : de officio praefecti praetorio^ de muneribus civilibus et de testibus.
§ 28. — Les loges, senatusconsulta , constitutions et autres actes publics qui nous ont été transmis par les inscrip' tions (5).
Des lois votées par les comices durant cette période
nous n'avons que la fin de la lex de imperio Vespasiani,
(229) de l'année 69, inscrite sur une table de bronze qu'on a
Lex de imperio trouvéo à Rome au quatorzièmo siècle et qui 'y est encore
\e»paiiani. ^
conservée (6).
genianus libro IV (ideicommissorum au Dig. , 36, 1, 15, est, comme on l'a reconnu depuis longtemps , un fragment d'Ulpien.
(1) Dig., 1, 5, 2.
(2) Dans les extraits du traité de testibus on le nomme : Aurelius Arcadius qui et Charisius.
(3) Dig., 1, 11, 1.
(4) Lenel, op. cit., I, p. 57 et suiv.
(5) Le texte des documents latins se trouve au Corpus inscriptionum latinarum (ci-dessus, p. 93, n. 3, 4) ; à partir du deuxième volume, on y a reproduit ces inscriptions séparément, d'après le lieu où elles ont été trouvées. Quelques inscriptions connues après coup ont été publiées par l'Ephemeris epigraphica, p. 70, 3. Bruns, dans ses Fontes, emprunte le texte des documents qu'il publie à ces deux recueils ; il y a joint les lois et les sénatusconsultes dont le texte nous a été transmis par les écrivains. Cf. P. -F. Girard, Textes, p. 79 et suiv.
(6) C. /. L., VI, n, 930; Bruns, Fontes, 5* éd., p. 182; cf. Mommsen, Slaatsrecht, II», 877. P. -F. Girard, op. cit., p. 81.
LOIS DE SALPENSA ET DE MALAÛA. 305
Nous possédons un plus grand nombre de leges datae des empereurs. Telles sont tout d'abord les lois municipales de Salpensa et de Malaga.
Le texte de chacune de ces lois remplissait plusieurs Lois de saipensa tables de bronze; en 1851, on trouva deux de ces tables ^^ "^^ ^'''*^*aux environs de Malaga ; quoique chacune d'elles contint des fragments d'une loi différente, elles étaient ensemble dans le même lieu. Le fragment de la loi de Salpensa va de la fin du chapitre XXI au chapitre XXIX ; celui de la loi de Malaga de la fin du chapitre LI au commencement du chapitre LXIX, La table de Salpensa est écrite sur deux colonnes, celle de Malaga sur cinq. Elles furent publiées pour la première fois par Berlanga, en 1853; mais elles ne furent connues, en Allemagne, qu'en 1855, à la suite de l'édition qu'en donna Mommsen (1).
Il est probable que la rédaction de ces deux lois était, somme toute , la même (2) et qu'elles se complètent l'une par l'autre. Ce sont les seuls restes que nous ayons des droits municipaux des villes latines ; Vespasien avait conféré le jus Latii à Salpensa et à Malaga en même temps qu'à toute l'Espagne (3); la situation faite à ces villes fut réglée dans ses détails par ces deux statuts municipaux (4)
(1) Mommsen, Die Sladtrechte der latinischen GemeAnden Salpensa und Malaca {Abhandlungen der saechsischen Gesellscliafl der Wissenscluiften, III, 363 et suiv.); le texte qu'on trouve au C. /. L., II, n. 1963. 1964, a été revu. L'authenticité de ces tables a été contestée sans succès par Laboulaye, Les tables de Malaga et de Salpensa, 1856; voir, en sens contraire, Giraud, Les tables de S. et de M., 1856; à propos dos nouvelles attaques d'Ashor, cf. Arndts, Zeitschrift fur Rechtsgeschichte, VI, 393 et suiv., et Giraud. La lex Malacilana, 1868. — P. -F. Girard, op. cit., p. 97.
(2) Ces lois étaient rédigées d'après un ancien modèle, cf. Monmisen, op. cit., p. 398; Mommsen suppose, p. 389, pour expliquer qu'on les ait trouvées ensemble , que la loi de Salpensa avait été transportée à Malaga pour combler des lacunes de la lex Malaciiana.
(3) Plin., Ilist. nat., 3, 3, 30 : Universae lUspaniac Vespasianus impcrator Auguslus jaclatum procellis reipnblicae Lalium tribiiil.
(4) D'après la lex Salp. 21, cf. avec Gains, 1, 96, ils obtinrent le l.atium minxis , à cftté duquel le Latiiim majus n'était pas encore introduit sans doute, cf. Ilirschfold, Zur Gescliichte des latinischen Rcchts, 1879, p. 6 et s.
SuunoKS DU DnoiT romain. 20
dont la rédaction se place sous Domitien, entre les années 82 à 84 (1).
(230) De ces lois municipales, il faut rapprocher la lex metalli
Vipascensis dont neuf chapitres nous ont été conservés par une table de bronze trouvée, en 1876, dans d'anciennes Table d'Aijustrei. minos, près d'Aljustrcl, en Portugal (2). Ce n'est pas précisément un règlement pour une mine, mais un règlement municipal pour un district minier; cette loi paraît dater de la fin du premier siècle. Le fragment qui nous est parvenu se réfère à la location des industries et professions exercées sur les lieux d'exploitation ; des entrepreneurs les afferment et acquièrent par là le droit exclusif d'employer des artisans et des industriels ; l'exercice de ces métiers est interdit à toutes autres personnes, sous des peines pécuniaires dont le montant est attribué à ceux qui les ont affermés.
C'est vers la fin de notre période que le droit de cité fut Tymandeni. coucédé à la ville dos Tymaudeui , en Pisidie ; la loi qui leur accorda ce bénéfice a été découverte récemment dans les ruines de cette ville (3).
Les diplômes militaires (4) qui nous sont parvenus en
(1) Domitien (81-96) est désigné comme empereur régnant dans la loi de Salpensa, 21-26, et dans celle de Mal., 59. Ces lois ont été rédigées au plus tôt en l'a. 82, suivant Mommsen, op. cit., p. 390; cela résulte de ce que, d'après la loi de Salp., 21. 22, les magistrats qui étaient alors en fonction avaient été nommés en vertu d'un édit de Domitien, par conséquent au plus tôt en l'a. 81; d'un autre côté, Domitien ne porte pas, dans la loi de Salpensa, 24, le titre de Germanicus qu'il reçut au commencement de l'a. 84.
(2) Soromenho, La table de bronze d'Aljustrel, 1877; Hûbner, Ephemeris epigraphica, III, 1877, p. 165 et suiv.; Bruns, Zeitschrift fur Rechlsgeschichte, I. 3, 1878, p. 372 et suiv., et Fontes, 5' éd., p. 247; Willmanns, Zeitschrift fur Bergrecht, XIX, 2, p. 217 et suiv.; J. Flach , Nouvelle Revue de droit français et étranger, 1878, p. 269; Demelius, Zeitschrift der Savigny- Stiftimg, IV, 1883, p. 33 et suiv.; Berlanga, Decretum Pauli Aemilii , 1884, p. 625 et suiv. Cf. C. I. L., II, supplément.
(3) Bruns, Fontes, b* éd., p. 150; Hermès, XX, 321.
(4) Jusqu'ici on en connaît 80. Ils ont été réunis par Mommsen au C. /. L., III, n. 2, p. 843; voir des additions dans l'Ephemeris epigraphica , II, 452 et suiv.; IV, 181 et suiv.; 495 et suiv.; V, 92 et suiv.; 610 et suiv., 652 et suiv. Au C. /. L., III, p. 902 et suiv., Mommsen a consacré à ces diplômes une