TRIPTYQUES DE TRANSYLVANIE
gnari, ut in summa marginis ad mediam partem perforatae triplici lino constringantur atque impositae (1) supra linum cerae signa imprimantur , ut exteriori scripturae fîdem interior servet, aliter tabulae prolatae nihil momenti hahent.
Sur le verso de la deuxième tablette (page 4), un peu à droite du milieu du côté le plus large , on creusait dans le bois une rigole qui partageait la surface destinée à recevoir l'écriture en deux colonnes d'étendue inégale ; la rigole était remplie de cire et l'on y apposait les sceaux des personnes qui étaient parties à l'acte. On pratiquait des trous pour passer le triple fîl dans la longueur de la rigole aux marges supérieure et inférieure des trois tablettes. L'acte était rédigé en double expédition, d'abord sur la page 2 et 3, puis sur la page 4 à gauche, à côté des sceaux, et il se continuait sur la page 5 ; à la droite des (238) sceaux étaient inscrits les noms de ceux qui les avaient apposés. Dès lors l'expédition écrite sur les pages 4 et 5 constituait Y exterior scriptura \ les pages 2 et 3 formaient la partie close, Vinterior scriptura; on la tenait fermée en attachant ensemble les tablettes 1 et 2 et en maintenant le fil à l'aide de la cire; cet exemplaire ne pouvait être ouvert qu'en coupant le fil, lorsqu'on voulait le comparer à l'autre et que l'authenticité de Vexterior scriptura était attaquée (2). Les sceaux et la partie du lien qu'ils retenaient ne se sont conservés que sur un seul des triptyques (3). La troisième tablette était aussi percée de manière à recevoir le linum ; car on se procurait les tablettes destinées à un triptyque en- fendant un bloc de bois de la dimension de celui-ci et on avait le soin d'y pratiquer d'avance les trous nécessaires (4).
(1) Les mss. portent : imposilum.
(1) Huschke a démontré, à l'aide do co texte de Paul, que tel était bien le lien qu'il y avait entre les liivorsos parties des triptyques, Zeitsctirift fur geschiclill. liechtswissensclmfl , XII, 173 et suiv.
(3) C'est le n° VI dans l'éd. do Mommscn.
(4) Lorsqu'on fendait le morceau de bois, la surface des tablettes obtenues par là présentait des inégalités; on no pouvait les appliquer exactement les
L'écriture de ces titres est une cursive latine (1), qui a été déchiffrée pour la première fois par Massmann (2). Tous les actes, à l'exception* d'un seul qui est relatif à la dissolution d'une association pour les sépultures (3), sont des reconnaissances de dettes écrites par les débiteurs eux-mêmes ou par un tiers sur leur ordre, lorsqu'ils ne savaient pas écrire. Ceux-là même qui rédigent l'acte de leur propre main emploient la troisième personne {accepisse et debere se dixit, promisit, fide sua essejussit) (4). Les personnes qui y apposent leur sceau sont, en général, au nombre de sept; une fois il y en a cinq, une autre fois trois; partout le débiteur lui-même figure au dernier rang ou, s'il a une caution, c'est cette caution qui est la dernière ; comme l'acte était destiné au créancier, l'intervention des personnes qui apposaient leur sceau, était surtout utile en ce que l'exemplaire clos ne pouvait pas être ouvert sans leur assistance (5). C'était le plus souvent ceux qui apposaient les sceaux qui écrivaient (239) leurs noms; quelquefois aussi pourtant c'était le rédacteur de l'acte.
Les actes sont datés des années 131 à 167 après Jésus- Christ ; ils ont été rédigés, pour la plupart, à Aburnum majus (Verespatak). Ceux de ces titres qui constatent des dettes sont relatifs à la vente avec stipulation d'éviction , au prêt, au dépôt d'une somme d'argent, à l'entreprise de travaux de mines et au contrat de société. L'acte de société est dressé par l'un des associés ; sans aucun doute,
unes sur les autres qu'à la condition de les placer dans l'ordre où elles se trouvaient au moment de la division.
(1) Il n'y a qu'un acte qui soit écrit en grec.
(2) Massmann, Libellus aurartus, 1840. On s'était servi de ces triptyques avant d'y inscrire les actes que nous avons; c'est ce que prouvent les traces encore visibles sur la plupart d'entre eux d'une écriture plus ancienne.
(3) Mommsen, n. I; Bruns, Fontes, b* éd., p. 319.
(4) L'acte grec est rédigé à la première personne.
(5) Bruns, Die Unterschriflen in den roemischen Rechtsurhunden {Abhandlungen der Berliner Akademie, 1876), p. 46, attache avec raison à ce point une importance capitale; Huschke, Darlehn, p. 100 et suiv. , n'a point réussi à le réfuter.
de Pompéi.