‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 86 sur 147 · INSTITUTES DE GAIUS · texte numérisé non relu

INSTITUTES DE GAIUS

plus importants pour la connaissance du droit antéjustinien n'avaient pas pu être lus à l'aide des procédés peu énergiques, il est vrai, mais inoJB*ensifs de Gœschen; le traitement auquel les a soumis Bluhme les a mis dans un tel état qu'on a cru pendant longtemps impossible d'en essayer un nouvel examen (1). Les additions de Bluhme trouvèrent place dans la deuxième édition de Gaius donnée en 1824 par Gœschen. Le manuscrit a été revu une troisième fois en 1866-1868 par W. Studemund. Grâce au soin extrême qu'il a apporté à ce travail, le savant philologue a obtenu des résultats surprenants non seulement pour la partie du texte lue par Gœschen, mais même pour les passages traités par Bluhme. C'est en joignant les leçons inédites qu'il avait établies lui-même , à la copie de Gœschen et aux additions de Bluhme que Studemund a publié en 1874 son fac-similé du précieux manuscrit (2). L'apographum de Studemund doit servir de base à tous les travaux que l'on pourra faire désormais sur le texte de (245) Gaius ; on aurait tort de croire que de pareils travaux soient sans utilité; en 1878 et en 1883, Studemund luimême a revu avec grand profit des passages que l'on n'avait pas encore pu lire intégralement. Les résultats de ce dernier examen figurent dans la deuxième édition de Gaius

(1) L'emploi des réactifs n'aurait pas dû, scmhlc-t-il, détériorer les manuscrits, si l'on en juge par l'état dans lequel se trouvent aujourd'hui les palimpsestes de Cicéron et du code Théodosicn «lui sont à Turin et (lUC A. Pcyron traita de la même façon ; mais Bluhme dut se tromper dans la préparation de ces ingrédients ou, après les avoir hien préparés, ne pas traiter le manuscrit comme il fallait.

(2) Gai Insliliilionum cornmenlarii IV. Codicis Verononsis doniio collati apnfjrnphurn edidit G. Studemund. Cette publication a enlevé toute utilité à l'apograplic publié en ISOfi par Bœcking tl'aprés les travaux do Gœschen et de Bluhme. Quel(|ues-unes des leçons nouvollos établies par Studemund avaient été portées à la connaissance du public avant l'édition do son apographc ; cf. Studemund, Milllnihintirn miliiiunrisrhi'n luhnits nu.t deii PnlimpitcslP)) des Gtijus, 18(iS (Communication à la réunion des philologues do Wurzbourg), et Kniegor, Krilisrhr Vprsuc)it' i» (h'Iiidr des rorinischri) /.Vr/i/.s-, ISTO, p. \:], Ki, ll.T .<! suiv.

donnée en 1884 par Krueger et Studeraund (1) et dans la dernière édition de Huschke (2).

Le manuscrit de Vérone a été écrit, vers le cinquième siècle, en lettres onciales. Il n'y manque que trois feuillets et encore l'un de ceux-ci (qui forme le commencement du livre 3; peut-il être intégralement restitué à l'aide d'autres sources. On a trouvé beaucoup de difficulté à lire. ce texte effacé, d'autant plus que le scribe s'est servi d'abréviations juridiques inconnues pour la plupart avant la découverte de ce manuscrit (3) et qu'il a commis beaucoup d'erreurs insuffisamment réparées par un correcteur (4).

Les anciennes éditions ont perdu toute valeur, à l'exception de celle de Lachmann (5) où se trouvent d'utiles remarques philologiques et de celle de Boecking qui contient une excellente conférence des textes à rapprocher (6;. Parmi les éditions récentes, il faut citer, après les deux dont nous avons parlé quelques lignes plus haut et qui sont les seules donnant les dernières leçons de Studemund, l'édition de Polenaar (7), à cause des nombreuses remarques critiques qu'elle contient, celle de Dubois (8),

(1) Colleclio librorum juris antejusliniani, édit. Krueger, Mommsen, Studeraund, t. I.

(2) Huschke, Jurisprudentia, 5* édit., 1886. Au sujet de cette édition, cf. Deutsche Lilleraturzeituiig, 1887, p. 871. Les nouvelles corrections de Studeraund se trouvent encore dans Cogliolo, Manuale délie fonli del dirilto romano, 1885, I, p. 383-385, 375-377; dans P.-F. Girard, Textes, 1890.

(3) On trouve dans VApograplinm de Studeraund, p. 253 à 311, un tafbleau des abréviations du manuscrit de Vérone et des abréviations de même nature qui figurent dans d'autres manuscrits juridiques et dans les recueils de notes.

(4) Voir sur la critique du texte et la restitution des lacunes qu'il présente trois écrits de Huschke : Sludien des Rechts, 1830, p. 168 et suiv. ; un mémoire qui se trouve dans la Zeilschrifl f. geschichll. Redit swissenschafl, Xni, 1846, p. 248 à 338; Gajus. Beilràge zur Kritih und zum Verstdndniss seiner Inslilulionen, 1855.

(5) Gaii luslitutiotinia comincritarii IV, éd. Goeschcn , recognovit. G. Lachmann, Bcrolini, 1842.

(6) Gaii Instilutiones einend. Ed. Bœcking, 5° édit., 1866.

(7) Syntagma Inslilulionum novum, éd. B.-J. Polenaar. Lugd. Bal., 1879.

(8) Inslitules Wc Gains, éd. par Dubois. Paris, 1881.

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