‹ Histoire des sources du droit romainChapitre 87 sur 147 · FRAGMENTS DE PAPINIEN · texte numérisé non relu

FRAGMENTS DE PAPINIEN

parce qu'elle o'ffre un tableau très exact des progrès faits (246) dans la reconstitution du texte, enfin celle de Muirhead qui est accompagnée d'un commentaire (1).

2. Les débris de quelques feuilles d'un manuscrit en lettres onciales du quatrième ou du cinquième siècle, contenant les Réponses de Papinien, ont été envoyés d'Egypte Réponses

^ '■ "de Papinien.

à Berlin en 1877 et à Paris en 1882. Les fragments de Berlin sont des morceaux d'une feuille double qui faisait partie du cinquième livre de cet ouvra; '>; la première feuille se réfère à l'administration de la tutehe. la deuxième à la bonorum possessio contra tabulas. Ils ont otô publiés par Krueger dans les Comptes rendus des séances de l'Académie de Berlin, 1879, p. 509 et suiv., et 1880, p. 363 et suiv., dans la Zeitschrift der Savigny-Stiftung , I, 1880, p. 93 et suiv.; II (1881), p. 83 et suiv. (2), et dans la Collectio, III, p. 287 et suiv.

Les fragments de Paris appartiennent au neuvième livre des Responsa et traitent de l'affranchissement. Ce sont trois lambeaux qui, réunis, forment le reste d'une double feuille et un morceau plus petit qui ne se rattache pas aux autres ou, du moins, cela ne peut-il pas être établi. Le tout a été publié par R. Dareste dans la Nouvelle Revue historique de droit français et étranger, 1883, p. 361 et suiv., par Krueger dans la Zeitschrift der Savigny-Stiftung, V, 1884, p. 166 et suiv. (3), et dans la Collectio, III, p. 291 et suiv.

Dans tous ces fragments, certaines réponses sont accompagnées de notes de Paul et d'Ulpien. En marge, il y a quelques scolies grecques.

Le court fragment du livre premier des Responsa placé

(1) The Instilutes of Gains nnd Unies <i( Ulpian , hy James Muirhead, Edinburgh, 1H8(I.

(2) Cf. Husclikc , Dû' jiJoiys/ uiifycfnndencn Driiclistùclie aus Schriflrn rœmischer Juristen, 1880, p. 2f5 ot suiv.; Alihrandi, Sludi e documenli di sloria e diritlu, I, 1880, p. 500 et suiv. ; II, 1881, p. G3 et suiv.

(.'{)Cf. Huscliko, Zcilschr. d. Sav. Stifl., p. 181 et suiv., cl Aiibraiidi, i<tudi e dncumcnli lii storiu r. diritlu, IV, lS8;î, p. tîf) et suiv.

à la fin de la Lex Homana Wisigothorum est connu depuis longtemps (1).

3. On trouve dans VHexabiblos d'Harménopule, II, 4, un fragment du livre III des Quaestiones de Papinien (2).

4. Les Sentences de Paul ne nous sont pas parvenues sous leur forme originale, mais seulement par des extraits. L'un de ceux-ci, et le plus important de tous,

Sentences do Paul, se trouve dans la lex Romana Wisigothorum; il nous donne le contenu d'une partie considérable de l'œuvre de Paul dans l'ordre même où ce jurisconsulte avait écrit son livre; il a ainsi fourni un cadre où l'on apu insérer les fragments des sentences qui nous sont parvenus par une autre voie. Cet extrait correspond environ au sixième de l'original. Quelques manuscrits de la lex Romana contiennent, en outre, des additions tirées de l'œuvre originale; il en était ainsi. (247) en particulier, d'un manuscrit de Besançon, le Vesontinus, dont se servit Cujas et qui est aujourd'hui perdu (3). Les autres extraits des Sentences se trouvent dans les Vaticana Fragmenta, dans la Collatio, dans la Consultatio, dans les appendices do la lex Romana et dans le Digeste de Justinien. On peut ajouter que la lex Romana Rurgundionum se réfère à quelques sentences de Paul. Les extraits donnés par Justinien ont été modifiés, dans une certaine mesure, comme il le fallait pour qu'ils fussent d'accord avec la législation du Bas-Empire; l'épitome wisigothique ne reproduit pas non plus toujours exactement le texte de Paul (4); il n'y a que les autres extraits qui soient bien conformes à l'original.

Tous ces fragments ont été réunis dans l'édition des Sentences préparée par Arndts (5) pour le Corpus Juris de

(1) Colleclio librorum juris anteJustiniani, II, 157. — P. -F. Girard, Textes, p. 291.

(2) Colleclio, III, 28r..

(3) Ces appendices sont énumérés dans la Colleclio, II, 44. — P. -F. Girard, Textes, p. 29."^.

(4) Cf. Colleclio, II, 41.

(5) Publié à part, en 1833, à Bonn.

SENTENCES DE PAUL. INSTITUTES d'uLPIEN. 331

Bonn et à laquelle G. Haenel a joint un recueil de variantes tirées d'un grand nombre de manuscrits, dont la plupart sont sans valeur pour la critique , ce qui le surcharge inutilement ; ajoutons qu'on y relève des erreurs et des lacunes, ce qui le dénature. C'est cet apparatus d'Haenel que Huschke a pris pour base de son édition des Sentences dans la Jurisprudentia ; il ne donne, d'ailleurs, que les extraits qui font partie de la lex Romana ou qui figurent dans les suppléments et les appendices de, celle-ci. [M. Kriiger, que l'étude de l'épitome du code théodosien a conduit à diviser les manuscrits de la loi des Wisigoths en deux groupes, a donné des Sentences de Paul un texte bien supérieur fondé sur deux manuscrits de M.\ii\\ch. [Monac. D 2) et de Paris (Paris, 4403), qu'il a reconnus comme les représentants les plus purs des deux familles (1).]

5. On ne connaissait les Institutes de Paul que par les insuiuiesdePaui. extraits contenus au Digeste et un fragment rapporté par

Boèce sur Cicéron, Topica, 2, 4, 19 (2). Mais dans ces dernières années deux autres fragments du même ouvrage contenus dans un commentaire inédit du De Inventione ont été découverts par M. P. Thomas et publiés par lui dans la Revue de l'instruction publique en Belgique, XXI. 30 et suiv. (3).

6. On a découvert à la bibliothèque impériale de Vienne et publié pour la première fois en 1835 (4) quelques fragments, qui ne sont pas sans intérêt, d'un manuscrit en papyrus contenant les Institutes d'Ulpien. A ces fragments d''ui'',"er il faut joindre des extraits de ce môme ouvrage insérés

dans les compilations juridiques postérieures en date et un

(1) [P. -F, Girard, Textes, p. 2'Jô (à ([ui ost cmpruntéo l'addition insérco au texte entre crochets), a pris ce texte pour base de son édition des Sentences de Paul.]

(2) Collectio, II, IGO.

(3) P. -F. Girard, Textes, p. 3C'J, donne tous ces frayna-iiis.

(4) Endlichcr, de Ulpiani instilulionuin fragmenlis Vinduboncnsibus. or. Collectio, II, 157 et suiv.

passage qui en a été tiré par Boèce pour son commentaire sur les Topiques de Cicéron 1). Le tout a été édité par Bremer, de Domitii Ulpiani institutionibus, 1863, p. 81 et suiv., et par Krueger, Kritische Versuche, p. 160 et suiv. ; on trouve dans ce dernier ouvrage, un fac-similé des fragments de Vienne et une étude sur l'ordre dans lequel ils doivent être classés, p. 140 et suiv. (2). (248) 7. Le liber singularis regularum d'Ulpien nous est connu

par les extraits qu'en donnent Justinien et la Collatio; Règles duipien. il uous est aussi parvenu directement par un manuscrit (du dixième siècle), édité pour la première fois en 1549 par Dutillet (Tilius) et collationné par Cujas (3); on l'avait cru perdu depuis lors jusqu'au commencement de ce siècle ; Savigny le reconnut au Vatican dans un manuscrit du fonds de la reine Christine, n" 1128 (4). Il n'y en a pas d'autre manuscrit connu à l'heure qu'il est. L'œuvre y porte le titre de Tituli ex corpore Ulpiani (5). C'est bien là le liber singularis regularum ; cela résulte de la concordance qu'il y a entre les § 5, 6. 7. 26, 1 et la Collatio, 6, 2. 16, 4, entre le § 20, 6 et le fr. du Digeste, 22, 5, 17. Il est facile de constater qu'Ulpien dans ses Regulae suit l'ordre adopté par Gains dans ses Institutes (6). Le manuscrit est incomplet; le texte qu'il donne s'arrête à la succession des affranchis, à un passage correspondant à Gaius, 3, 52. Les fragments qu'on trouve dans la Collatio, 2, 2 et dans le

(1) Collectio, II, IGO.

(l) P.-x'. iji.r.rd, Textes, p. 40'2. Lenel, Palingenesia, II, p. 976 et suiv.

(3^ /.eitschrift fur jeschichtUclie Rechlswissenschaft, IX, 166 et suiv.

^4) Heimbach a quelq^.es doutes sur l'identité des deux manuscrits; mais voir en sens contraire, Vahien dans son édition, p. X et suiv. Il faut ajouter que Dutillet s'est servi d>' ce même manuscrit pour l'édition qu'il a donnée du Code Thcodosicn ; et. Hacnel, Préface du Code Théodosien, p. xxvii , 160. Sur le manuscrit lui-même, cf Haencl, Lex Romana Wisigolhorum , p. XLV.

(5) On l'a ainsi appelée ]iar analogie des intitulés correspondants des diverses parties de la Lcx Uornuna Wisigolliorum (Tituli ex corpore Gregoriani, etc.), qui précèdent le texte d'Ulpien dans le manuscrit.

(6) Cf. la table placée à la fin de l'édition de Bœcking.

RÈGLES d'uLPIEN. FRAGMENT DE JUDICIIS. 333

Dig. 44, 7, 25, font partie des chapitres suivants. D'ailleu-^s, nous n'avons dans ce manuscrit qu'un abrégé de l'œuvre d'Ulpien (1). Il est vraisemblable, comme l'a montré Mommsen, que l'auteur de l'abrégé a poursuivi un but exclusivement pratique ; il a voulu supprimer les parties qui n'étaient pas susceptibles d'application immédiate, mais il n'a su réaliser son dessein que d'une manière très imparfaite ; il semble avoir composé son œuvre peu après 320 (2). L'abréviateur n'a pas touché au texte d'Ulpien (3). La division en titres n'émane point d'Ulpien, mais elle est cependant plus ancienne que la composition de l'épitome (4). Les éditions des Regulae données par Boecking (5), Vahlen (6) et Huschke ont pour base un fac-si- (249) mile du manuscrit dressé par Brunn (7). On a fait une nouvelle collation des passages d'une lecture douteuse pour le texte inséré dans le deuxième volume de la Collectio (8).

8. En 1877, on expédia d'Egypte à Berlin, en même temps que les fragments de Papinien, une feuille mutilée d'un manuscrit écrit en caractères qui ne doivent pas être antérieurs au sixième siècle (semi-onciale). Ce fragment a

(1) Dans son édition des Règles, Vahlen donne l'énumération la plus complète des lacunes, en procédant par voie de comparaison avec Gaius.

(2) Cf. Mommsen, dans l'édition de Bœcking , p. 111 et suiv. L'abrégé a été fait peu après l'a. 320, car il se réfère à la constitution de 320, Cod. Theod., 8, 16, 1 (a. 320) qui abolit les peines du célibat et de Vorbitas ; mais il est antérieur à l'époque où le culte des divinités païennes fut abandonné, c'est-à-dire à l'époque où le christianisme devint une religion d'Etat; en effet, Ulpien, 22, 6, s'occupe de l'institution d'héritier des dieux païens. — Dans la préface de son édition, Huschke présente sur ce point une opinion personnelle,

(3) Le manuscrit du Vatican donne, pour le g 1 , Ulp., 26, 1, une leçon non pas interpolée, comme on l'a pensé, mais très exacte.

(4) Cf. CoUectiOy II, 3. Le ms. ne donne pas non plus le commencement du livre d'Ulpien; voir, au sujet de cette lacune, Mommsen, op. cit., p. 116 ot suiv., et Colleclio, loc. cil.

(5) Ulpiani fragmenta éd. IV, 1855.

(G) Domitii Ulpiani e libro regularum sing. exccrpla, 1856.

(7) Ulpiani lib. sing. regularum. Codicis Vaticani exemplum, cur. Kt Bœcking, 1855.

(8) P. -F. Girard, Textes, p. 372 (notice sur l'œuvre et texte).

été publié pour la première fois (avec un fac-similé) par

Mommsen , clans les Comptes rendus des Séances de

l'Académie de Berlin, 1879. p. 502 et suiv. (1). Sur le

Fragment verso du feuillet on lit la suscription : de judiciis lib. II,

'" ' " qui indique la fin d'un livre. Nous ne connaissons pas d'ouvrage de jurisconsulte romain ayant pour titre de judiciis. Mais nous savons qu'on désignait la deuxième partie des commentaires de l'Edit sous cette rubrique qui est devenue le titre d'une partie du Digeste de Justinien (livres 5 à il); il est possible dés lors de regarder notre feuillet comme un fragment d'un de ces commentaires (2). Il est vrai que le titre général de l'œuvre dont il faisait partie, n'est pas indiqué, alors qu'au Digeste on trouve toujours ensemble le titre général de l'ouvrage et le titre spécial de chacune des parties de celui-ci (3) ; mais cela peut provenir d'une pure négligence ; il est possible également que le manuscrit se bornât à la pars de judiciis (4), car on dut souvent faire de cette partie des copies à part à l'usage des étudiants de deuxième ou de troisième année (5). Mommsen y voit le titre d'un ouvrage destiné aux magistrats et aux jurés et consacré aux judicia de la procédure ordinaire par opposition aux cognitiones de la procédure extraordinaire, correspondant par exemple aux libri de in-

(250) terdictis (6). Pour Karlowa, ce serait un traité des actions.

(1) Colleclio, III, 298. Girard, Textes, p. 405. Il a été commenté par Huschke, Die jùngst. aufgefundenen Bruchstûche aus Schriften rœmischer Juristen, 1880, p. Set suiv.; par Krucger, Zeilschrifl der Savigny-Stiflung, I, 1880, p. 93 suiv.; par Cohn, même revue, II, 1881, p. 90; par Brinz, dans les comptes rendus de l'Académie de Munich {Siizungsberichte der Mûnchener Akademie), 1884, p. 542 et suiv.; et enfin par Karlowa, Rechtsgeschichte, I, 1885, p. 766.

(2) Huschke, op. cit., p. 15, suppose que c'est le livre XIV d'Ulpien, ad Edictum; Lenel, Edictum perpeluum, p. 25, 5, le rattache avec plus de raison au livre 16.

(3) Cf. Dig., édit. Mommsen, p. vi et suiv.

(4) Cf. Vat.,266: Ulpianus lib. I ad edictum de rébus credilis {= lib. XXVI, ad Edictum); de même, le traité spécial de Gaius, ad Edictum urbicum.

(5) Dig., c. Om.nem, praefatio //, g 1.

(6) Ce sont là, d'ailleurs, des commentaires de la partie do l'Edil relative à la matière qu'ils traitent.

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