I. MELIK-MOEZZ-ÀIBEK
AN 648 (l25o).
étaient prisonniers depuis le règne de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub. Lorsqu’ils eurent appris la nouvelle qui venait de se répandre, ils sortirent de leur cachot,
«ou achetés. Leur chef est distingué par le titre à'Istedâr suprême aJ!x3I jljLl. Lorsque Dâher- «Barkok parvint à la dignité de sultan, ce prince ayant acheté un grand nombre de Mandouks, créa «pour eux un bureau auquel il affecta des cantons, dont le revenu devait être employé pour la solde «et la provision d’orge attribuées à ces Mamlouks. Ce bureau reçut le nom de bureau particulier et fut mis sous la juridiction de Ylstedâr suprême. On y joignit aussi l’inspection sur «les vivres, les propriétés territoriales et autres objets, ainsi que les gages des serviteurs du pri nce «Sous le règne de Nâser-Feredj, on joignit à ses attributions le gouvernement de la partie septentrionale de l’Égypte aol-o avec tous les fiefs qu’elle contient; il a un associé
« choisi parmi' les gens de loi un inspecteur qui, conjointement avec lui, sur-
« veille l’emploi des fonds et des récoltes , et des serviteurs pris parmi les moubaschers (intendants) , «qui gardent l’argent. Le diplôme d’investiture conféré à ce fonctionnaire est écrit sur un papier qui «a les deux tiers d’une feuille.» Le mot ostâdâr ou ostâd-ddr fait, au pluriel, oslâdâriah ï-qtaLk-l ou ostdd-dâriah. On lit dans la Fie du sultan Kelaoun (man. de Saint-Germain 118 bis, fol. 246 v°)
J! «Il ordonna aux ostâddârs. » L’auteur du Inscha nous fait connaître un autre
ostâdâr, attaché également au service du sultan , et qu’il désigne par le nom de ostâdâr-assohbah tabkvî (l’ostâdàr de la société), et dont il décrit ainsi les attributions (man. 1578, fol. 128 r°) : «C’est lui qui préside à la confection des ragoûts qui demande au vizir
«ce qui est nécessaire pour la table : il a sous sa juridiction les chefs de la cuisine I
«leurs aides, leurs garçons , et les ustensiles de leur profession. C’estlui qui se concerte avec le prince
«pour tout ce qui a rapport aux mets. Le plus souvent il a avec lui un intendant y qui surveille
« les cuisiniers. » Il y avait aussi des ostâdârs attachés au service des grands personnages de l’État.
On désignait par le mot ostâdâriah Ljbbk*! , ou ostâdiât-addâr j LO! à-OÜkJ , la charge de tâdâr. On lit dans Y Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. arab. 661, fol. iov°, 11 r°) : «Sous «l’année 535 de l’hégire (ii4o de J. C.) , le khalife abasside Mouktafi - billah fit passer, de la « charge d’ ostâdâr à celle de vizir, Modaffar-Ben-Mohammed. » Et l’écrivain ajoute: «C’est la première «fois qu’il est fait mention du titre d 'ostâdâr. » Le même auteur, dans le Manhel-safi (t. IV, man. arab. y5o, fol. 6 v°) parle d’un personnage qui remplit les fonctions üostâdâr jJLh , et
plus bas (fol. 39 r°) : « Il le nomma ostâdâr. » Dans Y Histoire de Noradin et de Sa -
ladin (man. arab. 707 A, fol. io5 v°), on lit : ïj) jx) î ^ ! »>J ! loLkJ « La surintendance du palais au- «guste. » Je dois avertir, en finissant, que les détails grammaticaux donnés par l’auteur du Inscha , me paraissent peu exacts, et je crois qu’il vaut mieux regarder le mot ostâdâr comme formé d’une manière irrégulière, par la réunion du mot persan ostâd (maître), et du terme arabe clârj b (maison).
(26) La famille de Kaïmâz j établie à Damas, est souvent nommée dans Y Histoire de l’Êgypte et de la Syrie. L’écrivain Imad-eddin-Isfahâni fait mention de l’émir Sârem-eddin Kaïmâz-Nedjmi (man. arab. 714, fol. 120 r°, 1.42 r°, 189 v°, 192 v°, 209 r°, 245 r“, 265 r°). On lit dans l’histoire de Nowaïri (26e partie, fol. 168 r°) que le sultan Melik-Aschraf avait acheté la maison de Kaïmâz- Nedjmi. Abou’lmahâsen ( Manhel-safi , tom. IV, man. arab. 750, foi. 114 r°) parle d’un collège situe à Damas, et appelé Kaimâziak Dans Y Histoire d'Égypte, du même, écrivain (man. arab. 661,
et firent éclater leur joie et leur satisfaction. Ils voulaient s’emparer de la citadelle; mais l’émir Seïf-eddin-Kaïmâzi refusa de les seconder, et les abandonna. Il alla se placer à la porte de la maison de Moëzz-Aïbek, attendu que sa famille s’y trouvait renfermée. Il défendit cette maison et força le peuple à se retirer, sans y avoir fait aucun dégât. Le reste de la population proclama la victoire de Nâser. On fit la prière au nom de ce prince, dans le château de la Montagne, à Fostat, et dans toutes les villes où s’était répandue la nouvelle de ses succès. Dans la principale mosquée du Caire se trouvait le scheïkh Izz-eddin, fils d’Abd-asselam ; il se leva sur ses pieds, prononça deux sermons ( L: ) très-courts, et fit la prière du vendredi; d’autres firent celle de midi. A peine l’office était-il terminé, que l’on reçut des nouvelles authentiques qui annonçaient la victoire de Melik-Moézz, et la fuite de Nâser. Les tambours furent frappés en signe de réjouissance. Bientôt après, on vit arriver un détachement qui amenait Nosret-eddin , fils du sultan Salâh-eddin-Iousouf, et le renferma dans le château de la Montagne. On arrêta TNâser-eddin-Ben-Iagmour, l’ancien vizir Amin-eddaulali et leurs compagnons, et on les fît rentrer dans leur cachot. A la fin du jour, on proclama au Caire et à Fostat un ordre de décorer ces deux villes.
Cependant Melik-Moëzz , après avoir, ainsi que je l’ai rapporté, fait mettre à mort plusieurs émirs (27), se dirigea vers la ville d’Abbaseh. Mais, ayant aperçu la tente de Melik-Nâser, il conçut des inquiétudes, et prit la route d’Alâkimeh 1 (28) pour se rendre à Belbeïs, s’imaginant qu’une révolution avait éclaté au Caire. La nouvelle de sa marche étant parvenue à ceux qui se trouvèrent dans la tente, ils la renversèrent durant la nuit, et partirent pour la Syrie. Melik-Moëzz apprit cet événement tandis qu’il était campé à Belbeïs; aussitôt, délivré de toute crainte, il se remit en marche, et prit le chemin du Caire. Il fit son entrée dans cette ville le samedi, douzième jour du mois Dhou’lkadah.On conduisait devant lui, avec les prisonniers , leurs drapeaux renversés, leurs tambours crevés , leurs chevaux et toutes leurs richesses. Le sultan étant arrivé dans l’espace qui règne entre les deux palais, les Mamlouks s’exercèrent à jouer de la lance et se livrèrent des combats simulés. Moëzz suivait le cortège, ayant à ses côtés l’émir Hosam-
fol. 24 r°), sous le règne du khalife Faïz, il est fait mention de Tadj-almolouk-Kaïtncâz, qui était un des principaux émirs du royaume.
(27) Le texte porte: JLS ^y> tjsS çS&j ; j’ai lu :
(28) On peut voir, sur ce lieu, Makrizi (man. 797, fol. 144 r°, 293 v°), et Relation cle l'Ègypte , par Abd-allatif (pag. 606).