IV. MELIK-DAHER-B1BARS
tua ou enleva quantité d’ennemis, après quoi il regagna son camp. Au bout de quelque temps, il fit partir un corps de troupes pour enlever les récoltes et intercepter les convois qui pouvaient arriver à Sour.
Le vingt-sixième jour du même mois, les officiers du sultan prirent possession de Balatonos (84)? qui est une forteresse considérable; le même
jour, des troupes parties de Birali prirent la route de Karkar jsjï , brûlèrent tout sur leur passage et enlevèrent un grand butin. Elles s’emparèrent d’une place, située entre cette ville et Kakhta hsr^, en massacrèrent la garnison , et y recueillirent un butin prodigieux, sur lequel ils prélevèrent le cinquième pour le fisc.
Cependant la division éclata à la Mecque, entre le schérif INedjm-eddin-Abou- Nemi et son oncle paternel, le scliérif Belia-eddin-Edris, émir de cette ville; mais bientôt ils se réconcilièrent. Le sultan leur assigna, à l’un et à l’autre, un revenu
annuel de mille pièces d’argent Vpb * àJÎ , sous la condition que l’on n’exigerait
de personne, à la Mecque, aucun droit ; que tout le monde, sans
exception, serait admis à visiter la maison sainte I ; que les marchands n’éprouveraient aucune vexation ; que la khotbah serait faite au nom du sultan, sur le territoire sacré p.sr'1 et les lieux consacrés parla religion Ii4 ! ; que la monnaie serait également frappée au nom de ce prince. Les deux schérifs reçurent un diplôme , qui leur garantissait le titre d 'émir, et on remit à leurs
(84) L’auteur delà Vie de Bibars (man. 8o3 , fol. 124 v°), et le prétendu Hasan-ben-Ibrahim ( fol. 200 v°), donnent sur ces événements des détails plus étendus. « Modaffer-eddin (ou Izz-eddin), « Othman, fils de Mankoures, prince de Sahioun s’était emparé de la ville de Balatonos, à
« l’époque des conquêtes des Tatars. Melik-Dâher étant monté sur le trône, réclama cette place. « Le possesseur éludait la demande et donnait des réponses évasives. La négociation se prolongea « sans amener aucun résultat satisfaisant. Le sultan écrivit alors aux. Turcomans , et leur enjoignit » de faire des courses sur le territoire de la ville. Ils obéirent et portèrent partout le ravage et la « désolation. Othman, se voyant aux prises avec ces féroces ennemis, députa vers le sultan son fils « et le kadi de la ville. Il demanda qu’on lui accordât, à titre d’aumônes, un bourg, dont le revenu « pût le faire vivre , lui et sa famille. On lui assigna le bourg nommé Hama I , situé sur le terri-
« toire de Schaïzar. Le sultan lui en concéda la possession par un acte écrit , revêtu de son serment. « Alors Othman livra la ville. » Au rapport de Hasan-ben-lbrahim , le sultan accorda à Othman , en échange de Balatonos , plusieurs villes du territoire de Sahioun. » Suivant un autre récit , il eut en partage cinq bourgs , dont le revenu produisait trente mille dirhems. Parmi les émirs de Syrie qui, en l’année 678 (de J. C. 1279), reconnurent pour sultan l’émir Sonkor-aschkar, on compta le gouverneur wob de Sahioun , de Burziah , de Balatonos (Nowaïri , Vie de Kelaoun, f. 108 r°).
délégués , les biens v ^L'à ^ bJ I appartenant à la ville sainte, et qui se trou-
vaient en Égypte et en Syrie.
Le schérif Schems-eddin, kadi, khatib (prédicateur) et vizir de Médine Lj-xU étant arrivé à la cour, en qualité d’ambassadeur de l’émir Izz-eddin- Djemaz, émir de cette ville, le sultan lui rendit les chameaux qui avaient été enlevés aux schérifs de Médine par Ahmed-ben-Hadji , et qui étaient au nombre d’environ trois mille. Il le chargea de les faire remettre aux propriétaires de ces animaux.
Ce même mois, on vit arriver l’eunuque Kemâl-eddin-Molisin-Sâlehi,
scheïkh (supérieur) des serviteurs du tombeau du prophète Le
sultan le combla d’honneurs, lui fit dresser une tente d’étoffes ‘LLL> à la porte du dehliz, et lui donna en présent plus de deux cent mille dirhems (85). L’eunuque, le kadi et les chameaux partirent avec la caravane de Syrie, et l’on envoya, en même temps, les voiles destinés pour la Mecque et pour Médine. Sur ces entrefaites, un ambassadeur, député par les Francs de Beïrout, vint offrir à Bibars un présent, et plusieurs prisonniers musulmans, qui furent mis en liberté à la porte du dehliz. Le prince consentit à accorder une trêve.
Bientôt après, l’émir Scherf-eddin-Isa-ben-Mohannâ se présenta dans le dehliz, accompagné d’une troupe d’émirs arabes. Le sultan lui fit accroire qu’il méditait une expédition dans l’Irak, et lui enjoignit de se tenir prêt, afin de partir aussitôt qu’il serait appelé. L’émir, sur l’ordre du sultan, reprit la route du canton qu’il habitait; mais le prince avait formé secrètement un autre projet, celui de faire le voyage du Hedjâz.
Sur ces entrefaites, il donna à Nâser-eddin-Mohammed, fils de l’émir Izz-eddin- Aidemur-Halebi, le titre d 'émir de quarante cavaliers. Les émirs Kelaoun, Ougan (Igan), Baisari , et Bektasch-Fakhri , l 'émir silah, reçurent l’ordre d’aller en personne prendre possession des biens de Halebi,au nom des héritiers du mort; mais le sultan ne s’appropria rien de cette immense succession.
Au commencement du mois de Schewal, ce prince, qui était bien décidé à entreprendre le voyage du Hedjâz, distribua à toute son armée des gratifications pécuniaires (86). Un corps de troupes, commandé par l’émir Akousch-Roumi, le si/ah-dar, fut destiné à escorter le sultan. Le reste des troupes , sous la con-
(85) Je lis <jJ jLa.1, au lieu deiljU.
86) Je lis au lieu de jJpLi'I.