IV. MELIK-DAHER-BIBARS
an 668 (1269).
mit le reste en fuite, et le poursuivit jusqu’au bord des fossés. Là, pour témoigner le mépris qu’il faisait de l’ennemi, il s’écria : « Laissez les Francs faire une «sortie. Nous ne sommes que quarante cavaliers qui ont pour toute armure des « vestes blanches U>f. « Ensuite, il regagna son camp. Les chevaux dévastèrent
les prairies et les champs du voisinage. Tous les personnages éminents , tels que le prince de Hamah et celui de Sahioun, se rendirent auprès du sultan.
Nedjm-eddin-Hasan-ben-Schagrat ÏI^juÜÎ, souverain des forteresses des Ismaë- 356 liens, ne vint point en personne, mais il envoya un député pour réclamer une diminution sur le tribut que les Ismaéliens étaient tenus de payer annuellement au trésor, en remplacement de celui qu’ils avaient précédemment payé aux Francs. Sârem-eddin-Moubarek-ben-Rida, gouverneur de la forteresse de Olaïkah SüLbJÎ , avait depuis longtemps encouru le mécontentement du sultan. Le prince de Sahioun s’entremit comme négociateur pour lui obtenir la paix, et l’engagea à se rendre à la cour. Le sultan lui conféra le commandement absolu des villes occupées par les Ismaéliens jJ! jbb, lui remit un labl-khanah et ôta à Nedjm-eddin, ainsi qu’à son fds, le titre de chefs des Ismaéliens. Sârem-eddin se mit en marche le vingt-septième jour du mois, accompagné d’un nombreux cortège. Suivant un autre récit, ce fut Melik-Mansour, prince de Hamah, qui prit en main les intérêts de Sârem-eddin, intercéda pour lui auprès du sultan, et en obtint la grâce de cet officier. Celui-ci se rendit à la cour du prince, apportant un présent considérable,
«armure.» Plus loin (fol. 41 r°) : iiÇJlç/a n H monta à cheval, accompagné
« de ses mamlouks , qui étaient couverts de leur armure. » Dans V Histoire cl’ Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. Il, man. 657, L 227 r°) : -IjAÎ ^ Ï&L?- w>L) « Plusieurs émirs passèrent la nuit,
« couverts de leur armure. » Dans l’histoire d’Ebn-kadi-Schohbah (man. ar. 643, fol. 21 r°) : A&L?wjLil! ^ « Plusieurs de ses serviteurs portaient une cuirasse sous
« leurs vêtements. » Plus bas (fol. 79 r°) : *\jj « Derrière lui, marchaient
« les émirs et les soldats , couverts de leurs cuirasses. » Dans les poésies d’Abou’Iala (manuscr. de Scheidius, page 460), le mot ^,U désigne une cuirasse. Le terme a la même signification.
On lit dans l’histoire de Bedr-eddin-Aintabi (man. 684, fol. i53 v°) : j ^r'j^ « Il avait
« avec lui des cuirasses et des armes. » Dans l’histoire d’Ebn-kadi-Schohbah (man, 687, fol. 5o r°) : L-jaJ çùtXÏS’ « Il trouva chez eux de nombreuses cuirasses. » Imad-eddin-Isfahâni (m. 714,
fol. 37 v°) dit, en parlant d’un guerrier .- ^ « Caché sous sa cuirasse. » Le verbe (jU !
signifie quelquefois barder, couvrir d’un caparaçon. On lit dans le Manhel-sdfi d’Abou’lmahâsen (t. Il, fol. 1 37 r°) : wAj j JA»JI âLA)I yjXJj' «Les éléphants étaient couverts
* d’armures et de caparaçons. »
v îeçut un accueil distingue, et obtint un diplôme qui lui conférait la possession de toutes les forteresses des Ismaéliens , savoir : le château de Kalif celui de Khawabi Mounikah ïüL4l , Olaïkah *iLl*J!, Kadamous
et Rasafah i3LsjJI.il devait y commander comme délégué du sultan.
On lui restitua toutes les propriétés territoriales qu’il avait en Syrie, mais il fut stipule que la ville de Masiaf avec ses dépendances appartiendrait en propre au sultan. On fit partir avec Sârem-eddin le gouverneur qui devait occuper Masiaf , et qui était 1 émir Izz-eddin-Adimi. Lorsque ces deux officiers furent arrivés devant cette ville, les habitants refusèrent de la remettre à Sârem-eddin, en disant : « l\ous ne la livrerons qu’au délégué w*jlj du sultan. » Adimi ayant déclaré qu’il était le gouverneur envoyé par le prince, on lui ouvrit les portes. Sârem-eddin se précipita sur les habitants, en massacra un grand nombre, et se mit en possession delà forteresse, vers le milieu du mois de Redjeb. Nedjm-eddin et son fils n’eurent d’autre parti à prendre que celui de la soumission. Ils demandèrent et obtinrent la permission de se rendre auprès du sultan (98). Nedjm-eddin-Hasan fit en effet ce voyage. Il était alors âgé de quatre-vingt-dix ans. Le sultan se laissa fléchir en sa faveur, le désigna pour gouverner le pays, conjointement avec Sârem-eddin-ben-Rida , et lui enjoignit de payer chaque année une contribution de vingt mille pièces d’argent. Il partit, laissant à la cour son fils Schemseddin. Sârem-eddin-Moubarek-ben-Rida fut imposé à une somme annuelle de deux mille dinars. Ainsi, les Ismaéliens se virent forcés de payer un tribut, tandis que, naguère, ils levaient des contributions sur les différents souverains de ces contrées.
Le sultan ayant décampé de devant le château des Curdes, se rendit à Damas où il fit son entrée le vingt-huitième jour du mois. Là il reçut la nouvelle que le roi de France (^*LjiJî, accompagné de plusieurs princes Francs, s’était mis en mer, et qu’on ignorait de quel côté il devait se diriger. Le sultan s’occupa avec ardeur de mettre les places fortes en état de défense , et de faire construire des vaisseaux. Puis il partit pour l’Egypte, où il arriva le second jour du mois de Scliewal. Ce jour-là même on termina les travaux de la mosquée dâhen , construite dans le quartier de Hosaïniah , en dehors du Caire (99). Le sultan fixa les wâkf (propriétés) qui devaient appartenir à cet édifice, et lui assigna le loyer jj^
(98) Je lis jj-ia.x-8, au lieu de
(99! Voyez Makrizi, Description de l'Égypte , man. 682, fol. 449 v°