IV. MEL1K-DAHER-BIBARS
AN 669 (127OJ.
deux partis. Le sultan prit alors la route du Caire, et rentra au cliâteau de la Montagne, le douzième jour du mois de Dhou’lhidjah. Il apprit que les Schehr- 360 zouris avaient tramé le complot de placer sur le trône Melik-Aziz-Othman , fils de Melik-Mougliith , prince de Karak, et qui avait été mis par le sultan au nombre des émirs de l’Égypte. Il fut arrêté, ainsi qu’un grand nombre d’émirs, parmi lesquels on distinguait l’émir Beha-eddin-Iakoub. Plusieurs émirs , qui avaient formé le projet d’assassiner le sultan , tandis qu’il était dans la ville de Schakif, furent également mis en prison. De ce nombre étaient l’émir Alemeddin - Sandjar- Halebi , Akouscli-Mobammedi , Idagdi-Hâdjebi , Igan - Semrualmaout , Sonkor-Sah , Bidagan-Rokni , Tartah-Amidi ; ils furent enfermés au château de la Montagne. L’émir Ak-sonkor-Fârekâni partit à la tête des troupes, pour se rendre en Syrie.
Sur ces entrefaites, on vit arriver un présent, envoyé par le souverain du Yémen, et dans lequel se trouvaient des objets précieux, un ours noir et un éléphant. Ce même mois, le sultan se transporta fréquemment à Misr (Fostat) , pour surveiller la construction des galères, qui bientôt se trouvèrent en nombre double de celles qui avaient été brisées.
Le vingt-septième jour de ce mois, le sultan ordonna de répandre levin, et supprima la ferme qui existait sur cet article, et qui produisait annuellement six mille dinars. Cette décision fut consignée dans un rescrit dont
on fit la lecture sur les menber (les chaires ). Le même jour, le sultan fit dans le meïdcui (l’hippodrome) , une distribution de robes d’honneur. Dix-sept cents individus reçurent le prix de chevaux; et douze cents de ces animaux furent donnés en présent. Le prince resta assis, jusqu’à ce que la répartition fut achevée. Puis, il séjourna quelques jours dans l’arsenal de Fostat, afin de voir lancer à l’eau les galères (1 10). On reçut la nouvelle que les Francs avaient fait une incursion sur le territoire de Schagour , s’étaient emparé de cette
place, avaient porté partout la dévastation, et livré les grains aux flammes.
signifie lancer un batiment à l’eau. On lit dans la Vie de Bibars de Nowaïri (fol. 41 r°) : « Il se
« rendit à Fostat, pour faire lancer à l’eau les galères. » Dans la Description de l’Egypte de Makrizi (chap. De l’ouverture du canal, man. 797, fol. 389 v° ) : àj Jj t « Les barques
« furent lancées à l’eau en sa présence. » Le verbe s’emploie aussi dans le même sens. On
lit dans l’ouvrage cité (man. 682, fol. 387 xo) en sa présence, quatre grands vaisseaux. >>