I. {deuxième partie
« On lança à l’eau,
(110) Je lis , au lieu de > jUUÜ! verbe
Bienlôt après, Schems-eddin-Alimed-ben-Mohammed-Ebn-Khallikan , qui remplissait à Damas les fonctions de kadi des Schafeïs , fut destitué ; et Izzeddin-Abou’lmafâkhir-Mohammed-ben-Abd-alkâdir , connu sous le nom d’Ebnalsaig, fut réintégré dans cette place.
Sur ces entrefaites, une inondation extraordinaire envahit la ville de Damas, emporta un grand nombre de personnes , déracina les arbres , combla les rivières , et renversa les maisons. L’eau s’éleva à une telle hauteur qu’elle descendit par-dessus les créneaux du rempart. On était alors dans l’été (i 1 1).
Le rang de kadi des Malekis, en Egypte, fut conféré à Nefis-eddin-Abou’lberekat-Mohammed-ben-Moukhlis-Daia-eddin. Cette année, aucun habitant de l’Egypte ne fit le pèlerinage, ni par mer ni par terre. Au mois de Schaban , une forte inondation surprit la ville de la Mecque , et pénétra jusques dans la Kabah( 1 12).
(111) Nowuïri (fol. 44 v°> 45 r°) et Hasan-ben- Ibrahim (f. 2o5 v°), donnent, sur cet événement, des détails plus étendus : « Le douzième jour de Schewal, qui était la fête de la Pentecôte des Juifs, " à la huitième heure du jour, une crue d’eau extraordinaire atteignit la ville de Damas, s’éleva au-
dessus des murs, à la hauteur d’une pique, et, dans quelques endroits, à onze coudées. Elle pé- “ netra par la porte de taradis, après avoir renversé le pont établi en ce lieu, ainsi que ceux de la porte d Abou-Selamah , et de la porte de Tourna. L’eau arriva au collège Felekiah, et s’y amoncela «jusqu’à la hauteur d’une toise. Au bout de trois heures, elle commença à diminuer. Cette inondation « lut produite par des nuages orageux qui s’amassèrent sur les montagnes de Balbek, le samedi, « onzième jour de Schewal , et d’où le tonnerre se faisait entendre avec un fracas épouvantable. La « vallée voisine était couverte d’une neige épaisse. La pluie , en tombant sur cette neige, la fit fondre ; « et le dimanche, une masse d’eau se précipita du côté de la source de Fidjah, entraînant avec soi « des pierres énormes. De vieux noyers furent déracinés. Le torrent arriva à Damas, renversa quantité « de maisons du quartier d’Okaïbah détruisit les murailles du meïdan (l’hippodrome), sur-
« prit un grand nombre de Grecs et de Persans qui étaient venus en pèlerinage, et campaient dans « le meïdan. Ils furent noyés tous jusqu’au dernier, ainsi que leurs chameaux, et leurs autres mon- « tures. Il périt une quantité prodigieuse d’animaux de tout genre. Une argile jaune remplit le lit des «rivières. Des arbres furent entièrement déracinés. Le sultan étant arrivé à Damas, quelques jours après cette catastrophe, n’y trouva point d’eau courante, et aucun bain qui fut en état de servir. « Les habitants étaient réduits à boire l’eau des citernes et des puits. L’inondation causa, dit-on, la « mort de dix mille personnes. Des moulins furent emportés avec leurs meules. »
(1 12) Au rapport d’Abou’lmahâsen (fol. 221 r°), la hauteur primitive du Nil fut de six coudées et vingt-et-un doigts; la crue s’éleva à seize coudées douze doigts.
Cette même année, on construisit, par ordre du sultan, une mosquée djami, au lieu nommé Monsckat-ulmehrani, sur les bords du Nil. Elle est séparée de Misr (Fostat) par le canal de Hàkem. Des que les travaux furent terminés, on célébra la khotbah dans cet édifice, le vendredi, vingthuitième jour du mois de Rebi-second (Nowairi, fol. r°; Hasan-ben-Ibrahim , f. 2o5 v°). Makrizi
an 669 (1270). IV. MELIK-DAHER-BIBARS. 9‘
Cette année vit mourir i° l’émir Alem-eddin-Sandjar-Saïrafi , qui décéda à Damas, le sixième jour du mois de Safar. 20 Le kach-alkodat des Malekis,
(man. 682, f. 448 r° et v°) nous donne, sur l’emplacement de cette mosquée, des détails historiques que je vais transcrire : « Au rapport d’ Ebn-Moutawadj , le kadi Fâdel possédait un vaste jardin, situé « entre le nu-ïdan de Louk et le jardin de Khaschschnb, qui fut emporté par les eaux du Nil. 11 four- « nissait de ses fruits et de ses raisins le Caire et Fostat. Les vendeurs, en criant leurs raisins, ne «manquaient pas de dire :« Que Dieu fasse miséricorde à Fâdel; raisins, raisins.» Les choses se «passaient ainsi, longtemps après que le terrain eût été rongé par les eaux. Le propriétaire avait « bâti dans le voisinage du jardin une mosquée djami, autour de laquelle s’étaient élevés d’autres « édifices ; et ce quartier avait pris le nom de Monschcil- fâdel ï!ÛaLj (le nouveau quartier de
« Fâdel). Le dernier khatib (prédicateur) de cette mosquée fut Mouwaffik-eddin-Mahdoui-Dibâdji. «Celui-ci, dans les premiers temps du règne de Melik-Dâher avait fait bâtir, près de cet édifice,
« une maison, et planter un jardin couvert d’arbres magnifiques. Ces travaux lui avaient coûte une «somme de mille dinars égyptiens, dont le change était, à cette époque, de vingt-huit dirhems et «demi pour chaque dinar. Cependant le fleuve envahit la mosquée, la maison , le quartier, et détruisit « tout, de manière qu’il n’en resta pas le moindre vestige. Le khatib Mouwaffik-eddin demeurait dans «le voisinage du sâheb (vizir) Beha-eddin-Ali-ben-Mohammed-ben-Hinnâ. 11 allait souvent lui «rendre visite, ainsi qu’à son fils Mohii-eddin. Il se présenta devant eux avec une contenance hu- « miliée, et leur dit : « Je suis l’esclave de ce palais, et ma mosquée est en ruines. » Le sâheb , touché « de compassion, lui dit: « Je ferai ce que vous désirez, Dieu pourvoira à tout. » Après avoir ré- « fléchi , il choisit le terrain sur lequel s’élève aujourd’hui la mosquée, et qui portait alors le nom de « Koum-ahmar i (le tertre rouge), attendu qu’il était occupé par des fourneaux où l’on
«fabriquait des briques. Le sâheb Fâkhr-eddin-Mohammed , fils du sâheb Beha-eddin- Ali avait fait « construire, vis-à-vis de cette colline, un belvédère SjJâL», qui devint la demeure du fils du prince « de Mausel (Mosul), et passa ensuite aux héritiers de Melik-Ala-eddin, fils du prince de cette ville. « Fâkhr-eddin l’habita longtemps sous le règne de Melik-Moëzz; se trouvant incommodé de la fumée «des fours qui étaient établis sur cette colline, il s’en plaignit à son beau-père, le vizir Scherf- « eddin-Bakiet-allah-ben-Sâed-Faïzi. On ordonna de procéder à une estimation du terrain compris « entre le jardin de Mahli et le fleuve; et cet emplacement fut acheté par le vizir. Après la mort de «son fils Fâkhr-eddin, le vizir ayant conseillé au sultan de bâtir une mosquée dans cet endroit, le « fit consentir à acheter cet espace de terre. Le prince fit élever l’édifice, auquel il concéda, par un «acte daté du mois de Ramadan de l’an 671 (de J. C. 1272), la propriété de tout le terrain. Lins- « pection de la mosquée fut assurée aux fils et aux descendants du vizir : à l’extinction de la famille, « cette charge devait appartenir au kadi-alkodat des Hânefis. Le premier qui exerça dans cette «mosquée les fonctions de khatib (prédicateur), fut le fakih (jurisconsulte) Mouwaffik-eddin-Mo- « hammed-ben-Abi-Bekr-Mahdoui. 11 les remplit jusqu’à sa mort, qui arriva le mercredi, vingt- « troisième jour du mois de Schewal , l’an 685 (de J. C. 1286). On a cessé de faire dans cet édifice « l’office du vendredi, attendu la dépopulation du terrain environnant, qui n’est plus habité que par «un petit nombre de personnes, tandis qu’autrefois , tout ce quartier était couvert de nombreuses « maisons. Schems-eddin-Mohammed avait formé le projet de transporter ailleurs cette mosquée, « mais la mort le prévint, et l’empêcha de réaliser ce plan. »
Scherf-eddin -Omar-ben-Abd-allah-ben-Sâleh-Sobki , qui descendait de
Hasan , fils d’Ali-ben-Abi-Taleb. Sa mort eut lieu le jeudi , vingtième jour du mois 3G1 de Dhou’lkadah. Il était âgé de quatre-vingt-quatre ans; il eut pour successeur dans les fonctions de kadi des Malekis , au Caire, Nefis-eddin-Ebn-Schaker. 5° Le scberif Edris-ben-AIi-ben-Kotadab , émir de la Mecque. 11 fut tué en dehors de cette ville; et Abou-Nemi-ben-Abi-Saïd resta seul en possession du rang d’émir. 4° Le kadi-alkodat de Hamah , Scbems-eddin-Abou’ltâher-Ibrahim-Ebn-almouslim, . .. Barezi-Djebni-Hamawi , de la secte de Scliafeï. Il mourut à Hamab, âgé de quatre-vingt-neuf ans. 5° Le lettré wojfi!) Tadj-eddin-Abou’lmakârem- Moliammed-ben-Abd-almounim-Magrebi , qui mourut à Damas, à l’âge de soixante-trois ans. 6° Kotb-eddin-Abou-Mohammed-Abd-alhakk-ben-lbrahim. . . . Mursi, le sofi. Il mourut à la Mecque, âgé d’environ cinquante ans.
AN Le premier jour de l’année , le sultan redoubla de sévérité pour faire répandre ^7° le vin, et cesser les désordres. Ce fut pour les Musulmans une véritable fête. Le même jour, il mit en liberté l’émir Seïf-eddin-Bidagan-Rokni , et lui concéda unepropriété territoriale ^ÜaSÎ en Syrie. Au bout de quelque temps, il le fit venir, avec l’émir Seïf-eddin-Meladjâ-Rokni : il les acheta tous deux , et leur donna le rang de silah-ddr. Cependant, on reçut la nouvelle que la division avait éclaté entre Isa-ben-Mohannâ et les Arabes, et que le premier avait dessein de se retirer chez les Tatars. Le sultan sentit bien que s’il mandait les Arabes, ils ne viendraient point; que, s’il marchait vers la Syrie, ils prendraient la fuite. Cachant donc ses projets, il descendit au meïdan , le septième jour du mois ; il distribua à ses principaux courtisans une somme de quatre cent mille pièces d’argent et de douze mille pièces d’or; et, en outre, plus de soixante ceintures. Il ordonna de faire marcher les troupes du côté d’Akka , aussitôt que les chevaux auraient quitté le vert. En attendant, il se rendait chaque jour à l’arsenal jusqu’au moment où les galères furent entièrement construites.
L’émir Ak-sonkor-Fârekâni , à la tête de son corps d’armée, vint camper à Djinin. La nuit du dix-septième jour de ce mois, le sultan se mit en route, après le coucher du soleil, accompagné d’un petit nombre de ses principaux courtisans. Attentif à dérober la connaissance de ses desseins, il défendit à tous ceux qui partaient avec lui d’acheter de l’orge jjjJU ou des comestibles. Il eut soin de leur faire donner tout ce dont ils pouvaient avoir besoin. Ils se rendirent à Zakah ÏÜcjJt. De là, le sultan, s’enfonçant dans le désert , arriva à Karak,
ak 670 (1271). IV. MELIK-D AHER-B1BARS. 93
où il fit son entrée, à l’insçu de tout le monde, le sixième jour de Safar, et vint résider dans la citadelle. Il nomma au gouvernement üLi de Karak Al ieddin-Aïdekin-Fakliri , et transféra l’émir Izz-eddin-Aïdemur du gouvernement de cette place à celui de la Syrie. Mais il ne rendit pas ces choix publics , jusqu’il ce que Aidekin vint prendre possession du gouvernement de Karak , le huitième jour du mois. Ayant mandé Izz-eddin-Aïdemur , il lui fit accroire qu’il lui destinait le poste de commandant du château des Curdes. Le sultan se mit en 30marche pour Damas, où il entra le treizième jour du mois, sans que personne fût instruit de son approche; avant son arrivée à Damas, le kadi Fath-eddinben-Abd-aldâher avait écrit , en présence de ce prince, dans l’espace d’un jour et d’une nuit quatre-vingts lettres adressées aux gouverneurs , >îyh (1 13) et aux
(11 3) Le verbe w>Lj suivi de la préposition , signifie remplacer quelqu’un , être son lieutenant, son délégué ; le mot * .oLj désigne un lieutenant , un délégué, un substitut; et le mot I>L.>
les Jonctions que l’on remplit comme délégué ou substitut d’un autre. Aujourd’hui, le terme naib exprime le substitut du kadi ( Mémoires du chevalier Darvieux, tom. I, page 82). On lit dans la Des-
cription de l’Égypte de Makrizi (man. 682, f° 345 r°) Loti <u yL»,
« Le Mohtesib du Caire avait besoin d’y placer son substitut. » Dans le même ouvrage (fol. 329 r°) ^ ^ « 11 le remplaçait dans les fonctions de vizir. » Et ailleurs (fol. 325 v°)
l>Lô « Il le choisit pour remplir la place de substitut des ostadars. » Dans un autre
ouvrage du même écrivain (Solouk , tom. I, page 1 33), le mot LjU! , .oti désigne le légat du pape
Le terme naïb woli exprime ensuite celui qui remplissait, comme délégué du sultan , les fonctions tes plus éminentes de l’administration. On disait, en ce sens, naib-assaltanah ï-'JaLJî v oü , ou sim-
plement naïb woLi. Chaque gouverneur d’une des grandes villes de l’Égypte et de la Syrie prenait ce titre. On lit dans la Description de l’Égypte de Makrizi (man. 682, fol. 3 1 9 r°) :
« Le naib (gouverneur) de Damas. « Et àjLj « La place de naïb d’Alep. » Ailleurs (fol. 3o3 r°j
" llenVOya I^agmesch pour remplir les fonctions de naïb à Alep. » Et iliu «Il le transféra delà place de naïb d’Alep à celle de naïb de Damas. » Ailleurs (fol. 307 r ) jJuo itbjJ « Il l’envoya remplir les fonctions de naïb à Safad. « Et
(fol. 3o8 v°) ïji i)Lô J,! . s^CUî « Melik-Nâser l’envoya remplir les fonctions de
naïb à Gazah. » Dans le Manhel-sdfi d’Aboul’mahàsen (tom. II, man. 748, fol. 3g v°) wLi ^L>
« Il remplit les fonctions de naïb de Roha (Edesse) ». Et (fol. 40 v°) LbU! £>Lj « La place de naib de Malatiah. » Dans la Fie de Melik-Saïd , par Nowaïri ( man. d’Asselin, fol 99 r° ) •XLo aj àdaLJt «Il exerçait, dans la forteresse de Safad, les fonctions de naïb
(délégué) dusultan.» Dansla Vie de Kelaoun du même historien (f. 106 v°) . . jJî jL^y JjL>
«uiaLJi ÏjLJ J,! iJÿLsù « Il transféra l’émir Djemal-eddin de Damas au poste de naibassaltanah d’Alep. » Et ( ibid .) 4*ls ÏjLo « Les fonctions de naïb ( gouverneur) de la forte-
blü31
.Lss
émirs, pour leur annoncer qu’il nommait au gouvernement de la Syrie Izzeddin-Aïdemur-Dâheri, en remplacement d’Akousch-Nedjibi. Il envoya à ce
resse de Damas. » Plus bas (fol. 107 r°) 'iAb idaLJ! > ^jU « Le naïb-assaitanah dans la
forteresse de Damas. » Ailleurs (fol. 1 4 5 v°) idsLJ! ^soLi « U remplit les fonc-
tions de naïb-assaltanah , dans la forteresse des Curdes. « Mais il existait un fonctionnaire du rang le plus eminent , qui portait par excellence le titre de naib ou naïb-assaltanah, et qui pouvait être considéré comme un vice-roi de l’empire, comme un premier ministre, et comme celui qui exerçait des fonctions dévolues au souverain. Voici de quelle manière s’exprime, à ce sujet, un écrivain judicieux et éclairé, l’auteur du Mesâlek-alabsar (man. arab. 583, fol. 178 r° et v°). « Le naïb était un » petit sultan : car il exerçait sur tous les points une autorité absolue. C’était à lui que l’on s’en référait « pour tout ce qui concernait l’armée, les linances, et les renseignements , c’est-à-dire la poste ■> ; chacun des fonctionnaires n’agissait que d’après ses ordres, et ne décidait aucune affaire dif-
« ficile sans le consulter. C’était lui qui organisait les troupes, et qui nommaitaux emplois. Seulement, lorsqu’il s’agissait des charges importantes, telles que celles de vizir, de kadi, de secrétaire de la « chancellerie secrète et de la chancellerie militaire, il proposait quelquefois au sultan le candidat qui « lui paraissait convenir, et qui manquait rarement d’ètre accueilli. Les principaux des naib prenaient « quelquefois le titre de roi des émirs oXb» ; s’il existait entre eux quelque rivalité, elle
« 11e pouvait venir que du naïb résidant à Damas, attendu que cette ville est la seule capitale de la
« Syrie. Le naïb, qui tenait le rang le plus élevé, était le naïb-a/hadrah v >jLj, qui prenait
« le titre de kâfil-almemalik s^XJLj-U Ji^(administrateur de l’empire). Tous les naïb du royaume ■< correspondaient avec lui, dans la plupart des cas pour lesquels on écrit au sultan, et s’en référaient « à lui comme au prince. Il enrôlait les soldats, sans avoir besoin d’autorisation. Pour la nomination « d’un émir, il consultait le sultan. Dans les marches solennelles, il se montrait à la tète des troupes;
« et tous ceux qui les composaient venaient lui faire la cour. Lorsqu’il se présentait devant le sultan,’ <■ il se tenait debout, près du pilier de la salle; et, dès que l’audience était terminée, il retournait « à sa maison, escorté des émirs, auxquels il faisait servir un festin, à l’instar du sultan. Il donnait « des audiences où tout le monde était admis; ceux qui remplissaient des charges . 4.1 lib J 1 « 11e manquaient pas de s’y trouver. Les hddjeb se tenaient debout en présence du naïb , lui fai- « saient lecture des placets, et lui présentaient ceux qui avaient quelque plainte à faire; après quoi,
« il congédiait l’assemblée. Tant que la dignité de naïb se maintint sur ce pied, le sultan se dispen- « sait de lire par lui-même les placets et d’écouter les réclamations, et laissait ce soin au naïb.
« Lorsque celui-ci avait entendu un placet, si l’affaire ne demandait qu’un rescrit émané de lui, il « l’expediait aussitôt ; s’il fallait un ordre du sultan, il faisait copier et expédier l’acte au nom '< du prince, en ayant soin d’indiquer, d’une manière expresse, que la chose avait été décidée « sur sa proposition. Lorsqu’une affaire difficile exigeait impérieusement que le sultan en eût con- « naissance, le naïb la lui communiquait, tantôt de vive-voix, dans une des conférences qu’ils « avaient ensemble, soit par un message qu’il lui adressait, pour l’informer du fait, et prendre ses « ordres. A l’époque où subsistait la place de naïb, les employés du bureau des fiefs, autrement dit « de l’armee, n'allaient faire leur cour que chez cet officier, ne communiquaient qu’avec lui, et « n’avaient sur aucun point de rapports directs avec le sultan. Le vizir et le secrétaire de la chan-