IV. M ELIK-DA H ER-BIB ARS
AN 670 (l27l).
dernier une robe d’honneur , et lui enjoignit de se rendre en Égypte,
et de remettre le commandement à Izz-eddin-Aïdemur ; ce qui fut exécuté ponc-
« cellerie secrète woo étaient tenus, dans certaines affaires, de s’adresser au naïb. La dignité de
« naïb-alhadrah, {représentant de la couronne) ï , x>U perdit successivement de ses attributions
« et de son importance; et, aujourd’hui, elle est supprimée. » Khalil-Dâheri s’exprime en ces termes
(man. 695, fol. a3o r° et v°) : « Le naib-assaltanah ïijpUI idaLJI .oü gouvernait jadis comme
« délégué du sultan. Toutes les affaires étaient soumises à sa juridiction. Il apostillait les placets, au « lieu du sultan. 11 était toujours entouré d’une pompe imposante. Le dernier qui remplit ces fonctions « en Égypte, fut l’émir Altounbogâ-Othmâni. Je l’ai vu depuis à Jérusalem, où il vivait en retraite. « La place de naïb est aujourd’hui vacante. « L’auteur de l’ouvrage intitulé Diwan-alinschâ (man.
arab. 1073, fol. i24r°)nous donne à ce sujet les détails suivants: «Le titre de naib-kâfil Jj K)! > .0 LJ!
« désignait l’officier qui remplaçait le sultan dans presque toutes les affaires. Il ne prenait, en Égypte, « le titre de hâfil J que lorsqu’il administrait sous les yeux du sultan. Il cessait de le porter s’il » gouvernait en l’absence du prince. Au rapport de 1 ouvrage intitulé Tarif . »? le naïb exer- « çait , sur tous les points, la même autorité que le sultan, signait les lettres d’investiture, les res- « crits, les édits, les diplômes et autres actes. Suivant l’auteur du Mesalek-alabsar , c’était lui qui « désignait ceux qui étaient nommés aux fonctions les plus importantes, telles que les charges de « vizir, de secrétaire de la chancellerie secrète, sans avoir de compte à rendre. 11 disposait de tous les « bénéfices militaires £Üa9Î, dont la valeur n’excédait pas cinq cents pièces d’or. Cette place emi- « nente n’a pas été remplie depuis le règne de Melik-Nâser-Feredj. Le diplôme d’investiture de cette * charge était écrit sur un papier formant les deux tiers d’une feuille. On avait soin d’y réunir les « deux titres de naïb et de kâfil. >. Makrizi, qui, dans la Description de l’Égypte, a consacre au sujet qui nous occupe, un article assez étendu, transcrit, comme à son ordinaire, et sans en avertir, les détails contenus dans le Mesalek-alabsar ; mais il y ajoute des renseignements curieux , que je crois devoir reproduire ici (man. arab. 682, fol. 3p8 v° 399 r°) : « Dans le château de la Montagne était « la maison appelée Ddr-anniaba/i jjLJÎjta (maison du naïb). Elle fut bâtie par ordre de Melik- « Mansour-Kelaoun , l’an 687. C’était là que résida l’émir Hosam-eddin-Torontâi , ainsi que les » naïb-assaltanah qui lui succédèrent. Ils donnaient audience dans la tribune grillée qui faisait partie « de cette maison. Cette habitation fut démolie l’an 737, par ordre de Melik-Nâser-Mohammed-ben- « Kelaoun, qui supprima tout à la fois la charge de naïb et celle de vizir. Le terrain qu’avait occupe « cette maison, n’offrit plus qu’une place vide. Après la mort de Melik-Nâser, l’émir Kousoun, ayant été « nommé naïb-assaltanah , fit rebâtir la maison appelée Dâr-dnniabah. La construction n’était point « encore achevée, lorsque l’émir fut mis en prison, et remplacé dans les fonctions de naïb par l’émir « Taschtemur-Hems-akhdar. Celui-ci fut arrêté à son tour, et remplacé par l’émir Schems-eddin- « Ak-sonkor, sous le règne de Melik-Sâleh-Ismaïl , fils de Melik-Nâser-Mohammed. Le nouveau naïb « vint s’installer dans la maison qui lui était destinée, et y donna audience, le premier jour du mois « de Safar, de l’an 743, dans la tribune grillée, appelée scliebbak-anniubah ioLJ! Ce fut le
« premier qui habita ce palais, depuis sa reconstruction. Le même édifice fut occupe par les autres « naïb successivement. Suivant l’usage, le lundi et le jeudi de chaque semaine, les troupes egyp- « tiennes se rendaient en pompe au pied du château. Là, elles se plaçaient sous le commandement « du naïb. On vendait à la criée des chevaux, quelquefois des ustensiles de guerre, des tentes, des pa-
luellemenl ( 1 1 4-)* Le sultan distribua à ceux qui l'accompagnaient
une somme considérable, et quantité de chevaux. 11 partit, à la tête de son
« villons, et même un grand nombre de fonds de terre. Après quoi, les soldats montaient pour aller
« faire la cour au sultan
« Lorsque Melik-Nâser-Mohammed-ben-Kelaoun eût supprimé la charge de naïb, le nâder-aldjeïsch « inspecteur des troupes) conféra directement avec le sultan, et les choses continuèrent sur ce pied, même après le rétablissement de la dignité de naïb, rétablissement qui eut lieu depuis la « mort de Melik-Nâser. Cette charge subsista jusqu’au règne de Melik-Dâher-Barkok. Le dernier qui « l’occupa, et jouit de la plus grande partie des prérogatives attachées à son rang, fut l’émir Soudoun- » Scheïkhi. Après lui, personne ne fut promu à cette dignité, sous le règne de Melik-Dâher. Melik-
* Nâser-Feredj, fils de Barkok, désigna pour naib-assaltanah l’émir Temuraz; mais cet officier n’oc- « cupa point la maison appelée Dâr-anniabah , située, comme nous l’avons dit, dans le château de la « Montagne. Depuis Temuraz jusqu’à nos jours, personne n’a rempli lesfonctions de naïb. » On a vu plus haut que le grand dignitaire, désigné par le titre de naïb-assaltanah ou naïb-alhadrah exerçait son autorité sous les yeux du sultan. Lorsque ce prince quittait temporairement l’Égypte, il nommait, pour gouverner ce pays en son absence, un vice-roi, qui portait le titre de naïb-algaïbah
(Khalil-Dâheri, man. 6g5, fol. 23o v°); et la charge qu’il occupait se nommait niabatalgaïbah 2LJÜÎ ÏjLJ (man. 1 573, fol. 23 1 v°). Il est souvent fait mention de cet officier. On lit dans le Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom. Il, man. 748, fol. 123 r°):<iL;*JI ïjLj ^ î ï'iîj
j+a\,\ jLtjJL) « Melik-Aschraf le choisit pour remplir, en Égypte, les fonctions de naïb-algaïbah. »
Dans le Kitab-assolouk de Makrizi (tom. III , man. 674, fol. 14 v°) on lit : iLJÜI , ^oU. Et plus loin
(fol. 17 r°) LjJ! ibLi. En Égypte, sous le gouvernement des Turcs, au rapport de Yansleb (Relation de l Egypte, p. 25o) le mot naïb-gaïbc désignait le soubaschi.
L’auteur de l’ouvrage intitulé Diwan-alinschâ (man. 1 57 3, fol. 23i r° et v°) nous fait connaître la longué série des titres que l’étiquette prescrivait d’employer lorsque l’on écrivait au principal naïb et au naïb-algaïbah. Je supprime tout ce protocole, faute de pouvoir trouver dans la langue française des expressions équivalentes aux termes arabes. Au rapport du même écrivain (f. 126 v°) : Le naïb de la place d’Alexandrie bj yki w*jLj I"ut cr<-‘é 1 an 7^7, à l’époque où les Francs
« surprirent la ville. Auparavant c’était un èmir-tablkhanah , qui ne portait point le titre de kâjil Jio,
« attendu que le gouvernement ne formait point une mamlakah (principauté), mais qui com-
mandait les troupes de la ville et des environs, sans que son autorité s’étendit sur aucune autre « portion du territoire. Ce naïb était au nombre des érn 1rs- m o ukaddern (commandants), et son di- « plôme d’investiture était écrit sur un papier ayant les deux tiers d’une feuille. »
« Le naïb de la partie méridionale de l’Égypte ^LaJ! yxilj fut créé sous le règne de Dâ-
« her-Barkok. Il portait auparavant le titre de cvdli-aloulâh î (gouverneur des gouver-
* neurs). Chaque province avait un moutawalli (commandant) désigné par le prince, et sur lequel le « wâli-aloulâh n’avait aucun droit de nomination ou de destitution. Sous le règne de Mouwaiad- « Scheïkh, on soumit à l’autorité du naïb de la partie méridionale les deux cantons de Behnesa et « d’Aschmounaïn , afin qu’il pût y placer des officiers de son choix. Sous le règne d’Aschraf-Borse- « bai, on donna au même naïb la juridiction sur tous les gouverneurs des provinces méridionales, et <> il pouvait établir dans chaque canton un naïb pour gouverner en son nom. Quant à la province du