‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 116 sur 183 · IV. MELIK-DAHER-BIBARS · texte numérisé non relu

IV. MELIK-DAHER-BIBARS

Hamah se chargea de l’entretien de sa table. Cependant on vit arriver un grand nombre des principaux Arabes , qui éprouvèrent de la part du sultan l’accueil le plus distingué. Ce prince leur déguisa ses projets. Voulant endormir dans une sécurité entière, Isâ-ben-Mohanna , il lui écrivit, pour lui demander des chevaux, qu’il désigna. Il ajoutait dans sa lettre : «Tu as député vers moi , tandis que j’étais en Egypte, et tu m’as demandé l’autorisation de te rendre à « ma cour. Dans ma réponse, je t’enjoignis de ne pas venir, à moins que tu ne « fusses mandé par moi. Aujourd’hui, que je suis dans la ville de Hamah , tu « peux te rendre auprès de moi , si tu le juges à propos. » Isâ étant arrivé , le sultan l’interrogea sur les faits qui lui étaient imputés. L’Arabe avoua que tout était vrai, et ajouta : « La franchise est une ressource plus sure que le mensonge. » Le sultan le combla de marques de bienveillance, lui et les principaux Arabes.

Le vingt-sixième jour de ce mois, Schems-eddin , fils de Nedjm-eddin ,

hiérarchie, attend» qu’il n’y avait dans leurs gouvernements ni trcne, ni repas. Un passage du Diwan-alinscha va expliquer ces locutions.

L’auteur (fol. 1^5 r°), parlant de la Syrie, s’exprime en ces termes : « Cette province a le titre de « mamlakah iSL Jy» (principauté) , attendu que Melik-Nâser-Salah-eddin-Iousouf, au momentdesa « mort, partagea ses états entre ses enfants, et attacha à chaque principauté un trône et un repas « bL^~ j ■ Melik-Afdal reçut en partage Damas, le Sahel (la Phénicie) , Beït-almakdas ( Jéru-

« salem) etc., jusques et compris la ville de Gazah. Cette contrée forma dès-lors une mamlakah «(une principauté).» U résulte de ce passage, i° que le mot mamlakah désignait une grande province, gouvernée par un prince indépendant , ou par un vice roi, qui, en l’absence du sultan, exerçait toutes les fonctions inhérentes à la souveraineté; 20 que ces provinces seules avaient un trône , sur lequel s’asseyait le prince, le sultan, ou son représentant, pour donner ses audiences

ou rendre la justice; 3° que dans les mêmes provinces seulement, l’étiquette voulait que le souverain ou son représentant donnât, à certains jours, un repas solennel bL^w, auquel assistait un plus ou moins grand nombre d’émirs, de fonctionnaires et autres personnes choisies. C’était là un des attributs delà souveraineté. L’histoire de Makrizi fait souvent mention de ces festins d’apparat, sur lesquels je donnerai ailleurs quelques détails. Je reviendrai également sur ce qui concerne le naïb.

(n4) Le verbe à la huitième forme signifie : faire, effectuer une chose. On lit dans X Histoire d' Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 661, f. 178 r°) : SjJ-yXau L^i îjbà.1 « Ils commencèrent

à délibérer sur ce qu’ils avaient à faire.» Dans l’histoire d’Ebn-kadi-Schohbah (tom. ï, man. 643, fol. 117 v°) : « Sa mauvaise conduite. » Dans la Description de l’ Égypte de Makrizi (art.

de l'ouverture du canal, m. 682, fol. 265 v°) : J J~Ju « Tout le monde

«s’empressa de baiser la terre devant lui. Voyez aussi article des impôts et passim. Dans la Vie de Bibars de Nowaïri (fol. 80 v°) : .LbL-JI L» « Ce que fit le sultan. »

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prince des Ismaéliens, s’étant rendu auprès du sultan, fut arrêté prisonnier, ainsi que ses compagnons , et envoyé avec eux en Égypte. On continua de bloquer leurs forteresses, jusqu’à ce que les officiers du sultan prirent possession de Khawâbi et d’Olaïkah.

Le premier jour du mois de Rebi-premier, à l’extrémité de la soirée, le sultan partit des environs de Hamah, sans que personne sût de quel côté il se dirigeait. Il prit d’abord le chemin d’Alep; mais, arrivé à Schaïzar, il quitta la route, et se trouva le matin à Hems. De là, il se rendit au château des Curdes, et à la forteresse d’Akkar , inspecta ces deux places , puis arriva à Damas. Il écrivit une lettre, qu’il envoya en Égypte, et dans laquelle, s’adressant aux principaux émirs, il leur disait : « Votre fils. . . .; » et aux autres, « votre frère ou votre père « vous salue, est plein d’affection pour vous, et désire vivement ne pas vous « quitter. Nous préférons votre repos au nôtre; et toutefois, voilà longtemps « que vous vous fatiguez, tandis que nous restons tranquilles. Nous leur notice lions les événements qui viennent de se passer, de manière qu’on pourra croire « qu’ils en ont été témoins oculaires, et qu’ils nous ont accompagnés dans la « plupart des expéditions. De ce nombre, sont les faits qui concernent les « Ismaéliens et ceux qui ont rapport aux Arabes. J’avais reçu la nouvelle que les « Tatars se mettaient en campagne, et, si nous fussions partis, toute la popu- « lation aurait pris la fuite avec précipitation. Quant aux Francs, ils avaient « fabriqué des échelles de fer, et se disposaient à fondre sur les villes de Safad « et de... Mais, dès que nous arrivâmes dans ces cantons, leurs espéran-

ce ces se trouvèrent complètement déjouées.

« Un fait prouve que nous savons employer, avec un égal succès, tantôt l’épée,

« tantôt le poignard. Le prince de Marakiah , qui avait été dépouillé par nous <c de ses États, se retira chez les Tatars, pour implorer leur appui. Nous en- . « voyâmes à sa poursuite plusieurs fedawi (baténiens). Un de ces hommes cc qui est aujourd’hui de retour, nous a rapporté que lui et ses compagnons se cc sont précipité sur le prince, et l’ont égorgé. Depuis 'que nous avons reçu la ce nouvelle des mouvements des Tatars, je ne passe jamais la nuit, sans avoir cc auprès de moi mes chevaux tout sellés, et je ne quitte point mes vêtements , ce pas même les éperons. »

Cependant, on apprit que les Tatars avaient fait une incursion sur le territoire d’Aïntab , et s’étaient avancés vers Omk ^*}|, au milieu du mois de Rebi-

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