IV. MELIK-DAIIER-B1B ARS
mit au monde , en une seule couche, sept fils et quatre filles, après une grossesse qui avait duré quatre mois et dix jours. Tous les enfants moururent; mais la mère survécut à cet événement.
Cette année vit périr i° Tadj-eddin-Abou’lkasem-Abd-errahman-hen-Radieddin-Abd-allab-Moliammed . . . . Mauseli , de la secte de Schaféï , qui mourut à Bagdad, âgé de soixante-douze ans ; a° Kemâl-eddin-Abouffadl-Selar-ben-Hasanben-Omar-Arbeli, le schaféï, qui mourut à Damas, à l’âge de soixante-dix ans;
des ambassadeurs égyptiens de nombreuses questions sur l’Égypte, tes éléphants et les girafes ( ibid. , pag. 21 5). Lors dü traité de paix que le sultan Bibars conclut, l’an 674 de l’hégire (de J. C. 1275), avec le roi de Nubie, ce dernier prince s’engagea à livrer chaque année, entre autres présents, trois éléphants, trois girafes et cinq panthères femelles (Nowaïri, man. d’Asselin, fol. 89 r°), ou, suivant un autre récit (Mémoires sur l’ Egypte , t. II, p. 100) une girafe. L’an 685 de l’hégire (deJ. C. i286;iW., ibid.) un ambassadeur, envoyé par Àdor, prince du pays à’ Alabwâb situé au-delà de la Nu-
bie, présenta au sultan Kelaoun plusieurs éléphants et une girafe. Dans l’expédition que les Égyptiens entreprirent cinq ans après contre la Nubie (Ibid., p. 110), ils s’avancèrent au midi jusqu’à un désert affreux, qui servait de retraite aux éléphants, aux girafes et aux autruches. L’an 741 de l’hégire (de J. C. i34o), le présent envoyé par le sultan d’Égypte au prince de Mâredin consistait en un éléphant, une girafe et quatre panthères (Histoire d’ Égypte, man. de M. Marcel, aujourd’hui dans ma bibliothèque, fol. 225 v°). L’an 765 de l’hégire (de J. C. i363) on amena de l’Égypte à Damas un éléphant et une girafe (Ebn-Kadi-Schohbah , t. I, man. 643, fol. 172 v°).
Ebn-Khaldoun ( Histoire, tom. VI, fol. 169 r°) fait mention d’une girafe qui avait été envoyée en présent par le roi de Mali au souverain du Magreb. Ailleurs (tom. VII, fol. 22 r°) il parle d’une autre girafe, donnée également en présent. Au rapport de Makrizi (Solouk , tom. II, fol. 232 r°), l’an 795 de l’hégire (de J. L. 1A92) un ambassadeur envoyé parle prince de Dahlak, offrit au sultan d’Égypte un éléphant, une girafe et un grand nombre d’esclaves mâles et femelles. L’an 806 de l’hégire (de J. C. i4o3) une girafe fut envoyée à Timour ou Tamerlan par le sultan d’Égypte (Ebn-Kadi-Schohbah, t. II, man. 687, fol. 214 r°). L’auteur du Zafer- nameh (de mon manuscrit, fol. 364 v°) parle aussi de cet événement. R uy Gonzales de Clavijo ( Vida del gran Tamorlan , 2e édit., p. 107 et 108), qui résida comme ambassadeur à la cour de Tamerlan, étant arrivé à la ville de Khoï, rencontra l’envoyé égyptien qui conduisait les présents destinés pour le souverain tartare, et parmi lesquels se trouvait la girafe, que l’officier espagnol désigne par le nom de jornufa, et qu’il décrit en ces termes: «Cet animal avait le corps aussi grand que celui d’un cheval, le cou très- « long, les jambes de devant beaucoup plus longues que celles de derrière, et le pied fendu comme « le bœuf. Du sabot du pied de devant jusqu’au sommet de l’épaule, la hauteur était de seize palmes ; « et on en comptait tout autant, depuis les côtes jusqu’à la tète. Lorsqu’il voulait étendre le cou, « il s’élevait si haut, que c’était une chose extraordinaire. Le cou était menu comme celui du cerf ; « les jambes de derrière étaient si courtes, relativement à celles de devant, qu’on aurait pu croire « que l’animal était assis, quoiqu’il fût levé; la croupe était tombante comme celle du bufle; le « ventre était blanc , le corps de couleur d’or , et entouré de grandes raies blanches ; la tête ressem- « blait à celle d’un cerf; les narines étaient placées au bas de la face; le front présentait une pointe
3° Imad-eddin-Àbou-Abd-allah-Mohammed-ben-Seni-eddin-Abi’lganâïm-Salem... Dimaschki. Il mourut, au même âge, dans la même ville. 4° L’émir Amineddin-Abou’lhasan-Ali-ben-Othman. . . . Arbeli, homme de lettres ^.oî et poète, qui avait renoncé à la profession militaire pour se livrer tout entier aux
exercices religieux. Il était âgé de soixante-huit ans , et mourut sur le chemin du Fayoum (129). Le scheïkh Ali-Bakka, homme vertueux, mourut dans la ville
« élevée et aigue; les yeux étaient très-grands et arrondis; les oreilles semblables à celles d’un « cheval. Auprès des oreilles on voyait deux petites cornes rondes, et, en grande partie, couvertes de « poil , en sorte qu’elles ressemblaient à un bois de cerf naissant. Le cou était si long, et tellement « susceptible de s’étendre, au gré de l’animal, qu’il pouvait atteindre, pour prendre sa nourriture, « au sommet d’une muraille de cinq à six tapia de hauteur. Il allait aussi cueillir à la cime d’un “ grand arbre les feuilles qui formaient sa nourriture habituelle. » Schiltberger ( Reise in dus Orient , PaS- 99) désigne la girafe parle nom de surnosa-, mais ce voyageur se trompe évidemment lorsqu’il assure que l’Inde est la patrie de cet animal. Nous lisons dans la Description de l’Ègypte de Makrizi (tom. I, man. 797, fol. 37 1 v°), que, dans la fête solennelle célébrée par le khalife Aziz, l’an 38o de l’hégire (de J. C. 990) on conduisit devant lui des éléphants et une girafe; que (fol. 373 v°) dans d’autres occasions, plusieurs girafes marchaient devant le khalife; que (fol. 389 r°) l’on fabriquait, pour l’usage du prince, des vases d’or qui offraient la figure de girafes, d’éléphants et autres animaux; que (fol. 3g4 r°) lors des réjouissances qui avaient lieu, à l’époque où le Nil était arrivé à sa plus grande hauteur, le trésor faisait faire des statuettes, qui représentaient des éléphants, des girafes. Baldensel ou Boldensleve, qui voyageait en Égypte dans le XIVe siècle (Canisii, Lectiones antiquœ , tom. IV, pag. 34 1), vit au Caire une girafe. Erescobaldi, vers le même temps, vit dans la même ville trois de ces animaux ( Fiaggio in Egitto e in Terra Santa , p. 98). Sigoli ( Fiaggio al monte Striai , p. 26) parle de la girafe et en donne une description fort exacte. Baumgarten [Peregrinatio in Ægyptum, Arabiam, etc., pag. 68) fait mention d’une girafe, et la désigne par le nom de Ziraphus. Belon {Observations , pag. 263-264), Villamont ( Foyages , pag. 497) décrivent également cet animal. Mais je m’arrête ici, pour ne pas répéter inutilement les détails consignés dans d’autres ouvrages.
(129) Suivant Àbou’lmahâsen (man. 661, fol. 221 r° et v°) ce fut dans la ville de Fayoum que mourut ce personnage, au mois de Djoumada premier. Il était né l’an 602 de l’hégire (de J. C. i2o5y et fut un des principaux poètes de la cour de Melik-Nâser-Salah-eddin-Iousouf, prince de Syrie. Parmi ses vers, l’auteur cite ceux qu’il adressa à un homme éminent, en lui envoyant un don:
« Ce présent vient de la part d’un esclave sincère dans son dévouement. Il prouve la pauvreté du » donateur.
« Il n est nullement proportionné à mon rang, ni à celui démon maître; mais il est tel que peut « le permettre ma fortune. «
Il dit ailleurs :
* Aie soin de veiller sur ta langue 5 c’est ce que tu peux faire de plus avantageux. Veille sur « tes yeux; écoute mes conseils et mes avis sincères.
“ Combien d’inimitiés sont nées d’un mot! Combien de passions ont été produites par un regard.»