‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 121 sur 183 · IV. MELIK-DAHER-B1BARS · texte numérisé non relu

IV. MELIK-DAHER-B1BARS

de Khalil (Hébron), dans les premiers jours du mois de Redjeb. Il s’était distingué par un grand nombre d’actes surnaturels (1 3o).

Le cinquième jour du mois de Moharrem, le sultan fit son entrée dans la ville ATj de Damas. Des nouvelles arrivées coup sur coup, annonçaient que les Tatars ^7 1 s’étaient mis en campagne. Le prince partit de la ville, sur les chevaux de la poste, la nuit du sixième jour, après la dernière heure du soir, accompagné des émirs Baïsari, Akousch-Roumi, Djermek le silâh-dâr, Djermek-Naseri, Sonkor-Alfi , le silâh-dâr,el Alem-eddin-Schakir, nzoukaddam-alberid (surintendant

de la poste.) Poursuivant sa marche sans interruption, il arriva au château de la Montagne, le samedi, treizième jour du mois. Il n’était point attendu, et il surprit tout le monde, lorsqu’il entra, à cheval, dans la citadelle. De là, il se rendit au meïdari , où il joua à la paume. Puis, il donna l’ordre de faire partir les troupes pour la Syrie. Il écrivit aux émirs qui résidaient à Damas (i3i), que bientôt, de Birah , il inspecterait la province, attendu que son voyage avait eu pour but de régler les affaires du pays. En même temps , il envoya des papiers apostillés de sa main sur lesquels on put écrire à Damas et expédier dans les divers

cantons des réponses aux dépêches apportées parla poste. L’émir Seïf-eddin , le dewâdar , résidait dans le château de Damas, afin de faire partir les lettres et les courriers £>jj Le lundi, quinzième jour du mois, le sultan monta à cheval, se rendit à Misr (Fostat) et s’embarqua sur le fleuve. Les galères simulèrent en sa présence un combat naval. Le mercredi, 1 y du même mois, le sultan fit partir les troupes destinées pour la Syrie. Le 19, le prince se mit en marche pour cette province, sur les chevaux de la poste, accompagné de ceux qui étaient venus avec lui, et entra de nuit, dans la citadelle de Damas.

Au mois de Safar, on vit arriver des ambassadeurs du roi Abaga, et ceux du pays de Roum ; ils furent reçus avec peu d’égards, et on leur enjoignit de faire le Djouk (i3a) devant les deux naïb (gouverneurs) d’AIep et de

(Cio) Cette année, an rapport tl’Abou’Imahàsen (fol. 221 v°), la hauteur primitive du Ail fut de sept coudées deux doigts, et la crue s’éleva à dix-huit coudées onze doigts.

(131) Après le mot il faut lire comme dans le texte de Nowaïri.

(132) Dans les notes qui accompagnent Y Histoire des Mongols (pag. 322-323), j’ai donne des détails assez étendus sur cette sorte de génuflexion , usitée chez les Mongols, et par laquelle les inférieurs témoignaient à leur supérieur leur soumission et leur respect. Aux exemples que j’ai produits? on peut ajouter les suivants : Dans le Fdhihat-alkholafâ d’Ebn-Arabschah (p. 235), on lit:

J ; et plus loin (pag. 2^3) aJ \yys.

Haniah. Ils étaient chargés de demander que Sonkor-aschkar vint négocier la paix. Mais ils changèrent de langage, et prétendirent que le sultan ou celui qui tenait après lui le premier- rang, se rendît auprès d’Abaga, pour conclure le traité. Le sultan ditaux envoyés : «Puisque c’est Abaga qui désire la paix, il faut qu’il « vienne négocier en personne, ou qu’il délègue, pour cet effet, un de ses frères. » Sur les ordres du prince, les troupes complètement armées comme pour le combat, exécutèrent différentes évolutions, dans le meïdan, situé hors de Damas. Tout cela se passait sous les yeux des ambassadeurs, qui furent congédiés le quatrième jour du mois de Rebi premier. Ce même mois, le sultan prit possession de la ville de Sahioun , qui lui fut remise par Sâbik-eddin et Fakhr-eddin , tous deux fils de Seïf-eddin -Ahmed-ben- Modaffer-eddin-Ofhman-ben-Mankoures , après la mort decelui-ci, et en vertu de ses dispositions testamentaires. Le prince combla de bienfaits les deux frères, leur accorda le rang d’émirs, et envoya leurs familles à Damas.

Cependant, on reçut la nouvelle que les Tatars étaient venus camper devant Birah, et avaient dressé contre cette place des machines de guerre; qu’ils occupaient les bords de l’Euphrate, et en gardaient les gués, afin de fermer le passage à ceux qui voudraient venir les attaquer. Le sultan envoya du côté de Hârem l’émir Fakhr-eddin-Hemsi , à la tête d’une partie des troupes de l’Egypte et de la Syrie. L’émir Ala-eddin-alliâdj-Taïbars-Waziri, marcha dans une autre direction, accompagné d’un corps d’armée. Le sultan partit des environs de Damas, conduisant avec lui des barques démontées et portées sur des chariots. Après une marche rapide, il arriva près des bords de l’Euphrate, et trouva les Tatars postés sur le bord. Il fit lancer à l’eau les barques qu’il avait amenées, et qu’il remplit de combattants. Les Égyptiens et les Tatars firent pleuvoir les uns sur les autres une grêle de flèches. Bientôt après, l’émir Kelaoun se précipita dans l’Euplirate, qu’il traversa à gué, suivi d’une troupe nombreuse. Il attaqua les Tatars, les battit,

et les mit dans un désordre complet. Aussitôt les bataillons ,, s’élancèrent

dans l’Euplirate, et le passèrent à la nage. Les cavaliers étaient serrés l’un contre l’autre, tenant la bride de leurs chevaux, et se servant de leurs lances en guise de rames. Ils étaient couverts de fer, aussi bien que leurs chevaux. Ils avançaient en colonnes pressés, et le cliquetis de leurs armes, se mêlant à l’agitation des vagues, formaient un bruit effrayant. Le sultan mit pied à terre un des premiers, et prit possession du camp ennemi, ou il rendit grâce à Dieu, par une prière accompagnée de deux rikah. Puis il détacha à droite el à gauche des

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