AN 67I
corps cle troupes qui massacrèrent ou firent prisonniers quantité d’ennemis. L’armée resta campée Ja nuit du lundi. Bientôt on reçut la nouvelle que les Tatars avaient fui précipitamment de devant Birah, accompagnés de Derbaï leur chef abandonnant leurs bagages et leurs provisions; que les habitants de la ville s’étaient emparés de tous ces objets, qui avaient été pour eux une ressource précieuse. Le sultan séjourna quelque temps, pour attendre que les Tatars vinssent l’attaquer ; mais aucun ne se présenta. A. la tête de toutes ses troupes, il traversa l’Euphrate comme il avait fait la première fois. Mais ce passage ne put s’effectuer qu’avec de nombreuses difficultés et des dangers effrayants. Le prince se rendit dans la ville de Birah, revêtit le naïb (gouverneur) d’une robe d’honneur, et lui fit présent de mille pièces d’or. Tous les habitants reçurent de lui des vestes, des marques de munificence, et il leur fit distribuer une somme de cent mille dirhems. Le sultan laissa dans la place un corps de troupes, pour renforcer la garnison. Après quoi, il reprit la route de Damas, où il fit son entrée le troisième jour du mois de Djoumada second, précédé des émirs; il partit ensuite pour l’Egypte, et arriva au château de la Montagne, le vingt-cinquième jour du même mois. Il mit en liberté l’émir Izz-eddin-Dimiati, lui donna pour demeure la maison du vizirat, et lui assigna des gratifications w-ô'îjj- Ensuite, il le manda auprès de lui, but avec lui le kumiz , en présence des principaux émirs.
Le sultan luiayant donné, de sa propre main, la coupe , ,La> (i33) toute pleine
de liqueur; Izz-eddin lui dit : « Seigneur, nous avons blanchi, et notre vin a « pris aussi la couleur blanche. « Tous les émirs, les vizirs, les kadis et les commandants furent revêtus de robes d’honneur. Après quoi, les ambassadeurs de Mangou-Timour , ceux de l’empereur Lascaris et ceux des Ismaéliens «jc-dî, reçurent leur audience de congé , et se mirent en route dans le mois de Schaban.
Le douzième jour du mois deSchewal, on arrêta le scheïkh Rhidr-ben-Abi-Beki-
( 1 3 3) Le mut hunâb . >La>, qui a une si grande ressemblance avec le terme français hunap, signifie
un vase , une coupe. O11 lit chez notre auteur (m. 672, pag. 383) : Ojd) J J(. • 11 avait
« trois coupes. « Plus loin [Ibid.) U JjLj*. «Il prit cette coupe, et but la
« liqueur qu’elle contenait. » Et (pag. 384) w>L^Jî ^ ^ ^jJI ^»J!. « Le poison que contenait « la coupe. » Ailleurs (tom. III , man. 674 , fol. 124 r°) jjJj « Une coupe de cristal. « Dans le
Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom. IV, man. 750, fol. 89 v°) éj iLaZsr* obLa Ïj
L>La djU ^LkLJî \ ^3 ^JjLw >La> X " Le sultan avait trois coupes, destinées exclu-
“ sivement pour lui; chacune était entre les mains d’un échanson. Lorsque le prince voulait tcmoi-
i ra
hen-Mousa, scheïkh du sultan, et il fut mis en prison dans le château de la Montagne. Le vingt-deuxième jour de Dhou’lhidjah, le prince s’empara du reste des forteresses qui avaient appartenu à la secte des Ismaéliens savoir : Maïnakah ( 1 34)? Kadamous et Kahf. On y célébra l’office du vendredi; on implora la faveur de Dieu pour les compagnons du prophète (i 35). On fit
11 gner à un hôte une considération particulière, il lui présentait une coupe. » Plus loin (Ibid.)
J b, Jî jLUlJ! Jjea..«Le sultan posa le papier dans la coupe. » Y.t(Ibid.) .Xâ.!
w>L^Jl. « L’échanson prit la coupe, et la remplit : le prince but la liqueur. » Dans r/7«toVedeNowaïri(26e partie, in.deLeyde, f 104 v°.) on lit que, dans le moment du couronnement ^ 8 b î L^La ^ ^ b b& 'y 1 1 bb d Oktai ,
Lj^s3 obbx)! AJjîklj « Son plus jeune frère, Algou-Noïan, rem-
plit une coupe de liqueur, et la lui présenta. Au même instant, tous ceux d’entre ses oncles, ses
■ frères, et les émirs de toumnn , cpii se trouvaient présents, se levèrent, et fireni la cérémonie ap-
« pelée Djouh. » Et plus bas (Ibid.) s jL^J! v> « Oktai-Khan but le contenu
« de cette coupe. » Dans la Vie de Melih-Saïd , qui fait partie de la même histoire (man. d’Asselin, fol. 96 r°j sy b La J vj^s.^â.1 « Elle lui présenta une coupe remplie de liqueur. » Et
(fol. 99 v°) SjLj vJ^bLa .ÜaLD « Le sultan avait trois coupes. »
(i34) Plus haut, j’ai lu Mounikah bûLl, suivant ce que portait le manuscrit. Ici le texte offre ijçj-lt, mais je crois devoir préférer la leçon Maïnakah ïiûLl, qui se trouve dans deux passages de Nowaïri (fol. 63 v° 64 r°). Cet historien (m. d’Asselin, f. 64 r°) nous donne sur cette place les détails suivants. « Elle est située dans la montagne de Rawâdif Elle eut pour fondateur un
■ homme appelé Nasr-ben-Mousrif-Rawâdifi, qui était parvenu à s’assujettir tous les Musulmans éta- « blis dans cette montagne, ainsi que dans les environs, et avait acquis une puissance imposante.
« Ayant été fait prisonnier et conduit à Antioche, il parut se repentir de sa conduite, et fut relâché;
« mais bientôt après, il recommença à tourmenter les Musulmans et les Grecs. Fait de nouveau pri- « sonnier, il demanda pardon , et donna son fils en otage. Voulant se montrer sincèrement attaché » aux Grecs, il leur dit : « Il existe sur la frontière de l’empire, à l’extrémité de la montagne de « Rawâdif, un village appelé Maïnakah , dont la position est extrêmement favorable pour bâtir une « forteresse, qui protégera toute la contrée environnante. » Sa proposition ayant été accueillie, il dit « aux Grecs : « Les Musulmans ne souffriraient pas que vous entreprissiez cette construction; mais je « me charge de les tromper, en leur faisant accroire que la place est destinée pour moi; et, lors- « quelle sera terminée, je vous la remettrai.» Les Grecs, convaincus de la sincérité de ses paroles,
« l’aidèrent de tout leur pouvoir. Lorsque la ville fut en état de défense, il s’occupa d’en construire « une encore plus forte. Nicetas, gouverneur d’Antioche, s’avança vers cette place, l’an 422 , et 1 as- « siégea sans succès. Il revint l’attaquer, s’en rendit maître, et rasa entièrement les tours qui la dé- « fendaient. Depuis cette époque, elle fut rebâtie, et passa sous la domination des Ismaéliens. »
( 1 35) Le texte porte Le verbe à la cinquième forme, signifie propre-
ment : chercher h fléchir quelqu'un, à capter sa bienveillance. Dans les pioverbes de Meïdani (proverbe 72) le verbe est expliqué par ^ ®échit avec IK’ine et efforts. »
Dans le Kitab-alagâni ( tom. II, f. 161 v°) ^*b'. 11 me suivit> et s’efforça de me fléchir. »