‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 124 sur 183 · I . ( deuxième partie.) I · texte numérisé non relu

I . ( deuxième partie.) I

plusieurs tapis, sur lesquels se placèrent l’émir Hosâm-eddin , le dawddâr, et l’émir Àla-eddin-Idagdi, Xostâddr. Le prince les traîna, ainsi que deux chevaux; et nagea d’une rive à l’autre, malgré le poids de sa cuirasse ( 1 3g).

Cette année vit périr i° Schehab-eddin-Abou-Sâleh-Obaïd-allah-ben-Kemâl-

Abou’lkâsem-Omar Halebi, qui mourut à Alep, à l’âge de soixante-deux ans;

20 Fakhr-eddin-Abou-Mohammed-Abd-alkâher-ben-Abd-algani-ben-Mohammed... Harrâni, le hanbali, qui mourutàDamas, à l’âge d’environ soixante ans ; 3° le littérateur Mokhlis-eddin-Abou-Ishak-Ibrahim-ben-Mohammed-ben-Hibet-allah.... Hamawi : 4° leschérifScherf-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed-ben-Ridwan-Hasani, copiste ^ ,UM, écrivain habile, et historien, à l’âge de soixante-sept ans (i4°).

Au mois de Moharrem, on démolit la porte du palais, appelée Bdb-albahr (la porte du fleuve), située vis-à-vis le medresch (collège) Kâmelieh, entre les deux palais. On y trouva un coffre, dans l’intérieur duquel était une figure de cuivre jaune, placée sur un siège fait en forme de pyramide, qui avait une palme de hauteur, et était porté sur des pieds de cuivre. L’idole était assise, et avait les mains élevées. Elles soutenaient un chapelet qui avait trois palmes de tour, et sur lequel se trouvait une inscription. Le coffre renfermait une tablette, du genre de celles qui servent aux enfants. Les caractères que l’on y avait gravés, étaient en grande partie effacés. On y lisait seulement le nom de Bibars ( 1 4i ) , ce qui causa une surprise universelle. Cependant on reçut la nouvelle que le prince Abaga s’était mis en campagne. Le sultan partit du château de la

jJ)Lc jJx « C’était une cuirasse, de la fabrique de David, que le prince portait

■< sous ses habits, dans ses voyages, ou dans les marches solennelles, afin de se garantir des attaques « perfides d’un ennemi. » On lit dans X Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 65g, fol. 124 v**) cu*rasse vendue un dirhem. » Dans X Histoire de Nowairi (26e partie, ms. de Leyde, fol. i3 r°) lOjyJÎ d JJ « On lui disait : Laisse-là ta cui-

« rasse; mais il ne cessait de la porter. » Dans la Description de. l’Egypte de Makri/.i (tom. F, m. 797, fol. 344 v°) ïJjLJ! «Les cuirasses flottantes.» Dans le Roman d’Antar (tom. III,

fol. i43 v°) ÜOjjî.) iOjj « Une cuirasse, de la fabrique de David. » Et plus loin ( ibid .) dLyo iOjj « Une cuirasse à mailles serrees. »

(i3g) L’auteur de la Vie de Bibars (man. 8o3, fol. i32 v°) nous apprend qu’il fut témoin oculaire de ce tour de force.

(140) Cette année la hauteur primitive du Nil fut de sept coudées onze doigts; et la crue s’éleva à dix-sept coudées treize doigts (Abou’hnahâsen, ms. 66 1 , fol. 222 v°).

(141) Nowaïri (man. d’Asselin, fol. 5i r°et v°), l’auteur de la Vie de Bibars (man. 8o3, fol i32 v°; i33 r°) Abou’lmahâsen (manuscr. 66 1, fol. 201 v°), et Makrizi lui-même ( Description de l’ Égypte , man. 682, f. 242 v“, 243 r°, m. 797, f. 357 r° et v°) nous donnent sur cette découverte des détails

an 672(1273). IV. MELIK-D AHER-B1BARS. î 1 5

Montagne la nuit du vingt-sixième jour du mois, accompagné des émirs Sonkor- 369 aschkar, Beïbars et Atâmesch-Sadi. Lorsqu’il fut arrivé dans la ville d’Askalon, il expédia au Caire un rescrit portant que toutes les troupes, ainsi que les Arabes, quittassent l’Egypte sous le commandement de l’émir Bilik, le khazinddr (le trésorier). Il régla que tous ceux des habitants du royaume qui posséderaient un cheval prendraient à la guerre une part active; que chacun des bourgs de la Syrie fournirait des fantassins, qui monteraient à cheval suivant leur rang; que les habitants du bourg pourvoiraient à l’entretien de celui qui rejoindrait l’armée. Le sultan fit son entrée dans la ville de Damas, le dix-septième jour de Safar. Le onzième jour du même mois, quatre mille cavaliers des troupes d’Égypte se mirent en route, sous les ordres de leurs commandants, savoir : l’émir Ala-eddin-Taibars-Waziri, Djemâl-eddin-Akouscb-Roumi , Ala-eddin-Katlidjà, et Alem-eddin-Tatah. Le 18, l’émir Bilik, le khazinddr , partit d’Égypte à la tête d’un autre corps. Une lettre du sultan lui enjoignit de camper dans le voisinage de Iafà. Lorsque l’année égyptienne fut arrivée à peu de distance de Damas, Bibars quitta cette ville, accompagné d’environ quarante hommes équipés à la légère, et sans avoir avec lui un seul rikâhdâr (écuyer). Il se dirigea du côté où était l’armée. Arrivé dans le voisinage du camp, il se présenta sur le front des troupes, après avoir eu soin de se déguiser, lui et tous ceux qui étaient à sa suite. Les hâbjeb les prenant pour des Turcomans, leur enjoignirent de mettre pied à terre, mais ils refusèrent d’obéir. Le sultan s’étant avancé seul, pénétra derrière les drapeaux, et ôta le bandeau qui lui couvrait le visage. Les silahclâr le reconnurent et le laissèrent passer. Le prince entra, et s’avança avec son cortege habituel. Chacun s’empressa de descendre de cheval et de venir baiser la terre. Le sultan continua sa route, puis s’arrêta pour ranger les troupes en bataille. Dès le matin, il se mit en marche avec son escorte habituelle, et s’occupa jusqu’au soir à décider les affaires que chacun avait à lui soumettre. Alors, il remonta a cheval, accompagné de ceux qui l’avaient suivi, et rentra à Damas. De grand matin, il était à cheval, à la tête de son cortège.

Durant son absence, c’était l’émir Seïf-eddin, \edawdddr, qui avait eu, à Damas, la conduite des affaires, et qui écrivait les réponses sur des feuilles blanches? au-dessus desquelles était l’apostille du sultan. Dans ce même mois, arriva la

bien plus circonstanciés. Je ne les transcrirai point ici, attendu que j’ai, il y a long-temps, publié une traduction du récit de notre auteur ( Recherches sur la langue et la littérature de l’Egypte , pag. 269 et suiv.).

m6 histoire des sultans mamlouks.

fuite de l’émir Schems-eddin-Behadur, fils de Melik-Feredj. Ce dernier avait rempli les fonctions d 'émir-tast (grand échanson) auprès du sultan Djelal-eddin-

Khawarizm-schah, et possédait la ville de Somaïsat. Après la mort deDjelal-eddin, il se rendit maître de la forteresse de Kebran et de plusieurs autres places

du territoire de Nakhdjiwan. De là, il se transporta dans le pays de Roum (l’Asiemineure) où on lui concéda (i42) Ie canton d’Akserâ. Behadurentretenait unecorrespondance avec le sultan. Les Tatars en ayant été informés, l’arrêtèrent prisonnier, et le conduisirent à Yordou. Il s’échappa et se rendit à Birah, puis à Damas, où se trouvait Melik-Dâlier, qui l’accueillit avec honneur, et lui donna en Egypte le titre d’émir de vingt cavaliers (i 43.) Cependant le sultan quitta Damas, se diri-

(142) Je lis ^Ja5Î au lieu de ^Isûî.

(143) Nowaïri (man. d’Asselin, fol. 5a r° et v°), l’auteur de la Vie de Bibars (man. 8o3, fol. i33 r°), le prétendu Hasan-ben-Ibrahim (man. non catalogué, fol. 21 1 r°), donnent, sur l’événement dont il s’agit, des détails plus étendus. Suivant ces écrivains « ce fut en l’année 671 que Schems-eddin- « Behadur commença une correspondance, dont le but était de mettre Bibars au courant de ce qui « se passait chez les Mongols. Le sultan , d’accord avec lui , ourdit une trame, qui aboutit à la mort « tragique du Catholique (patriarche) des chrétiens. Celui-ci, qui habitait, à Bagdad, le palais des « khalifes, traitait les Musulmans avec mépris, et leur faisait beaucoup de mal. Le sultan écrivit « une lettre adressée au Catholique , et dans laquelle il lui disait : « Nous connaissons l’affection et « l’intérêt que vous portez aux chrétiens qui se trouvent dans nos états; et c’est en votre considé- „ ration que nous les traitons avec bienveillance. Grâce à vous, nous sommes parfaitement au fait des « particularités les plus secrètes des affaires des Mongols. » Cette dépêche contenait ensuite des choses imaginaires, et sans aucune réalité, telles que celles-ci: «Nous vous accordons ce que vous « nous avez demandé pour telle personne; nous jurons de remettre telle place à celui que vous « nous avez désigné. Nous savons le remède qu’il faut employer pour l’homme que vous avez en « vue; puisse Dieu faire réussir ce dessein. Vous nous aviez demandé une portion de baume, et des « reliques qui concernent le Messie; nous vous les adressons, aussi bien qu’un fragment de la croix. « Tous ces objets ont été envoyés par nous à Rahbah; et nous avons fait connaître au naïb (gou- « verneur) le signe adopté entre vous et moi. Faites partir un homme de confiance, porteur de ce « signe, et qui recevra ces reliques. » Le sultan fit remettre la lettre au naïb (gouverneur) de Birah , « et lui enjoignit de la confier à un Arménien, qui devait la porter au Catholique ; puis, d’écrire à « l’émir Schems-eddin-Behadur, pour lui faire connaître l’objet du voyage du messager et le signa- « lement de cet homme. Behadur fit arrêter l’envoyé et le fit conduire devant Abagà. Ce prince ayant « pris connaissance du contenu de la lettre, ordonna de mettre à mort le Catholique. Behadur rendit « au sultan un grand nombre de services de ce genre. Les Tatars, informés de ses intrigues, l’arrê- « tèrent prisonnier, et le conduisirent à Yordou : les personnes de sa suite et ses mamlouks ayant « pris la fuite, au nombre de plus de deux cents hommes, se rendirent à la cour du sultan, qui leur „ assigna des salaires considérables. Quant à Schems-eddin-Behadur, il parvint à s’échapper, et ar- >> riva dans la ville de Birah , dont la population sortit à sa rencontre. Il assura qu’il était resté sept

AN 672 (127‘i).

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