I. MELIK-MOËZZ-AIBEK
kh 649 (ia5i).
reprit la route du Caire. Cependant Melik-Mser fit partir de Damas un corps d’armée avec ordre d’aller occuper Gazah. Ces troupes vinrent camper à Tell- Adjoul Jj*. De son côté, Moëzz-Aïbek se mit en marche, accompagné
d’Ascliraf-Mousâ, de Fâres-Aktaï et de tous les Mamlouks-Bahris (38), et vint se poster à Saléhieh. Les troupes égyptiennes occupaient le canton de Sânili jaj \ (39), dans le voisinage d’Abbaseh , et les troupes de Syrie résidaient
près de Sittin ^ Des négociations s’établirent entre les deux partis. A cette époque le vizir Asad-Faizi imagina, à l’égard des sujets de l’Empire, des vexations nombreuses.
Cette année, Moëzz-Aïbek donna ordre d’évacuer le château de Raudah; et tout ce qui s’y trouvait de Mamlouks, de soldats de garnison ‘L-^ys- (4°) et autres, alla s’établir ailleurs. Le kadi-alkodat Imad-eddin - Abou’lkâsem, surnommé Ebn-Kisb-Hamawi , fut destitué des fonctions de kadi de Fostat, et ses attributions furent réunies à celles du kadi-alkodat Bedr-eddin-Sindjâri. Vers ce même temps l’émir Hosam-eddin-Abou-Ali , voulant faire le voyage du Hedjaz, laissa à Sânih J LJ b son corps de troupes (4i) sous la conduite de son
en ces termes : Üxj^AJI L’auteur d’une Histoire d’ Égypte , dont le manuscrit,
qui appartenait à M. Marcel, est aujourd’hui dans ma bibliothèque, nous donne les détails suivants (sous l’année 5o6) : I j ïj*L»c&\ ^JjAxj Jjj * «Ils marchèrent
'< vers Arden. Baudouin vint camper à Sanbarah. Ils étaient séparés par le Schariah (le Jourdain). » Au rapport de Burckhardt [Travels in Syria, pag. 4 3), le Jourdain, au sud du lac de Tibériade, et jusqu’à son embouchure dans la mer Morte , porte le nom de Sherya. Pockocke ( Descript . of the East, t. II , p. 73) écrit Shriaah.
f38) J’ai lu au lieu de qu’offre le manuscrit.
(3p) Comme ce canton de Sânih ^JLw ne m’est point connu d’ailleurs, j’avais soupçonné que partout où ce nom se trouve, il fallait lire ^L~J! \ «Le canton des lacs salés. » (V. Makrizi , m. 797,
fol. 181 v°.) Mais le nom sânih ^JLJ!, que notre auteur a déjà employé plus haut (p. 2o3), se trouve
écrit de la manière la plus distincte dans plusieurs passages de l’historien Djemâl-eddin-Ebn-Wâsel (m. non catalogué, f. 375 v°, 38o r°) , et de l’auteur du Mesalek-alabsar (man. arab. 642, fol. 94 r°). (40) Le mot , au pluriel désigne un soldai destiné à garder une place. O11 lit dans
l’ouvrage de Khalil-Dâheri (man. arab. 695, fol. 76 r°) : (Jj LJ j j ! Çj3.
» j «Chaque tour renfermait des drapeaux, des tymbales, des trompettes, et une garnison. » Ailleurs (fol. 63 v°) : <Lwj.a. «11 s’y trouvait une garnison. » Plus bas (fol. 118 r°) : Uâî
«Le séjour de la garnison. » Et enfin (fol. 277 r°) : iAs. LjSLc A
«mesure qu’ils débarquaient sur une côte, ils y trouvaient un corps de troupes. »
lieutenant. Il remonta le Nil jusqu’à Kous , et de là s’embarqua sur la mer pour se rendre à la Mecque. Bientôt après, le bruit se répandit qu’un négociateur, nommé
/ o* os
(4i) Le mot tolb w-lb, qui fait au pluriel atlab > >bLLî, exige, pour être, bien compris, que
j’entre ici dans quelques détails. Au 'rapport de Makrizi ( Description de V Égypte, chapitre des impôts, man. arab. 797) : j, pic- aJ j.*J ! aj il) v JJd I
iV'J"'3 v 5^. J "Le mot tolb, dans la langue des
«Gozzs, désigne un émir commandant, qui a un drapeau roulé, ainsi qu’une trompette que l’on « sonne; et sous ses ordres, un nombre de deux cents, cent ou soixante et dix cavaliers. » Mais , plus souvent, ce mot signifie un corps de troupes plus ou moins nombreux, commandé par un officier
supérieur. On lit dans Y Histoire de la conquête de Jérusalem (man. arab. 714, fol. i4 r°) : wôj
aj Ü.LÎ j aJILj! « Il rangea en bataille ses braves et ses phalanges. « Plus bas ( ibid .) : v-^LL JS” .Ü
jliM <--Jl.Lj «Tous les corps se levèrent pour courir à la vengeance.» Ailleurs (fol. i3i v°) : wôj JlJajbî! Lilyj «Il disposa huit bataillons composés de braves.» Et enfin (ibid.) :
LojL? ^J jLs. v JL JÉ y, ! « Il choisit sur chaque corps vingt cavaliers. » Dans la Vie de
Saladin, par Beha-eddin (pag. 14) : <. ;^lLh5î sJUôjJ « Les corps furent rangés. » Dans l’ouvrage intitulé Mesalek-alabsar (man. arab. 583, fol. n3 v°) : JojJ w-Éb LLL ! J.*!!
yj Li v sJI 0lc « Les Mongols se partagèrent en onze corps, dont chacun contenait plus de mille
«cavaliers.» Dans l’histoire de Makrizi ( Kitab-assolouk , t. I, man. arab. 672, pag. 160) :
aA^. «*..?- ' J-L JA ajL» ^J! IjLoj « Les Tatars étaient arrivés à Sindjar, au
« nombre de cent bataillons , dont chacun comprenait cinq cents cavaliers. » Ailleurs (p. 1 099)
Jltf?- j y « Il choisit dans son corps un nombre de chevaux, de chameaux et
«de dromadaires. » Dans l’histoire de Nowaïri (man. arab. 683, fol. 6) : AL A ! «Les corps
«furent rangés.» Dans une autre partie du même ouvrage (man. arab. de Leide, 26e partie, fol. 184 r°) : AjjjjJI wAL Ao-Us «Il fut attaqué vivement par le corps des templiers. » Dans une histoire d’Égvpte, dont le manuscrit m’appartient, on lit (fol. 39 v°) : y& ,3 <-W «Il arriva
«à la tète d’un corps nombreux. » Plus bas (fol. 40 r°) : LjukA A-i ^iJ! Ü.J2J î « Le corps dans
«lequel se trouvait Ketboga. » Et enfin (fol. 63 v°) : p^)ALL) IjjLw «Ils s’avancèrent à la tête de « leurs bataillons. » Dans l 'Histoire du prétendu Hasan-Ben-Ibrahim (manuscrit de la Bibliothèque du Roi, fol. 60) : yj^ Ajl^*^- wAL JA v__^lL ÜjL> 3, ULsî « Us marchaient, formant cent corps « de troupes, dont chacun se composait de cinq cents cavaliers. » Dans une autre histoire, qui fait
partie de celle d’Ebn-Aïas (man. arab., 689, fol. 21 v°, 22 r°) : ^UsLJî v -AL « Le corps du
«sultan se mit en marche.» Et plus loin (fol. 22 v°J : » ^ALI «Les corps commandés par les «émirs.» Dans la Vie du sultan Kelaoun (man. de Saint-Germain des Prés 118 bis, fol. 343 r°) : J.çÇsj-’j aJ^Ls. j, ïJiA j a^j I çjhs.\ A-s .LL ~ÿ- . . . ^LLLJt U « Lorsque le sultan partit,
«la troupe qui formait son cortège se mit en marche, offrant au plus haut point tout ce que peuvent
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Bâderâïi, arrivait , chargé par le khalife de rétablir la paix entre NâseretMoëzz.Mais il tardait avenir, et l’on tenait, à ce sujet, des propos divers; l’émir Schehâb-eddin- Gâzi-Ben-Aïaz, surnommé Ebn-Almimad, un de ceux qui avaient été envoyés à la suite de l’émir Djemâl-eddin-Mousâ-Ben-Iagmour, fit, à cette occasion , les vers suivants :
« Le souvenir du temps consacré au plaisir, que nous avons passé à Tell-Adjoul,
« nous rappelle le temps de la dévotion.
« Nous cherchons un musulman qui nous rapporte des traditions authentiques,
« choisies parmi celles du prophète (4^). »
Sur ces entrefaites , la ville de la Mecque éprouva une grande disette. Parmi les personnages distingués qui moururent dans le cours de celte année, on distingue : i° le kacli-alkodat de Bagdad, Kemâl-eddin-Abou’lfadl-Abd-erralimân- Ben- Abd-esselam-Damegâni , de la secte d’Abou-Hanifah (43); 2° Belia-eddin-
« avoir d’imposant, le nombre des hommes, la pompe, le faste, la magnificence. « Ailleurs, dans le même ouvrage, on lit : «Us tombèrent sur un corps d’Arméniens ^ composé
« d’environ cinq cents cavaliers. « De là est venu le verbe wdb qui signifie : disposer, ranger en bataille les différents corps de troupes. On lit dans une histoire déjà citée (man. 689 , fol. 82 r°) :
IJJa v JlL « Il disposa un bataillon. » Dans Y Histoire de la conquête de Jérusalem (man. arab. 714,
fol. 143 r°) : ÎjJLL « Us partagèrent les cavaliers en différents corps. » Dans l’histoire d’Ebn-
Aïas (man. arab. 5q5 A, fol. 3o8) : v L^lis «U forma un corps semblable à ceux
« que commandaient les émirs. » Le nom d’action yJk se trouve dans un passage de l’histoire de Makrizi ( Kitab-assolouk , tom. III, man. arab. 674, fol. 114 v°) : jf .UaLJî j!~>
^sJt JJ.9 ^ «Le sultan se mit en marche, avec un petit nombre de troupes, qui n’étaient « nullement partagées en corps réguliers. » Le participe signifie celui dont les troupes sont dans
un ordre parfait. On lit dans la Vie de Bibars, par Nowaïri (man. arab. d’Àsselin, fol. 85 r°) : Cl.Ls liés. , )\j>\ \ j JlhUl «Le sultan partit, et arriva le matin aux portes
« d’Akka, avec ses troupes bien rangées. » Et plus loin (fol. 87 r°) : LLL> (JjU- ^LkvJ ! « Le sultan se «mit en marche en ordre de bataille.» Et dans Y Histoire cl’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II, man.
arab. 657, fol. 238 r°) : ,»UL) ! hLk J5 j. kJlL «Us se formèrent en bataillons, et pénétrèrent dans la «Syrie. » Dans la Vie du sultan Kelaoun (man. de Saint-Germain des Prés 118 bis) , on lit : !
« Us se trouvèrent en ordre de bataille. »
(42) J-J jL-»j $ ^£^5 wVayJI jUj ij
(43) Au rapport de l’historien Hasan-Ben-Omar (man. arab. 688, fol. 4 r°), le kadi Kemâl-eddin... Damegâni appartenait à une famille distinguée, où le mérite, la science étaient héréditaires, et dont les membres avaient exercé avec honneur les fonctions de kadi. Il commença par professer dans le collège Mostanseriah, et le Meschhed de l’Imam Abou-Uanifah. Ensuite, il fut nommé suppléant
AN
Abou’lhasan-Ali-Ben-Hibet-Allah, de la ville de Djizeli et de la secte de Schafeï , ^«^(prédicateur) du Caire, qui était regardé comme l’homme le plus savant de son temps; il était âgé de quatre-vingt-dix ans (44) 5 3° le Sdlieb Djemàl-eddin- Abou’lhosaïn-Iahia-Ben-Isâ, vizir de la Syrie et poète, âgé de cinquante-sept ans (45) ; 4° Raschid-eddin-Abou-Mohammed-Abd-addâher-Ben-Naschwan (46) , l’un des principaux lecteurs o 1 l^àJ I (47); 5° Alem-eddin-Kaïsar-Ben-Abi’Ikâsem, surnommé Teasif wsL~lx)' ,fakih (jurisconsulte), de la secte d’Abou-Hanifab, à Damas. C’était un des hommes les plus habiles dans les sciences mathématiques (48).
Cette année, l’émir Hosam-eddin-Ali arriva du Hedjaz, et vint descendre dans le camp placé à Saléhièh, dans le canton de Sânih ^JLJI jaj 1. Bientôt après, le
scheïkh INedjm-eddin-Abd-Allah-Ben -Mohammed -Bâderâïi arriva de Bagdad, comme ambassadeur du khalife, et chargé de la mission de réconcilier Melik- Moëzz et Melik-INâser. Le kâdi Bedr-eddin-Kliedr-ben-Hasan-Sindjâri vint de Kalia avec un nombreux cortège à la rencontre du négociateur, et eut avec lui des conférences sur l’objet de son ambassade. Nâser exigeait que la Kholbah fût faite en son nom dans toute l’Égypte. Moëzz refusa de souscrire à cette condition ; il voulait avoir sous sa dépendance, outre l’Égypte, le pays qui s’étend depuis Gazah jusqu’au défilé de Kabak ^3 Lïc.
Sur ces entrefaites, on reçut la nouvelle que Mangou-Khan , empereur des Tatars , avait envoyé son frère Houlagou pour faire la conquête de l’Irak; que ce
de plusieurs juges de Bagdad. Promu au rang de kadi-alkodat , il conserva ce poste jusqu’à sa mort, et mérita l’estime et le respect de tout le monde.
(44) Hasan-Ben-Omar parle également de la mort de ce personnage ( loc . laud.), dont il fait un éloge pompeux. Abou’lmahàsen (fol. 162 v°) ajoute : « Il vivait dans la société des princes. A l’époque « de son pèlerinage à la Mecque, il accepta un présent que lui envoya le souverain du Yémen ; et ce «motif indisposa contre lui Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub. 11 mourut à Misr (Fostat) au mois de « Dhou’lhidjdjah, et fut enterré dans le quartier de Karafah. »
(45) Voyez Hasan-Ben-Omar (fol. 4 r° et v°) et Aboulféda (. Annales Moslemici, tom. IV, 52 6, 528). Abou’Imahâsen (man. 661, fol. 168, 164 r°) place sa mort sous l’année 65o.
(46) Hasan-Ben-Omar (fol. 4 v°), qui place à la même époque la mort de ce personnage, lui attribue, entre plusieurs genres de mérite, une connaissance approfondie de la langue arabe.
(47) C’est ainsi que je lis, au lieu de présente le manuscrit.
(48) Au rapport de Hasan-Ben-Omar (fol. 4 r°), Alem-eddin-Kaïsar avait suivi les leçons des plus savants hommes de la Syrie et de l’Égypte. Il se distinguait surtout par une connaissance profonde* de la musique. Il mourut à Damas, à l’âge de soixante-quinze ans. (Voyez aussi Aboulféda, Annales Moslemici, tom. IV, pag. 528).