‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 14 sur 183 · I. MELIK-MOÈZZ-AÏBEK · texte numérisé non relu

I. MELIK-MOÈZZ-AÏBEK

an 65a (i»5a).

prince ayant envahi la contrée des Ismaéliens, l’avait pillée, saccagée, exterminé ou emmené en esclavage toute la population ; qu’il avait étendu ses courses jusqu’à Diar-Bekir et Méïafârekin ; que ses soldats ayant fait une incursion sur les territoires de Ras-aïn et deSeroudj (49), avaient massacré plus de dix mille hommes, et fait un égal nombre de prisonniers; que, rencontrant une caravane qui se rendait de Harran à Bagdad, ils lui avaient enlevé des richesses immenses, entre autres six cents charges de sucre, fabriqué en Égypte, et six cent mille pièces d’or; qu’ils avaient égorgé les vieillards , les vieilles femmes , et emmené comme esclaves les femmes et les enfants; que les habitants de l’Orient, effrayés de cette invasion, s’étaient enfuis précipitamment et avaient traversé l’Euphrate.

Sur ces entrefaites, Melik-Moëzz fit supprimer dans la Khotbah le nom de Melik- Aschraf, et resta seul avec le titre de sultan. Il emprisonna Aschraf, s’empara de tous les trésors , et mit en œuvre toutes sortes de moyens pour se procurer de l’argent. Le vizir Asad-Scherf-eddin-Hibet-allah-Faïzi imagina à cet égard des expédients jusqu’alors inconnus. Il établit des impôts sur les marchands et les propriétaires, fixa des contributions et des redevances qu’il désigna par les noms de droits du sultan LjLÜuJI opérations financières ÜJlytjJ!

Il leva sur les peuples tributaires des capitations doubles du taux ordinaire. 11 inventa un cadastre et une évaluation des biens , et quantité d’autres

mesures vexatoires.

Melik-Moëzz éleva son Mamlouk, l’émir Seïf-eddin-Koutouz, au rang de vice-roi de l’Égypte àJüLJ! w-oli , et donna à plusieurs de ses Mamlouks le grade à' émir. Les Bahris acquirent une grande influence, et leur perversité s’accrut dans la même proportion. Leur chef, Fâres-eddin-Aktaï, le djemdar ^ L\^, était leur appui. C’était à lui qu’ils avaient recours dans leurs besoins, et il se concertait avec Melik-Moëzz sur les détails de l’administration. Bientôt après, Aktaï reçut, à titre de fief, le canton d’Alexandrie, et la cession lui en fut faite par un diplôme en bonne forme. Cependant, l’insolence des Bahris était portée à l’excès. Leur insubordination et leur révolte allaient chaque jour en croissant. Au moment où l’année finit, Melik-Moëzz, à la tête des armées d’Égypte, était campé à Sânih ^JUî, et les troupes de Syrie à Gazah. Melik-Nâser résidait à Damas,

et Melik-Moughith-Omar à Rarak. Le Nil était alors dans sa crue, et atteignit une hauteur de dix-huit coudées et dix-sept doigts. On mura la porte du fleuve ysfi\ près de Maks.

(49) Abou’lmahâsen (man. arab. 66irfol. 1 63 r°f

Cette même année, la ville d’Alep fut ravagée par un incendie terrible, qui, comme on en acquit la certitude, fut allumé par les Francs; et il dévora des richesses incalculables et six cents maisons. Cette même année, la caravane de l’Irak Fit le pèlerinage de la Mecque.

Parmi les hommes distingués que cette année vit mourir, on comptait : i° le savant Radi-eddin-Abou’lfadaïl-Hasan-Ben-Mohammed-Omaii-Sagâni, de la secte d’Abou-Hanifab, célèbre grammairien. Il périt à Bagdad, et fut enterré à la Mecque. Il était âgé de soixante et treize ans (5o); 20 Fakhr-alkodat-Abou’lfatah-Nasr-allah- Ben-Hibet-allah-Kenâni, qui avait été secrétaire et vizir de Nâser-Dâoud. C’était un homme lettré et habile calligraphe ; 3° Scliems-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed-ben-Saad-Ansâri , natif de Jérusalem , jurisconsulte, de la secte de Schafeï, habile dans la science des traditions, lecteur, grammairien, homme instruit, et calligraphe distingué; il mourut à Damas, âgé de soixante et dix-neuf ans (5 1 ) ;

*238 4° L’oracle de l’Irak jJLw, Moutemen-Abou’lkâsem-Iahia-Ben-lNasr-Temimi ,

marchand et voyageur, âgé de quatre-vingt- cinq ans. Il avait professé, en Égypte et ailleurs, la science des traditions; 5° Le Nakib des schérifs (5a), Kadi-alasker , professeur du collège Scherifiali , à Fostat, le scliérif Schems-eddin- Ahou-Abd-allah-Mohammed-ben-Hasan-Tawi-Hosainï-Ormawi ; il mourut , au rapport des schérifs (53), le treizième jour de Scliewal de l’an 65o (1 2 5a de J. C.). Il était profondément versé dans la jurisprudence, les sciences fondamentales, la polémique. Il était âgé de plus de soixante et dix ans (54)-

A? L’année 65 1 vit conclure la paix entre Melik-Moëzz-Aïbek et Melik-Nâser,

(50) Hasan-Ben-üinar (man. arab. 688, fui. 4 v").

(51) Au rapport de Hasan-Ben-Omar (fol. 5 r°), ce personnage avait été élevé dans la ville de Gaznali, et avait fixé son séjour à Bagdad , où il avait pris des leçons, ainsi qu’à la Mecque. Homme éminemment religieux, profondément versé dans la jurisprudence, la science des traditions, la connaissance de la langue arabe, il composa sur la grammaire des ouvrages volumineux et extrêmement instructifs. Suivant le récit d’Abou’lmahâsen (man. 661, fol. i63 r° et v°), cet homme célèbre était né dans la ville de Lahor , le onzième jour du mois de Safar, l’an .677 de l’hégire (1 181 de J. C.). Il écrivit entre autres ouvrages , un traité grammatical intitulé Madjrna-albahreïn

[la réunion des deux mers), qui formait douze volumes. L’ouvrage qui avait pour titre w>L*)t v «L3"

Kitab-alabab-alzakher (la masse d’eau enflée) se composait de vingt volumes. L’auteur mourut à Bagdad le vendredi, dix-neuvième jour du mois de Schaban.

(52) Je lis

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wbî! Lïj.

(53) Le texte porte : y lio ; j’ai lu : . . . Lj'Aa. L

(54) Hasan-Ben-Omar (fol. 5 v°), et Abou’lmahâsen (fol. i63 v°), qui parlent de ce personnage,

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