‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 132 sur 183 · IV. MELIK-DAHER-BIBARS · texte numérisé non relu

IV. MELIK-DAHER-BIBARS

la chancellerie) dans le château de la Montagne; 6° Kemâl-eddin-Abou-Ishaklbrahim-ben-Abd-errahim-ben-Ali-Omawi ; 70 le lettré Abou’lhasan-Ali-ben-Ahmed. . . Âmeri , qui mourut à Balbek (166).

Au mois de Moharrem, le sultan partit de Karak , et entra le vingt-quatre, à Damas. Là il vit arriver à sa cour plusieurs émirs du pays de Roum (l’Asie mineure), qui étaient violemment irrités contre le berwanah ( perwancih ) Moïn-eddin-Soleïmanben-Ali-ben-Mohammed. Parmi eux se trouvaient l’émir Hosâm-eddin-Sandjar- Roumi , Behadur, son fils, Ahmed, fds de Behadur , et douze émirs de la contrée de Roum , qui amenaient avec eux leurs femmes et leurs enfants. De ce nombre étaient Karmeschi et Seketa , qui avaient pour père Karadjin , fils deDjigan-noïan. Le sultan les combla de bienfaits, envoya leurs femmes au Caire, et leur accorda des pensions. Bientôt après, l’émir Séif-eddin-Djenderbek , prince de la ville d’Ablestin , et l’émir Mobarez-eddin , arrivèrent accompagnés d’un grand nombre d’émirs du pays de Roum. Le sultan sortit en personne à leur rencontre, et les reçut de la manière la plus distinguée. Après quoi, il écrivit aux émirs d’Égypte pour les consulter sur le projet d’envoyer une armée dans le pays de Roum , et enjoignit aux deux émirs , Baisari et Anes , de se rendre auprès de lui, et de lui apporter le résultat de la délibération. Tous deux accoururent montés sur les chevaux de la poste. Sur ces entrefaites, arriva l’émir Sonkor-aschkar. En même temps, les femmes des émirs de Roum se rendaient à la cour du sultan , qui les accueillait avec distinction , et les envoyait au Caire. Bientôt ce prince se dirigea vers Alep, d’où il fit partir un corps de troupes, commandé par l’émir Séïf-eddin- Belban-Zeini-Sâlehi , et qui s’avança jusqu’à Aïntab. D’Alep , le sultan se mit en marche pour l’Égypte, et rentra au château de la Montagne, le quatorzième jour du mois de Rebi premier. Il ordonna de tout disposer pour une revue solennelle des troupes. Chacun s’empressa de faire ses préparatifs. Le prix des chevaux et des armes augmenta extrêmement. On ne trouvait plus au Caire d’ouvriers pour polir les divers ustensiles, attendu que tous étaient occupés à travailler chez les émirs; et on avait de la peine à se procurer des artisans pour fabriquer des flèches et dresser les lances. Le cinquième jour du mois deDjoumada premier fut

« une capitulation , qui furent respectés par le sultan. » Et enfin (t. VIII, fol. 408 r°) : ^UaLJ! ^ là.» L^J «Le sultan Dâher-Barkok leur savait gré à tous deux de cette

« preuve d’attachement. »

(166) Cette année, au rapport d’Abou’lmahâsen (m. 661, f. 225 r°), la crue du Nil atteignit une hauteur de dix-sept coudées et quinze doigts.

choisi pour la revue. Toutes les troupes se mirent en marche le même jour, parées de leurs plus belles armes. Le sultan avait voulu que la réunion eût lieu à la fois, afin d’empêcher qu’aucun soldat n’empruntât quelque chose à un de ses camarades. Ce prince distribua à ses mamlouks de magnifiques armures. Les émirs du pays de Roum et les ambassadeurs qui se trouvaient à la cour, étaient là à cheval; les troupes défilèrent devant le sultan. Le lendemain, elles se partagèrent en plusieurs camps, afin de se livrer à des divertissements militaires. Les mamlouks étaient couverts de cuirasses, et avaient le casque en tête. Des tours de bois étaient placées sur le dos des éléphants. Les soldats pénétrèrent dans l’énceinte AïW!, et s’avancèrent en ordre de bataille. Bientôt on dressa le kabak fia courge) dans le meïdan-aswad (y\n^0^vome noir), et chacun commença à décocher des flèches (167) vers ce but; tous ceux qui l’atteignirent furent récompensés par le sultan. Les émirs reçurent des chevaux de main, choisis dans l’écurieparticulière du prince, avec la selle, la bride, le harnais

(167) Le verbe , <.*) signifie : se livrer à des exercices guerriers , à des combats simulés. On lit

dans Y Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. 663, fol. 10 v°) ^LLLJI

: « Les mamlouks du sultan Melik-Mansour-Kelaoun « s’exercèrent, devant le voile de la Kabah, avec la lance et les armes. » Et plus bas [Ibid.) woJJl

« Le jeu de la lance fut inventé par les mamlouks de Kelaoun. Car, quoiqu’un exercice « genre existât plus anciennement, il n’était nullement identique avec celui dont nous parlons.» Abou’lmahâsen a raison de faire observer que le jeu de la lance, sous une autre forme, existait avant le règne de Kelaoun ; car les historiens qui nous ont conservé le récit des faits antérieurs à cette époque, font souvent mention de cet exercice. Et, même avant l’hégire, un guerrier célèbre chez

de ce

les Arabes, Amer-ben-Mâlek, avait reçu le surnom de Moulaïb-alasinnah AJUvbM v-^cü> « Celui « qui joue avec les lances [Agdni , tom. III, fol. 63 v°; Addimenta ad Historiam Arabum , pag. 29; Soïouti , Commentaire sur le Mogni, man. 1238, fol. 57 v°). Dans le roman d’ Antar (tom. III, fol. 45 r°; fol. 48 v° et suiv.), le guerrier qui portait ce titre est nommé Gascham-ben-Màlek ^pî Le mot ou VUL. qui fait au pluriel ou \ désigne quel-

quefois la lance ou toute arme qui servait à ces exercices guerriers. On lit dans le Manliel-sâji d’Abou’lmahâsen ( tom. II, man. 748, fol. 39 v°) : v bld l ^jpLj . .

Lîç^j « Le talent de manier les armes servant aux exercices guerriers, telles que la lance, les flè- « ches et autres. » Ailleurs ( f, 38 r° ) ^jylj • • « Il connaissait par-

« faitement les armes qui servent aux exercices, telles que la lance et autres. » Et plus loin (fol. 72)

^pul « Il savait parfaitement l’équitation, et les divers genres d’exer- « cices qui se font avec des armes. » Lorsque les simulacres de combats avaient lieu de la part des barques qui couvraient le Nil, c’était le naphte hiS (le feu grégeois) qui servait à ces exercices ( Mémoires sur l’ Égypte, t. II, p. 107, 1x2, etc.). Je donnerai, plus bas, quelques détails sur ce sujet.

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