‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 135 sur 183 · IV. MELIK-DAHER-BIBARS · texte numérisé non relu

IV. MELIK-DAHER-BIBARS

fonctions de vezir-assohbah JUs^! VjljJ (vizir qui accompagne le prince) (171). Le sultan sortit du château de la Montagne le jeudi, vingtième jour du mois de Ramadan, et le samedi suivant, il prit la route de la Syrie, accompagné des émirs et des troupes de l’Islamisme. 11 fit son entrée à Damas le mercredi , dixseptième jour de Scliewal. 11 en repartit le 20 du même mois , et se dirigea vers Alep, où il arriva le premier jour de Dhou’lkadah. Le lendemain, qui était un jeudi, il prit la route de Djilan. Il détacha l’émir Nour-eddin-Ali-ben-Mahalli , naïb (gouverneur) d’Alep , à la tète des troupes de cette ville, lui enjoignant de se porter sur les bords de l’Euphrate, et de garder les passages de ce fleuve , afin d’empêcher qu’aucun des Tatars ne put pénétrer en Syrie. L’émir Scherf-eddin-Isa-ben- Mohannâvint rejoindre l’armée. Le sultan, depuis son départ de l’Égypte, et jusqu’à son arrivée à Alep, n’avait pas manqué, lorsqu’il passait dans une province, d’emmener avec lui tout ce qui s’y trouvait de troupes , de provisions et d’armes. Après avoir laissé à Djilan une partie de ses bagages, il quitta cette ville le vendredi, troisième jour du mois, et se dirigea vers Aïntab. Il franchit le derbend

« laoun, la dépense journalière du hawaïdj-khânah était de treize mille dirhems. Aujourd’hui, cette « même dépense s’élève à vingt-deux mille dirhems. » Dans un autre passage du même historien (fol. 67 r°), on lit aussi le mot ïULà. mais la leçon est fautive, ainsi que je le prouverai

ailleurs. Le terme hawaïdj-kasch se rencontre dans un passage de Makrizi (man. 798, f. 278 v°) où on lit

(171) On lit dans Y Histoire de Nowaïri (man. d’Asselin, fol. 90 v°), en parlant de ce vizir Jjt

l»jiLo ïyiw « Ce fut là le premier voyage dans lequel il accompagna le sultan. » On désignait par le titre de wezir-assohbah yj^ un vizir qui était nommé pour accompagner le sultan

dans ses voyages, dans ses expéditions, et y remplir temporairement les fonctions attachées à sa dignité, tandis que le vizir ordinaire continuait à résider dans la capitale de l’empire, pour exercer l’autorité dont l’avait investi son souverain. On lit dans le Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom. 1, man. 747, fol. 24 v°) \y « Il fut promu , par Melik-Saïd, au rang

de wezir-assohbah. »

Dans la Vie de Melik-Saïd , par Nowaïri (man. d’Asselin, fol. 102 v°), é-— ïj

Dans la Vie de Kelaoun ( ibid . , fol. 107 r°) yjj- Dans celle de Melik-Nàser-Mohamrned

(fol. 172 r°) 'ij \y. Comme, durant les marches, les expéditions du sultan, les affaires de-

vaient être expédiées avec rapidité, et sans que cette promptitude pût apporter aucun préjudice à l’administration générale de l’état, des fonctionnaires de tout grade étaient choisis pour résider auprès du prince, et remplir momentanément les fonctions qui n’auraient puêtreexercéesqued’ une manière imparfaite et lente par les titulaires résidants au Caire ou à Damas. Dans la V ie de Melik-Nâser , par

Nowaïri, fol. 174 v°), Ailleurs (fol. 127 v°),

on lit « La charge de l’inspecteur résidant auprès du sultan. »

l’officier dont il est question est désigné par les mots jisUI. Ail—

(le défilé), et campa la nuit dans une plaine ïLLj (172). Les troupes s’avancaient, partagées, comme à l’ordinaire, en plusieurs détachements et partout ré-

gnait une surveillance extrême. L’émir Sonkor-asclikar , qui à la tête d’un corps d’armée formait l’avant-garde, rencontra trois mille cavaliers Tatars , qui prirent la fuite, laissant entre ses mains un grand nombre de prisonniers (173). Le souverain (des Tatars) ayant appris cette nouvelle, envoya un corps d’arabes de Khafadjah , pour attaquer à l’improviste les troupes d’Alep. Mais le gouverneur de cette ville, qui était campé sur le bord de l'Euphrate, informé de l’approche de ces arabes, marcha à leur rencontre, les attaqua, les battit et leur prit douze cents chameaux.

Sur ces entrefaites, le sultan apprit que l’armée des Talars et celle du pays de Roum s’étaient réunies et se disposaient à l’attaquer. Il rangea ses troupes en bataille, et prépara tout pour le combat. Il se porta avec tout son monde sur des montagnes qui dominaient la plaine de Houwaïn située dans la pro-

vince d’Ableslin. Les Mongols se divisaient en onze corps, dont chacun com-

leurs (ibid r°), il est parlé de « Le mouschidd , chargé d’accompagner le prince. »

Dans un autre endroit (fol. 126 r°), on lit t «Celui qui remplis-

« sait les fonctions de moustawfi (maître des comptes) à la suite du sultan et dans l’Égypte. « Dans la Description de l’Égypte de Makrizi (man. 682, fol. 3n v°) : et (ibid) jL L>

«Ijutwh Abou’lmahâsen (man. 663, fol. 33 v°) nomme également un mouschidd-assohbah, et un moustawfi-assohbcih (fol. 48 r°).

(172) Le mot L LLj désigne une plaine. On lit dans la Vie du sultan Kelaoun (man. de St-Ger-

main 118 bis , fol. 62 v°) j ^ thlbjJI ^ L» « Les rivières, les eaux, les

« fontaines et les jardins qui existaient dans la plaine. » Chez le continuateur d’Elmacin (man. 619, fol. 59 v°) ïLby « On disposa les tentes dans une plaine, pour lui servir d’habi-

« tation. » Dans la Vie de Kelaoun de Nowairi (man. d’Asselin, fol. ni v°) ce mot est écrit LLj, peutêtre par erreur. On y lit : « Le combat eut lieu dans la plaine de Hems. >■

Dans Y Histoire d’J/rique, du même écrivain (man. 702, fol. 55 r°), ÏÜs^J ! J ^.11 était dans la „ plaine. » Dans un autre passage de Makrizi ( Solouk , tom. 1, pag. 345) ïLbjJI • • ^

^LÜJJ vJk>LLsrMj «Il fut statué que la plaine appartiendrait aux Francs, et les parties montueuses « au sultan. »

(173) Makrizi, ayant un peu trop abrégé le récit de l’expédition de Bibars dans la Nubie, j ai cru

devoir recueillir ici quelques détails qui sont donnés par les autres historiens, surtout par Nowairi.

Suivant cct écrivain (man. d’Asselin, fol. 91 v°; voyez aussi Abou’lmahâsen, man. 661, fol. 2.o3 r°;

Hasan-ben-Ibrahim , fol. 2 1 9 r°) : « Bibars étant parti de Djilan , le vendredi , troisième jour du mois,

« se rendit à Aïntab, puis à Delouk , puis à Merdj-addeïbadj -L-i-OI , puis à Kaïnouk

(i, vL;

« De cette ville, il se dirigea vers Gheuk-sou dont le nom , en turc , signifie le fleure

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