‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 136 sur 183 · IV. 31ELIK-DAHER-B1BARS · texte numérisé non relu

IV. 31ELIK-DAHER-B1BARS

an 675 (1276). IV. 31ELIK-DAHER-B1BARS. 1^1

prenait plus de mille cavaliers. Les troupes du pays de Roum étaient placées à part et formaient une armée distincte. A l’approche de l’ennemi , les cavaliers de l’Islamisme se précipitèrent du haut de la montagne, avec l’impétuosité d’un torrent, et se postèrent en bataille comme aurait pu faire un seul homme. Le sultan détacha en avant un nombre de ses mamlouks et de ses offlbiers intimes, qui combattirent avec la plus grande valeur. Bientôt il les suivit en personne, chargea l’ennemi; et toutes les troupes, à son exemple, déployèrent une rare intrépidité (174)- LesTatars, de leur côté, étant descendus de cheval, combattaient avec le courage d’hommes résignés à périr. Enfin ils furent vaincus , et on en fit un carnage affreux. Une partie de leur armée ayant pris la fuite , fut atteinte par les troupes égyptiennes et cernée de toutes parts. Moïn-eddin-Soleïman , le berwancih , principal personnage du pays de Roum, échappa de la mêlée, et, fuyant à la tête de ses troupes, arriva dans la ville de Kaisariéh le malin du dimanche , douzième jour de Dhou’lkadah , emmenant avec lui le sultan Gaïath-eddin-Kaï-kaous , fils de Kaï-khosrev, souverain du pays de Roum, ainsi que les hommes les plus distingués de la ville; il prit la route de Tokat oliy ( ï 75). Le sultan Bibars, après la défaite des Tatars, vint occuper leur camp, et fit amener les prisonniers, auxquels il pardonna, et leur rendit la liberté (176). Parmi les personnes qui périrent dans cette bataille, on compte l’émir Daia-eddin-ben-Kbatir, l’émir Séïf-eddin-Kiran-Alaï, l’un des commandants de la Halkah , Séïf-eddin-Kafdjâk , 1 e cjaschenkir, et un grand nombre 380

bleu, et arriva au défilé qu’il franchit dans l’espace d’une journée. » La rivière de Gheuk-sou est

la même que Bolia-eddin Invita Salaclini, pag. 4 7) nomme Nahr-azrak ^ 1

(174) Je lis <s-~.iL j , au lieu de <u~i.o ûj.

(175) Suivant Nowaïri, qui cite pour garant de sa narration le kadi 3tohii-eddin-Obaïd-allahben-Abd-eddâher, auteur de la Vie de Melik-Dâher, « Le bervi anah ( perwanah ) étant entré dans la « ville de Kaisariéh le matin du dimanche, douzième jour du mois, informa le sultan Gaïath-eddin , « le vizir Fakhr-eddin, l’atabek 31edjd-eddin, l’émir Djelal-eddin, le rnoustawfi, l’émir Bedr-eddin- <c 31ikaïl, le naïb, le tograï, qui était fils du frère du berwanah , que l’armée de l’Islamisme avait « vaincu une partie des troupes mongoles, et mis le reste en fuite; qu’il était à craindre que les 3Ion- « gols n’entrassent dans Kaisariéh, et n’en égorgeassent la population, par haine contre l’Islamisme. « Emmenant avec lui tous ces personnages, aussi bien que sa femme, Kurdji-Khatoun, fille deGaïath- « eddin, prince du pays de Roum , il se dirigea vers Tokat, place forte, située à quatre journées de « Kaisariéh. Kurdji-Khatoun, qui avait eu pour mère la reine des Kurdjes (géorgiens) possédait «quatre cents esclaves femelles qu’elle emmena avec elle. »

(176) Il se trouve ici une contradiction dans le récit de notre historien. On lit dans l’histoire de

de soldats. Celui des blessés fut considérable. Le général des Tatars resta sur le champ de bataille. Le sultan fit massacrer les prisonniers de cette nation ; il épargna ceux d’entre les émirs et des personnages éminents du pays de Roum qui étaient tombés entre ses mains. De ce nombre se trouvaient la mère du berwanah , sqp fils , et le fils de sa fille. Bibars détacha l’émir Sonkor-aschkar , à la tête d’un corps de troupes , pour se mettre à la poursuite des fuyards. Il le chargea d’une lettre adressée aux habitants de Kaisariéh, dans laquelle il les engageait à se soumettre, à tenir des marchés hors de la place, et à recevoir dans les transactions commerciales les dirhems dâheris. Ce général rencontra sur sa route, un corps de Tatars qui conduisaient avec eux les tentes (177)- Plu-

sieurs d’entre eux furent faits prisonniers; mais la nuit étant survenue, le reste des ennemis se débanda. Le samedi, onzième jour du mois, le sultan se mit en marche, prit la route de Kaisariéh, capitale du pays de Roum, et s’empara d’un grand nombre de places qui se trouvaient sur son passage (178). Le mercredi, quinzième jour du mois, la population de Kaisariéh , les savants, les

Nowaïri, que le sultan ayant fait amener en sa présence les prisonniers mongols, épargna quelques-uns des chefs, et fit égorger le reste.

(177) L’auteur désigne par le mot maisons, ces grandes tentes, dont parle Rubruquis

{Voyage en Tartarie, col. 6 et suiv.), que les Mongols plaçaient sur des roues, et quils transportaient , sans les démonter, partout où ils voulaient aller.

(178) Nowaïri, Abou’lmahâsen, Hasan-ben-Ibrahim, nous donnent, sur la marche de Bibars, des

détails plus circonstanciés, que je crois devoir transcrire : « Le sultan ayant quitté le lieu du combat, « le samedi, onzième jour du mois, vint camper près du bourg de Raman 1 situé dans le

« voisinage de Kahf et de Rakim 1 j »^’l. C’est là véritablement le lieu où résidèrent les ha- « bitants de la grotte ^ et non pas, comme on le prétend, dans le canton de Hesban et

" Balka. Le bourg de Raman a ses maisons bâties autour d’une crête de rocher , qui

« s’élève comme une pyramide. Elles sont environnées de montagnes , qui ressemblent à de «hautes murailles. Elles donnent naissance à plusieurs rivières, sur lesquelles sont des ponts ? « où un cavalier ne saurait passer. Les pluies tombaient alors en abondance. L armée, après une «marche qui dura depuis le matin jusqu’à la nuit, arriva dans une plaine du territoire de Sarous- « alatik non loin de laquelle est une mine d’argent. Là, le sultan ayant

«appris que les Tatars étaient campés dans le voisinage, partit avec ses troupes, pour aller les «chercher. Mais l’abondance des pluies l’arrêta, et le contraignit de retourner sur ses pas. Apiès «avoir passé la nuit dans cet endroit, il se mit en marche dès le matin, traversa des montagnes «escarpées, passa près d’un bourg nommé Outrak et arriva au khan de Kartaï ,

« situé dans le voisinage de la forteresse de Semendou >■ U était bâti en pierres rouges, et en- « touré de vastes champs de grains. Le sultan adressa une lettre au gouverneur de cette place, qui «s’empressa de venir faire sa soumission; le prince le complimenta, et l’accueillit avec bien- « veillance. Le gouverneur de Derenda et celui de Falou se rendirent également sans combat.

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