V. MELIK-SAID-BÉRÉKEH-KHAN
l’autre. Le naïb s’attacha plusieurs des principaux émirs , et l’armée se trouva divisée en deux partis rivaux. Cet état de choses amena tous les désordres que l’on devait en attendre. Le sultan , irrité contre les émirs, fit, le clix-sept du mois, arrêter l’émir Djoudi-Kaïmeri , le Curde. Cette action lui aliéna le cœur des émirs, surtout des émirs sâlehis , tels que Seïf-eddin-Kelaoun , Sonkor-aschkar , Alemeddin-Sandjar-Halebi , Bedr-eddin-Baïsari et leurs compagnons. Tous , en effet , avaient vu avec répugnance Melik-Dâlier en possession de l’autorité suprême à laquelle ils croyaient avoir plus de droits que lui. D’un autre côté, Melik-Saïd , fils de ce prince, s’attachait à les humilier, leur préférant ses jeunes mamlouks , qui se distinguaient par une belle figure. Il s’enfermait avec eux, leur distribuait des sommes considérables , écoutait leurs conseils , et éloignait de sa personne les grands émirs. Le vendredi , vingt-cinquième jour du mois, il fit arrêter l’émir Schems-eddin-Sonkor-asclikar , ainsi que l’émir Bedr-eddin-Baïsari , et les tint en prison au Caire l’espace de vingt-trois jours. Ce fait augmenta encore l’animosité qui existait entre le sultan et les émirs.
L’oncle maternel du prince, l’émir Bedr-eddin-Mohammed, fils de Bérékelikhan , se rendit auprès de sa sœur, la mère du sultan , et lui dit : « Votre fils 387 « vient de commettre une haute imprudence en faisant arrêter des émirs d’un « rang aussi éminent. Vous ne pouvez mieux faire que de le rappeler à la raison ;
« sans quoi, des troubles effrayants renverseront l’édifice de sa prospérité et « abrégeront sa vie. » Melik-Saïd, informé de cette démarche, fit arrêter et mettre en prison l’émir Bedr-eddin-Mohammed. Mais bientôt après , cédant aux sollicitations de sa mère , qui mêlait adroitement les reproches à la flatterie , il mit en liberté les émirs, les revêtit de robes d’honneur, et les rétablit dans le rang qu’ils avaient occupé précédemment. Toutefois, la haine contre ce prince avait jeté
Aâldr0 yds. sLL&l « Il lui donnait l’apanage qu’avait possédé son père.» Plus loin ( ibid ) on lit : w! iSj ^ aJ « Sinon, il lui conservait une propriété qui pût suf-
" tire à ses besoins. » Ailleurs (pag. 274J aJ ^1 hptw! « Il stipula qu’on lui donne-
« rait un apanage dont il pût être satisfait. » Plus bas (pag. 275) yé*. v i> ^*7/ " Je n’ai point d’apa- « nage. » Et {ibid) îj-73. Bans les Annales d’Abou’lféda (tom. V, p. 196) j
jJ î « Il supprima l’apanage de Bedr-eddin-Bektàsch. » Plus loin (p. 226) ^Cyé^ ïL^rs-1 « Mon apanage de Hamah me sera conservé. » Et enfin (p. 34o) y± « L’apanage
« attaché au titre d’émir. » Le mot persan nân qui répond au terme arabe^â., désigne quelquefois un revenu concédé à quelqu’un. On lit dans un passage de Y Histoire de Mirkhond (IV partie, man. de l’Arsenal, f. 109 v°) vJU'cbâ b# a5" “ Qu’il se contente du revenu
" que nous lui assignerons. »