I . ( deuxi ème partie
clans leur cœur de profondes racines; et les autres émirs éprouvaient un vif sentiment de méfiance, craignant d’être traité par Melik-Said comme il avait traité l’émir Bilik , le khazindar (trésorier), qui, après lui avoir conservé l’empire et lui avoir remis les trésors et les troupes , n’avait été payé de tant de bienfaits qu’en périssant par le poison. Les émirs s’étant réunis, songèrent d’abord à quitter le sultan et à se rendre en Syrie. Mais bientôt, d’un commun accord, ils montèrent au château de la Montagne, accompagnés de leurs mamlouks, de leurs partisans, de leurs soldats , des personnes de leur suite et de ceux des membres de l’armée qui se réunirent à eux. Cette foule nombreuse remplissait le lwan (la salle d’audience ) et la grande place L =.j du château. Les émirs députèrent vers Melik-Said et lui firent dire : « Vous vous êtes aliéné tous les cœurs; vous avez traité hos- « tilementles principaux d’entre les émirs. Maintenant, ou vous renoncerez à la «conduite que vous avez tenue, ou vous provoquerez entre vous et nous un « éclat fâcheux. » Melik-Said fil une réponse pleine de douceur, se disculpa des reproches qui lui étaient adressés, et envoya aux émirs des robes v qu’ils refusèrent de revêtir. Enfin, après de longs pourparlers , la paix fut conclue. Le sultan jura de ne conserver contre les émirs aucune intention hostile. Ce fut l’émir Bedr-eddin-Aïdemuri qui reçut le serment du prince; et les mécontents, se trouvant satisfaits, revinrent à la cour.
Cependant Melik-Said envoya à Damas une lettre portant l’ordre d’enterrer Melik-Dâher dans l’intérieur de la ville. L’émir Izz-eddin-Aïdemur , naïb (gouverneur) de la Syrie, acheta pour une somme de soixante mille dirhems la maison d’Akiki , ^aJub^ta, située en dedans de la porte de Feredj ^âJl^Lj, vis-à-vis le medreseh (collège) Adelieh. Il la convertit en un collège, et y fit bâtir une coupole. Les travaux de construction commencèrent le mercredi, quinzième jour du mois de Djoumada-premier , et furent terminés à la fin de Djoumadasecond. L’émir Alem-eddin-Sandjar , connu sous le nom d’Abi-Kliaras, et le toœdjcÂ/Safi-eddin-Djaulier, l’Indien, partirent du Caire et se rendirent à Damas, où ils arrivèrent le troisième jour du mois de Redjeb. Le vendredi, cinquième jour du même mois, le corps de Melik-Dâher fut tiré pendant la nuit de la citadelle de Damas , et des hommes le portèrent sur leurs cous à la grande mosquée des Ommiades, où on fit sur lui la prière. Puis il fut conduit au collège construit en l’honneur du prince, et enterré sous la coupole; la cérémonie eut heu en présence du naïb de la Syrie. Le corps fut arrangé dans le tombeau par le kadi-