‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 148 sur 183 · V. MEL1K-SAID-BÉRÈKEH-KHAN · texte numérisé non relu

V. MEL1K-SAID-BÉRÈKEH-KHAN

Aï* 677 (1278).

furent servis, sous les tentes, aux lecteurs et aux jakihs ; et l’on distribua des aliments aux habitants des monastères. Ce fut une solennité des plus imposantes

^ ^ , attendu la foule immense d’hommes de toutes les classes, qui se trouva rassemblée. D’autres réunions eurent lieu dans la Djami d’Ebn- Touloun, dans la mosquée Ddheri , dans 1 e medreseh (collège) Dâherieh, le meclreseh Sâleliieh, le dâr-alhadith (maison consacrée à l’étude des traditions) Kâmelieli , le khanikah (couvent) Sâlehieh-Saïd-assoadâ , et la mosquée de Hâkem. On dressa, pour les tekrouris et pour les fakirs un repas, auquel assistèrent des hommes religieux, en très -grand nombre.

Le dixième jour du mois de Djoumada -premier, le kadi-alkodat Sadr-eddin- Soleïman-ben-Abi’lizz-ben-Wahib, le hanefi, fut nommé, pour remplir, à Damas, les fonctions de kadi des lianefis, à la place de Medjd-eddin-Abd-errahman-ben- Omar-ben-Aladim , qui venait de mourir. Mais le nouveau kadi étant mort luimême, au bout de quatre mois, on lui donna pour successeur, le vingt-neuvième jour du mois de Ramadan, Hosam-eddin-Hasan-ben-Ahmed-ben-Hasan-Râzi, kadi du pays de Rourn, qui était arrivé de la ville de Kaisariéh. Au mois de Scliewal, Melik-Saïd partit du château de la Montagne, accompagné de son frère Nedjm-

« Il ordonna de célébrer les obsèques de Melik-Dâher-Bibars. » Dans la Vie de, Bibars de Nowaïri (f. 74 r°) : ^ X» iUJàc hjz ! CéXss «On célébra, dans la

«ville d’Akka, des funérailles pompeuses, en l’honneur des princes qui avaient été tués. » Dans

Y Histoire d’Ebn-Khallikan (m. 730, f. 3 r°) iXLkül « Ses compa-

« gnons se placèrent dans 1 e, medreseh (collège) Nidamiah , pour célébrer la pompe funèbre.» De là, et par une transition bien naturelle, le mot Ajc, a signifié, en général, deuil , douleur. On lit dans la

Vie de Snladin par Boha-eddin (p. 107) : çj) t A» «C’est un jour de félicitations,

«et non un jour de deuil. » Dans Y Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalàni (t. Il, man. 657, f. 96 r°) : Aj& wJjL)! «Leur joie se changea en deuil. » Dans l’Histoire d’Abou’lmahâsen (man. 661,

f.162 wiLi- «Les émirs revêtirent des habits de deuil. » Ailleurs (m. 663,

f. i36v°): yj, J <«3 Aj*)\ ^ «A cette époque, le deuil

« était dans la maison de Hedjazi, tandis que la joie régnait dans celle de Kousoun. » Le verbe à la deuxième forme, signifie : Offrir h quelqu’un des compliments de condoléance. On lit dans la

Vie de Bibars de Nowaïri (m. d’Asselin, f. 96 r°) : L^s jxJ ? jJ L ia. f

L^jÎ ^LJaLJb «Il se rendit auprès de la mère du sultan, l’épouse de son maître,

« pour lui offrir ses compliments de condoléance sur la mort du sultan , et la féliciter sur l’avénement « de son fils au trône. » Dans la Description de l’Égypte de Makrizi (tom. II, man. 798, f. 246 v°) : ^LJî^sssv «Tout le monde se présenta au palais, pour faire son compliment de « condoléance. » Et ( ibid .) : jJloîj bjjoJt w>L> ^ s «On ouvrit la porte, pour recevoir les compli-

« ments de condoléance, et des poètes récitèrent des vers en l’honneur du mort. »

eddin-Khidr, de sa mère, de ses émirs, de ses troupes, avec l’intention d’aller se divertir à Damas. Il fit son entrée dans cette ville, le cinquième jour du mois de Dhou’lhidjah. Le dernier jour de Dhou’lkadah vit mourir le sâheb (vizir) Bebaeddin-Ali-ben-Mohammed-ben-Selim-ben-Hinnâ. Un ordre expédié de Damas enjoignit de mettre le séquestre sur les biens de ce fonctionnaire. D’après le commandement de Melik-Saïd, on arrêta le sâheb Zein-eddin-Alimed, fils du sâheb Fakhr-eddin-Mohammed, et petit-fils du sâheb Beha-eddin ; on l’obligea à signer un acte par lequel il s’engageait à payer cent mille dinars, et on l’envoya en Égypte, sur les chevaux de la poste, afin qu’on exigeât de lui, ainsi que de son frère Tadj-eddin-Mohammed, et de son cousin Izz-eddin-Moliammed-ben-Ahmed, la somme nécessaire pour compléter celle de trois cent mille dinars. Le sâheb Beha-eddin-ben-Hinnâ eut pour successeur, dans les fonctions de vizir, le kadiaikodat. Borhan-eddin-Khidr-ben-Hasan-Sindjâri. Il avait toujours existé entre celui-ci et Ebn-Hinnâ une inimitié ouverte ou une haine cachée. Le nouveau vizir se trouva alors à même d’exercer sur les enfants et les biens de son rival toute l’autorité qu’il avait pu espérer. U fut secondé dans son entreprise par plusieurs émirs, tels que Izz-eddin-Afrem, Bedr-eddin-Baïsari et autres, qui étaient mécontents deBelia-eddin-ben-Hinnâ. Le rang de vizir-assohbah fut donné à Fakhreddin-ben-Lokman , qui succéda à Tadj-eddin-Moliammed-ben-Hinnâ.

Le vingt-sixième jour du mois de Dhou’lhidjab , Melik-Saïd donna une audience publique à Damas, dans la maison de la justice JjoJI ^b. Il déchargea les habitants de cette ville de la contribution annuelle que Melik-Dâher, au moment de son départ pour le pays de Roum, avait imposée sur les jardins. Le même jour, le sultan, cédant au conseil des khassékis , éloigna de sa personne les principaux émirs. Il fit partir, à la tête de deux corps de troupes, l’émir Kelaoun- Alfi , et l’émir Baïsari, après leur avoir distribué d’abondantes gratifications pécuniaires. Ils se mirent en marche , et se dirigèrent vers la ville de Sis , emportant dans leur cœur un profond mécontentement.

Sur ces entrefaites, l’émir Ala-eddin-Idagdi-Kelbi fut nommé naïb (gouverneur) d’Alep, en remplacement de l’émir Nour-eddin-Ali-ben-Mahalli-Hakkâri.

Celle année, il y eut en Égypte, une baisse extraordinaire dans le prix des denrées. Trois cents ardebs de fèves se vendaient pour neuf cents dirhems(6), qui , en défalquant les frais de transport et autres droits , se réduisaient à une somme de quatre-vingt-cinq dirhems.

(6) Peut-être faut-il lire quatre-vingt-dix.

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