I. (deuxième partie
appendice.
vain. Il rapporte (i) que des vers, à sa louange, avaient été composés dans la ville d’Alep, par Moliammed-ben-Abi-Bekr-Mâredini , et qu’il avait répondu à ce défi poétique. Ebn-Aïas assure que notre auteur avait composé environ cent ouvrages (2).
Abou’lmahâsen (3) donne, à ce sujet, des détails plus circonstanciés. « Parmi «les productions de cet écrivain, dit-il, je me contenterai de citer celles qui me « sont connues, attendu que les titres seuls de ses ouvrages remplissent un petit « volume tout entier. i° Le Talik-altalik , qu’il joignit à l’ouvrage du
«même nom oUAsu , composé par Bokhari. C’est un livre précieux, un des prête miers et des plus importants écrits de l’auteur. Il a reçu les éloges du scheïkh- « alislam Siradj-eddin-Bolkini, et d’autres personnages; 20 Un commentaire sur « Bokhari, intitulé Fath-albdri ^ U 1 ïi, et qui forme vingt et quelques volumes.
«Il y ajouta ensuite une introduction en un volume. » Schah-rokh, dans une lettre adressée à Melik-Aschraf-Borsebaï, pria ce prince de lui envoyer un exemplaire de cet ouvrage (4); « 3° Le livre intitulé Kitab-fawâïd-alih-
« tijâl-fi-beïan-ahwal-arridjâl Jl J L^ ! ^1 Jl yL-j ,
«en un gros volume; 4° K ita b-tedjrid-a l te f sir \ extrait du Sahih
«de Bokhari, et dans lequel il suivait l’ordre des Surates de l’Alcoran.» Je ne m’attacherai point à reproduire la longue liste que nous donne Abou’lmahâsen, et qui se compose, en grande partie, d’ouvrages relatifs aux traditions musulmanes, et à la jurisprudence religieuse; ces matières auraient bien peu d intérêt pour des lecteurs de notre siècle. L’auteur cite, avec quelque complaisance (5), un de ses ouvrages, qui avait pour titre : Kitab-alisâbah-fi-temiiz-assahdbah w>L5" ^ (Le livre qui atteint le but, et qui traite de la distinction
à établir entre les compagnons du Prophète), et qui formait cinq volumes. Il indique également (6) une composition historique, qui avait pour titre Moadjam Parmi les ouvrages désignés par Abou’lmahâsen, je citerai les suivants : i° Tabakat-alhoffâd blLs^l oLaJs (Les classes des Hdfid, c’est-à-dire de ceux qui savent l’Alcoran par cœur), en deux volumes; 20 Kitab-kodat-Misr ïLaa ''Le livre des kadis de l’Égypte), en un gros volume; 3°
-AJULül (Les perles cachées, concernant le huitième siècle); 4° Kitab-alilam-bi-
(1) Manuscr. 657, fol. a3o r°.
(2) Loc. laud.
(3) Manhel-snfi , tom. I, fol. 87 r°.
(4) Abou’lmahâsen, man. 666, fol. 219 v°.
(5) Man. 657, fol. 5i v°.
(6) Ibid., fol. 200 r°.
APPENDICE
men-walia-Misr-fï lislam v. >L;^ (Livre qui fait connaître
ceux qui ont gouverné l’Égypte sous l’Islamisme). U avait également laissé un diwan (recueil de vers) considérable, et un autre plus petit. De plus, il eut soin d’extraire de son grand recueil poétique un abrégé, qu’il rangea par chapitres, et auquel il donna pour titre : wdj-ÜÎ oîjL-Jf (les sept planètes brillantes). De tous les ouvrages d’Alimed-Ebn-Hadjar, le plus important, sans doute, et le seul qui ait été sous mes yeux, est sa grande histoire, écrite en arabe, et qui a pour titre : Anbà-aJgomr-fi-abnâ-alomr ,3^.*)! *Lôî (Les récits de l’homme ignorant, concernant les hommes vivants). Ce livre, qui comprend l’histoire politique et littéraire de l’Egypte et de la Syrie, depuis la naissance de l’auteur jusqu’à l’époque qui avoisina sa mort, se compose de deux gros volumes de format in-4°, placés sous les numéros 656 et 657 du catalogue des manuscrits de la Bibliothèque du Roi. Le premier, qui commence à l’année 773 de l’hégire, c’est-à-dire à l’année même où naquit l’écrivain , finit à l’année 81 1. Le second, comprend les événements qui se sont passés depuis l’an 812 jusqu’en 849. C’est un ouvrage fort développé et fort instructif. Il est étonnant qu’il ne se trouve pas indiqué dans la longue liste que nous a transmise Abou’lmahâsen. Faut-il croire que cet auteur ayant souvent mis à contribution ce livre historique, n’aura pas été empressé de faire connaître une des sources qui lui avait fourni son érudition? ou bien faut-il supposer que cette histoire n’avait été publiée qu’après la mort de son auteur, et ne pouvait être connue d’ Abou’lmahâsen , au moment où il écrivait le recueil biographique, intitulé Manhel-sâfi? Cette dernière conjecture est, probablement , la plus vraisemblable. Toutefois , nous savons par le témoignage d’Abou’lmaliâsen (1), que, du vivant de notre auteur, il avait eu communication de son manuscrit autographe, et y remarqua une erreur assez grave, que l’historien s’empressa de corriger.
BEDR-EDDIN-MAHMOUD-AÏNTABI ou AÏNI.
Bedr-eddin-Abou-Mohammed-Mahmoud-ben-Ahmed-ben-Mousâ , fils d’Ebnkadi-Schebab-eddin , originaire d’Alep, natif de Aïntab, habitant du Caire, le hanefi, ordinairement désigné par le nom d ’Aïni vint4au monde (2) dans
(1) Manuscr. arab. 666, fol. 196 v°.
(2) Sakhâwi , Histoire des kadis d’Égypte, man. ar. 690, fol. 99 r°.
APPENDICE
la ville d’Ain tab, le dix-septième jour du mois de Ramadan, l’an 762 (f36o de J.-C.) et fut élevé dans la même ville, où son père remplissait les fonctions de kadi(i). Il lut l’Alcoran, et se livra à l’étude des différents genres de science, sous la direction des hommes les plus distingués. Des progrès signalés dans les diverses branches de littérature et de science attestèrent la solidité de ses travaux, et sa rare capacité. Bientôt après, il fut nommé ndib (délégué) de son père, dans les fonctions de kadi. L’an 783, il fit un voyage à Alep, où il continua ses études sur la jurisprudence. A peine était-il de retour dans sa ville natale, qu’il perdit son père, l’an 784 (2). Il entreprit alors de nouvelles excursions. Il prit, dans la ville de Behesna,les leçons de Wali-Behesni, et à Kakhta, celles d’Ala-eddin. Puis, il reprit la route d’Aïntab. Il en repartit, pour faire le pèlerinage de la Mecque, arriva à Damas l’an 788, et visita Jérusalem, où il rencontra Ala-eddin- Ahmed-ben-Mohammed-Sirâfi , qu’il emmena avec lui au Caire (3). Il le plaça en qualité de sofî, puis de khâdirn (serviteur), dans le monastère Barkokiah, qui venait d’être ouvert, l’an 789. Il vivait habituellement avec ce religieux, et étudia, sous lui , la plus grande partie de l’ouvrage intitulé Hedaïah , une portion du commencement du Kaschschâf et autres livres. Il prit également des leçons de Scheliab-Ahmed-ben-Khass-Turki, le hanefi, qui mourut l’an 789, et de plusieurs autres scheïkhs, dont les noms conservés soigneusement par les biographes, offriraient aux lecteurs un bien médiocre intérêt. Il reçut le khirkah (l’habit de sofi) des mains de Nâser-eddin-Kortoubi. Il retourna à Damas, l’an 794, où il continua ses études dans le medreseh (collège) appelé Nouriah. Bientôt après (4), il reprit la route du Caire, et habitait constamment le monastère Barkokiah, où il remplissait les fonctions de khddim. Ayant été destitué, il retourna dans sa ville natale, puis, en Égypte. C’était un fakir dont le mérite était universellement reconnu. Il allait souvent chez les émirs, et fréquentait surtout les émirs Hakam, Kalamtaï-Othmâni, et Tagri-berdi-Kardomi. L’auteur, parlant de Kalamtaï (5), ajoute : «Je composai et dédiai à cet émir un ouvrage, sur les prières célèbres « et un autre, qui contient un commentaire sur le Kelim-taïb
« > ^JaJ! d’Ebn-altimiah. Il accueillit ces deux livres avec une extrême bonté, et me
« combla de témoignages de générosité et de munificence. Ce fut lui qui me fit con-
(1) Abou’lmaliàsen , man. 667, fol. 190 r.
(2) Abou’lmahâsen, loc. laud.
(3) Man. 690, fol. 99 v°.
(4) Fol. 100.
(5) Man. arab. 684, fol. 11 v°.
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«naître du sultan Melik-Dâher, et me procura une entrevue avec ce prince. Il me «gratifia, à plusieurs reprises, de sommes d’argent. Il veillait sur mes intérêts, et «se plaisait à me faire du bien.» L’an 800, l’auteur perdit un de ses frères, nommé Mahmoud (1). L’année suivante, le premier jour du mois de Dhou’lhidjah (2), il fut nommé mohtesib du Caire, en remplacement du célèbre historien Makrizi; et cette circonstance, ainsi que nous l’apprend Abou’lmahâsen , fit naître, entre ces deux hommes estimables , l’inimitié la plus violente (3). Ce fut à la requête de l’émir Hakam qu’il fut promu à ces fonctions importantes. Un mois n’était pas encore écoulé, lorsqu’il fut destitué, le premier jour de Moharrem, et eut pour successeur Djemal-eddin-Tanbodi, connu sous le nom d’Ebn-Arab. Ce fut l’émir Hosâm-eddin-Hasan-Kedjkeni, qui enleva à l’auteur les attributions dont il avait été en possession si peu de temps (4).
Durant les loisirs que lui laissait sa disgrâce, il composa, pour l’émir Scheïkh- Safawi , le khasséki , un petit commentaire, en dix chapitres, sur le traité abrégé de jurisprudence qui porte le titre de Tohfet-almolouk (Le don des
rois) (5). L’an 802, le quatorzième jour du mois de Rebi-premier, il fut pommé, une seconde fois, mohtesib du Caire, en remplacement de Djemal-eddin- Tanbodi (6); un mois après, il donna sa démission (7), et eut pour successeur l’historien Makrizi. Cette même année, le sultan Melik-Nâser-Feredj séjourna trois jours dans la ville de Gazah. L’auteur, ainsi qu’il nous l’apprend (8), retrouva dans celte ville les amis qu’il avait parmi les émirs et les autres membres de la milice. Il avait dessein d’aller les joindre à Damas , de visiter Khalil (Hébron) , et de faire sa prière à Jérusalem, dans la mosquée Aksâ. Contraint de renoncer à ce projet, il partit de Gazah , en compagnie de la première caravane. L’année suivante, il fut nommé mohtesib du Caire, en remplacement d’un personnage nommé Nedjânesi ^~als-dî(c)).Mais il ne resta pas longtemps en possession de cette dignité, car, le samedi, septième jour du mois de Djoumadâ-premier, il fut destitué et eutpour successeur le même Nedjânesi, qu’il avait remplacé peu auparavant. L’année suivante, le lundi, septième jour du mois deRebi-second, il fut revêtu d’une robe d’honneur, et nommé inspecteur des fondations pieuses ( ro), après la mort de Schems-
eddin-Ebn-albennâ. Mais l’année n’était pas écoulée qu’il reçutsa destitution, le qua-
^i) Man. 684, fol 12 r°. (6) Fol. 28 r° ; man. 690, fol. 100 r”,
(2) Fol. 22 v°; Sakhâwi , man. 690, fol. 100 r°. (7) Man. 684, fol. 29 r°; man. 690, loc. laud.
(3) Man. 666, fol. 206 r°; m. 667, fol. 190 v°. (8) Man. 684, fol. 32 r°.
(4) Man. 684, fol. 24 r°. (g) Man. 684, fol. 4'2 v°.
(5) lb., fol. 24 v°. (10) Ib., fol. 53 v°; man. 690, fol. 100 r°.
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torzième jour du mois de Dhou’lkadah, et eut pour successeur Nâser-eddin-Tannâhi, l’un des imams attachés à la personne du sultan ( i ). L’année 8 1 4 vit achever la const ruction d’un collège qu’avait fondé notre auteur (2). Cinq ans après (3), le même écrivain futrevêtu d’une khilah, etnomm êmohtesib du Caire. Cette même année, il eut la douleur de perdre sa fille, nommée Hâdjar, qui était âgée de six ans (4). Il ne tarda pas à être destitué de ses fonctions , et appellé à celles d 'inspecteur des fondations pieuses ^JàLi (5). Bientôt un nouveau malheur vint le frapper : car,
il vit mourir cette même année sa femme, nommée Omm-alkhaïr (6). L’année suivante (7), l’auteur se trouvant à Damas, y tint des conférences et y donna des leçons sur la littérature et les sciences. Il composa un commentaire sur l’ouvrage deTahawi(8). Au commencement du règne du sultan Melik-Mouwaïad-Scheïkh , il fut disgracié et appliqué à la torture. Mais bientôt après, il devint un des familiers de ce prince , qui l’attacha comme professeur de la science des traditions, à la grande mosquée qu’il venait d’ouvrir. C’était auprès du sultan qu’il passait les nuits durant lesquelles il devait résider dans le palais, savoir : quatre nuits de chaque semaine. Cette faveur dont il jouissait déplaisait au kadiNâser-eddin-Ebn-albarezi, qui, à force d’intrigues, parvint à lui enlever les fonctions de mohtesib , et le fit remplacerpar un homme ignorant. Cette disgrâce causa à notre auteur un vif chagrin. L’an 823 (9), il fit un voyage dans le pays de Karaman .Uyj ^ > qui fait partie de l’Asie -Mineure. Bientôt après, il retourna au Caire, accompagné d’un de ses frères, sur lequel je donnerai plus bas quelques détails (10). A son arrivée, il fut encore une fois nommé mohtesib du Caire (1 i).Sur ces entrefaites, il reçut de l’émir Tatar la mission de traduire en langue turque le traité de jurisprudence de Kodouri (12). Le sultan Melik-Dâher-Tatar , durant le peu de temps qu’il occupa le trône, se plut à combler l’auteur de témoignages de considération , attendu qu’ils avaient eu précédemment l’un avec l’autre des relations d amitié.
L’an 826 (ï3), l’auteur fut mandé par le sultan Melik-Aschraf-Borsebaï, qui lui offrit la place d’inspecteur des fondations pieuses de l’Égypte, mais il refusa cet honneur. L’année suivante (14), il fut revêtu d’une pelisse formée de laine, carrée et doublée de petit-gris ; et l’an 828, il était encore une fois mohtesib de
(1) Man. 684, fol. 55 r° et v°.
(2) Man. 684, fol. 98 r°.
(3) Fol. n5 r°.
(4) Ib. v°.
(5) Ib., ib.
(6) Fol. 120 r°.
(7) Fol. 127 r°.
(8) Fol. i33 r°.
(9) Fol. 142 r°.
(10) Ib. v°.
(11) Fol. i43 r°.
(12) Fol. i5i v°.
(13) Fol. i56 v°.
(14) Fol. i63 r°.
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h ville du Caire (i). L’année suivante, le pain manquant dans les marchés, le peuple se souleva contre le mohtesib, fit pleuvoir sur lui une grêle de pierres, et le contraignit de se réfugier dans la citadelle (2). Il jouissait d’une grande faveur auprès du sultan Melik-Aschraf-Borsebaï. Il passait des nuits entières dans la société de ce prince, conversant avec lui , et lui lisant la chronique qu’il avait composée en langue arabe, et qu’il lui expliquait en turc. Il l’instruisait également des choses qui avaient trait à la religion. Melik-Aschraf disait quelquefois : « Si je n’avais près « de moi Aini , mon islamisme ne serait pas parfait. » La mort de Siradj-eddin ayant laissé vacante la place de scheïkh du collège Scheïkhouniah , le kadi Zeïn-eddin- Tefheni mit tout en œuvre pour obtenir ce poste et le réunir aux fonctions de kadi. Il avait obtenu sa demande , et se préparait à monter au château pour revêtir la khilah. Sur ces entrefaites, le sultan résolut d’ôter à cet homme la place de kadi, pour la donner à Bedr-eddin-Aïni. Il dit à ce dernier, qui avait passé la nuit dans sa société. « Demain, prends un turban plus ample, et viens ici dès « le matin. » Il ne s’expliqua pas davantage sur cet article. Bedr-eddin ayant obéi à l’ordre du prince, fut nommé kadi des hanefis, le vingt-septième jour du mois de Rebi-second , l’an 829(3). Destitué au commencement de l’année 833(4), il futréintégré dans les fonctions de mohtesib au mois de Redjeb de l’année 835 (5), et les occupait encore à l’époque de la mort de Borsebaï, je veux dire l’an 84 1. Toutefois, l’an 835, il avait quitté volontairement cette place, qu’il reprit ensuite (6). Il fut destitué au mois de Moharrem de l’année 842, sous le règne de Melik-Aziz, et fut remplacé par Ebn-aldeïri. lise retira dans sa maison, entièrement livré à ses recherches, aux fonctions de professeur, et à la composition de divers ouvrages. Il conserva jusqu’à sa mort la place de professeur de traditions dans le collège Mouwaïadiah. Au mois de Scliewal de l’an 846 , il fut nommé mohtesib du Caire, en remplacement du scheïkh-Ali-Khorasâni. Mais sa destitution ne se fit pas longtemps attendre. Sévère dans l’exercice de ses fonctions, il punissait par des amendes pécuniaires. Si l’on refusait d’obéir à ses ordres, il faisait saisir les marchandises du délinquant, et les envoyait d’ordinaire à la prison pour être distribuées aux détenus. Il remplissait également la place d’inspecteur des fondations pieuses; mais il perdit ce dernier emploi le seizième jour du mois de Redjeb de l’an 853, et eut pour successeur Ala-ben-Akbars , qui avait beaucoup intrigué
(1) Man. 684, fol. 164 v°. (4) Man. 666, fol. 219 v°.
(2) Abou’lmahâsen, ni. 666, fol. 206 r°. (5) Ibid., fol. 22,6 r°.
(3) Man. 684, fol. 100 v°; man. 666, fol. 206 v°. (6) Id., ibid.
APPENDICE
pour parvenir à son but, et fut universellement blâmé. 11 exerçait aussi les fonctions de professeur de jurisprudence dans le college Mahmoudieh ; mais il résigna ce poste en faveur de Bedr-eddin-ben-Obaid-allah : « Si je ne me trompe, « dit Sakhawi, personne avant lui n’avaitcumulé les emplois de kadi, de mohtesib « et d’inspecteur des fondations pieuses. » Enfermé constamment cliezlui, il se livrait uniquement à des recherches littéraires et à la composition de ses ouvrages , lorsque la mort vint le surprendre le mercredi, quatrième jour du mois de Dhou’lhidjah, l’an 855. Il fut enterré le lendemain, dans le medreseh (collège) qu’il avait fondé. Il eut pour successeur dans la place de mouderris (professeur) du collège Mouwaïadiah, Taki-eddin-Kalkaschendi. Bientôt après, Ebn-Akbars, inspecteur des fondations pieuses, ayant été destitué, fut remplacé par Zeïn-eddin- Abd-errahim, fils de Bedr-eddin-Aïni, et père de Schehabi- Ahmed, qui lui succéda par la suite. « Notre auteur, dit Sakliawi, était un «homme très-instruit, bien versé dans la connaissance de la grammaire, « de la langue arabe et d’autres sciences. Sa mémoire était ornée d’une foule de «faits historiques et d’observations grammaticales, dont il faisait constamment «un emploi heureux. Il ne se fatiguait jamais de lire et d’écrire. Il copia de sa «main quantité d’ouvrages, et en composa plusieurs. Sa plume était encore su- « périeure à son style. Son écriture était de la plus grande beauté, et il joignait à «cet avantage une célérité prodigieuse : si ce que l’on dit est vrai, il copia, dans «l’espace d’une seule nuit , un exemplaire de l’ouvrage de Kodouri. L’ayant com- «mencé au coucher du soleil, il le termina au moment où cet astre montait sur «l’horizon. 11 fit construire un collège attenant à sa maison , au voisinage de la « mosquée Azliar , dans la rue de Kotamah. Il y établit une khotbah (prédication), «attendu, comme je l’ai entendu dire, qu’il professait ouvertement sa répugnance «à faire sa prière dans la mosquée Azhar , parce que cet édifice avait été fondé «par un rdfedi (schiite) qui maudissait les compagnons du prophète. Il rendait «des décisions juridiques et donnait des leçons. Il joignait au commerce le plus «aimable une humilité sincère, son nom était devenu célèbre, sa réputation s’é- « tendait au loin, et des hommes savants de toutes les sectes venaient profiter de «ses instructions.»
Bedr-eddin-Aïni commenta un grand nombre d’ouvrages, savoir (1): i° le Sahih de Bokhâri. Ce commentaire, qui portait pour titre : Omdat-alkâri ^jLüJI (L’appui du lecteur), se composait de vingt et un volumes; 20 Maâni-alalhar
(1) Man. 690, fol. 10 x r° et v°.
APPENDICE
(Le sens des paroles remarquables de Tahâwi), en dix volumes; 3° une portion des Sunen d’Abou-Daoud, en deux volumes; 4° une portion considérable de la Vie du Prophète \ d’Ebn-Hescham , sous le titre de Keschf-
allilhâm (L’enlèvement du voile); 5° le Kelem-taïb ^J£)î d’Ebn-
Timiah; 6° le Tohfet-almolouk (Le don des rois); le Kenz ytf) (Le
trésor); il donna à son travail le titre de Remz-olhakaïk-fi-scharh-Kenz-aldakaïk j, yj (L’indication des vérités, concernant l’exposition du
trésor des idées subtiles); 8° le Tohfah et le Hedaïah , en onze volumes; 90 le Bihar-zâkhirah (Les mers enflées), composé par son maître, deux volumes. Celte explication avait pour titre : Bedr-Zâher j^Jî (La pleine lune brillante). io° Les témoignages cités dans les diverses explications de Y Alfiiah. Ce commentaire forme deux ouvrages, un plus considérable, en deux volumes, et un moins étendu, en un seul tome. Ce dernier est le plus célèbre; c’est celui dont les hommes de mérite invoquent le plus souvent l’autorité; 1 1° le Merah-alarwah k^î (Le repos des âmes). Ce commentaire , qui portait le titre de Mellahalarwah (Le matelot des âmes), fut le premier écrit de l’auteur, cpii le
composa à l’âge de dix-neuf ans; 120 les LUI (Les cent régents) d’Abd-
alkâher-Djordjâni; i3° le poëme de Sâwi, sur la prosodie i4° le traité de
prosodie d’Ebn-alliâdjeb j. Il abrégea les Fetawi- Dahiricih
ib^yi (Les décisions juridiques de Daliir), et le Mohit \ en deux
volumes. Il commenta le Taudih p) ! (L’éclaircissement) et l’explication de Djarberdi, sur la conjugaison. Il rédigea des développements utiles sur le commentaire du Lobab, sur la grammaire, le Tedhkirah-nahwiah (avis grammatical), une introduction iUoJL» à la conjugaison, et une autre à la prosodie. Il composa les Vies des Prophètes une grande histoire en dix-neuf volumes, et
une moyenne, en huit, dont il rédigea ensuite un abrégé. U écrivit l’histoire des Cosroës, en langue turque, Tabakat-alschoarci (Les classes des poètes);
Tabakdt-alhanefiah FxL.'^ t oLiLL (Les classes des Hanefis); le Moadjam (histoire par ordre alphabétique) de ses scheïkhs , en un volume; Rihcil- altahâwi (Les voyages de Tahâwi), en un volume; un abrégé de la chronique d’Ebn-Khallikan. Il est egalement auteur d’un ouvrage, en huit volumes, sur les prédications et les questions subtiles. Il lui donna pour titre Meschdrih-assodour ^
( La dilatation des poitrines); mais, dit Sakhâwi, ainsi que je l’ai vu, d’après 1 exemplaire autographe, l’ouvrage portait également le titre de Zein-alme-