I. {deuxième par tie
APPENDICE
djâlis ^JLsrM (L’ornement des conférences) ; un autre traité sur les Questions rares ^ lyJI; le Sirat-almouwaïacl (La vie de Mouwaïad), en vers et en
prose; Sirat-alaschraf V^w (La vie d’Aschraf); Tedhkirah-Moutanouiah (Le
mémorial varié); des additions sur le Kaschschâf , sur le commentaire d’Abou-’lleïth et celui de Bagawi. « Ayant écrit prodigieusement, dit Saldiâwi, et copié les « récits de ses devanciers, il a souvent dans son histoire, ainsi que j’ai eu occasion « de le reconnaître, commis des erreurs de noms : il se trompe aussi fréquem- « ment, sur l’article des généalogies; lorsque le nom d’un homme s’accorde avec “ celui de son père, il lui arrive quelquefois de supprimer un des deux noms; « quelquefois même, il omet le nom de celui même dont il écrit l’histoire. Il « composa aussi un grand nombre de vers, bons ou mauvais. »
De tous les ouvrages de Bedr-eddin-Aïntabi ou Aïni, nous possédons seulement un volume, qui fait partie de son Histoire , et contient, sous la forme d’un journal , le récit des événements dont l’Égypte et la Syrie avaient été le théâtre, depuis l’an 799 de l’hégire jusqu’en 83a. Le volume, de format in-4°, se compose de cent quatre-vingt cinq feuillets. Nous ignorons s’il appartient à la grande histoire, ou à l’histoire moyenne, ou enfin à l’abrégé de cette même histoire. Ce qu’il y a de certain, c’est que cette chronique présente une particularité remarquable. Deux personnes y sont constamment nommées, comme ayantcoopéré à la rédaction de l’ouvrage; je veux dire l’auteur lui-même, si)y, et l’écrivain ou rédacteur ou Schehab-eddin-Ahmed, frère de l’auteur. Il paraît que celui-ci se
chargea, peut-être pour cette dernière partie seulement, de revoir et de compléter le travail de son frère; car il parle souvent de lui-même à la première personne. 11 nous apprend que, dans l’année 776, il était voisin de la puberté, et atteignait l’âge de raison (1). Parlant du scheïkh lousouf (2), fds du scheïkh et kadi Scherf-eddin-Mousâ-ben-Bedr-eddin-Mohammed-Kharbeti, plus connu sous le nom de Djemâl-eddin-Malati, il ajoute : «Ce fut un de mes scheïkhs, dont « j’ai pris les leçons, et sous la direction desquels j’ai fait des lectures. » Nommant le scheïkh Mohammed-ben-Ahmed-Abtini (3), il dit : « Ce fut lui quim’en- « seigna l’office ecclésiastique A\xH, et me revêtit du khirkah (l’habit religieux), « tel que le prescrit la règle des sofis. Je reçus de lui une attestation écrite de sa « main. » Puis il ajoute (4) : « Je reçus également des leçons de mon frère, le « scheïkh et kadi Bedr-eddin-xMahmoud , auteur de cet ouvrage. » Scliehab-ed-
(1) Man. 684, fol. 63 v°.
(2) Fol. 48 v°.
(3) Fol. 49 v°.
(4) Fol. 5o r°.
APPENDICE
din-Alimed, se trouvant au Caire, l’an 788, y étudia le Sahih de Bokhâri (1). Il retourna ensuite à Aïntab, sa ville natale. C’était là qu’il résidait, l’an 802 de l’hégire (2). Il s’y trouvait également l’année suivante. Voici les détails qu’il nous donne à ce sujet (3) : « L’an 8o3, je résidais dans la ville d’ Aïntab, et je faisais (< construire un bain situé dans la rue des Jardins , près de la fon-
ce taine appelée Ain-albenat oL-Ji ^ae- (la fontaine des filles), dans le voisinage de « ma maison, et qui devait porter le nom de Hammam-akvard SjjJ\ ^>1^ 0e bain « de la rose). Les travaux n’étaient point achevés, lorsque je fus forcé de fuir? « pour échapper aux armes de Timur-lenk, et je me réfugiai à Alep avec ma face mille. Tout ce que je possédais fut pillé, tant à Aïntab qu’à Alep. Dans celte cc dernière ville, j’essuyai, comme les autres Musulmans, les tortures, les tour « ments, les outrages d’un ennemi cruel. Toutefois, je pus sauver 111a vie, mon cc fils Kâsem et sa mère. Nous reprîmes le chemin d’ Aïntab, nu-pieds, à moitié « nuds, rendant grâce à Dieu de ce qu’il nous avait préservés delà mort, et conte servé la santé du corps et de l’esprit. Du reste, tout ce qui nous appartenait cc avait péri pour la cause de Dieu. Le bain resta en ruines. » Ce n’était pas le terme des maux que l’écrivain avait à redouter. Une nouvelle attaque de l’ennemi vint renouveler ses dangers et ses alarmes- Lui- même nous raconte, en ces termes, les faits qui le concernent (4), et qui, après de longues années, étaient encore bien présents à sa mémoire. «Moi, Ahmed-ben-Ahmed-Aïntabi , je « demeurais à Aïntab, dans la rue des Jardins «jU.. Je pris la fuite, avec
« ma femme et mes enfants, la nuit même où les soldats de Timur-lenk envahi- « rent pour la seconde fois la place. Je portais sur une épaule mon fils Kâsem, « et sur l’autre, une bourse longue et mince. Ma femme, la mère de Kâsem , por- « tait Isa, frère de celui-ci. Nous marchions, à pied, au milieu d’une nuit obscure, « ayant la pluie qui tombait sur nos têtes. Nos amis, nos voisins, nous accom- « pagnaient, dans une situation analogue à la nôtre. Arrivés à une montagne « nommée Djebel-Souf .4^> J.^ , nous nous y arrêtâmes trois jours, mangeant « du pain sans sel, et des aliments sans viande. Nous étions dans l’état le plus « triste et le plus misérable, lorsque, grâce à la protection de Dieu, nous ap- « prîmes que les soldats de Timur-lenk avaient évacué Aïntab. Nous nous le- « vâmes aussitôt, nous quittâmes la montagne de Souf, et retournâmes à la
(1) Fol. 67 v
(2) Fol. 33 r
(3) Id. fol. 36 r°.
(4) Fol. 42 r°.
APPENDICE
« ville. » Mais, ajoute l’auteur, «je ne pus pas séjourner longtemps dans ma pa- « trie, à cause de la cherté des vivres et de l’insolence des Turcomans. Je partis « pour le Caire, afin de rejoindre mon frère, le kadi Bedr-eddin-Mahmoud , au- « teur de cette histoire. Arrivé dans cette ville, je m’établis, avec le peu d’effets « que j’avais apportés, dans une boutique de marchand de toile, qui faisait parce tie du marché des étoffes Dieu m’accorda une fortune considè-
re rable, en dédommagement de celle que j’avais perdue, lors de l’expédition de « Timur-lenk. Et, depuis cette époque, j’ai constamment habité le Caire. » L’an 8ig, il eut un songe, dont il a pris soin de nous conserver le souvenir et les détails (i). L’an 822, il se trouvait à Damas (2). L’année suivante (3), il reprit la route du Caire, accompagnant son frère, qui venait de faire un voyage dans le pays de Karaman. De là, il retourna à Damas, puis au Caire. L’an 829 (4) h fut nommé kadi-aikodat. (kadi suprême) de la secte des hanefis. L’année suivante (5) il fut chargé d’écrire une lettre, au nom du sultan Melik-Aschraf-Borsebaï.