I. {deuxième partie
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route de Hébron un village qu’ils nomment également Sipheer. Dans la géographie d’Abou’lfeda (i), la ville d’Hebron est désignée par le nom de Beït-Hebron C-vwj. Suivant Ebn-Haukal (2), «au midi de Bethleem est une ville appelée « Mescljid-lbrahim \ (la mosquée d’Àbraham). Dans la mosquée où l’on
« se réunit pour faire la prière se trouvent les tombeaux d’Abraham, d’Isaac et de « Jacob, rangés sur une ligne. Vis-à-vis la sépulture de chacun de ces patriarches est « celle de safemme. La ville est située dans une vallée, entre des montagnes cou- « vertes d’arbres. Les arbres de cette montagne et de toutes celles de la Palestine, « sont des oliviers, des figuiers, des sycomores. Les autres fruits s’y trouvent en « moins grande quantité. Les Égyptiens prétendent que cette ville fait partie de « leur contrée. » Du reste, les détails que donnent sur Gazab les autres géographes orientaux, Abou’lfeda, Ebn-Batoutah , Edrisi , etc., n’ajoutent rien à ceux que j’ai recueillis. Guillaume deTyr rapporte (3) que Baudouin , premier roi de Jérusalem, ayant fait une expédition dans le désert qui s’étend au midi de Jérusalem, dépassa la ville d’Hebron , où reposent , dit-il , les corps d’Abraham et des autres patriarches. Albert d’Aix, racontant le même événement (4) , dit que Baudouin séjourna au château de S. Abraham , eastellum quod dicitur ad S. Abraham , et y passa à son retour. Ce château n’est autre que la ville d’Hebron. Plus loin (5), on lit que les habitants d’Ascalon avaient formé le projet de surprendre le château de S. Abraham. Et ailleurs (6), que le roi Baudouin, s’étant avancé jusqu’à la mer rouge, revint à Jérusalem par la vallée d’Hebron et le fort de S. Abraham, Præsidium S. Abrahæ. On lit dans l’ouvrage intitulé Historia hierosolymitana (7) que Baudouin, se préparant à marcher contre la ville de Joppé, convoqua les chrétiens de Hierusalem et de Sancto Abraham. 11 est clair que, dans tous ces passages, le château de S. Abraham représente la ville d’Hebron.
Baldensel, dans son Voyage de la Terre sainte (8), passa par la ville d’Hebron. Mais il ne put visiter les tombeaux d’Abraham et des autres patriarches, attendu, que l’entrée en était interdite aux chrétiens. Sigoli (9) resta un jour entier dans le même lieu. Frescobaldi (10) passa par la vallée dlAbor (Hébron) « où est, dit-il « la terre de S. Ab ram.» Et il donne quelques détails sur cette contrée. Breiden-
(1) Tabula Syriœ, p. 86.
(2) Manuscrit, pag. 57.
(3) Historia hierosolymitana , lib. X, pag. 781.
(4) Historia hierosolymitana, \. VII, p. 3o6, 807.
(5) Pag. 353.
(6) Pag. 376.
(7) Pag. 604.
(8) Hodæporicon Terrœ Sanctœ, p. 345.
{9) Fiaggio al monte Sinaï, p. 52, 79. (10) Fiaggio in Egitto, pag. i36-i38.
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bach (i) parle d’Hebron, de l’ancienne ville qui était complètement ruinée, de la nouvelle, autrement nommée le Château de S. Abraham , où se trouvaient les sépultures des patriarches. Il fait mention des aumônes abondantes que l’on distribuait près de ce monument. Hans Werli von Zimber (2) décrit la belle vallée où était située l’ancienne Hébron, et la nouvelle, appelée la ville de S. Abraham. I! parle de nombreuses boutiques de verrerie que renfermait cette ville. Il raconte les instances inutiles qu’il fit pour entrer dans la mosquée, où se trouve la caverne qui sert de tombeau à Abraham et aux patriarches de sa famille; il ajoute qu’on lui permit seulement de faire sa pr ière devant l’escalier de pierres qui conduit à cet édifice. Tucbern de Nurenberg (3), qui visita cette ville, ne donne sur elle que des détails bien connus. Il en est de même de Jean de Mandeville (4) et de Rudolph von Suchen (5). Baumgarten (6) fit le voyage de cette ville, et les détails qu’il donne s’accordent avec ceux que l’on trouve ailleurs. Cotovic décrit Hébron (7); mais il n’était point allé jusqu’à cette ville, et ce -qu’il en rapporte lui fut indiqué par les frères mineurs de Jérusalem. Le prince Radzivil (8) ne put se rendre à Hébron. Et les voyageurs plus modernes, qui, comme le pèreNau (9), le P. Mariano Morone da Maleo, Yolney (10) et autres, ont donné quelques détails sur cette ville, n’ont fait, pour la plupart, que transcrire les renseignements que leur avaient communiqués d’autres personnes, sans avoir été à portée d’en vérifier par eux-mêmes l’authenticité. D’autres voyageurs, tels que Régnant (ii;, Giraudet (12), Quaresmius ( 1 3), etc., et, dans ces derniers temps, MM. Irby et Mangles(i4),ont réellement visité la ville d’Hebron. H y a peu d’années, M. Poujoulai a fait un voyagea Hébron, et nous a donné une description exacte de tout ce qu’une pareille ville peut offrir à la curiosité d’un étranger instruit (i 5). Mais
(1) Beschreibung der Reyss uncl Wallfahrt, fo- (g) Voyage de la Terre Sainte, p. 4^7 et suiv.
lio 74 r°, 101 r°. ( 10) Voyage en Egypte et en Syrie, tom. II,
(2) Beschreibung der Wallfahrt zu dem Heyli- pag. 2o3, 204.
gen land, fol. 1 55 r° et v°. (11) Voyage de Jérusalem , p. i35 et suiv.
(3) Beschreibung der Reyss ins Heylig land , (12) Discours du voyage d’outre-mer au saint
fol. 363 r°. sépulcre de Jérusalem, fol. 65 v° et 66.
(4) Beschreibung der Reyss in die Morgenl'ànder, (i3) Elucidatio Terrœ sanctœ, tom. II , p. 769
fol. 412 r°. et suiv.
(5) Beschreibung der Reyss, fol. 448 r°. (.14) Travels in Egypt and Nubia, p. 342 et
(6) Peregrinatio in Ægyptum, Arabiam , pu- suiv.
ges 78, 79. (i5) Correspondance d’ Orient , tom. V, p. 21 1
(7) ltinerarium hierosolyndtanum, pag. 241,242. et suiv.
(8) Icrovolymitana peregrinatio , pag. 87.
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un seul européen, le prétendu Ali-Bey, a pu pénétrer dans la mosquée, où, suivant la tradition repose le corps d’Abraliam (i), et offrir une description satisfaisante de ce monument, que les musulmans dérobent avec tant de soin à la vue des chrétiens. Le chevalier Darvieux (2) , auquel nous devons des détails assez précis sur la ville d’Hebron, dit que, suivant le témoignage des juifs de cet endroit, un de leurs rabbins était entré dans la mosquée où se trouvent les corps du patriarche Abraham et de sa famille. Mais il ne dissimule pas que le récit qui lui fut fait offrait très-peu de caractères de vraisemblance.
(1) V oyages, tom. III , pag. 160 et suiv.
(2) Mémoires, tom. II, pag. 236 et suiv.
Noie pour la page 242.
Le mot qui se trouve plusieurs fois
répété dans ce morceau , signifie révéré, consacré par la dévotion. On lit chez Y historien de Jérusalem (pag. 2 36] : ij
" Sous la moscjuée est une caverne révérée. » Plus bas (pag. 237) -M L^j yü iwjil — •>
« Elle est révérée, parce qu’elle se trouve au voi- « sinage de la mosquée. » Ailleurs (pag. 240)
j b ^ j. j » « C est
ii une mosquée vaste et révérée, où tout respire « la pompe et la majesté. » Et enfin (pag. 241)
jL= £.*1».. Le substantif employé par
notre auteur, désigne la dévotion. On lit (p. 241) y 2. -\Lj *^1 La \ b 1 c. ~ bî ^
« Tout y respire, à un point inexprimable, la dévo- « tion, le respect, la majesté. » Ailleurs (page 3y 5) « Partout on y sent la ma- 'i jesté et la dévotion. » Dans l’ Histoire de Hasan- « ben-Omar (m. 688, f. 99 v°) Jv?-
« Sa dévotion faisait l’ornement des monastères. » Dans le Fakihat - alkholafâ d’Ebn - Arabschah (pag. 76) Un homme
« dévot, et qui avait le don des miracles.» Dans la Description de l’Égypte, de Makrizi (tom. II, man. 798, fol. 240 r°) lit
,3 U « Tout homme qui en-
« tre dans cette mosquée y éprouve un sentiment « de dévotion envers Dieu, de calme, d épanouis- « sement de l’esprit, qu’il n’éprouve point ail- « leurs. » Plus loin (fol. 33 1 v°) L&J-5,
çw 1- ** > 1 5 bx) 1 ^ -1 1
A-J! « Cet édifice n’offre point la magnificence « des mosquées, et n’inspire point cette dévotion h que font naître les monastères. » Dans les Lettres d’Ismaïl-ben-Abbad(man. ar. 140.6, f. 194 r°) übr2’- « Un pèlerinage de dévotion. » On peut voir, sur ce mot , les observations de feu M. Silvestre de Sacy ( Notices et extraits des manuscrits, tom. XII, pag. 3 12). Quant à ce qui concerne les autres significations du terme j’aurai occasion d’en parler ailleurs.
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