‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 22 sur 183 · II. MELIK-MANSOUR · texte numérisé non relu

II. MELIK-MANSOUR

an 657 (i^Sg).

Cette année, les Tatars attaquèrent sans succès la ville de Mardin ; forcés de lever le siège, ils allèrent bloquer Méïâfârekin. La disette se fit sentir dans cette

consacrée à l’étude des traditions j Î.5, qui avait été élevée au Caire par le sultan Melik-

Kâmel , entre les deux palais. 11 fut aussi professeur dans la mosquée Dâferi. C’était un des docteurs les plus distingués dans la science des traditions, et des plus connus comme hâjîcl, c’est-à-dire, comme sachant l’Alcoran par coeur. Il composa, entre autres ouvrages, un abrégé du Sahili de Mousallam, et des Sunen d’Abou-Daoud. Il se livrait également à la poésie. Il mourut au Caire à l’âge de soixante et quinze ans, le samedi, troisième ou quatrième jour du mois de Dhou’lkadah. La prière fut faite sur son corps, le dimanche, après-midi, dans le collège Kâmelieh, au Caire; puis, au pied du château, et enfin, vers le soir, près du tombeau placé au pied du mont Mokattam : il était né à Fostat , le premier jour du mois de Schaban de l’année 58 1 (de J. C. 1 185). 4° Le scheïkh Abou-Abdallah-Kâsem, qui mourut à Alep , était profondément versé dans la connaissance de la langue arabe , et lecteur célèbre.’ Il avait un rare talent pour l’explication de l’Alcoran, et avait composé un beau

commentaire sur le poëme intitulé : Schdtebieh ÜLJsliJ ! ï S. 5° Le hâ fiel Sadr-eddin-Mohammed-

ben-Bekri, qui mourut à Damas, prétendait descendre de Mohammed, fils du khalife Abou-Bekr. 6° Le scheïkh Saad-eddin, fils du scheïkh Mouhi-eddin. C’était un homme d’un grand mérite, et qui possédait à un haut degré le talent de la poésie. 70 L’émir Seïf-eddin-Ali-ben-Sâbik-eddin , surnommé

Mouschidcl jJLtl, parce qu’il était à la tète des bureaux de l’administration. Il tenait un rang distingué à la cour de Melik-Nâser. Il était parent de l’émir Djemâl-eddin-ben-Iagmour, et fils du frère de l’émir Fakhr-eddin Otliman, ostâdâr de Melik-Kâmel. Il se distinguait, comme poète, par un beau talent. On cite de lui ces vers adressés à son souverain :

«Le prince, dans ses dons, est comparable à une mer; si ce n’est que les flots épanchés de ses « mains sont plus doux.

« Lorsqu’un étranger arrive vers lui, il prodigue envers son hôte les bienfaits les plus nobles.

« O prince, puissent vos ennemis être tous suspendus aux troncs des palmiers.

« Puisse cette année, qui se renouvelle, vous amener tout ce qui est l’objet de vos vœux et de vos « espérances. »

«Vivez, pour combler l’attente de tous les hommes, pour opérer de pareils bienfaits, tant que «brillera l’étoile du matin. «

Il était né à Fostat , au mois de Schewal de l’an 6 02 (de J. C. 1 2o5) , et mourut à Damas, le dixième jour du mois de Moharram.

8° Le scheïkh Djemâl-eddin-abou-Zakariâ-Iahia-ben-Iousouf joignait à la dévotion la plus austère des connaissances variées et profondes. Il se distingua surtout par son talent pour la poésie. Il chanta, dans une multitude innombrable de poèmes, les louanges du Prophète. On assure que les pièces de vers qu’il composa sur cette matière pourraient former environ vingt volumes.

90 Le sâheb Mouhi-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed, fils du kadi-alkndat Nedjm-eddin-Abou’Ihasan-Ahmed, natif de la ville d’Alep, et surnommé Ebn-aladim pJ A*) ! C’était un homme d’un

mérite distingué, d’un grand savoir, dont la maison était le rendez-vous de tous les personnages de talent. 11 mourut à Alep , à l’âge de soixante et six ans.

io° Nidam-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed, plus connu sous le nom d’Ebn-Maulâ-Halebi , chef

f. II

place à un tel point, que les habitants furent réduits à manger le cuir des sandales.

de la chancellerie d’Alep. Il se distinguait par la réunion des qualités les plus brillantes, et jouissait d’un grand crédit auprès de Melik-Nâser.

ii° Beha-eddin-Abou’lfadl-Zohaïr-Mekki-Misri, plus connu sous le nom de Beha-Zohaïr j.A\ l$J!. Voué au service de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub , à l’époque où ce prince gouvernait au nom de son père Melik-Kâmel, il le suivit en Orient, et s’attacha à sa personne. Melik-Sàleh ayant été fait prisonnier et enfermé dans la citadelle de Karak, Beha-eddin établit sa résidence à Naplouse, afin de veiller aux intérêts de son maître. Celui-ci recouvra enfin sa liberté. Beha-eddin rentra à son sei’vice, et l’accompagna en Egypte. 11 acquit auprès de son souverain un crédit sans bornes, fut dépositaire de tous ses secrets , et remplit à sa cour les fonctions de chef de la chancellerie. Il mourut en Égypte à l’âge de soixante et quinze ans, le dimanche, quatrième jour du mois de Dhou’lkadah; il fut enterré le lendemain, à l’issue de la prière de midi, dans le tombeau qu’on lui avait élevé, dans le quartier du grand Karâfah , près du mausolée de l’Imam Schaféi. Il était né à Wadi-Nakhlah

près de la Mecque, l’an 58 1 (de J. C. i » 85) , et avait été élevé à Kous, ville du Saïd. 11 joignait à de nombreux talents celui delà poésie, et le recueil de ses vers jouissait d’une haute réputation.

12° Le kadi Sadr-eddin-Abou-Mohammed-Abd-errahim, natif deBalbek, et qui remplit dans sa patrie les fonctions judiciaires. On cite de lui ces vers :

« O ami, toi que le pouvoir a rendu injuste, ne trompe plus désormais les vœux de celui qui « espère te posséder.

« Tu ne pouvais jadis rester un moment loin de nous. Aujourd’hui, on t’a fait connaître l’absence, n qui t’a distrait de notre souvenir :

« O séparation, qui nous a désunis; quelle vengeance tu mérites de la part d’un ami.

« N’augmente point désormais ses douleurs; car, aujourd’hui, tu as, en ce genre, atteint tout ce « que tu pouvais espérer. »

i3° Le scheïkh Abou-lshak-lbrahim-ben-lahia-Osiouti mourut au Caire, le soir du septième jour du mois de Dhou’lkadah, et fut enterré au pied du mont Mokattam. Il était né vers l’année (de J. C. 1174)- H se distinguait par une connaissance profonde des principes de l’Imam Schaféi. Doué du plus noble caractère, il ne laissait pas, quoique pauvre, de pratiquer l’aumône avec une rare générosité.

i4° Scherf-eddin-Abou’ttaïb-Ahmed-ben-Mohammed-Mauseli, plus connu sous le nom d’Ebn- Halâwi H joignait à la plus belle figure les manières les plus aimables et les qualités

les plus distinguées. Doué d’un rare talent pour la poésie, il voyagea dans différentes contrées, et chanta les louanges des khalifes et des rois. 11 s’attacha au service de Bedr-eddin-Loulou, prince de Mausel, et porta dans cette cour le costume militaire. Ses poésies sont remarquables par la grâce et la douceur : il mourut à l’âge de cinquante-trois ans (Nowaïri , manuscrit de Leide, Schehâb-eddin , ou plutôt Djemâl-eddin-ben-Wasel, fol. 386 et suiv.; H asan-b en-Omar, man. 688, fol. i3 et suiv.; Abou’lmahâsen, man. 66i, fol. 173 et suiv.; Abulfedœ Annales, pag. 564, 566).

Les historiens Djemâl-eddin-Ebn-Wâsel (man. non catalogué, fol. 386 v°); Hasan-ben-Omar (man. 688, fol. i3 v°); et Abou’lféda, (. Annales tom. IV, pag. 566), fixent à l’année 656 (de J. C. 1258) la mort du chroniqueur Schems-eddin, surnommé Sebt-Ebn-Djouzi, tandis que, sur 1 autorité de

AN 657 (1259). ri. MELIK-MANSOUR.

Melik-Moughith partit de Karak , à la tête de ses troupes , et se dirigea vers Damas. Melik-Nâser marcha à sa rencontre, et, l’ayant joint près de Ariha (Jéricho), il lui livra bataille. Melik-Moughith, vaincu, regagna précipitamment la ville de Karak. Melik-Nâser étant arrivé à Jérusalem, s’y arrêta quelques jours. De là, il se rendit à Zirâ , campa sur le bord de l’étang (i 17), et y séjourna six mois. Cependant des négociations étaient entamées entre lui et Melik-Moughith. Enfin , la paix fut conclue, sous la condition que Moughith rendrait à Nâser le corps entier des Mamlouks-Bahris , et éloignerait de sa personne les Schehrzouris. Ceux-ci, ayant en effet quitté Karak, se retirèrent dans les provinces maritimes LWLJi :>ÜJî. L’émir Rokn-eddin - Bibars-Bondokdari écrivit à Melik-Nâser, pour lui demander une amnistie. Dès qu’il eut reçu le serment de ce prince, il se rendit auprès de lui, sur les bords de l’étang de Zirâ. Il était accompagné de Bedr-eddin -Baisari , Itmesch-Masoudi, Taïbars-Yéziri, Belban-Roumi, le dewâdâr , Akousch-Roumi, Ladjin-Derfil, le dewâdâr , Kestgadi-asserf, Idgamisch, Aïbek-Scheïkhi , Belban-Herani, Ras-Turk-Kebir, Sandjar-Masoudi, Aïas-Nâseri, Sandjar-Hami , Aïbek-Alaï, Taman , Ladjin-Schakiri , Sultan-Akdekezi , Belban- Aksisi et Tzz-eddin-Bibars. Melik-Nâser reçut Bibars avec la plus haute distinction , lui concéda, à titre de fief, la moitié des villes de Nabolos (Naplouse), de Djabin ^Juli et de leur territoire; il lui donna le commandement de cent vingt cavaliers. Moughith renvoya à Nâser le reste des Bahris. Ce prince, ayant quitté 254 Zirâ, pour retourner à Damas , fit arrêter et mettre en prison ces Mamlouks.

Melik-Aziz, fils de Melik-Nâser, arriva de la cour de Houlagou, apportant une lettre conçue en ces termes : « Nous faisons savoir à Melik-Nâser, prince d’Alep, «que, par la force de l’épée du Dieu très-haut, nous avons conquis Bagdad,

« exterminé les guerriers de cette ville, détruit les édifices, et fait prisonniers les «habitants, suivant cette maxime que Dieu a consignée dans le livre sacré : «Lorsque les Rois entrent dans un bourg, ils y portent le ravage, et réduisent

Nowaïri et d’ Abou’lmahâsen , j’ai rapporté cet événement à l’année 654 (de J. C. 1256). (Voy. p. 56.)

(117) L’étang de Zirâ était à deux journées de la ville de Karak, du côté du nord : \yj 'iSy

(Djemâl-eddin-ben-Wâsel, fol. 38g v°. Kârnel, tom. VII, pag. 286).

Nous lisons dans la Fie de Bibars (man. arab. 8o3, fol. 9 3 v°), que ce prince, se rendant à Karak,

tomba de cheval, près de l’étang de Zirâ : \yj IÉ y -OjA Dans Y Histoire d’Égypte d’Ahmed-As-

kalâni , sous l’année 8 1 4 de l’hégire (de J. C. 1411), il est fait mention d’un combat qui eut lieu entre les pèlerins de Damas et les Arabes, dans les environs de Zirâ <s~a.Lo (m. ar. 657, fol. 25 v°); Abou’lféda ( Tabula Syriæ, pag. 91), place l’étang de Zirâ \yj ‘OZy (et non pas Zizâ !y>j), à une journée , au midi de la ville d’Ammân.

« au dernier degré de l’humiliation les plus distingués d’entre les habitants.» Nous « avons fait comparaître devant nous le khalife, et lui avons adressé des questions « auxquelles il a répondu par des mensonges. Mais il a eu bientôt à se repentir « de sa conduite , et a bien mérité la mort que nous lui avons fait subir. Cet « homme pervers ne se plaisait qu’à entasser des richesses , qu’à amasser des « objets précieux , sans s’occuper en aucune manière de ses sujets. Sa réputation «était répandue au loin; et il occupait le rang le plus élevé. Que Dieu nous « garde de la perfection et du faîte de la grandeur.

«Dès qu’une chose est arrivée à sa plus haute limite, elle commence à dé- « croître ( 1 1 8) :

« Lorsque tu entends dire : Elle est parfaite, crains une catastrophe.

« Si tu es dans la prospérité , conserve-la avec soin ;

« Car les crimes entraînent la perte du bonheur.

« Combien d’hommes ont passé la nuit au sein de la félicité,

« Sans se douter que la mort allait fondre sur eux à l’improviste.

« Dès que tu auras pris lecture de ma lettre , hâte-toi de soumettre au Roi des «Rois (i 19), souverain du monde, ta personne, tes sujets, tes guerriers et tes ri- «chesses. Par cette conduite, tu éviteras sa colère, et mériteras ses bienfaits, ainsi « que le Dieu très-haut l’a dit dans son livre auguste : « Oui , l’homme ne recueillera «que le prix de ses efforts; et Dieu, qui verra son zèle, ne manquera pas de le «récompenser avec une extrême munificence (120).» Garde-toi bien, comme tu «l’as fait précédemment, d’emprisonner nos ambassadeurs (1 21). Mais, observe « envers eux les lois de la justice et congédie-les avec des témoignages de bien- «veillance. Nous avons appris que des marchands Syriens et autres, se sont ré- «fugiés dans un Karavanseraï avec leurs femmes et leurs richesses. Mais, s’ils «se retirent sur les montagnes, nous les ferons écrouler; s’ils se cachent sous « la terre , nous la bouleverserons.

(118) Ceci rappelle le vers de Corneille :

Et monté sur le faîte , il aspire à descendre.

(1 19) Le texte porte : tjj ïliulaLi.. Je lis : ïULlali. « Le Roi des Rois , de la face

« de la terre. »

(120) Coran, Surat. lui, v. 40 et suiv.

(121) Le verbe signifie emprisonner. Onlit dans l’histoire d’Ahmed-Askalâni (t. II, f. 141 v°) :

ïjdjélj >3 O-?* “b fut emprisonné dans la tour du château. » Dans l’histoire de Makrizi

(t. I, p. 674) : £*lï)b L^a. Ailleurs (t. II, f. 107 r°, 108 r°) : Üxlïi "H fut em-

« prisonné dans le château de la Montagne. »

il. MELIK-MANSOUR.

an 657 (125<)).

«Où se sauver? car aucun fugitif ne saurait trouver un asile.

«Les deux éléments, la terre et l’eau, m’appartiennent.

«Notre force redoutable nous a soumis les lions :

«Les émirs et les vizirs sont sous notre dépendance.»

Nâser, effrayé d’un pareil message, envoya son épouse à Karak. Les habitants de Damas ayant appris que les Talars avaient déjà traverse l’Euphrate, furent frappés de terreur. Un grand nombre d’entre eux prit le chemin de 1 Égypte; mais, comme on était alors en hiver, beaucoup de ces fugitifs périrent en route; et les autres , pour la plupart, furent dépouillés de tout ce qu’ils portaient. Nâser n’eut pas plutôt appris que Houlagou était en marche pour entrer en Syrie, qu’il dépêcha en Égypte le sdheb Kemâl-eddin-Omar-ben-Adim , afin de demander le secours des troupes de cette contrée. Ce négociateur étant arrivé au Caire, on convoqua une réunion au château, en présence de Melik-Mansour. Le kadialkodat Bedr-eddin-Hasan-Sindjâri et le scheïkh Izz-eddin-ben-Àbd-asselam 255 assistaient à cette conférence. On leur demanda si l’on pouvait légitimement prendre les biens du peuple pour les employer aux dépenses que l’armée exigeait. Ebn-Abd-asselam répondit : «S’il ne reste plus d’argent dans le trésor; si vous «avez sacrifié vos ceintures dorées et vos autres ornements; si, dans votre cos- «tume, vous ne vous distinguez du peuple que par votre armure; si chaque «officier ne possède plus autre chose que le cheval qu’il monte, alors on peut « licitement prendre une partie des biens de la multitude pour repousser l’ennemi : «bien plus, si l’ennemi se présente, tout homme, sans exception, est tenu, pour «l’écarter, d’exposer sa vie et ses richesses.» L’assemblée se sépara sans avoir rien résolu. Cependant l’émir Koutouz saisit cette occasion pour décrier Melik- Mansour : «Il nous faut absolument, disait-il, un sultan belliqueux, qui puisse «se mesurer avec l’ennemi : et Mansour est un enfant, hors d’état de gouverner «un empire.» En effet, ce jeune prince se livrait à un grand nombre d’actes répréhensibles, et ne s’occupait que de ses amusements. C’était sa mère qui régnait en son nom ; et les affaires étaient en désordre.

L’émir Seif-eddin-Koutouz, qui aspirait au rang de sultan , attendit le moment où les émirs allaient à la chasse. Profitant de l’absence des émirs Alem-eddin- Sandjar-Gatmi, et Seïf-eddin-Béhadur, il se saisit de Melik-Mansour, de son frère Kakan et de leur mère(i22), et les mit en prison dans une tour du château de la Montagne. Mansour avait régné deux ans, huit mois et trois jours.

(122) J’ai suppléé ces motSj?~aUÎ , qui manquent dans le manuscrit.

RÈGNE

DE MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ.

an L’émir Seïf-eddin-Koutouz s’assit sur le trône, dans le château de la Montagne, ^7 le samedi, vingt-quatrième jour du mois de Dhou’lkadali , l’an 657 (de J. G. iaôg). Ce fut le troisième prince turc qui gouverna l’Egypte. Le vingt-cinquième jour du même mois, il choisit pour vizir Zeïn-eddin-Iakoub-ben-Abd-arrafî, après avoir destitué Tadj-eddin-Abd-alwahhab-ben-Bint-alaazz. Cependant, les émirs ayant appris cet événement, se rendirent au château de la Montagne, et reprochèrent vivement à Koutouz l’arrestation de Melik-Mansour, et l’usurpation du trône. Koutouz, redoutant leur colère, s’excusa auprès d’eux, alléguant que les Tatars marchaient vers la Syrie et l’Égypte; que, d’un autre côté, on avait à redouter les entreprises de Melik-Nâser, prince de Damas. «Je n’ai eu d’autre in- « tention, leur dit-il, que de réunir toutes nos forces pour combattre les Tatars. «Or, un roi seul pouvait atteindre ce but. Du reste, aussitôt que nous aurons «vaincu l’ennemi, vous rentrerez dans vos droits, et vous élèverez au trône qui «vous voudrez. » Les émirs s’étant séparés, Koutouz s’attacha à les gagner individuellement, et se vit bientôt paisible possesseur de l’autorité. Il fit partir pour Damiette, Mansour, son frère et sa mère, et les ht renfermer dans une tour dont il avait ordonné la construction , et qui avait reçu le nom de tour de la chaîne ‘iLJLJ! çj). Ensuite, il les déporta dans- les états de Lascaris (l’empire grec). Il fit arrêter et mettre en prison les émirs Alem-eddin-Sandjar-Gatmi-Moaddami, Izz- 256 eddin-Aïdemur-Nedjibi assaghir (le petit), Scherf-eddin-Kiran-Moëzzi, Seïf-eddin- Béhadur, Schems-eddin-Kara-sonkor, Izz-eddin-Aïbek-Nedjmi assaghir (le petit), Seif-eddin-Addoud, oncle maternel de Melik-Mansour, l’eunuque Hosameddin-Belal-Moughithi , le djemdar. S’étant fait prêter serment de fidélité par les émirs et les troupes, il maintint dans le rang à'atabek l’émir Fâres-eddin-Aktaï- Saghir-Sâléhi , surnommé Mostareb v^sü*4î , et lui remit , ainsi qu’au sâheb (vizir),

Page 1