‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 24 sur 183 · III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ · texte numérisé non relu

III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ

an 657 (125g).

Cette année, de nombreux tremblements de terre se firent sentir en Égypte, le douzième jour du mois de Djoumada second. On leva une contribution sur les propriétés du Caire et de Misr (Fostat) (124). Au mois de Schaban, on arrêta un individu, appelé Kourâni, autpiel on fit subir une violente bastonnade, parce qu’il avait émis des opinions hétérodoxes. Mais , ayant renouvelé sa profession de foi musulmane, entre les mains du scheïkh Izz-eddin-ben-Abd-asselam , il fut mis en liberté, et établit sa demeure sur la Montagne rouge.

Cette même année, à l’instigation d e Khodj ah Nâsir-eddin-Mohammed-Tousi , on construisit un observatoire dans la ville de Maragali. C’était une maison destinée pour les jurisconsultes , les philosophes et les médecins. On y voyait une grande partie des livres enlevés de Bagdad; et des fondations pieuses fournissaient à l’entretien des personnes attachées à cet édifice.

Cette même année , Iakoub-ben-Abd-alhakk, roi des Benou-Merin , resta maître absolu de la ville de Fez et de la totalité du Magreb-aksa. lzz-eddin-Kaïkaous , et Rokn-eddin-Kilidj-Arslan , fils de Kaïkliosrev, et petit-fils de Kaïkobad, partirent de Koniah pour se rendre à la cour de Houlagou ; et , après avoir séjourné quelque temps auprès de ce prince, ils retournèrent dans leurs États.

Dans ce même temps, le treizième jour du mois de Schaban, mourut Bedreddin-Loulou, Xatabek , prince de Mausel; il était âgé de quatre-vingts ans, et avait régné l’espace d’environ cinquante années. Il eut pour successeur son fils Sâleh- Ismaïl. Son autre fils Ala-eddin-Ali abandonna son frère , et se retira en Syrie. 258

(124) Le texte porte : ^ j ypslaJ !

Le verbe à la deuxième forme, signifie : Cadastrer des maisons ou autres propriétés, afin de

les soumettre à une imposition. On lit dans la Vie de Bibars par Nowaïri (man. d’Asselin, fol. 2 r°) : Aà.î j j « L’action de cadastrer les propriétés et de les évaluer, afin

«d’en exiger la dîme.» Dans une autre histoire du même prince (man. arab. 8o3, fol. 11 r°) :

1 ^ 'dfi -A0 \ —O .0 1 <0 lüJ 1 Jj»t jjs « Il imposa sur les habitants

« du Caire et de Fostat une contribution d’une pièce d’or, et arrêta que les propriétés seraient « cadastrées et évaluées.» Dans l’ouvrage que je traduis (tom. I, pag. 269), on lit :

LfyÜj wVâ.1 j j. Dans 1 Histoire des Patriarches d’ Alexandrie (t. II, man. arab. 140, p. 328) :

j arr®ta que l’on cadastrerait les maisons de Fostat,

«et qu’on en lèverait le loyer. » Et enfin , dans Y Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (man. arab. 663, fol. 19 v°) : bj JLo « On demandait que le cadastre fût supprimé sur

« le territoire d’Alexandrie. »

Celte même année vit mourir i° Le schérif Mounif-ben-Schahnali-Hosaini, émir de Médine; i° Sadr-eddin-Abou’lfatah-Asad-ben-Nadja-Tenoukhi, natif de Damas, de la secte de Hanbal, inspecteur de la mosquée des Ommiades, âgé de soixante ans; 3° Nedjm-eddin-Abou’lfatah-Modaffer-ben-Mohammed-Ansâri, natif de Damas, et de la secte de Scbaféï, mohtesib de Damas, et vdkil (agent) du trésor; 4° Yadib (le lettre) Belia-eddin-Abou-Abd-allah-Mohammed-ben-Mekki, natif de Damas. 11 était âgé de soixante et six ans.

an Au mois de Moharram , Houlagou vint camper sous les murs d’Alep. 11 députa 658 vers Melik-Moaddam , gouverneur de cette ville, pour le sommer de livrer la place , lui offrant , à ce prix , une amnistie pleine et entière pour lui et ses sujets. Moaddam refusa d’accepter ces conditions (i25), et s’obstina à tenter le sort des armes. Les Tatars, après sept jours d’attaque, emportèrent Alep d’assaut, y firent un affreux carnage, réduisirent en captivité les femmes et les enfants, et pillèrent toutes les richesses. Durant cinq jours, la vie des habitants fut abandonnée à la lurie du vainqueur. Les rues étaient encombrées de morts, et les troupes des Tatars marchaient partout sur des cadavres. On assure que le nombre des femmes et des enfants réduits en esclavage, s’éleva à plus de cent mille. La citadelle d’Alep, continuant à se défendre, fut prise le dixième jour du mois de Safar. Houlagou la lit raser, ainsi que la totalité des remparts de la ville, les djamis , les mosquées et les jardins :en sorte que cette capitale n’offrait plus qu’un espace désert. Melik-Moaddam étant venu se livrer au vainqueur, celui-ci, en considération de son grand âge, ne lui fit éprouver aucun mauvais traitement. Mais, Moaddam mourut au bout de quelques jours. Neuf Mamlouks-Bahris étaient détenus dans les prisons d’Alep; Houlagou leur rendit la liberté et les combla d’honneurs. On distinguait parmi eux Sonkor-aschkar(i 26) Seif-eddin-Tenkez, Seif-eddin-Beramak, Bedr-eddin-Bekmesch-Masoudi, Ladjin djemdar- Sâléhi, Kidgadi -assaghir (le petit).

(125) Le texte porte : Je lis : Du reste, on peut voir sur la prise d’Alep, et

sur les événements qui suivirent cette catastrophe, les récits de Novaïri (man. de Leide, fol. 194 et suiv.); Abou’lmahâsen (man. 661, f. 178 et suiv.); Djemâl-eddin-ben-Wàsel) man. non catalogué, fol. 3g3); le prétendu Hasan-ben-1 brahim (man. non catalogué, fol. i5o et suiv.); Abou’lféda {Annales , pag. 572 et suiv.), etc.

(126) On a déjà vu dans le cours de cette histoire, et l’on verra souvent dans la suite du récit,

des noms d’émirs et autres personnages, dans la composition desquels entre le mot sonkor JiL*. Tels sont ceux de Kara-Sonkor (sonkor noir) , Ak-Sonkor (sonkor-blanc) , Sonkor- aschkar (sonkorroux), etc. On me permettra, je pense, d’entrer, à cet égard, dans quelques détails.

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