III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ
an 658 (1260).
moment de la catastrophe d’Alep, ces troupes se débandèrent. Chacun abandonnait ses meubles, les vendait au plus bas prix , et fuyait en toute bâte. Melik-
schonkon des Mantchoux , et le hai-tsing des Chinois sont identiquement le même oiseau que le schongar des Tartares. Quant au mot soung-eul, je crois qu’il désigne l’oiseau de proie appelé sakr parles Orientaux, et auquel les Français ont conservé son nom dans celui de (sacre).
Quant à la patrie du schongar ou schonkcir, i 1 est certain que cet oiseau habite les contrées septentrionales de l’Asie. Marco-Polo rapporte ( Relations des pays orientaux , col. 5 1 ) « que dans les îles de la mer « Glaciale, on trouvait quantité àe griffons, que les chrétiens transportaient enTartarie. » Daï-Ming, envoyant à Schah-rokh sept couples de schongar [Matla-assaadeïn, m. pers.'de l’Arsenal 2 4, f. ioor0, Ambassades réciproques d’un roi de Perse, etc., p. 56), atteste « que cet oiseau ne se trouvait pas à la « Chine, mais qu’il n’en manquait pas , attendu qu’il en recevait continuellement un certain nombre, « qui lui étaient envoyés en présent des pays au delà de la mer.» M. Foucher d’Obsonville [Essais philosophiques sur les mœurs de divers animaux étrangers, p. 55) , dit « que les gerfauts se propagent « dans les branches du Caucase qui s’étendent au nord du Tibet. » Enfin, au rapport de Pallas (Samlungen historischer nachrichten , etc., p. 147)) «le gerfaut ( schonkar ) et le faucon de passage « ( naatschin ) ne se trouvent point dans les plaines habitées par les Kalmouks. Mais les chefs de ce «peuple tâchent d’en acheter des Baschkirs ( Voyages dans plusieurs provinces de l’empire de Russie, « tom. III , p. 16) , dont les montagnes sont ordinairement la retraite favorite de ces oiseaux précieux. « Les Baschkirs les prennent avec des filets à trappe, au-dessus desquels ils suspendent des plumes « flottantes à des ficelles tendues d’un arbre à l’autre. Des pigeons attachés sur la terre servent d’appât. « Les gerfauts que l’on y prend sont envoyés à la cour de Russie (Pallas, Voyages, etc., t. III, p. 17). » Le schonkar étant un oiseau rare et précieux, qui ne se trouve pas dans les pays méridionaux, on ne doit pas être surpris qu’il ait de tout temps été un des présents auxquels les princes orientaux attachaient le plus de prix, et qui leur était souvent offert , ou par leurs vassaux ou par leurs égaux. Les Kirghis s’étant soumis à Tchenghiz-Khan lui envoyèrent un schongar de couleur blanche (Raschid-eddin, fol. 116 v°, Histoire généalogique des Tatars , p. 100, 2o5). « Des marchands de la même « nation, s’étant rendus à la cour de Koubilaï, présentèrent à ce prince un aigle blanc et un schongar «blanc, qui avait les pattes et le bec rouges (Raschid-eddin, fol. 261 v°; Mirkhond, Ve partie, « f. 54 r°). » L’auteur de l’ouvrage intitulé : De l’estât et de la gouvernance du grant Caan de Cathay, (man. français q5oo C, fol. 142 r° et v°)., après avoir parlé de la suzeraineté que le grand Kaân exerçait sur les autres princes mogols, ajoute : « Ces trois empereurs envoient tous les ans lieupars « tous vifs, camelz, gerffaulx, et très grant plenté d’autres précieux joyaux au dit Caan leur seigneur. « Car ilz le recongnoissent leur seigneur et leur souverain. » L’an 658 de l’hégire (de J. C. 1260) (Raschid-eddin, fol. 248 r°), à l’époque où Koubilaï fut élevé sur le trône des Mogols, Dourtchi , l’un des principaux émirs, fit dire à Arik-bouka « que ses projets étant connus de Koubilaï, il devait, pour « dissiper les soupçons de ce prince, lui envoyer une ambassade, présidée par un noian du premier «rang, pour lui présenter un schongar et un autre animal. » Arik-bouka, ayant suivi ce conseil, envoya à Koubilaï des députés qui lui offrirent cinq schongars. L’an 702 de l’hégire (de J. C. i3o2) (Raschid-eddin, fol. 202 r°) , Naïan , l’un des descendants de Djoudji, envoya à Gazan-Khan deux de ses principaux émirs, qui lui présentèrent un schongar et d’autres objets précieux. Trois ans après, Oldjaïtou reçut un de ces oiseaux de la part de Timour-Kaân ( ibid ., fol. 4^3 A v°). L’an 716 (de J. C. ï3i6) , des ambassadeurs de ce prince, apportant à Oldjaïtou un faucon et un schongar, furent
Nâser partit de Berzah le vendredi, quinzième jour du mois de Safar, accompagné du peu de soldats qui lui restaient, prit la route de Gazah, laissant
arrêtés et mis en prison par ordre d’Isen-boga ( ibicl. , fol. 479 r°)- B ’an 793 (de J. C. i3go), des ambassadeurs de Toktamisch, khan du Kaptchak, présentèrent à Tamerlan un schongar, et neuf chevaux d’une vitesse surprenante ( Histoire de Timur-bcck , tom. II, p. 75). Les deux princes Mohammed- Sultan et Abou-Bekr offrirent au même conquérant un schonkar [Zafer-nâmeh , fol. 326 r° et v°). Plus tard ( ib ., fol. 363 r°) un ambassadeur d’Idekou, prince du Kaptchak, présenta à Tamerlan un oiseau de la même espèce. Clavijo [Vida del gran Tamorlan , deuxième édition page 120), fait aussi mention des gerfauts qui furent présentés à ce prince. En l’année 812 (de J. C. 1409), lorsque Schali-rokh fut de retour du Ma-waran-nahar [Matla-assaadeïn , fol. 44 r°), il reçut une ambassade de la part de Foulad-khan et des émirs Idekou-Béhadur et lsi, qui gouvernaient le Kaptchak et le pays des Uzbeks. Les députés lui offrirent des présents magnifiques, et entre autres un schongar et plusieurs animaux utiles pour la chasse. L’an 820 (de J.C. 1417) {ib., fol. 92 v°, Ambassades réciproques, etc., p. 49) ■> Schah-rokh reçut un oiseau de cette espèce de la part de Daï-ming, empereur de la Chine. Deux ans après (man. de l’Arsenal 24, f. 100 r°, Ambassades réciproques, etc., pag. 56), ce prince, envoyant à Schah-rokh une ambassade, joignit à ses présents sept couples de schongars, qu’il avait dressés lui-même. Le même monarque (f. i3o v°, i3i r°) en envoya dix. Plus loin (f. i3i v°), il est fait mention d’un schongar bleu. L’an 859 (de J. C. i455) (m. de l’Arsenal 24, f. 265 r°), le sultan Abou-Saïd envoya à Mirza-Abou’lkâsem-Bâber, entre autres présents, de beaux chevaux, et quelques couples de schongars. L’an 861 (de J. C. x 4 5 6 ) , Abou’lkâsem-Bâber étant à la chasse, un schongar blanc qu’il affectionnait beaucoup se rompit une serre; ce qui lui causa un extrême chagrin (. Matla-assaadein , fol. 271 r°). Moustafa-khan , un des princes Uzbeks, ayant conclu un traité avec le sultan Abou’lgâzi-Hosaïn , lui envoya en présent le schonkar dont il se servait habituellement (Mirkhond, ou plutôt Khondemir, t. VII, f. 7 r°). M. Foucher d’Obsonville atteste que les gerfauts étaient offerts en présent ou en tribut aux empereurs de Delhi ( Essais philosophiques sur les mœurs de divers animaux étrangers , p. 55).
Lorsque l’an 1024 de l’hégire (de J. C. i6i5), le czar de Russie envoya une ambassade au roi Schah-Abbas, au nombre des présents étaient quelques couples de schonkars. Et l’historien persan ajoute que cet oiseau ne se trouve dans aucun pays du monde, excepté en Russie. Schah-Abbas donna un couple de ces oiseaux à Khan-Alem, ambassadeur de Selim, souverain de l’Indoustan ( Vie de Schah-Abbas , f. 2i3 r°). Et Chardin parle d’un oiseau de proie qui vient de la Moscovie, et qui, certainement, n’est autre que le schonkar ou gerfaut ( Voyages en Perse, tom. II, pag. 32). L’an 662 (de J. C. 1263), le sultan Bibars reçut une ambassade de la part de Charles , frère de saint Louis. Les députés apportaient, entre autres présents, un certain nombre d e sonkors gris : ïAt
j.3L^Jî (Nowaïri, Vie de Bibars , f. 24 r°; Ebn-Ferat, man. de Vienne, tom. VI, pag. 22). L’an 684 de l’hégire (de J. C. 1285), le sultan d’Égypte Kelaoun reçut en présent des Génois, six sonkors et un chien blanc qui, suivant quelques historiens, était plus gros qu’un lion (Ebn-Ferat, man. de Vienne, tom. VIII , pag. 36).
Au rapport de Makrizi ( Kitab-assolouk , man. arab. 672, pag. 982, g83) et d’Abou’lmahâsen (man. arab. 663, fol. 104 r°), « le sultan d’Égypte Mohammed-ben-Kelaoun aimait passionnément la chasse , «et faisait venir de tous côtés des sakrs (sacres), des sonkors, des faucons , des éperviers, et d’autres « oiseaux de proie. Sous le règne de ce prince, les sonkors devinrent si communs en Égypte, que chaque