‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 27 sur 183 · III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ · texte numérisé non relu

III. MELIK-MODAFFER-KOUTOUZ

an 658 (1260).

Damas sans défense. La population était rangée autour des murs. Le prix du louage d’un chameau s’élevait à sept cents pièces d’argent. On était alors en hiver. Dès que l’on eut vu partir Melik-Nâser, les habitants de Damas perdirent courage, et s’enfuirent précipitamment et en désordre. On eût cru que le jour de la résurrection était arrivé (1 27). Melik-Mser avait régné , tant à Àlep qu’à Damas , l’espace

«émii- en avait dix, plus ou moins. Il établit des fauconniers dont plusieurs étaient en possession de « fiefs importants, et recevaient une quantité considérable de viande, de fourrage , d’habits et autres «objets. Lorsque Mohammed mourut, les sonkors destinés spécialement pour l’usage du sultan «montaient à cent vingt. Jamais ses prédécesseurs n’en avaient possédé, à beaucoup près, un si «grand nombre. Kelaoun n’avait qu’un seul sonkor; dans les marches solennelles son fauconnier «était à cheval, portant cet oiseau sur le poing. L’émir Hosam-eddin-Tarantaï, partant pour aller « assiéger Sonkor-alaschkar, dans la ville de Sahioun, sollicita la permission de mener avec lui le « sonkor comme un objet rare et magnifique, promettant du reste de ne pas s’en servir à la chasse «et de ne le lâcher sur aucune pièce de gibier. »

L’historien Àbou’lféda nous apprend ( Abulfedœ Annales , tom. V, p. 3o6) «que, lorsqu’il lit un « voyage en Égypte, au moment où il arrivait dans la ville de Seriâkous, située près du Caire, il vit « venir à sa rencontre l’émir Seïf-eddin-Kedjri, grand veneur j I5w, , qui lui apportait un sonkor. » Le même écrivain ( ibid pag. 376) rapporte qu’il reçut du sultan Mohammed-ben-Kelaoun un présent composé de sonkors et de sakrs. Ueiske, qui a commenté si doctement l’histoire d’Abou’lféda, a été fort embarrassé sur la manière de rendre le motjiLw. Tantôt, il suppose (pag. 423) que ce terme désigne l’oiseau de proie appelé sacre; tantôt (pag. 307) il croit qu’il faut entendre par là un faucon ou un milan; tantôt enfin [ib.), il conjecture que ce mot signifie une conserve formée de sucre.

L’an 786 (de J. C. i384) ( Kitab-assolouk , man. arab. 673, fol. 149 v"), des ambassadeurs de Toktamiseh, khan du Kaptchak, offrirent au sultan d’Égypte sept sonkors, avec beaucoup d’autres présents. Parmi les présents que Timour ou Tamerlan envoya au sultan d’Égypte, l’an 8o5 de l’hégire (de J. C. 1402), on voyait un éléphant, une once, un épervier, un sakr et un sonkor.

Au rapport de Pétis de la Croix ( Histoire de Tiniur-beck , tom. II , p. 75, note ci), «les Russes et les «Tartares de Crimée étaient autrefois tenus d’envoyer tous les ans au Grand-Seigneur un schongar , « orné d’un certain nombre de diamants. » Enfin , dans Y Histoire des Mongols, qu’a publiée M. Schmidt [Geschicte der Ost Mongolen, pag. 74), on voit un aigle envoyé en présent, comme marque de soumission. Peut-être cet aigle était-il un sc/ionkar.

(127) Comme le jour de la résurrection doit-être pour tous les hommes un jour redoutable, ce mot, chez les peuples de l’Orient, est devenu le terme caractéristique qui exprime, au plus haut point, le trouble, l’effroi, la consternation. On lit dans Y Histoire d’Egypte d’Abou’lmahâsen (m. 661, fol. 171 r°) : Sb L»LàJ! «La consternation régnait dans Bagdad. « Dans le

même ouvrage (man. 663, fol. 145 r° ) : àZoL'à çf&J «Il était consterné de ce fait. » Ailleurs

(man. 671, fol. 180) : | pTLsrM Li « Hakem, ayant appris la

«chose, fut consterné et méprisé de ses sujets. « Dans le Manhel-sâfi du même historien (tom. II, man. 748, article de Timour) : Lxa.!j y « Il fut consterné et retourna sur ses pas. »

Plus loin (tom. III, man. 749» cirticle d'Adel) : k^biiJî 4*ls. « Il vit lever sur lui le jour de la

de vingt-trois ans et sept mois; il avait commandé à Damas l’espace de dix ans, moins cinquante jours. Melik-Ascliraf-Mousa, fds de Mansour, prince de Hems, vint joindre Houlagou. Melik-Mansour, fds de Modaffer, et prince de Hamah, se rendit en Égypte, avec ses femmes et ses enfants. Toute la population de Hems et de Hamah prit la fuite (128).

Cependant, Houlagou, seize jours après la conquête d’Alep, se dirigea vers Damas. L’émir Zeïn-eddin-Soleïman , lils d’Ali, petit-fds d’Amer-Mouwaiiad, et surnommé Zein-Hâfidi, prit les rênes du pouvoir, et ferma les portes de la ville.

«résurrection. » Dans V Histoire des rois d‘ Abyssinie , écrite par Makrizi (pag. 18) : sy LjLj tww»li «son oncle fut consterné.» Dans l’histoire du prétendu Hasan-ben- Ibrahim (man. non catalogué, fol. 108) : ^.c, «Les troupes furent consternées, et firent

« des imprécations contre Sâleh. » Dans Y Histoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II, man. 657, fol. 5 v°) : «Jol-Xt ! iuL's « Ses ennemis furent consternés. » Dans l’ Histoire de la Conquête de

Jérusalem (man. 714, fol. 1 3 v°) : ! iLLi? «Le comte fut consterné. » Plus loin (f. 4or°):

L»LàJ! çjLi a^LüJ! «Avant le jour de la résurrection arrivait une catastrophe analogue.»

Ailleurs (fol. 65 v0) : p&sL'à ^ «Puissiez-vous perdre votre sécurité, et voir

«lever pour vous le jour de la résurrection! »

Le mot hascliar qui a le même sens que 1*U9, s’emploie aussi pour exprimer la même idée.

Dans un passage de l’historien que je viens de citer (man. 714, fol. 203 v°), on lit : *xà)

LaLâ. Dans des vers composés à la louange du général fatimite Djauher, et cités par Makrizi

(. Description de l’Égypte, m. 797, f. 3i 1 r°), et Abou’lmahâsen (m. 67 1, f. 120 r°), on lit ^y

«Un jour plus redoutable que celui de la résurrection. »

Le mot persan reslkhiz qui désigne également la résurrection , se prend aussi dans le sens

de catastrophe ou de consternation. On lit dans le Schah-nâmeh (tom. I, pag. 83) : 1

« U fit tomber la consternation sur les rebelles. » Plus loin (p. 221) :

«Je ferai tomber une catastrophe sur les Touraniens. » Ailleurs (pag. 270) :y j! "h amenait la catastrophe des génies. » Ailleurs (pag. 374) ’• jê

ww.! ïJl»! « Vous diriez que le jour de la résurrection est peut-être arrivé. «Et enfin (p. 391 Y-jX* wvi. « On dirait que c’est là précisément la nuit de la résurrection. » Dans le Zafer-ndmeh (de mon manuscrit, fol. 29°) v°) : w wlà. y j 5 ^ "d J ^

« Dans toute l’aile droite et l’aile gauche, un désordre complet se manifesta. » Plus loin (f. 334 v°) : y « La consternation se répandit dans cette ville. » Et enfin (fol. 38i v°) : Jw Sy. «Quel trouble régna partout. »

(128) J’ai lu : ïL?- j J-&75- » au beu de qu’offre le texte.

Page 1