I. MELIK-MOEZZ-AIBEK
AN 648 (l25o).
viron six ans; il fut décidé que Moëzz-Aïbek serait chargé de tous les soins de l’administration. Lejeune sultan fut mis en possession de sa dignité, le troisième jour du mois de Djoumada-premier. Il s’assit à table, et reçut l’hommage des émirs, le jeudi, cinquième jour du même mois. Tous les ordres, tous les diplômes, étaient censés émaner des deux sultans Aschraf et Moëzz. Mais le premier n’avait de la souveraineté que le nom; tandis que Moëzz-Aïbek jouissait de toute la plénitude du pouvoir.
Dans la ville de Gazab, se trouvait alors un corps de troupes, commandé par l’émir Rokn-eddin-Khass-Turk. Ces soldats, à leur retour à Sâléhieh , s’étant concertés avec un grand nombre d’émirs, élevèrent au trône Melik-Moughitli- Omar, fds d’Adel le jeune, et prince de Karak. Ils firent la Khotba/i au nom de ce nouveau souverain, dans la ville de Sâléhieh, le vendredi, quatrième jour du mois de Djoumada-second. Dès que la nouvelle de cet événement se fut répandue, on fit proclamer dans les villes du Caire et de Misr, le dimanche, sixième jour
I ^CL « Il s’empara de Soubaïbah et de son territoire. « Il prit également la ville de Banias et ses dépendances. » Nous lisons dans l’histoire de Nowaïri (man. arab. de la bibliothèque royale de Leide, fol. 146 v°) que Melik-Aziz se trouvait dans 1a, ville de Soubaïbah. Et le même écrivain nous apprend [ibid. fol. i5a r°) que la forteresse de Soubaïbah dut sa fondation au même prince, c’est-à-dire, à Melik-Aziz-Fakhr-eddin-Othman, fils de Melik-Adel. L’an 645 de l’hégire (1247 de J. C.), cette forteresse tomba au pouvoir de Melik- Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub ( ibid . fol. 181 r°). L’an 648 (i25o de J. C.), elle fut occupée par Melik-Saïd, fils de Melik-Aziz-Othman {ibid. fol. 190 verso). L’an 812 (1409 de J. C.), Melik-Nâser- Feredj mit en liberté les prisonniers qui étaient détenus dans la forteresse de Soubaïbah (Ahmed- Askalani, t. II, man. arab. 65 7, fol. 2 recto). L’an 814 (1411 de J. C.), plusieurs émirs furent enfermés dans la même place (ib. fol. 22 v°). Abou’lféda, dans sa Description de la Syrie ( Descriptio Syriœ , pag. 19, 96), place Banias et Soubaïbah à une journée et demie de Damas, à l’ouest-sud de cette ville. Si l’on en croit cet écrivain , Soubaïbah n’est autre chose que la citadelle de Banias. Son assertion est confirmée par Khalil-Dâheri (man. arab. 6g5, fol. 92 r°), qui, parle de cette ville en ces termes :« La ville de Soubaïbah, autrement nommée Banias, a une citadelle très-forte. C’est «une jolie ville, sur le territoire de laquelle on sème du riz, que l’on transporte à Damas et ailleurs.
«Elle est la capitale d’un district pJil, dont une partie porte le nom de koulak, ïJj^r-!. Il contient «deux cents villages. Cette ville est comprise dans la province de Damas. » Ce témoignage paraît en contradiction avec ceux que je viens de citer, et dans lesquels ces deux places se trouvent désignées comme séparées l’une de l’autre. On pourrait concilier ces assertions en supposant que, dans le récit d’ Abou’lféda , le mot ne doit pas être pris à la lettre, et indique seulement que Sou-
baïbah était la ville la plus forte du territoire de Banias. Je n’ai pas besoin de faire observer que Banias est la Paneas ou Cesarea Pkilippi des anciens. Du reste, si l’on veut connaître des détails sur les ruines de cette ville, on peut consulter avec fruit les relations de Bremond ( Viaggi nell’ Egitto, pag. 270-272, et Burckhardt ( Travels in Syria, pag. 37 etsuiv.).
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228 du même mois, que le pays appartenait au khalife Abbasside Mostasem-billah , et que Melik-Moëzz-Izz-eddin-Aïbek était son délégué. Le lendemain, les troupes lurent invitées à sortir de la ville; et l’on renouvela le serment de fidélité qui avait déjà été prêté aux deux sultans Melik-Aschraf-Mousa et Melik-Moëzz-Aïbek. On décida que les noms des deux princes seraient écrits conjointement sur les actes et les diplômes, et gravés sur la monnaie; et que la khotbah serait faite au nom des deux princes collectivement. Scherf-eddin-abou-Said-Hibet-Allab-ben- Saëd-Fàïzi, surnommé Asad, fut élevé au rang de vizir.
Sur ces entrefaites, les deux eunuques, Schehab-eddin-Reschid famé, et Schehab-eddin le jeune, avaient quitté la ville de Sâlébieb, accompagnés de
Rokn-eddin-Kbass-Turk, et de Akiscli l’inspecteur, s (9). Schehab-eddin le
jeune ayant été arrêté, fut conduit au Caire, et mis en prison. Les autres échappèrent par la fuite. Cependant on envoya aux troupes qui étaient restées à Sâléhieh une amnistie pleine et entière, une gratification et des robes d’honneur.
Le jeudi, dixième jour du même mois, les deux souverains, Aschraf et Moëzz, se mirent en marche, accompagnés des drapeaux affectés aux sultans, et parcoururent les rues du Caire. Moëzz remplissait auprès d’ Aschraf les fonctions de chambellan (10), et chacun des émirs portait alternativement le gdschiali.
(9) Le mot , signifie inspecteur, surintendant. On lit dans la vie de Bibars , par Nowaïri
(man. arab. d’Asselin, fol. 91 v°) : s « Le surintendant du
« royaume avait rang immédiatement au-dessous du vizir. » Dans l’ouvrage biographique d’Ebn-Khallikan (man. arab. 73o, fol. 328 v°) : <c£Llr.s 9,^0 àIjus. « Il le nomma surintendant de tous ses
''États. » Dans Y Histoire de la Conquête de Jérusalem (man. arab. 71 4, fol. 191 r°) : ü-Xii !
j?Ü4! jp, • « Je vis auprès de lui le surintendant des cuisines et celui du palais. » Dans l’histoire d’Abou’lmahasen (man. arab. 661, fol. 41 v°) : \âjJL# IsLls-H « Le
"khalife le plaça comme surintendant du trésor. » Le mot ' — désigne la place d’inspecteur, de surintendant. On lit dans l’ouvrage d’Ebn-Khallikan (fol. 33o r°) : y 1 fjj «Il le
«nomma surintendant du bureau.» Ailleurs (fol. 43o v°) : s «La place
« d’inspecteur des provisions. » Et enfin ( ibid ) : «La place d’inspecteur du
« trésor. »
(10) Le verbe se prend en arabe dans deux acceptions. En parlant d’un prince, il signifie:
Le tenir renfermé , le séquestrer de la société des hommes, le soustraire à tous les regards. On lit dans l’histoire de Nowaïri (man. arab. de la bibliothèque royale de Leide, 26e partie, fol. 14 v°) :
s.xa bîl ^U! a*!* j Jæ it j «Il alla jusqu’à le tenir renfermé, et