‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 4 sur 183 · I. MELIK-MOEZZ-AIBEK · texte numérisé non relu

I. MELIK-MOEZZ-AIBEK

AN 648 (l25o).

Cependant les troupes de Melik-Nâser s’étaient avancées jusqu’à Gazah. L’émir Fâres-eddin-Aklaï , le d/emdar, (11), qui avait le commandement des

Mamlouks-Baliris , sortit du Caire, à la tête de deux mille cavales, le jeudi, cinquième jour du mois de Redjeb, et se dirigea vers Gazah. Arrivé près de cette ville, il attaqua l’armée de Melik-Nâser, et la mit en déroute.

Le jeudi, vingt-sixième jour du même mois, tous les membres du gouvernement résolurent, d’un commun accord, de transférer le corps de Melik-Sâleh, de son palais, situé dans l’île de Raudah, au tombeau qui lui avait été élevé, dans le voisinage des collèges de Sâleh (12), entre les deux châteaux. En consé-

« l’empêcher de paraître en public, excepté dans sa compagnie.» Plus bas (fol. 168 v°) : ,3 iuâ'

A4* L-JsaMjÎjJ! « 11 le tint renfermé dans la maison Kotbidh, chez sa tante paternelle. » Et ailleurs (fol. 200 v°) : pjLa j A3 ï34t SA* 3 ^

„ Pendant tout ce temps Melik-Aschraf était dérobé à la vue des hommes. Son nom seul «figurait, et non sa personne.» Dans l’histoire d’Ahmed-Askalani (man. arab. 656, fol. 40 r°) :

y sjkoo « L’autorité s’exercait sous son nom, tandis qu’il était caché à

« tous les yeux. » Le même verbe signifie Exercer auprès d’un prince les fonctions de chambellan. On lit dans le Kitab-alagâni (t. III , fol. 383 v°) : ■wXJ.-IÎ Aa& ïA*; A3 j ... A^a-lok...

« Son chambellan . . . qui exerça les mêmes fonctions auprès d’Abd-almelik-ben-Merwan. » Les mêmes détails se retrouvent plus bas (fol. 385 r°).

Quelquefois le verbe y signifie Exclure quelqu'un , lui refuser l’entrée auprès du prince. Nous

lisons dans le Kitab-alagâni (tom. III, fol. 4^6 v°) : y 4*5- «Le chambellan lui refusa

« l’entrée. » Plus loin (ib.) : 3Îyü I 3*3 \j « J’ai vu les généraux que l’on empêchait d’entrer. »

Et enfin (fol. 4?8 r°): «Refuserez-vous d’admettre Ali-ben- H escham? »

(11) L’auteur de l’ouvrage intitulé Inscha (man. arab. i573, fol. ia3i r°), parlant des Mamlouks

appelés Djemclars bjÎA^^! , dit qu’ils étaient , pour le rang et les fonctions, au-dessous de ceux qui

portaient le nom de khassekis, lÂ-ols^t. LemotjÎA^ est l’abréviation du terme persan Djameh-dar jÎ3 A.* La. (maître de la garde-robe). Voyez M. le baron Silvestre de Sacy, Chrestomathie arabe, tom. I, pag. i35 ; tom. II, pag. 180, 186. Le mot djemdar , employé pour désigner un émir d’un rang élevé, se trouve plusieurs fois dans la Description de l'Hindoustan , qui fait partie du Mesalek-a labsar. Ce terme existe encore aujourd’hui : car nous lisons dans le Voyage de M. Stocqueler ( Fifteen rnonths pilgrimage, tom. I, p. 254), que, dans les États de l’Imam de Mascate, le titre Jemaclar désigne un commandant. Il en est de même dans le Beloutchistan (Pottinger’s Travels , pag. 14.)

(12) Makrizi décrit en ces termes le collège Sâléhi ILk^La)! a4! et le mausolée qui en était voisin. Au rapport de cet historien ( Description de l’Égypte, man. arab. 798, fol. 323 v°) : «Le « Me cires eh Sâléhieh était situé au Caire, dans la rue qui règne entre les deux palais. Son emplacement «faisait partie du grand palais oriental. Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïoub, fils de Kâmel, y fit construire

quence, le vendredi suivant, la foule se porta au palais de Raudah; on enleva le corps du sultan , sur lequel on fit la prière, immédiatement après l’office du vendredi. Les sdklats étaient tous vêtus de blanc, et les Mamlouks avaient coupé leurs cheveux. On célébra les obsèques du prince, qui fut enterré la nuit même. Le samedi, les deux souverains, Aschraf et Moëzz, descendirent du château de la montagne, et se rendirent au tombeau de Sâleli LALJ! SjjJI, accompagnés de tous les Mamlouks-Babris , des djemdars, des émirs, des kadis, et des

principaux personnages de l’État. On fit fermer les marchés du Caire et de Fostat. Une pompe funèbre fut célébrée entre les deux châteaux, au son des tambours de basque. Jusqu’au lundi suivant, tout le monde se présenta pour prendre part â la cérémonie. On plaça près du tombeau les drapeaux, emblèmes de la royauté, le coffre 1 ^ (i3) du prince, son arc et son carquois (i/j). Des lecteurs y

furent installés , avec ordre de réciter l’Alcoran.

« ces deux collèges. On commença à démolir cette portion du palais, !le 1 3e jour du mois Dhou’lhidjdjàh , «de l’année 639 (1241 de J. C.). Les fondements furent jetés le 14e jour de Rebi-a/ûû-, l’an 640 «(1242 de J. C.). L’année suivante, le sultan ordonna que quatre leçons seraient faites dans ce «collège, par quatre jurisconsultes attachés aux quatre sectes orthodoxes; et ce fut la première «fois que l’on vit, en Égypte, quatre chaires réunies dans un même local. Le premier

«d’entre les Hanbalis, qui professa dans ce collège, fut le Kadi-alkodat Schems-eddin-abou- « Bekr-Mohammed-ben-Emad-Mokaddesi. » «Le tombeau de Sâlth, , dit ce même

«écrivain libid. fol. 324 r°), est situé dans le voisinage du collège appelé Medreseh-Sdlé/ue/i. «L’emplacement qu’il occupe était primitivement l’édifice ’is-là habité par le scheikh des Mâlekis. ..11 fut construit aux frais d’Ismet-eddin-Schedjer-addorr-Omm-Khalil , qui le fit élever pour son «maître et son époux, Melik-Sâleh-Nedjm-eddin-Aïonb, lorsque ce prince mourut, au moment «où il était en présence des Francs, dans les environs de Mansourah, le i5e jour du mois de «Schaban, de l’année 647 (1249 de J. C.). Schedjer-addorr, craignant d’encourager les Francs, cacha la «mort du prince, et ne la fit connaître qu’à deux personnages, l’émir Fakhr-eddin-Iousouf, fils du « Scheikh-aschschoïoukh , et l’eunuque Djemal-eddin-Mouhsin. Tous deux gardèrent, à cet

«égard, un profond secret. Les affaires étaient administrées comme à l’ordinaire. Schedjer-addorr «expédiait des lettres, desrescrits, des diplômes, qui portaient une apostille Lsî&e de la main d’un « esclave appelé Soliaïl, et personne ne doutait que ce ne fût l’écriture du sultan. Bientôt après, Schedjer- « addorr annonça que la maladie du prince se prolongeait et qu’il ne pouvait recevoir personne. Nul «n’osa parler de la mort du sultan, jusqu’à l’époque où Schedjer-addorr eût fait venir, de Hisn-Keïfa, «Melik-Moaddam-Touranschah, fils de Sâleh. Cependant cette princesse ayant embarqué sur un bateau «le corps de son mari, le fit transporter de Mansourah au château de Raudah, situé vis-à-vis de la ville «de Misr. Il fut déposé dans un des bâtiments dont se composait ce palais. La chose avait

«été exécutée dans le plus grand secret, et quelques personnes seulement avaient été mises dans la « confidence. »

(i3) Le mot , au pluriel -y*? , désigne un coffre. On lit dans la vie du sultan Bibars (man.

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