‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 37 sur 183 · IV. MELIK-DAHER BIBARS · texte numérisé non relu

IV. MELIK-DAHER BIBARS

prince de Hamah, marchèrent vers l’ennemi, à la tête d’environ quatorze cents cavaliers. Ils furent joints par un grand nombre d’Arabes, que commandait leur émir Zâmel-ben-Ali ; à la tête de ces forces, les deux généraux attaquèrent les Tatars, près de Restin, le vendredi, cinquième jour du mois de Moharrem. Tout 272 ce qui composait le corps ennemi fut tué ou fait prisonnier. Les Tatars étaient en tout six mille cavaliers, et les Musulmans quatorze cents. La nouvelle de ce succès fut annoncée en Égypte, et les têtes des morts furent apportées à Damas. Cette dernière ville, à cette époque, était en proie à une disette excessive.

Le lundi, septième jour du mois de Safar, Melik-Dâher partit du château de la Montagne, entouré de toute la pompe de la souveraineté (7), et se dirigea vers

chez d’autres historiens, sont désignés par le mot Dans un passage du Kitab-alagàni (t. IV,

(fol. 116 r°), le pluriel exprime également des sacs. Le mot hV devint ensuite un nom de

mesure, qui, comme on peut le croire, variait suivant les lieux. On lit dans l’histoire d’Ahmed- Askalâni (tom. II, man. arab. 657, fol. 97 r“) : î j t ^a> ïj 1 ^.i) t « Le ghirârah

« équivaut à un ardeb et un quart, mesure d’Égypte. » Dans le Kâmel d’Ebn-Athir (tom. VI, p. 9) : ï.*jj ! «A Damas, le ghirârah de froment répond

« à quatorze mukouks de Mausel. » Suivant Makrizi ( Solouk , tom. III, man. arab. 674, fol. 41 v°)> cette mesure de froment, dans la même ville, correspondait à trois ardcbs d’Égypte. Au rapport du

même historien ( ib ., fol. 44 v°), le ghirârah de froment, à la Mecque, équivalait à cent kadah ^Égypte. Et enfin, il atteste (fol. 334 i’°) fine cette mesure, dans la même ville, représentait sept wibah O L-Jj, mesure d’Égypte.

(7) On sera, sans doute, bien aise de trouver ici une énumération de tout ce qui entourait ou précédait le sultan dans ses entrées et ses marches solennelles (Voy. Mesalek-alabsar, m. arab. 583, fol. 168 v°, 169; Kitab-allnschâ, man. arab. i573, fol. 121, 122; Makrizi, Description de l'Égypte,

« Le costume que le sultan portait, dans cette circonstance, était de couleur noire, et absolument «semblable à celui qui avait formé la parure des khalifes. Il se composait de plusieurs objets, sa- « voir : i° Un turban de soie arrondi, léger, et se terminant par un appendice de la longueur

Cr

« d une coudée, qui pendait entre les deux épaules. » Le mot adbah qui se trouve employé dans ce passage, désignait, comme l’on voit. Un appendice qui tombait derrière un turban, un drapeau, ou tout autre oojet, une espèce de queue qui pouvait sous quelques rapports, être comparée à une langue . En parlant d un drapeau, c’était ce que nous appelons une cravate. Aujourd’hui en Égypte , suivant ce que ma appris M. Marcel, le même terme désigne, en parlant du turban, le bout de « mousseline, qu’on laisse pendre, d’une manière ou d’une autre.» On lit dans l 'Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. 689, fol. 25 v°) : SjSIjjÜI *s> « 11 portait le turban

«de Bagdad, qui avait deux appendices. » Dans l’ Histoire de la conquête de Jérusalem (man. 714, fol. i5 v) : ^^"LwLJt

jSi*g 1 " > L !j « Des drapeaux jaunes flottaient, parés de « cravates de jasmin (blanches).» Ailleurs (fol. 20 v°) : ^XL)‘ J U

le Caire. Il fit son entrée dans cette ville par la porte de Nctsr (la victoire). Les émirs et toutes les troupes marchèrent à pied devant lui, jusqua la porte de

«Combien les flammes dïi châtiment brillaient sur ces corps!» Plus loin (f. 23 r°):

«Comme si les flammes de feu s’étaient élevées pour tourmenter les « habitants de cette ville. » Ailleurs (fol. 40 v°) : l-$jL> Às CL» Lj « L’action de traîner ses cravates. »

Ailleurs (fol. 53 r°) . &A3 1 1§j vjXô . . . « Les drapeaux , avec les langues de

«leurs cravates, lisaient ces mots : la victoire vient de Dieu. » Plus loin (fol. 56 r°) : iaiLâ.

aj!Â& ^>l> À* «Les cravates de son châtiment flottaient au-dessus des ennemis.» Ailleurs

fol. 108 r°) : ^sd-Oî JSjliL ajIjII « On eût dit que les cravates de ces

< drapeaux étaient les langues de ceux qui prient.» Et enfin (fol. 25g r°) .-j.jj.3dl ^I1jIj3c- «Des appendices de soie. » Dans X Histoire du sultan Mahmoud par Otbi (fol. 5 r°), on lit : aj ÎÀs. aj À&. Une glose marginale explique le mot ajj.* par LjXt A3 bis , c’est-à-dire, l'appendice qui accompagne un fouet.

20 «Un manteau L3. de soie noire, dont les manches étaient un peu larges, sans broderie d’or, «et sans collier. C’était le sultan Bibars qui avait adopté le costume noir l’an 659 (de J. C. 1260), à « l’époque où il reçut en Egypte le khalife Mostanser, qui lui conféra l’investiture de la dignité de sultan.»

3° «Une épée bédouine v à~~., qui passait pour avoir appartenu au khalife Omar-ben-

« Khattâb; elle était attachée à un baudrier, que le prince portait à la manière des Arabes, et qui, «prenant de l’épaule droite, pendait sur le côté gauche.»

4° «Le gdschiah A^i,l&. » J’ai donné plus haut, sur ce genre d’ornement, des détails circonstanciés (pag. 3 J.

5° « Le parasol appelé schitrfÜL, ou plutôt djitr fi. 3. (sur lequel j’ai donné ailleurs de longs détails « Histoire des Mongols, pag. 206 et suiv.), et que d’autres personnes nommaient le dais <U3 ou aIJL». « Il était d’une étoffelégère, de soie jaune, brochée d’or. Il était couronné par un oiseau doréj-jlh, qui «surmontait une petite coupole de la môme espèce. Ce parasol flottait au-dessus de la tête du «sultan, dans les marches solennelles. Les seules personnes qui eussent le privilège de le porter étaient «les fils du prince, son frère, l’atabek des armées; et en Syrie, le naïb (gouverneur) de Damas, et « celui d’Alep. »

Les différents termes que je viens d’indiquer se trouvent plus ou moins fréquemment chez les écrivains orientaux. Le mot Lis existe déjà dans un passage du Kitab-alagâni (tom. II, fol. 87 v°),

où on lit : Ls <sJl& j ^ji)! jl.y* jJ» «U était assis sur un trône d’ébène, ayant au-

« dessus de lui un dais. » Dans l’histoire d’Ahmed-Askalàni (t. I, m. 656, fol. 244 r°) :

Aj \j J* aJÜÎ « Le naïb (gouverneur) de la Syrie, Scheïkh, marchait devant

« lui (le sultan), portant le parasol au-dessus de sa tète. » Dans le même ouvrage (tom. II, f. 228 r°) : iLiJl a«,!j sJ4».*2ij «Le parasol fut arboré au-dessus de sa tète.» Et ailleurs (fol. ?5 r°) : a4j!

a~,!j aJÜI j*^*j->î «Son fils Ibrahim portait le parasol au-dessus de sa tête.» Tantôt

ce mot se trouve joint à celui de jXJs l 'oiseau. On lit dans la Description de l'Égypte de Makrizi (man. 798, fol. 199 r°) Là)! J.0I3. « On revêtait d’une robe d’honneur celui qui

Page 1