‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 38 sur 183 · IV. MELIK-DAHER-B1BARS · texte numérisé non relu

IV. MELIK-DAHER-B1BARS

an 659 (1261).

Zawilah. Ensuite, ils montèrent à cheval, et accompagnèrent le sultan au château. La ville du Caire fut ornée avec pompe; et des pièces d’or et d’argent furent ré-

«, avait la charge de porter le parasol et l’oiseau. « Dans un autre ouvrage du même écrivain ( Solouk ,

tom. I, pag. 1047) : ïliül v ^s> A». 1 « Il prit l’oiseau d’or qui était sur le pa-

«rasol.» Et enfin, ces deux mots réunis se trouvent employés pour désigner la souveraineté. On lit dans le' Mesalek-alabsar (m. 583, f. 109 v°) I j ÂJi) t oXi|! « Le lieu de la rési-

«dence du roi, auquel appartiennent le parasol et l’oiseau; » c’est-à-dire, qui est en possession de

l’autorité suprême. Quant au mot madillah ilia.* , on lit dans la Description de l’Égypte de Makrizi

(article des Fatimites, m. 797, fol. 289 v°) : ïLkll (Voyez aussi Abou’lmahâsen , (man. 671,

fol. i35 r°). Dans l’histoire de Nowaïri (26e partie, fol. 33 r°) : a— 0U «Ikll « Il mar-

« chait, et le parasol était sur sa tête. » Ailleurs (f. 28 r°) : «Le porteur de son parasol»

(car c’est ainsi qu’il faut lire au lieu de Et enfin (fol. 45 v°) : A.Ui.l! jSI&a « Modaffer

« portait le parasol. » Dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben- Wâsel (man. non catalogué, f. 394 v°) :

» J* ïLlsé! Ls-^ ^LLLJ! v , « Le sultan se mit en marche avec le khalife; tous deux

« étaient placés sous le parasol. »

6° «Ce que l’on appelait rakabah L'àj était une pièce de soie jaune, brochée en or, de la grandeur « du cou du cheval, et dont on affublait celui que devait monter le sultan. Il prenait au-dessous des « oreilles, et se prolongeait jusqu’à l’extrémité de la crinière. Ce genre d’ornement devait son origine « aux Perses.» On lit dans l’ouvrage d’Ebn-Wâsel (folio 425 r°j : a~3j.; “U» cheval avec son

« rakabah. »

70 « On donnait le nom de djeftah à deux pages roux ^ tj-iLi. I , vêtus d’une robe Lî

«de soie jaune, avec une bordure d’étoffe d’or, et un bonnet, koufiah , de même étoffe. Ils étaient «montés sur des chevaux blancs qui portaient un ornement de cou LL, semblable

«à celui qui parait le cheval du prince, et précédaient le sultan dans ses marches solennelles. Ils «tenaient des bandes d’étoffes d’or, dont les extrémités enveloppaient le prince, dans la

«crainte qu’il ne se rencontrât quelque trou qui fit broncher le cheval du sultan.» Le mot vjrlV «Blanc comme du papier,» employé comme une épithète d’un cheval, se retrouve dans ce passage d’Imad-eddin-lsfahâni (m. 714, f. 96 r°) : bjè Jf « Tout cheval blanc. » Dans le texte du

Mesalek-alabsar (f. 168 v°), on lit : , au lieu de Dans l’Agâni (tom. II , f. 1 12 v°) s

8° «Le mot usâïb 1^0 La&, pluriel de isdbah ajLvs*, désignait des drapeaux de soie, tissus d’or, que «l’on portait derrière le sultan, et qui étaient surmontés d’une touffe de poils. Les drapeaux appelés « sandjak étaient de soie jaune. » Le mot isdbah AjLaû se trouve souvent employé dans le

même sens. On lit chez le continuateur d’Elmacin (man. arab. 619, fol. 1 19 r°) :« que l’émir Kapdjak, « qui gouvernait la Syrie au nom de Gazan-Khan, s’attribuait en toute circonstance les prérogatives « qui appartiennent à la souveraineté; que, dans ses marches, il était accompagné des drapeaux et «des djâwichs : «LJLjjls-Hj j aJI^I j.jLw AjJaLwJi ^ çj&>. » Dans

l’histoire de notre auteur ( tom. I, pag. 941), on lit : ^UjIj L$J «Il fit

« faire pour elle un drapeau orné de diverses espèces de pierreries. » Ailleurs (tom. II, fol. 255 r°) : '-j — AjLto ’ÀjLat « Un drapeau d’or, destiné pour les femmes. » Et enfin (f. 264) : ajLsjJ ! «xà. î

pandues sur le prince, qui, de son côté, revêtit de robes d’honneur les émirs, les généraux, et tous les fonctionnaires. Ce fut la première marche solennelle de

s Ç^j3 ^ enleva Ie drapeau que l’on déployait au-dessus

« de la tête du sultan, et qui indiquait le lieu où se tenait ce prince.»

9° « L’espèce de flûte appelée schabâbbah Ï'LA,, formée d’un roseau , avait environ une palme de « longueur, et l’on en jouait devant le snltan , dans ses marches solennelles. Quelquefois on substituait « une trompette d’argent ou de cuivre que l’on faisait entendre, lorsque le prince sortait du château.»

Le mot schcibbâbah h Ljj se retrouve ailleurs avec le même sens. On lit dans l’histoire de Makrizi [Solouk, tom. I, pag. 1029) : t 9^ -Ob <^>yo3 «Ses musiciennes jouaient du

« tambourin et de la flûte.» Dans la Description de l'Égypte du même écrivain (m. 798, f. 182 r°) : ÏjLAJ! «On soufflait dans la flûte royale. » Dans l’histoire de Nowaïri (26e partie, f. 1 3 1 r°) : I j 1j LiJ b «Il montait à cheval, accompagné de la flûte;

«et marchait avec toute la pompe royale.» Le gouverneur de Kous, dans ses marches, faisait jouer de- «vant lui la flûte royale: LiLkLJ! ïabjU! ( Inschd , f. 9 4 r°, 142 v°). » Au rapport d’Ebn-Khaldoun fol. i58 r°) : «La flûtejL»^ est, chez les Africains, désignée par le mot de schabbâbah ÜoL^.. «C’est un roseau creux, qui a, sur les côtés, un certain nombre de trous. Lorsque l’on souffle dans « ce tuyau, il produit des sons. Le souffle sort du creux de l’instrument par les différents trous; et « on varie le son en plaçant les doigts des deux mains à la fois sur ces ouvertures; ce qui se fait d’après « des règles fixes, de manière à produire des accords harmonieux. » Hoest ( Nachrichten von Marchas, pag. 261), explique le mot ïoLvi. par petite flûte ; et M. Villoteau [Instruments de musique, pag. g5i et suiv.), par flûte à bec.

1 o° « Le mot auzân écrit par un zà , dont le son approche de celui du sad, désignait un instru-

« ment de musique d’origine étrangère, et que l’on frappait dans les marches du sultan. Le musicien «chargé de cette fonction chantait, en langue turque, l’histoire des anciens rois, des récits de combats, «et les exploits des guerriers fameux. D’un autre côté, les poètes, en alternant avec lui, chantaient «des vers, en s’accompagnant sur le tambour de basque, le mausoul et le kèmendjah .»

xi0 « Les djmvichs <L£o «Lsr'l, au nombre de quatre, étaient des soldats de la milice, distingués' « par leur courage, et qui avaient l’emploi de chanter devant le sultan, dans ses marches solennelles. - « Ils se partageaient en deux chœurs, dont chacun répétait un refrain différent.

Le mot djdu isch est quelquefois écrit schâwiscli jli.. On lit dans l’histoire d’Abou’lma-

hâsen (m. 9G1, f. i5g r°) : ^XJU I j bei j ^o jLUb jLe «Lorsqu’il marchait, il était

« accompagné du schawisch , et de tout ce qui annonce la royauté. » Du reste, le mot djdwisch paraît avoir eu une signification moins restreinte, et avoir désigné, comme encore aujourd’hui , un officier d’un rang inférieur qui était chargé de missions de plus d’un genre. On lit dans l’histoire de Makrizi (tom. Il, fol. 221 v°) : ^L^b ^ «Le djâwisch proclama l’amnistie.» Dans

l’histoire d’Ebn-Àïas (man. 5g5 A, tom. Il, fol, 263, 296) : (J—ji K h lui envoya

«quatre djâwisch. » Dans Y Histoire de Jérusalem d’Imad-eddin (man. 714, fol. 209 r°), ce mot est écrit djdvousch On y lit: « Les répri-

« mandes du djdvousch se mêlèrent aux cris des armées. » Aujourd’hui ce terme désigne un huissier (Estève, Finances d’Égypte, pag. 18), et le mot djaouychyah on tchaouchich désignait un des sept odjaks ou corps de troupes stationnés en Égypte. C’était lui qui était spécialement chargé de la levée del’impct appelé rniri (ib., p. 2, 9); M. Marcel ( Contes du cheykh él-Mohdy, t. III, p. 387).

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Bibars; et, depuis cette époque, il sortit fréquemment, avec un nombreux cortège, pour aller jouer à la paume. 11 fit écrire aux princes des Arabes , du Yémen ,

12° «Les tabarclârs ou porte-haches. » J’ai parlé plus haut de ce qui concerne ces gardes.

Suivant l’auteur du Mesalck-alabsar (man. 583, fol. 169 r°) , les tabardârs étaient des Curdes, qui avaient le rang d’émirs, possédaient des bénéfices militaires; ils marchaient à pied devant le sultan, et tenaient en main des haches nues. Ils étaient toujours au nombre de dix.

i3° «Le poignard royal AsV- Dans les marches solennelles, 011 voyait deux poignards

«placés l’un à côté de l’autre, dans un même fourreau. Ils étaient portés par le djaukendar, l’un des « émirs attachés à la personne du sultan , et qui se tenait constamment à la gauche du prince. Un «autre poignard était tenu tout droit à côté du sultan, qui s’en servait quelquefois pour s’appuyer. « Auprès de ce poignard était un petit bouclier d’acier, que portait un des Khasekis. »

Le mot A-pr-js0 se retrouve ailleurs, sous la forme On lit dans le Kitab-assolouk de Makrizi

(tom. I, pag. 5a 1) : aI^-j ïLs-^L) ^UaLJI « Il frappa de son épée le pied du

«sultan et le coupa. « Dans l 'Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. 5g5 A, tom. II, fol. 78) : !

1 j ! « Il prit le poignard et le bouclier. » Et dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel

(fol. 11 v°) : 1^3 j J-w «Il tira le poignard de sa ceinture, et en frappa

« cet homme. »

1 4° « La cuirasse aj était de la fabrique attribuée à David. Le sultan la revêtait par-dessous ses ha- « bits, dans ses voyages ou dans ses marches, afin de se prémunir contre les coups d’un ennemi perfide. » i5° « Le kerâtah AÏ 1^.0 1 était une pièce de mousseline ^y , plissée, longue d’un tiers de

« coudée , et qui était placée entre le bonnet AXâlSTJ I et le turban ! du côté gauche. Quelques

« princes le portaient en étoffe tissue d’or. Cet ornement était particulier aux sultans de la dynastie « turque de l’Égypte. »

Le mot schâsch, comme on voit, est pris ici dans deux significations : d’abord , il désigne la mousseline. En effet, on lit dans Y Histoire d’ Égypte d’Ebn-Aïas (man. 689, fol. 60 r°) : « Lorsque l’on

« eut augmenté les droits qu’on levait sur les marchands de l'Inde , ya* y oLi,LÜ I , les

« mousselines devinrent fort rares en Égypte.» Dans l’histoire d’Ahmed-Askahini (t. II , f. 247 v°), nous trouvons que dans l’année 843 de l’hégire (deJ.C. i43g) : hld ^3

« Les ceintures èt les mousselines se vendaient au plus bas prix. » Le même mot désigne : « Cette « pièce de mousseline que l’on roule autour de la calotte du turban. » Niebuhr dit en parlant des Arabes [Description de l'Arabie, p. 55) : «Ils enveloppent cette multitude de bonnets d’une grande «pièce de mousseline, nommée sasch, qui a aux deux bouts des franges de soie, et même d’or, qu’ils «laissent pendre entre les épaules, sur le dos. » Au rapport de Makrizi ( Solouk , tom. II, fol. iôï) , le mot schâsch ^,Li, désignait « Une coiffure que les femmes inventèrent vers l’année 780 (de J. C. 1378), et qui ressemblait à une bosse de chameau. Elle prenait sur le front de la femme, et se terminait vers le dos. Quelques-unes avaient de longueur environ une coudée , et de hauteur, moins

d’un quart de coudée. » Il ne faut pas confondre ce terme avec celui de schâschiah , qui

désigne la calotte que l’on met sous la mousseline du turban (Hoest, Nachrichtcn von Marokos, p. 1 1 4) j M. Maggill ( Voyage à Tunis, p. 1 3a, 149, 160) écrit chéchia', ét Tavernier ( V oyages, etc., tom. I, pag. 699) sesse. (Voyez M. Silvestre de Sacy, Chrestomathie arabe , tom. I, pag. 199). Quant

de la Syrie, et des provinces frontières, pour leur notifier son avènement au trône d’Egypte et de Syrie.

Sur ces entrefaites, Melik-Dâlier fit partir pour Damas l’émir Djemâl-eddin-

au mot keljah LlS* ou keljatah il désignait un bonnet formant le corps clu turban. On lit dans

le Manhel-sâfi d’Abou’lmahâsen (tom. I, fol, 49) : *~-îj ^ « Il avait son bonnet sur la tète. «

^ v j «11 jeta son bonnet par terre, et resta tète nue.» Dans un autre

ouvrage du même auteur (. Solouk , tom. I, pag. 43a) : Ji£ ^ oUilT « Des bonnets d’étoffe de tissu

« d’or.» Ailleurs (pag. 649) : ïL'iKfl ^ «11 se découvrit la tète et

« posa son bonnet à terre. » Dans Y Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen (m. 663, fol. 77 v°) : s.

ïbiltfl « Il ôta de dessus sa tète le bonnet. » Ce mot, qui était probablement d’origine étrangère , est également écrit kaloutah Üj JIT, ce qui représente parfaitement notre mot calotte. On lit dans le Me-

salek-alabsar (m. 583, f. 169 v°) j-?-h5î v jlaUo

«Les bonnets sont petits, et formés en grande partie, de laine de Malatiah. Par-dessus, on place « de petits turbans. » Makrizi, dans la Description de l’Égypte (article des armées, m. 798, f. 189 r°), a, suivant son usage, copié mot pour mot ces détails. Le même écrivain (ib.) continue en ces termes:

« Du temps de l’émir Ilbogâ-Khaseki , qui était à la tête de l’administration , sous le règne d’Aschraf- « Schaban , on augmenta les dimensions des bonnets et de ce qu’on roulait par-dessus. Cette

« nouvelle coiffure prit le nom de bonnet Tarkhdni LJ Lk J2) t Celles qui étaient plus petites

« furent désignées par le nom de Ndseri Lj-oUf. Enfin, sous le règne de Dâher-Barkok, on aug- « menta considérablement le volume de ces bonnets, et 011 donna à l’étoffe qui les recouvrait ÏJL une « direction tortueuse. Ils reçurent le nom de djerkesis L.+S (Circassiens), et ils subsistent encore « aujourd’hui avec la même forme.» Cet historien dit ailleurs (fol. 197 v°) : U^jj

« Un bonnet d’étoffe d’or, qui était attaché avec des agrafes. » Dans le Ritab-as solouk du même auteur (tom. I, pag. 3oo) : J £ tj, À «. Éj « 11 lui assigna, pour chaque mois,

« deux bonnets d’étoffe d’ or.» Plus loin (pag. 653) : Ijio.! ... bilXÎt ^ii3t « Il jeta

« le bonnet qui était sur sa tête ... ils prirent son bonnet.» Ailleurs (tom. III, fol. 149) : Lji5" JÜ!

. Dans l’histoire de Nowairi (26e partie, man. deLeide, fol. x33 r°) : LjjlX)! (

« 11 mit sur sa tète un bonnet jaune. » Et dans l’histoire d’Ebn-Aïas (tom. II, fol. 101) :

à.** \j t ja .

160 «Les tapis de soie^J^sr-H étaient des pièces de soie jaune ou rouge, que l’on étendait sous « les pieds du cheval du sultan, mais seulement lorsque ce prince revenait d’un long voyage. On en cou- « vrait tout le terrain sur sa route, depuis la porte de la Victoire^sJ ! ou celle de Bein-alarousctain « jusqu’à la porte de la Palissade w>l>, dans le château delà Montagne. Aussi-

«tôt après le passage du sultan, ces tapisseries étaient mises en pièces, et enlevées par les djemdars. » 170 «Le djornakdâr j , dont le nom, composé d’un mot turc et d’un mot persan, signifie

« porte-massue , devait être un homme d’une belle figure, d’une grande taille, et d’un air imposant. 11 « se tenait , pendant les marches de cérémonie, près du sultan, du côté droit , ayant la main élevée , et « portant une arme semblable à une massue , dont l’extrémité était grosse et dorée. Il avait les yeux

Dans la Description de l Egypte de Makrizi (article de J LL !

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Mohammedi; il était porteur d’une somme de cent mille pièces d’argent, de ceintures et de robes d’honneur, pour une valeur de deux mille dinars. Il avait pour mission de gagner la population, et de débaucher les partisans de Melik- Moudjahid-Sandjar. Il arriva à Damas, le troisième jour du mois de Safar, et s’occupa tout de suite à remplir les intentions de son souverain. Les émirs Kaïmeris accueillirent ses propositions, et sortirent de la ville, accompagnés d’un grand nombre d’émirs, parmi lesquels on distinguait Ala-eddin-Idekin-Bondokdari- Sâlélii, Beha-eddin-Bogdi-Aschrafi, Kara-Sonkor-Véziri. Tous ensemble proclamèrent le nom de Melik-Dâber-Bibars (8). L’agitation fut au comble dans la ville de Damas. Moudjahid lit marcher contre les rebelles un corps de troupes qui fut mis en déroute. Il sortit en personne, à la tête de ses partisans, et fondit sur ses ennemis. Ils prirent d’abord la fuite; puis ils revinrent à la charge. Moudjahid blessé, et ayant vu périr un grand nombre de ses soldats, se réfugia dans la citadelle , et s’y mit en état de défense , le samedi, onzième jour du mois de Safar. L’émir Idekin-Bondokdari, ostadar (majordome) de Melik-Dàher, entra dans la ville, dont il prit possession, engagea les habitants à jurer fidélité au sultan d’Égypte, et remplit les fonctions de gouverneur. Moudjahid, craignant pour sa vie, abandonna la citadelle de Damas, et se dirigea précipitamment vers Balbek ; mais l’émir Idekin ayant envoyé à sa poursuite, il fut atteint, et amené sous bonne garde. A cette nouvelle, Melik-Dâber conféra à l’émir Ala-eddin-Taibars-alhadj-Wéziri le commandement de la forteresse de Damas. Il y joignit le maniement des fonds publics. Par ordre de ce prince, l’émir Sandjar-Halebi fut envoyé en Egypte. Idekin occupa, l’espace d’un mois, la place de gouverneur de Damas. Au bout de ce temps , il fut destitué , et eut pour successeur l’émir Taibars-Wéziri. L’émir Sandjar, chargé de chaînes, et confié à la garde de l’émir Bedr-eddin-ben- Radjal, arrivaen Égypte, le seizième jourdu mois de Safar. Melik-Dâber envoya à sa rencontre l’émir Baïsari. On le fit entrer secrètement, pendant la nuit , par la porte 273 de Karâfab, et on le mit en prison dans la citadelle, à l’insu de tout le monde.

«fixes sur ceux du sultan, et ne les détournait sur aucun autre objet, jusqu’au moment où le prince « quittait son audience. >»

180 « La naubah ou le chœur de musique de la princesse ^ AldL b y était une cérémonie qui avait « lieu chaque nuit, au château de la Montagne , et où se rassemblait un grand nombre de musiciens.

«Elle était présidée par un des Mamlouks du gouverneur du château. Il était revêtu d’un costume «complet, et avait à la main un bâton doré. Devant lui était un petit flambeau que tenait un des por- « tiers, qui le faisait mouvoir avec légèreté et agilité, de manière à suivre la mesure des instruments. »

(8) Je lis . . . Ij^Li , au lieu de IjMj.

Cependant, Melik-Dâher envoya l’émir Ala-eddin-Iagmouri, porteur d’argent et d’objets précieux , pour rétablir la mosquée du Prophète 11 expédia

des ouvriers et des matériaux, pour reconstruire la coupole de la Sakhrah (la roche) de Jérusalem, qui menaçait ruine. Il détacha des fiefs des émirs toutes les fondations pieuses affectées à l’entretien de la ville de Klialil (Hihron). L’émir Djemâl-eddin-ben-Iagmour fut chargé de rebâtir le château de Raudah , dont une partie était écroulée. Le prince répara tous les dégâts qu’avait soufferts cet édifice, y établit les djandjars, et lui rendit toute sa magnificence primitive. Chacune des tours fut confiée à un des émirs, dont voici les noms : Kelaoun , Izz-eddin- Halebi, Izz-eddin-Aougan , Baïsari , et autres. Chacun de ces émirs eut ordre de placer son logement et ses écuries dans la tour qui lui avait été assignée; et on leur remit les clefs du château.

Le sultan donna ordre de bâtir les arches de la chaussée de Schobrament (9) , dans le canton de Djizeli , attendu que, chaque année , une immense étendue de terres restait privée de l’inondation. Ce travail fut d’une extrême utilité pour les provinces voisines. Par ordre de ce prince, on reconstruisit les murailles d’Alexandrie; et une somme d’argent fut consacrée, chaque mois, à

cette réparation. On bâtit, près de la place de Raschid (Rosette), une tour

qui avait pour objet d’observer ce qui se passait sur la mer. On fit combler une partie de l’embouchure du bras de Damiette. On envoya sur les lieux un giand nombre de tailleurs de pierres ^ (10), avec des blocs de pierres

jâptpül (1 1), et des poutres Lslyül (12). Ils avaient ordre de rétrécir le lit de cette

(9) J’ai cru devoir substituer ici la leçon à celle de ( Voyez Relation de

l’Égypte , par Abd-allatif, pag. 6j5).

(10) Le mot jLs- hadjdjâr signifie un tailleur de pierres. Il se trouve souvent employé, avec ce sens, dans la Description de l'Égypte de Makrizi. Voyez aussi Abd-allatif ( Compendium mirabilium Ægypti, pag. 102). Dans Y Histoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714, f. 274 v°) , on lit : Ü&l?-

^Lâ^l « Quelques tailleurs de pierres coupèrent une montagne. » Dans un passage de l’histoire de Nowaïri (man. 683, fol. 20), il désigne : Celui cpù lance des pierres, à l’aide des machines.

(11) Le mot , au pluriel 1 yî, signifie probablement, un bloc de pierres ; car on lit dans

Y ouvrage cosmographique d’Ebn-alwardi (démon manuscrit, fol. 116 r°) vjXb' ^

tpi3 1 « Un escalier composé de blocs de pierres. » Dans la Vie de Bibars par Nowaïri (man. d’Asselin, fol. 4 r°): j j ^3 çDj « Pour combler l’em-

« bouchure du bras de Damiette et autres canaux , le rétrécir, et en rendre la navigation difficile,

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