IV. MELIK-DAHER-BIBARS
an 659 (12^0*
rivière, de manière que les grands vaisseaux n’y pussent pénétrer; et les choses sont encore aujourd’hui au même point. L’émir Seïf-eddin-Reschidi , ayant été chargé de travaux relatifs au bras d’Osclimoum, se rendit sur ce terrain, manda les gouverneurs riverains, fit creuser le lit du canal, et enlever toutes les terres qui l’obstruaient. On coula à fond un grand nombre de barques, afin de forcer les eaux de refluer vers ce bras du fleuve.
Bibars fit rebâtir toutes les forteresses de Syrie qui avaient été ruinées par les Tatars, savoir : la citadelle de Damas , celle de Sait, celle d’Adjeloun , de Sarkhad, de Bosrâ, de Balbek, de Sclia'izer, de Soubaïbali, de Schemaïmis, et de Hems. Toutes furent reconstruites en entier. On nettoya les fossés, on élargit les tours, que l’on remplit de munitions. On y envoya des Mandouks et des soldats; et l’on y déposa (i3) une immense quantité de froment, et de provisions de tout genre. Une masse énorme de grains fut transportée à Damas, et distribuée dans les cantons voisins, afin d’offrir aux laboureurs une ressource précieuse (14). On construisit dans la ville de Damas, une maison destinée à rendre
« par le moyen de blocs de pierres. » Ces mêmes détails se trouvent répétés dans l’ouvrage intitulé lnscliâ (man. 1673, fol. 67 r°). Dans la Description de V Égypte de Makrizi (lom. I, man. 797, fol, 179 r°) : I jsz j ^ IæjÜJ ! j !j.i) ! « Ils coupèrent un grand nombre de
« blocs de pierres, et les jetèrent dans le Nil. «
(12) J’ai traduit le mot Lslyj par poutres-, et, jusqu’à présent, je n’ai recueilli aucun exemple du même mot. C’est donc uniquement par conjecture que j’ai déterminé sa signification.
(13) Je lis au lieu de CUi
(14) Le mot au pluriel jliü' , est expliqué dans une note marginale du Tarikhi-W assâf
(manuscrit de la Bibliothèque du Roi, fol. 126 v°). On lit dans cet ouvrage : j yïï !
. Ç3 Cf} LiL t Ç.VZ, ^ t Ç q L.Ü—.1 ^ ! y bj à
«Pour la plupart des eaux et des terres qui appartenaient au fisc, si les semences et les grains «étaient fournis par lui, la répartition s’en faisait avec une extrême justice. « La glose est conçue
en ces termes : j! jJ.» 3 j ! JJï ijs I ds ^.Lsu
«Le mot désigne des grains que l’on fournit aux laboureurs pour leur nourriture,
«avant la moisson; et qu’on se fait rendre après cette époque. » On lit dans la Fie de Bibars par
Nowaïri (fol. 62 r°) : «jL ... ^ «Le sultan dépêcha un envoyé, chargé de
« grains fournis d’avance par le fisc. » Dans la Description de L’Egypte de Makrizi (article des Impôts) • Âj jJu J Lj lia ,5a’ J S 3
w’-îj t ' — âJI wib ÏjL « Les terres d’Égypte avaient des réserves de grains
« qui étaient fixées pour chaque canton; elles sc divisaient en deux parties , savoir : les réserves qui «appartenaient au sultan, et celles qui appartenaient aux villes. Toutes ensemble se montaient à la M somme de cent soixante mille ardebs. » Dans le Traité des Famines , du même écrivain fol. 16 r°' '
la justice Ja*)| jta, et l’on y bâtit, près d’Aïn-Djalout, un monument appelé le meschhed de la victoire ! a$.à». On établit sur toutes les routes des relais de poste jjy. Par ce moyen , une nouvelle arrivait en quatre jours du château de la Montagne à Damas, et en revenait dans le même espace de temps. Deux fois chaque semaine le sultan recevait des nouvelles des différentes provinces, et lui, sans sortir du château de la Montagne, envoyait ses ordres dans tout l’empire, pour nommer ou destituer les fonctionnaires. Ce ne fut qu’après avoir dépensé des sommes considérables, qu’il parvint à organiser complètement ce service. II s’occupa avec un grand soin de surveiller la construction des vaisseaux de guerre (i5). Jusqu’à cette époque, l’entretien de la flotte avait été, en
t ^ LjLkLJt «On porta des villages les réserves de grains destinées au
« sultan. « Dans le Kitab-assolouk de cet historien (tom. I, p. 941) : (^3 ÏaLs-M icJlhLJî
«Les réserves de grains appartenant au sultan, qui étaient fixées dans chaque canton. » Plus bas (pag. 942) : ^y ^LkLJt ù'&s U « Sans compter les réserves de grains t
« appartenant au sultan. « Et enfin ( ibict .) : LjliaJuJI ^CjUJt ÀâAj «Pour lever les réserves de « grains dévolues au sultan. » Dans l’ouvrage intitulé Adab-cilkdteb (m. de Saint-Germain, f. 90 r°) : hjüJ! ^ L» j ! AsU «La quantité de grains nécessaire pour chaque feddan. » Dans
Y Histoire des patriarches d’ Alexandrie (man. arab. 140, pag. 335) : AsÜ A3
^*3jcL j ^U! Ï.ÇS.W «Les réserves de grains avaient été épuisées, par suite de la détresse et des
« alarmes de la population. » Dans le même ouvrage ( ibid pag. 335), le verbe y signifie : Faire des avances de grains à ceux qui en ont besoin. » On y lit : L$.’ J bbi AA. y ^ Lj y î
« Il ordonna de prendre les grains des marchands, et d’en faire des avances aux habitants des « divers cantons.»
(i5) Le mot schdni ou schini , au pluriel schawâni ! JL , désigne une galère. Dans
la géographie d’Ebn-Haukal (manuscrit, pag. 67), on lit : j «Les vaisseaux et les
«galères; » et (ibid.) le nom d’unité A~kJ*', «une galère. » Dans l’ouvrage d’Imad-eddin-Isfahâni (man. 714, fol. 59V0) : ïyLs. «Dix galères.» Et plus loin (fol 99 v°) : ajIâ cr4 Jrr'
, •' 1 Lad \ « Chaque galère est destinée à faire des incursions sur l’ennemi. » Dans la Description
de l’Égypte de Makrizi (article Impôts, manuscrit 797): r? Jlji. 'ijLs* «Dix galères propres
« à tenir la mer.» (Article des khalifes Fatimites, fol. ibid.) : Ailleurs (fol. 141 v°) : l3*^Lî
iSy Llio ^y «On vit arriver devant Tennis les galères de Sicile, au
« nombre d’environ quarante bâtiments.» Et plus loin (fol. 399 r°) : «Des galères de
«guerre. » Dans un manuscrit arabe de la bibliothèque du Vatican (man. 267, fol. 82), on trouve ces détails : ALj'Lsijl sy j UIast* -5 . 9 Asrf, ./-ois j L«!
^slÀac'M j «Quant à la galère appelée autrement gorâb, elle est mise en mouvement par cent « quarante rames; et porte à la fois des combattants et des rameurs. » Les mêmes renseignements sont donnés par l’ouvrage intitulé Adab-alkâteb (man. de Saint-Germain, fol. 177 r°). Dans la