IV. MELIK-DAHER-BIBARS
an 65g (1261).
Égypte, extrêmement négligé. Les émirs enlevaient les équipages des vaisseaux, les employaient sur les barques et autres bâtiments. Le sultan remit les
choses sur le pied où elles étaient sous le règne de Melik-Sâleh Nedjm-eddin- Aioub. 11 fit construire un grand nombre de galères j| dans les ports de Damiette et d’Alexandrie. Il vint en personne visiter l’arsenal maritime a&LuJ! , et y établit tous les règlements qu’il jugea nécessaires. Bientôt il eut en mer plus de quarante galères 'ÀjJLà (16), sans compter un grand nombre de barques (17),
de bâtiments de transport jüî^L (18), et autres embarcations.
Fie de S al ad in , écrite par Beha-eddin (pag. 119) : b=s.l « On prit à l’ennemi une
« galère. » Plus loin (p. i33) : ^ « Les barques et les galères. » Et enfin (p. x A3 ; :
,3 « Sur des galères.»
(16) Le mot kitah Â*hà désigne une sorte de vaisseau. On lit dans le Kdmel d’Ebn-Àthir (tom. II!, fol. 221 v°) :<JU L^j ïjJaà h ^ ^ avait > à l’embouchure
«de la rivière d’Abou-Khasib, environ cinq cents bâtiments qui portaient ses richesses.» Dans f Histoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714, fol. 61 v°) : Axhà LUj ! «Parmi nos ga- «lères, était un vaisseau.» Et plus loin (fol. 248 v°) : ïxlà £*iaà wJ~oj «Chaque galère « qui arriva ressemblait à une citadelle. » Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (man. de la Bibliothèque du Roi, tom. VI, fol. v°) : j ^LbLwt ^ IxiS 3j-;sr^! « Es se
« mirent en mer avec trente-deux bâtiments, tant de leurs flottes que de la sienne. » Et plus loin
(fol. 161 r°) : «Il envoya deux vaisseaux à son secours. » L’auteur du Kartâs (ma-
nuscrit, pag. 245) emploie au pluriel la forme ^jLka. On lit dans un passage de ce livre : 3j-WsjÎ Jjlipî 3 çjÜsâ « Les vaisseaux des Musulmans furent détruits dans le détroit. »
(17) Le mot harrâkah là , au pluriel harârik tjÿlj , dans sa signification primitive , désigne un brûlot. On lit dans la Vie de Mahmoud , écrite par Otbi (man. arab. de Ducaurroy, fol. 17 1 v°J :
Aà!^=s. 3 jslà î « Il vint vers lui, sur un brûlot. » Et une note marginale donne l’explication suivante :
'ià « On entend parle mot harrâkah des vaisseaux . « d’où on lance le feu. » Dans Y Histoire de la Conquête de Jérusalem (man. arab. 714, fol. 180 v°) , on lit ces mots : ,U! Jjs>bî jlj.cs. « Des brûlots qui, par leurs feux, consument les
« hommes destinés au feu éternel. » Et plus loin (f. 181 v°) : çjjjîjJI
UbjtJ! >1 ,3!^ «Ses brûlots ont pour caractère d’épier attentivement les éclairs des cata- « strophes, afin de brûler dans l’eau les hommes destinés au feu. » Au reste, si j’emploie ici le mot de brûlot , c’est seulement pour exprimer le terme arabe par un terme qui semble lui correspondre. En effet, le mot ïàjj^s. ne désignait pas ce que désigne un brûlot, c’est-à-dire, un bâtiment rempli de matières combustibles, et uniquement destiné à incendier une flotte ennemie. Il indiquait, en général, une barque, de dessus laquelle on pouvait, au besoin, lancer le naphte sur les vaisseaux ennemis; mais qui, désarmée, servait comme bâtiment de transport, et s’employait également sur la mer et sur les fleuves. On lit dans l’histoire de Nowaïri (26e partie, man. de Leide, fol. 184 r°), : ,3
Un jour, ce prince vit paraître devant lui un des soldats de 1 émir Saïkal. Cet homme lui apprit que son maître avait répandu de l’argent parmi les émirs
“ 11 fut mis sur une barcIue> et envoyé en Égypte. » Dans la Vie de Saladin , écrite par Beha-eddin ( Vit a Saladini, pag. i33) : \ j | «Us les atta-
« quèrent, avec des barques et des galères. » Dans un manuscrit arabe du Vatican (manuscrit 267, loi. 82; : Uj «Quant à la barque, elle était petite.» Dans le Kdniel d’Ebn-Atbir
(tom. ï, fol. 101) : ^ « J’étais avec lui sur la barque.» Plus loin (fol. io5 r°) :
jJ! fi lï « H construisit cinq barques sur le Tigre. » Dans la Description de l’Égypte de Makrizi (art. de Tennis, man. arab. 797, fol. 1 4 x v°), on voit que , dans l’année 5oo de l’hégire (de J. C. 1 106) , les Francs d’Askalon firent une descente sur le territoire de Tennis , avec dix barques yÉs>. L’auteur du Inschâ fait mention (f. i38 r°j de la grande barque appelée dhehebiah (dorée), et de celle (fol. 1 4 3 v°), que montaient les principaux émirs.
O11 pourrait ainsi corriger quelques passages d’un voyageur estimable. On lit dans la relation de Bremond [Viaggi nell’ Egitto, pag. 88, 89, 90), que l’on emploie, en Égypte, de grandes barques appelées ncnba, au pluriel acabcs. Comme je n’ai jamais trouvé un terme semblable qui fût en usage pour désigner une barque, il me semble qu’au mot acabu, il faut substituer celui de harrakah.
(18) J’ai lu tarâïd AjÎjJs au lieu de En effet, le mot taridah dans le langage des
Arabes de l’Égypte, désignait tin vaisseau de transport. On lit dans un manuscrit arabe du Vatican 'man. 267, fol. 82) : l. U> ji£\ j J-?- L»l «Quant
«au bâtiment appelé taridah, il est destiné pour le transport des chevaux. Il peut contenir, au plus, «quarante de ces animaux.» Les mômes détails se trouvent dans l’ouvrage intitulé Adab-alkdteb (les devoirs de l’écrivain), manuscr. de Saint-Germain, (fol. 177 r°). Dans l’ Histoire des Aioubites, écrite par Djemâl-eddin-ben-VYâsel (man. arabe non catalogué, fol. 23) : S-Vc
iyjjb «Le nombre des taridah qui servaient à transporter les chevaux s’élevait à « trente-six.» Et ailleurs fol. 4°8 r°) : -AjIjUI fi Dans l’histoire de Nowaïri (26e partie,
man. de Leide, fol. 92 v°) : ï J Dans l’ouvrage historique de Makrizi [Solouk, tom. II, fol. 49) : Ç^J3. J (jK3.
« 11 alla faire construire cent galères, tant gorâbs (corvettes) que taridah , destinées au transport des « chevaux. » Dans la Vie du sultan Kelaoun (man. de Saint-Germain 118 biss fol. 324 r") , fi
I IjAÔ ! A; ! jh) t j ! j « Sur les vaisseaux , les bâtiments , les taridah et les galères. » Ce mot
existe encore aujourd’hui, sous la forme tarâil On le trouve plusieurs fois dans les pièces
arabes publiées par Sousa ( Documentas arabicos, p. 128, 129). Voyez aussi le voyage de Tavernier, (tom. I, pag. 258). Au rapport de Niebuhr ( Voyage en Arabie , tom. I, pag. 228), on désigne par le mot tarad un vaisseau qui fait le voyage du Yémen à Djidda.
Le terme arabe taridah a passé, au moyen âge, dans le langage de différents peuples de
l’Europe. Pachymeres, et d’autres écrivains Byzantins, l’emploient, au pluriel, sous la forme -raptSe? ou Totpvnxt (Voy. du Cange, Glossariurn ad scriptores mediœ et infirme grœcitatis, tom. II, col. i533). Chez les auteurs latins du moyen âge, il se présente sous les formes tarida, tarifa, tareta. On peut voiries passages rassemblés par du Cange ( Glossariurn mediœ et infimœ latinilatis, 1678, tom. III, col. 1070), et par son abbréviateur Adelung ( Glossariurn manuale, etc., tom. VI, pag. 483, 484)'