MELIK-MOÈZZ-AÏBEK
AN 648 (l25o).
Cette même année, Bedr-eddin-abou’lmahasen-Iousouf-ben-Hasan-Sindjari fut destitué des fonctions de kadi du Caire, et remplacé par Imad-eddin-abou’lkâsem-ben-Moukanscha-Hamawi. Après la mort d’Afdal-eddin-Kounedji , il fut nommé kadi de Fostat, et Sadr-eddin-Mauboub-Djezeri fut choisi pour kadi de la
arab. 8o3, fol. 21 v°) : aA* j-fj J ^ALJ! « 11 acheta cent
«Mamlouks pour porteries armes, les coffres et autres objets. » Dans l’histoire d’Ahmed-Askalani (inan. arab. 656, fol. i3o r°) : ^AJ! jfÉ 0b- aJ ! «Il
«se fit apporter un grand coffre contenant les obligations des sommes qui lui étaient dues par un «grand nombre de personnes.» Dans une histoire d’Égypte (man. arab. 68g, fol. 25 v°) : •JX.Éa
j « Ensuite venaient les coffres et les caisses, avec leurs couvertures
« de soie. » Dans l’histoire de Makrizi ( Kitab-assolouk , t. II, man. arab. 673, fol. 75 ): j
^ « Vingt-cinq coffres pleins d’étoffes. » Dans l’ouvrage biographique d’Ebn-Khallikan (man. arab. 730, fol. 5o4 v°): L^i Asr^ « Il m’apporta un coffre qui renfermait un
«habit.» Dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. arab. 5g5, A. fol. 82) : ^7-*! j LjLLU! « Devant elle étaient la caisse et les coffres qui appartenaient au sultan. » Ailleurs (fol. 106) : « Un coffre renfermant des étoffes. » Et enfin (fol. 200) : ksr*}. vJUsF ^ j~~ 1^3 « On enleva de dessous sa tète un coffre plein d’étoffes. » Voyez aussi Abou’lmahasen, cip. Chrestomatliie arabe, t. II, p. 189, et la note de M. Silvestre de Sacy, t. I, p. i35. Dans un passage du Manhelsafi d’ Abou’lmahasen, ce mot est écrit A7UÜ;. On y lit (t. III, fol. 207 v°) : aAAj «Un coffre
«d’étoffes. » Le terme n’était pas employé exclusivement en Égypte, car, dans les lettres arabes, publiées par Sousa ( Documentas arabicos para a historia Portuguesa, pag. 52), on lit : ’ÀsFf ~y.3rJ bî
«Qu’il ne sorte pas un coffre de la douane. » Du mot taF? s’était formé , qui signifiait : renfermé dans des coffres. Dans un passage de Y Histoire d’ Egypte d’ Abou’lmahasen (man. arab. 663, fol. 162 v°), je trouve cette phrase : ast5^ «Des robes d’étoffes enfermées
«dans des coffres. » Le mot As-®? étant employé dans le passage de notre historien, pour indiquer un
des insignes de la souveraineté, désignait, probablement, ou le coffre qui renfermait les habits royaux, ou plutôt celui dans lecpiel étaient déposées les archives de l’État , les pièces diplomatiques, etc.
(14) Le mot tarkasch est le terme persan tarkesch qui désigne un carquois. Il prenait, au pluriel, la forme Je lis dans un passage de notre historien {Kitab-assolouk , t. II,
f. 23g r°) : ■, t 1 y \j ^a=>. t « Faites venir vos carquois qui renferment des
« arcs et des flèches. » Dans Y Histoire d’ Égypte d’Ahmed-Askalani (t. II, man. arab. 65q, f. 189 v°), on lit : ajL» « Cent carquois. » Ce terme a passé dans les langues de l’Europe, où il a formé le mot Tapxdciov ou xap^aciov des écrivains de la Byzantine (v. du Cange, Glossarium mediœ et infimœ grœcîtatis, tom. Il, col. i534. Meursii, Glossarium græco-barbarum , pag. 55o), le mot latin Turcasia (du Cange, Glossarium mediœ et infimœ latinitatis, tom. III, col. 1222, éd. de 1678, Glossarium manuale ad scriptores mediœ et infimœ latinitatis , tom. VI, pag. 684), l’italien Tureasso. Dans quel-
même ville, à l’époque où Ebn-alkotb fut transféré au Caire pour y remplir les mêmes fonctions.
A. la fin du mois de Redjeb, Bedr-eddin-Sindjari fut réintégré dans la place de kadi du Caire, et Ebn-alkotb dans celle de kadi de Fostat. Le quatrième jour de Scbaban, Fâres-eddin-Aktaï revint de Gazah au Caire. Le cinquième jour du même mois, on arrêta et on mit en prison l’émir Zeïn-eddin , Emir-djandar-Sâlehi (i5) ^ julçs.^1
ques ouvrages français du moyen âge, et en particulier dans la Relation du Voyage de Bertrandon delà Brocquière (pag. 5o4 et passim), on lit constamment Tarquais, pour désigner un carquois ; et ce dernier mot est évidemment une altération du premier.
(i5) Le mot djandar j ! L=>- , qui est d’origine persane, et qui fait au pluriel djanclariah, bj t Jo L9. , se rencontre plusieurs fois dans l’ Histoire de la Conquête de Jérusalem. On y lit (man. arab. 7x4,
fol. 16 v°) : ^AüÜtj bjljdls-fi ^2^.1 « 11 fit venir les djandars et les sapeurs. » Ailleurs (fol. 79 r°) :
b j ! «Xj yj, L.y=s. « Nous vînmes, accompagnés de nos courtisans intimes et des djandars. »
Plus loin (fol. 244 r°) : « Le chef des djandars nâseris. » On le trouve
également chez les écrivains pei'sans. On lit dans le Tarikhi- Wassaf (manuscrit, fol. 169 r°) :
«AjI$ j j t jJl». « On le regardait comme un cljandar, et un chef d’armée. » Dans le Bostân
de Sadi (édit, de Calcutta, pag. 220) : « Du rang de djandar, il tombera
«à celui de gardien d’ânes.» Et dans le commentaire, le mot est expliqué par
L&lSTJ j , c’est-à-dire : les fonctions cl’écuyer et de garde. Dans le dictionnaire persan intitulé Borhani-kati (édit, de Calcutta, pag. 267), le motjî«xil=>. est rendu par tXâS
gardien , et par écuyer. Dans l’ouvrage arabe qui a pour titre Inscha (man. arab. i573, fol. 127 v°), on litjl.x4^, et dans les Prolégomènes d’Ebn-Khaldoun (fol. 88 v°), on trouve, au pluriel Le premier de ces deux ouvrages nous offre les détails suivants : « Emir-djandar,
Ce titre est composé de deux mots, dont l’un djan, en turc (en persan), désigne
«.Y âme, et l’autre signifie celui qui prend, De manière que le nom entier doit se
«traduire par , celui qui tient l’âme. Dans l’origine, le Djandar était l’officier qui de-
« mandait la permission d’introduire les émirs auprès du prince, lorsqu’ils avaient à remplir leurs «fonctions, et qui entrait devant eux toutes les fois qu’ils allaient rendre hommage au sultan dans la «salle d’audience. Il précédait les employés delà poste >X>jJ 1, avec le Dewadar et le gardien de la porte.
«H a également sous ses ordres les Bercl-dars et les Djandars ÜUjtxbs:*! j Lorsque
«le sultan veut faire périr un homme quelconque, l’exécution a lieu en présence de Y Emir- Djandar. Il «a sous sa juridiction le zerd-khanah , qui est une maison de détention d’un rang plus
«élevé que la prison ordinaire. Quelquefois, on choisissait pour remplir ce poste un commandant
« , quelquefois un Êmir-Tablkhaneh. Aujourd’hui , cette place a beaucoup perdu de son irnpor-
« tance, car on la donne à des émirs de dix , ou à des officiers d’un rang inférieur. » Ebn-
Khaldoun ( Prolégomènes , fol. 88 v°) parlant de la dynastie africaine des Benou-Merin, s’exprime en