‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 41 sur 183 · AN 659 (1261). IV. MEL1K-DAHER-BIBARS · texte numérisé non relu

AN 659 (1261). IV. MEL1K-DAHER-BIBARS

Moézzis, et concerté avec eux l’assassinat du sultan; que parmi les conjurés se trouvaient les émirs Alem-eddin-Gatmi , Behadur-Moëzzi', et Schodja-eddin- Bektout. Ils furent tous arrêtés le huitième jour du mois de Rebi premier. Bientôt après, le scikeb Zeïn-eddin-Iakoub-ben-Zobaïr fut mis en prison, et renfermé dans la salle du vizirat la là . Mais l’émir Seïf-eddin-Anes ayant intercédé

pour lui, il fut, le même jour, gratifié d’une robe d’honneur. Quelques jours étaient à peine écoulés, que le sultan fit arrêter l’émir Anes; et le matin de la même journée, le sàlieb Ebn-Zobaïr fut également mis en prison. Bibars manda le hadi-alkodat Tadj-eddin , dans l’intention de lui conférer le titre de vizir; mais il refusa cet honneur; et, malgré les sollicitations de l’atahek Fâres-eddin , il persista dans sa résistance, et se retira dans sa maison. On fit venir alors Behaeddin-Ali-ben-Sedid-eddin-Mohammed, qui fut promu au rang de vizir, et chargé de tous les soins du gouvernement, et des détails de l’administration des affaires. Il fut revêtu d’une rohe d’honneur, et se mit en marche, accompagné des principaux personnages, des grands de l’État, et d’un grand nombre d’émirs, parmi lesquels on distinguait Seïf-eddin-Belban-Roumi. Sur ces entrefaites, un courrier arrivé d’Akka, apporta la nouvelle que sept îles du pays des Francs s’étaient abîmées dans la mer avec toute leur population ; que cette catastrophe, qui avait coûté la vie à une multitude de personnes, avait été précédée d’une pluie de sang qui s’était prolongée l’espace de dix jours.

Les habitants d’Akka, saisis d’effroi, fondant en larmes, imploraient la miséricorde de Dieu.

Sur ces entrefaites, le sultan fit partir l’émir Bedr-eddin-Bilbek-Aïdemuri , à la tête d’une troupe nombreuse. Ni ceux qui l’accompagnaient, ni d’autres, ne savaient quel était le but de cette expédition. Ce corps, s’étant dirigé vers Schaubak, prit possession de cette ville , qui lui fut remise par les officiers qui y commandaient au nom de Melik-Moughith-Fatah-eddin-Omar, le vingt-sixième jour du mois de Rebi second. Le gouvernement de la place fut confié à l’émir Seïf-eddin- Belban Mokhtassi. On y établit des nakibs et des Djandars LüJî

Aux exemples que ces deux philologues ont produit, on pourrait, sans doute, en ajouter un grand nombre. On lit dans l’ouvrage de Sanuto ( Sécréta fidelium crucis, pag. 58, 65), que les, Génois de Péra employaient pour transporter les provisions de bouche et le bois, des bâtiments appelés taretœ. Dans des instructions données par le sénat de Venise à un ambassadeur qu’il envoyait auprès du roi de Tunis, le mot tarida se trouve plusieurs fois (Marin, Storia.... del commercio de’ Venezicini , t. VI, pag. 325, 326). C’est probablement ce terme qui a donné naissance à celui de tartanci, tartane.

; et l’on réunit au domaine particulier de la forteresse tout ce qui lui avait appartenu sous le règne de Melik-Sâleli. Bientôt après, l’émir Beha-eddin- Bagdi fut arrêté , et enfermé dans le château de la Montagne , où il resta prisonnier jusqu’à sa mort.

Le mardi, dixième jour du mois de Djoumada premier, le kadi Tadj-eddin- Abd-alwalîliab , fds du kadi Alaazz-Khalaf, et connu sous le nom d’Ebn-Bint- 275 alaazz, fut promu aux fonctions de kadi-alkoclat de toute l’Egypte, en remplacement de Bedr-eddin-Sindjari. Il n’accepta , qu’après avoir stipulé des conditions dures et exorbitantes. Il espérait par là se soustraire aux honneurs qu’on voulait lui imposer. Mais le sultan , qui avait pour lui autant d’affection que de confiance, souscrivit, sans balancer, à toutes ses propositions. Il fit, avec le prince, la prière de midi; après quoi, il se livra aux fonctions de sa charge. Le sultan fit arrêter Bedr-eddin-Sindjari, et le tint en prison pendant dix jours; au bout de ce terme, il lui rendit la liberté.

Sur ces entrefaites, on apprit que l’émir Abou’lkâsem- Ahmed, fils du khalife abasside Dâlier-Abou-Nasr-Mohammed, petit-fils de Nâser-lidin-allah, et qui avait reçu du peuple le surnom de zerdtini était en marche sous l’escorte

d’un corps d’Arabes, de la tribu de Mohanna (19), et se dirigeait vers Damas. Il avait quitté précipitamment Bagdad, au moment où le khalife Mostasem fut égorgé par ordre de Houlagou , et après avoir passé plusieurs années chez les Arabes de l’Irak, il avait pris la résolution de se rendre en Egypte, à la cour de Melik-Dâher. Bientôt, des lettres écrites par l’émir Ala-eddin-Bondokdar, et par l’émir Ala-eddin-Taïbars-Wéziri , gouverneur de Damas ^oli , donnèrent la

nouvelle qu’il était arrivé à Goutah , sous l’escorte d’environ cinquante cavaliers arabes, de la tribu de Khafadjah, un individu qui assurait se nommer l’émir Ahmed-Asmar, fils du khalife Dâher, et qui était, par conséquent, oncle paternel de Mostasem, et frère de Mostanser; que l’émir Seif-eddin-Kilidj-Bagdadi avait reconnu les émirs arabes qui composaient le cortège, et certifié que c’étaient des hommes sur lesquels on pouvait parfaitement compter.

En conséquence , Bibars écrivit aux gouverneurs des différentes villes , pour leur ordonner de recevoir avec les plus grands honneurs et le plus profond

(19) Le texte porte : ^a> ^ je n’ai point hésité à lire:

L4-». Abou’lmahâsen , qui raconte le même fait (man. arab. 661, fol. 187 v°), s’exprime en ces termes : « 11 était accompagné d’une troupe des Benou-Mahârisch : k&W-, au nombre

« de dix émirs, ayant à leur tète Ebn-Kasaet Nâser-eddin-ben-Mohanna. »

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