‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 42 sur 183 · IV. MELIK-DAHER-B1B ARS · texte numérisé non relu

IV. MELIK-DAHER-B1B ARS

respect le parent du Prophète. Il enjoignit de le faire accompagner par quelquesuns des chambellans de Damas. Le khalife partit de cette ville avec un cortège imposant, et prit la route de l’Egypte. Au moment où il approcha de Fostat, le sultan sortit du château de la Montagne, le jeudi, neuvième jour du mois de Redjeb, et s’avança à la rencontre du khalife, accompagné du sâheh (visir) Behâeddin-ben-Hinnâ, du kadi-alkoclat Tadj-eddin-ben-Bint-alaaz, du reste des émirs, de toute l’armée, des principaux habitants du Caire et de Fostat, des notaires et des Mouazzins (crieurs des mosquées). Les Juifs et les Chrétiens suivaient la marche et portaient, les premiers le Pentateuque, et les autres le livre des Évangiles. Le khalife , accompagné du sultan , arriva à la porte appelée Bab-annasr (la porte de la Victoire), et entra dans le Caire, revêtu du costume des Abassides. Toute la population s’était portée sur son passage. Il traversa toute la ville L^aüJl, jusqu’à la porte de Zawilah. De là il monta au château de la Montagne , sans descendre de cheval. On lui assigna pour demeure un lieu magnifique , qui avait été disposé pour le recevoir. Le sultan s’attacha à combler son hôte de marques d’honneur, et à l’entourer de tout ce qui pouvait lui assurer la vénération générale. Le lundi, treizième jour du mois de Redjeb, le kadi-alkodat , ses substituts dans l’exercice de la justice, les savants et les jurisconsultes de la ville, les principaux scheïkhs, les chefs des sofis (20) , les émirs, les officiers de l’armée, les marchands, les plus notables habitants, ainsi que le scheïkh lzzeddin, fils de Tadj-eddin, se rendirent au château, et furent tous admis à l’audience de l’émir Ahmed. Le sultan s’assit familièrement à côté de lui, sans avoir aucune marque de sa dignité, ni trône, ni estrade (21), ni coussin. Les

(20) Je parlerai ailleurs des sofis, qui se trouvaient à cette époque en Égypte.

(21) Dans Y Histoire du prétendu Hasan-ben-Ibrahim (manuscrit non catalogué, folio i65 v”),

au lieu de on lit 'LU y estrade. Et, en effet, le mot désignait, à ce qu’il paraît, Une

estrade qui supportait le trône du prince. On lit dans la Vie de Bibars de Nowaïri (fol. 1) :

«Ils s’assirent au-dessous de l’estrade où se plaçait le sultan.» Et ( ibid : 1 Dans une vie du même prince (man. 8o3, fol. 8 v°) rjdjSwd!

J J>Sj «Ils entrèrent dans la tente : on avait étendu l’estrade;

« et ils s’assirent tout autour pour tenir conseil. » Plus bas (fol. 9 r°) : «Il le fit

>< asseoir sur l’estrade. » Dans Y Histoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714, fol. 178 r°) :

^LkUî « Le sultan lui témoigna sa considération, en le faisant « asseoir sur son estrade. » Dans le Kamel (tom. VII , pag. 176) : Dans la Vie de

Saladin, par Behâ-eddin (pag. 11) : «Il descendit de son estrade. » Il ne faut pas

confondre le mot <hv ! ^0 avec celui de dont je parlerai plus bas.

Arabes qui étaient arrivés de l’Irak, et un eunuque, natif de Bagdad, certifièrent unanimement que l’émir Ahmed était fils de l’imam Dâher, prince des Croyants, efpetit-fils de l’imam Nâser, prince des Croyants. Le kadi Djemâl-eddin-Iahia-ben- Abd-almounim , connu sous le nom de Djemâl-Iahia, substitut du kadi des kadis j*Cs^î w^Lj à Fostat, attesta que le fait était constaté par le bruit public. La même opinion fut embrassée sans opposition par le jurisconsulte Alem-eddin-Moliammed-ben-Hosain , le kadi Sadr-eddin-Maulioub-Djezeri, Mouhibb-eddin-Harràni, Sedid-eddin-Omar-ben -Abd -elkerim , et les autres magistrats qui se trouvaient présents. Ces témoignages furent reçus par le kadi alkodat, qui fit dresser un acte en bonne forme, par lequel il reconnaissait la chose comme une vérité indubitable. Ce magistrat se tint debout, pendant toute la séance, et jusqu’à ce que l’attestation fût complètement rédigée. Alors, et avant tout le monde, il prêta serment de fidélité au khalife; aussitôt après, le sultan se leva, et offrit son hommage au prince des Croyants Mostanser-billali-Abou’lkàsem-Ahmed , fils de l’imam Dâher, en s’engageant à observer fidèlement les préceptes du livre de Dieu, les traditions du Prophète, à ordonner le bien et prohiber le mal, à combattre avec ardeur pour la défense de la religion, à ne percevoir les richesses envoyées de Dieu, que par des voies légitimes, et à ne les distribuer qu’à ceux qui en seraient dignes. Après le sultan, le scheïkh Izz-eddin-ben-Abd-esselâm , puis les émirs, et les grands personnages de l’État, vinrent jurer fidélité au nouveau khalife. Celui-ci, pour reconnaître les bienfaits du sultan, délivra à ce prince un acte d’investiture par lequel il lui concédait non-seulement les contrées soumises à l’islamisme, mais encore toutes les conquêtes , qu’avec le secours de Dieu , il pourrait faire sur les infidèles. Aussitôt après, toutes les classes du peuple furent admises, sans exception, pour prêter, au nouvel imam, serment de foi et hommage.

On écrivit aussitôt aux princes et aux gouverneurs des différentes provinces, pour les inviter à exiger des peuples soumis à leur administration le serment de fidélité au khalife Mostanser. On leur enjoignit de faire prier d’abord pour le khalife, et ensuite pour le sultan; d’associer sur la monnaie les noms de ces deux princes.

Le vendredi, dix-septième jour du même mois, le khalife fit la khotbah (le prône) dans la grande mosquée du château. Il ouvrit son discours par lire les premiers versets de la surate des troupeaux , ensuite il implora les bénédictions de Dieu sur le Prophète, appela les faveurs du Très-Haut sur les compagnons de

an 65g (1261). IV. MELIK-DAHER-BIBARS. IÀ9

Mahomet , rappela la gloire des descendants d’Àbbas, et termina par une prière pour la prospérité de Melik-Dâher. Tous les assistants applaudirent à ce mode de sermon. Le sultan témoigna au khalife un vif intérêt, et fit répandre sur lui une somme considérable de pièces d’or et d’argent. Lui-même ayant commencé la khotbah ne put s’empêcher de fondre en larmes. Dès qu’elle fut terminée, il descendit de la chaire, et fit avec tout le peuple la prière du vendredi.

Le dimanche suivant, le sultan et le khalife partirent à cheval du château de la Montagne, et se rendirent à Fostat. Là, ils montèrent sur des barques, traversèrent le Nil, et arrivèrent au palais de l’ile de Raudali. On fit approcher les galères , qui représentèrent sur le fleuve le simulacre d’un combat naval. Ensuite, les deux augustes personnages ayant regagné la rive, rentrèrent au château de la Montagne. Une foule immense se pressait pour les voir ; et ce jour fut pour la population des deux villes une véritable fête (22).

Le lundi, quatrième jour du mois de Schabàn , le sultan monta à cheval, accompagné de tous les grands dignitaires du royaume, et se rendit à une tente qui avait été dressée tout exprès dans le grand jardin situé hors du Caire. Les khilah (les robes cl’ honneur) qu’il devait recevoir de la part du khalife, furent apportées, sous la conduite de l’émir Moudahir-eddin-Wischali, de la tribu de Khafadjah, et de l’eunuque du khalife Mostanser. Le sultan étant passé dans une autre tente, on le revêtit du costume qui lui était destiné, et avec lequel il se montra aux yeux du public. La khilah consistait en un turban noir doré et tissu d’or, une robe de couleur violette, un collier d’or, une chaîne d’or, dont on attacha les jambes du prince. On lui remit quantité d’épées dont il ceignit une; et le reste fut porté derrière lui : deux drapeaux que l’on portait déployés au-

(22) Les mots ^ signifient proprement : Un jour qui réunit une foule nombreuse. Les ex-

pressions bj^w L (j^se retrouvent dans un passage de notre historien ( Solouh , tom. 1 ,p. 706), dans une foule d’articles de la Description cle l’Égypte du même écrivain ; dans Y Histoire d’Egypte d’Ebn-Aïas (tom. II, fol. 36, etc.); dans l’histoire de Djemâl-eddin-ben-Wàsel (man. non catalogué , fol. 19 et 37 r°), etc. Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (tom. VII, fol. 218 r°) : çyJ

IpsO ^oUî is v! jlsd « Le jour de leur arrivée en Égypte fut un jour solennel,

« dont on parla longtemps. » Dans la Vie clu sultan Kelaoun (manuscrit de Saint-Germain 118 bis,

f. 36 r°) : b j^U« là- Ce fut un pèlerinage solennel. » Ebn-Nabatah, dans un de ses sermons

(de mon manuscrit , fol. 16 v°) , parlant du jour de la résurrection , le désigne par ces mots :

, c’est-à-dire : « Le jour qui offrira la réunion d’une foule d’hommes immense. »

dessus de sa tête, deux longues flèches et un bouclier. On lui amena un cheval blanc, qui avait au cou une écharpe noire (23), et sur le dos une housse de même couleur. Les kadis et les autres dignitaires reçurent des présents conformes au rang qu’ils occupaient. Bientôt après, on dressa un menber (une chaire) dans laquelle monta Ebn-Lokman (24), chef des secrétaires de la chancellerie, vêtu d’une robe de soie jaune. Il fit lecture du diplôme rédigé et écrit par lui-même, et qui contenait l’investiture accordée au sultan par le khalife. Cet acte était conçu en ces termes :

«Louanges à Dieu, qui a choisi l’Islamisme, et l’a orné des vêtements de la « gloire; qui a fait briller l’éclat de ses perles, tandis qu’auparavant elles étaient «cachées sous une épaisse coquille; qui a relevé l’édifice chancelant de sa pros- « périté , en sorte qu’il a fait oublier tout ce qui l’avait précédé; qui lui a destiné «pour appui des rois puissants, sous l’obéissance desquels se sont rangés les «hommes les plus divisés de sentiments. Je loue Dieu de ses dons qui offrent «aux yeux des jardins fleuris : de ses bienfaits, sur lesquels la reconnaissance « s’arrête avec plaisir, sans pouvoir s’en éloigner. J’atteste qu’il n’y a pas d’autre «Dieu que le Dieu unique, et sans associé : et cette profession de foi met à l’abri «des craintes, et aplanit les choses les plus difficiles. Je certifie que Mohammed « est le serviteur et l’apôtre de Dieu , qui a réparé les brèches de la religion (*5); « un prophète qui a déployé tous les genres de qualités nobles et généreuses : que «Dieu répande ses bénédictions sur lui, sur sa famille, dont les vertus ont laissé

(a3) Le texte porte : VjJk». Le mot .xd, se prend dans un sens analogue, et désigne : une pièce de mousseline , ou d’autre étoffe, que l’on porte en ceinture, ou que ton roule autour de la calotte du turban. On lit dans YHisloire d' Égypte d’Ebn-Aïas (man. 689, fol. 6 r°) \

«Ils avaient sur leurs têtes des turbans de soie.» Ailleurs (fol. 58 v°) : '<LsL=>. xkwj ,3 >xdo

«Il attachait autour de ses reins une ceinture d’or, au lieu d’une « ceinture d’étoffe de Balbek. » Suivant le témoignage de Hoest ( Nachrichten von Marokos, p. 11 4), le mot , à Maroc , désigne un turban.

(24) Au rapport d’Abou’lmahâsen (man. 661, f. 188, 278 r°); et du prétendu Hasan-ben-Ibrahim (fol. 166 v°), ce personnage se nommait Fakhr-eddin-lbrahim-ben-Lokman. Suivant ce que rapporte l’auteur de l’ouvrage intitulé Inschâ (man. arab. i573, fol. 14 v°) , Ibrahim-ben-Lokman avait rempli les fonctions de chef de la chancellerie sous le règne de Melik-Sâleh-Nedjm-eddin- Aïoub. Il fut maintenu dans le même rang, pendant les règnes de Melik-Moëzz-Aïbek , de Koutouz^ de Bibars , et de Kelaoun. Ce dernier prince récompensa ses longs services en le faisant passer à la première place de l’État , celle de vizir.

(25) Je lis au lieu de ya.

IY. MELIK-DAHER-BIBARS.

an 659

«des souvenirs qui ne périront jamais , sur ses compagnons qui n’ont fait que « du bien dans ce monde, et qui ont mérité la plénitude de la béatitude éternelle. «A coup sur, de tous les serviteurs de Dieu, celui qui a le plus de droit à être «célébré avant tout autre, le plus digne que la plume se courbe et se prosterne «en écrivant le récit de ses hauts faits et de ses vertus, est celui qui, en se «livrant à des travaux constants, a vu des succès glorieux couronner ses nobles « efforts; qui, lorsqu’il demande de la soumission, est obéi par les habitants des «plaines et ceux des montagnes (26); qui ne laisse pas une vertu sans l’adopter et «lui prêter son appui (27); qui ne force jamais, l’épée à la main, les remparts «inaccessibles d’un ennemi, sans les livrer aux flammes ou les inonder de sang. «Comme toutes ces qualités brillantes se trouvent réunies au plus haut degré «dans la personne de sa sublime majesté, le sultan Dâher-Rokn-eddin (dont Dieu « veuille encore relever et exalter la gloire) , la chancellerie auguste du descendant «du Prophète, de l’imam Mostanser (dont Dieu veuille élever la puissance), s’est «plu à vanter les hautes qualités de ce prince, et à proclamer ses bienfaits, dont « les expressions les plus pompeuses n’exprimeraient que faiblement le mérite : «c’est lui qui a relevé la dynastie des Abassides , après qu’elle avait été renversée «sous les coups de la fortune, qui s’élait plu à faire disparaître son éclat et ses «nobles prérogatives; il a gourmandé et fléchi en sa faveur la destinée cruelle; il «lui a ménagé la bienveillance du sort ennemi, qui l’avait attaqué avec tout «l’acharnement d’un rival furieux; il a changé pour elle, en des dispositions part cifiques, les hostilités de ce redoutable adversaire; il lui a prodigué ses soins, « et a fait succéder à sa détresse une heureuse prospérité. Le prince des Croyants, «à son arrivée, a été comblé par lui de bienfaits et de marques d’affection. Le «sultan, empressé de mériter les récompenses que Dieu doit décerner aux

(26) Le texte offre ces mots : j ; je lis : ainsi que portent les manuscrits

d’Abou’lmahâsen, de Nowaïri, et du prétendu Hasan-ben-Ibrahim. Cette locution signifie proprement:

« Les hommes habitant la province de Nedjd, et celle de Téhamah.» Le verbe se trouve deux

fois dans l’ouvrage de Hariri, tantôt au prétérit ( Séance 43e, pag. 491)» et tantôt au participe [Séance 34e, pag. 383); et le scoliaste l’explique par «se rendre dans la province de Téhamah. >> Le verbe As:-3! s’y rencontre également (pag. 375); et le commentateur l’explique en ces mots : Asr^î ! DI Asc-3!.

(27) Je n’ai pas pu traduire littéralement ces mots : ÎAjj 1$) ^ Aj w»A) L»

«hommes, a donné au khalife des témoignages d’amitié, qui ne sont ignorés «de personne; il a montré pour la défense de la religion et l’inauguration du «khalife, un zèle que lui seul pouvait déployer; et si tout autre avait tenté l’en- 279 «treprise, il aurait complètement échoué. Mais Dieu met en dépôt tous ces «actes d’une vertu sublime, afin qu’au jour de la résurrection les récompenses «destinées à ce prince l’emportent dans la balance, et que le compte qu’il aura «à rendre de ses fautes devienne extrêmement léger. Heureux celui qui acquiert «de pareils droits à l’indulgence divine. C’est une telle vertu que Dieu a jugée «digne d’être consignée éternellement dans le livre de sa miséricorde; c’est cette «générosité sublime qui a relevé l’illustre maison du Prophète, lorsqu’elle pa- « raissail abattue sans espoir de retour.

«O prince, le chef des Croyants vous témoigne sa reconnaissance de si grands «bienfaits. Il proclame hautement que, sans votre assistance puissante, la ruine «de l’empire était sans remède. En récompense, il vous concède la souveraineté «de l’Égypte, de la Syrie, du Diar-Bekr, du Hedjaz, du Yémen, des rives de «l’Euphrate, et de tous les pays, de plaines ou de montagnes, que vos armes «pourront conquérir. Il vous confie, comme à un modèle unique de générosité, « le soin des troupes et de toute la population. Il n’excepte de ce don ni une seule «ville, ni une seule forteresse, ni un seul objet grand ou petit. Surveillez les in- «térêts des peuples; car vous seul êtes chargé de cette noble fonction. Préservez- « vous aujourd’hui de toute vue ambitieuse , car demain vous ne demanderez plus « rien ; mais c’est à vous qu’on demandera compte : gardez-vous bien de vous «laisser séduire par l’attrait des biens du monde qui ne procurent aux hommes « que de frivoles avantages, et qui, lorsqu’on les examine avec un œil sans pré- «vention, ne sont autre chose qu’une ombre vaine (27) et passagère. Heureux

(27) Le mot khaiâl (jLà. signifie imagination, et ombre, fantôme. Je n’ai pas besoin de m’arrêter à prouver ce fait; mais il est un autre sens dont je crois devoir dire quelques mots. Le terme J Là. ,

ou JLci. désigne : Les ombres chinoises, la lanterne magique. On lit dans l’ouvrage d’Abou-

Bekr-ben-Hodjdjah (man. arab. i5g5, fol. 20 v°) : (JJdi JLi. «Celui qui

« s’occupe des ombres chinoises. » Suivant le témoignage d’Ebn-Khallikan (man. ar. 73o, f. 287 r°), « Modaffer-eddin , prince d’Arbel , donnait , à différentes époques de l’année , des fêtes somptueuses. « On dressait des pavillons, construits en bois, et qui renfermaient des musiciens, des joueurs d’ins- «truments, et des hommes qui montraient les ombres chinoises JLà-H et le prince

« ( ib . v°)

prenait beaucoup de plaisir à entendre la musique, et à voir les ombres : J*

» Dans la Description de l’Égypte de Makrizi (t. I , fol. 164 v°) : J Lsr^j LéJ I dsJ

an 659 (1261).

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