‹ Histoire des sultans mamlouks, de l'ÉgypteChapitre 47 sur 183 · IV. MEL1K-D AHER-B1BARS · texte numérisé non relu

IV. MEL1K-D AHER-B1BARS

an 65g (1261)

Le jour de la fête qui termine le jeune ^LUî , le sultan se mit en marche avec le khalife, tous deux ayant le parasol déployé au-dessus de leur tête. Ils firent ensemble la prière de la fête. Le khalife entra dans la tente du sultan, et le fit revêtir des pantalons symboles de la noblesse ! , en présence de tous les grands officiers. Le sultan nomma pour vice-roi de l’Egypte y ^ LhLJ) woU Izzeddin-Izdemur-Halebi , et lui adjoignit le vizir Belia-eddin-ben-Hinna.

Le samedi, sixième jour du mois de Schewal, le khalife partit, accompagné de Melik-Dâlier et de toute l’armée. On arriva au lieu nommé Kisweh (45) , situé dans les environs de Damas. Les troupes cantonnées dans cette dernière ville, sortirent à la rencontre des deux princes, le mardi, septième jour de Dhou’lka-

soldats une gratification plus ou moins considérable ; et le mot nafakah A-à-S-J exprimait cette distribution. On lit clans la Vie de Bibars par Nowaïri (fol. 55 v°) :/L*)l ^IhLJÎ « Le sultan «fit une distribution aux troupes. « Dans le Solouk de Makrizi (tom. I, pag. j 4 3) :

Ailleurs (tom. II, fol. 97 r°) : ïlllfè Lki « S’il 11e nous accorde pas de gratification, nous

«l’égorgerons. » Dans une Histoire cl’Égyptc (de mon manuscrit, fol. 1/(7 r°) :

« Le sultan fit une distribution aux troupes de Syrie. » Dans l’histoire d’Abou’lmahàsen (man. 667, fol. 83 r°) : îk,~..CJ ! <uàj <É> (Jfid «Le sultan fit aux Mamlouks une

«distribution de vêtements. » Ailleurs (man. 661, f. 4 r“) : j ^U.O h Lo AÏiJ!

« La gratification destinée aux émirs était de cent pièces d’or, et celle des officiers de la « milice allait à trente pièces d’or. » Dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (t. II , f. 82) : ^jLLLJt jjjiu ijJsLJ! i&su «Le sultan fit aux troupes une distribution royale.» Dans une Histoire

d’ Égypte déjà citée (de mon manuscrit, fol. 147) : ïiàJî ^ J5* « Tous ceux qui eurent part à « la distribution. » Plus loin (foi. 161 r°) : ÜüJ! j ^ «On proclama que l’on allait faire

« la revue et la distribution. » Dans la Vie de Bibars de Nowaïri (fol. 55 v°) : ÜàâJI « Il

« présida en personne aux distributions. » Ailleurs (manuscrit de Leide, fol. i58 r°) : «LsüLÜÎ ïlisc.1 « Il lui donna la gratification. » Au rapport d’Ebn-Aïas (man. ar. 689, fol. 20 r°) , toutes les fois que le sultan faisait un voyage en Syrie, l’usage voulait qu’il remît au khalife et aux kadis une gratification «ui-j . On lit dans le Inscliâ (fol. 25i v°) : aJ « Si on lui assigne un bien-

« fait ou une gratification. » Pierre Martyr, dans la Relation de son ambassade ( Legatio babylonica, (fol. 86 r°), s’exprime en ces termes : Vêtus apud ipsos consuetudo , ut quicunque assumuntur in regni liabenas , singulis Mameluchis drachmas auri centurn in strenas , proceribus vero pro cujusque gradu diversa millia impartiatur; quod donativurn ipsi vocant naffaca.

Je ferai observer que, dans un passage de Y Histoire des hommes illustres de Kaïrowan (manuscr. arab. 752, fol. 97 v°), le mot laâ> signifie de l'argent. On y lit : laij « Une bourse qui ren-

« fermait de l’argent. »

(45) Le lieu nommé kisweh 'iy»£§\ üîjl* se trouve indiqué ailleurs par notre historien ( Solouk , tom. I, p. 178), aussi bien que par Abou’Imahâsen ( Manhel-sdfi , tom. III, f 3i2 v°); Burckhardt ( Travels in Syria, pag. 284, 285) fait mention du village de Kessoué, et de la montagne du même nom.

l64 HISTOIRE DES SULTANS MAMLOUKS.

283 dah.Le khalife alla descendre au mausolée deSâleh placé au pied du

I Kasioun , et le sultan lialjjta la citadelle. Le vendredi , onzième jour du même mois, le khalife fit son entrée par la porte de Berid s>j J! vb, tandis que le sultan entrait par la porte Ziddeh jbb)Jt et ils se réunirent dans la Mciksoumh ïjr*L (46) de la principale mosquée. Après avoir achevé la prière du vendredi, ils se rendirent à la porte de Ziddeh. Là, le khalife continua sa marche et le sultan rebroussa chemin. Tandis qu’il était encore au château de la Montagne, dans le mois de Schaban, il avait appris l’arrivée de Melik-Sâleli-Rokneddin-lsmaïl, fils de Bedr-eddin-Loulou , prince de Mausel. Le prince était accompagné de son fils Ala-eddin et de sa famille. Le sultan lui témoigna de grands égards 4J.& J-A (47)? Ie combla de témoignages de bienveillance, et lui

(46) Le mot maksourah , désigné : Une chambre grillée , placée clans une mosquée, auprès

'lu menber {la tribune ) et dans laquelle le prince se place pour faire la prière , et entendre la khotbah. On lit dans l’histoire de Djemàl-eddin-ben-Wâsel (fol. 423 r°) : I

^ly^J L ^3 ,jt «On disposa la maksourah , où, suivant l’usage, le roi se

« plaçait pour faire sa prière, et entendre la khotbah. » Dans le commentaire sur le Bostan de Sadi (édit, de Calcutta, pag. 1 1 7) , le mot est expliqué par ^L>! ^jL». « Un lieu

« où l’imam se tient. » Dans l’histoire d’Ebn-Djouzi (man. ar. 640, fol. 25 1 v°) , on lit : LJLa». ^.ft ,J, « Il était assis dans la grande mosquée de Damas, dans la mak-

« sourah qui touche au menber. » Dans l’histoire de Nowaïri (man. 645, fol. 87 v°) : jbk.5

h « Us pénétrèrent dans la mosquée , dans la maksourah destinée pour le khatib (prédicateur).» Dans une Histoire de Damas (m. ar. 8 2 3 , f. 6 r°) : I iJ ! , > b «4! «Le mih-

« rab, qui était dans l’intérieur de la maksourah. » Et plus loin (fol. 54 v°) : <câ . . . ^t^-M

\su> ■ « Le mihrab avait trois maksourah . » Et enfin ( ibid .) : ibjlfc» «La maksourah de

«Moawiah.» Ce mot a souvent une signification beaucoup moins restreinte, et désigne, en général, une chambre. On lit dans le Kitab-alagdni (tom. II, fol. 41 r°) : ^ \jjj Las.

«Us me suivirent de chambre en chambre^ » Dans l’ouvrage intitulé Halbat-alkomaït (man. i566> fol. 45 v°) : 'ijyaio ^Jt ^»li « Il se dirigea vers une des chambres. » Dans un pas-

sage de Y Histoire d’Égypte d’Abou’lmahâsen , ce mot désigne : La niche , le trou, qui sert de retraite aux pigeons. On y lit (man. 663, f. i58 r°) : La^-sali.'» vjudâas « Les pigeons s’envolèrent

« précipitamment de leurs retraites. »

(47) Le verbe J-J, à la quatrième forme, suivi de la préposition , signifie : Témoigner a quelqu’un des égards , de la bienveillance. Dans l’histoire d’Ebn-Khaldoun (tom. VI, fol. 7 v°), on lit : At liait iJ I J^it « U lui témoigna de la bienveillance, et lui restitua son bénéfice mi-

« litaire. » Dans Y Histoire des kadis cl’Égypte de Sakhâwi (man. arab. 690, fol. 81 v°) : L ér-*1 ^ t J-^t L\dj bM.'it <ula JU.jt « Aschraf-Inâl lui témoigna une extrême bienveillance. » Dans YHistoire d’Égypte d’Ahmed-Askalâni (man. 656, fol. 3i v°) : lyJaa b' Lit aJU JJtj ^IfcUt aJU J^t

an 659 (126i).

[Y. MELIK-DAHER-BIBARS.

donna pour lui et pour les personnes de sa suite, dans leur voyage depuis Damas jusqu’au Caire, des provisions et des gratifications en argent. Le

sultan sortit à sa rencontre et lui assigna, pour sa demeure, une maison convenable à son rang. Bientôt après, on vit arriver Melik-Moudjahid-Seif-eddin-Ishak, frère d’Ismaïl , et prince du Djézirah. Le sultan sortit également au-devant de lui. Leur frère, Melik-Modaffer-Ala-eddin-Ali, prince de Sindjar, avait été nommé par Melik-Moudaffer-Koutouz, gouverneur woli d’Alep ; mais les Azizis s’étaient saisis de sa personne, et le tenaient en prison. Ses deux frères ayant intercédé pour lui auprès du sultan, ce prince ordonna de lui rendre la liberté. Il s’attacha à combler ces princes de présents et de témoignages de considération. Lorsqu’il fut arrivé sur les bords de l’étang en dehors du Caire , il envoya aux trois frères des chevaux de relais hfi)\ (48), des drapeaux, des djemdars, des robes d’honneur. Il leur concéda des diplômes d’investiture pour les villes de leur apanage, dont le khalife lui avait remis la souveraineté. Il nomma Melik-Sâleh, prince de Mausel , de Nisibin , d’Akr et Schousch ’ de Dara

“ Le sultan le favorisa, et lui témoigna une grande bienveillance. » Dans l’histoire de Nowaïri (man. de Leide, fol. 192 v°) : ,J.A ! «Houlagou leur témoigna de la faveur et

« de la bonté. » Dans 1 Histoire de la Conquête de J érusalem (man. 714? fol; 237 v°) : I !

aJLSÎ j JLjLwlj « Le sultan lui témoigna sa considération, en venant personuelle-

" ment a sa rencontre, et lui donnant des preuves de bienveillance. » Dans le Kdmel, ou plutôt dans

1 histoire de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (tom. VII , pag. 164) ; «cJæ Jvéd « Il lui témoigna

« une extrême faveur.» Et plus loin ( ibid.'j : Dans Y Histoire de Kaïrowan (manuscr. 7Ô2,

fol. 79 v°) : .LylxJl J-dô jJ « H ne lui témoigna pas la considération

«que l’on doit montrer aux savants.» Plus loin (fol. 81 r°) : àJb Jjsl. Dans l’histoire

d’Ahmed-Askalâni (tom. II, fol. 147 v°) : tjJùj C.& îjiodj iAc. J Là! d «Il

«jouissait d’une extrême considération : on la lui témoignait, on s’empressait de s’instruire à son « école, et on le révérait. » Dans Y Histoire biographique d’Ebn-Khallikan (f. 325 r°), on lit : &J! ^à!; mais je crois qu’il faut à aJ! substituer

(48) Ce mot désigne : Des chevaux qui étaient stationnés à tour de rôle, devant le palais du souverain, afin qu il put les monter, quand il lui en prenait envie. On lit dans la Description de l’Êgypte de Makrizi (man. 798, fol. 182 r°) : <b*JI Dans l’histoire d’Abou’lmahâsen (man. 66 3,

fol. 194 re) : i/y'3 Aous apprenons par le témoignage de Masoudi que, dès le com-

mencement de la dynastie des Abassides, des chevaux, désignés parle même nom, étaient constamment placés devant le palais du khalife. On lit dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. 689, fol. 21 v°) : ^ hj) jLs. j.s>. «On conduisait quinze attelages de dromadaires,

«qui portaient des housses d’étoffe d’or. »

et des forteresses du territoire d’Amâdieh ïoLy*3! ^4üj| (49). Moudjahid reçut le titre de prince du Djézirah, etModaffer de prince de Sindjar. Tous baisèrent la terre au

(49) L’auteur de V Histoire des Cardes (man. de Ducaurroy 88, fol. 37 v°), parlant des princes curdes d ' A mâche h aoI^s , s’exprime ainsi : « Dans l’origine, ils vinrent du canton de Schems-eddin « ^jjJ! à Amâdieh. Leurs pères et leurs ancêtres possédaient la forteresse de Târon

« IL , située dans le district des Schems-eddin » Puis, il ajoute : « La

«forteresse d’Amâdieh fait partie du Djézirah. Elle fut fondée, sous le règne des sultans

« Seldjoucides, par Imad-eddin-Zenghi-ben-Ak-sonkor, prince de Mausel et de Sindjar. La citadelle « et la ville sont situées sur- une colline, de forme ronde. Quelques-uns des quartiers sont élevés au- « dessus du sol environnant, à une hauteur de cent coudées; d’autres, à celle de cinquante; d’autres, de soixante, et d’autres, de vingt. Des fouilles faites en deux endroits, dans l’intérieur de la cita- ■ delle, ont fait découvrir une source, dont l’eau fournit à la consommation des bains, du collège et de leurs dépendances. L’eau que boivent les habitants de la ville est amenée du dehors à dos d’animaux. Le langage que l’on parle dans ce canton est le curde, et un arabe corrompu. Les habitants « sont bons, religieux, naturellement enclins à la vertu et aux bonnes œuvres. Les princes d’Amâdieh « y ont fait élever des mosquées, des collèges; et des savants et des hommes de mérite s’y occupent « constamment à étudier ou à professer les sciences qui ont trait à la religion , à perfectionner dans « eux-mémes ou chez les autres , la connaissance de la piété. »

L’auteur, passant en revue quelques tribus curdes, établies sur ce territoire, ajoute : « La rivière « de Zi coule dans le canton d’Amâdieh ; on la nomme autrement Nahar-alheitvdn ^

« (le fleuve de la vie). » Puis (f. 38 v°), il continue en ces termes : « Parmi les places les plus célèbres du territoire d’Amâdieh est la forteresse d’Akrah ïJis- à laquelle est jointe une petite ville a..*æ9 , « nommée IVâri îj, qui est habitée par douze cents familles de Musulmans et de Juifs. Non loin «de là est la forteresse de Schousch Aab. » Ailleurs (fol. 5o r°) , l’historien place Amâdieh

avec Kourkil J et d’autres places, dans la province de Bedlis. Au rapport d’Ebn-Athir ( Kd/ncl , tom. Y, pag. 5g), et d’Abou-Schâmali (man. 707 A, fol. 20 r°), «Ce fut l’an 537 de l’hégire (de «J. C. 1142) que le célèbre Imad-eddin-Zenghi, après avoir pris et ruiné la ville de Schabâni Axis « qui était une des places les plus considérables et les plus fortes du pays des Curdes, fit

n construire une forteresse que, de son nom, il appela A-OL^e- Imâdieh ou Amâdieh. » Ebn-Athir (tom. VI, pag. 3x3) place cette ville dans la province de Mausel. On peut voir, sur ce qui la concerne, les observations de M. Rich ( Résidence in Koordistan, tom. I, pag. 1 53, i56). Quant aux deux villes nommées Akr jic., jix)] , ou Akrah Vj'sls-, et Schousch ^pj^, elles sont plusieurs fois indiquées par les écrivains orientaux. On lit dans le Kdmel d’Ebn-Athir (tom. V, pag. 5) : « Parmi les «forteresses des Curdes Hamidis ajA^s-^I .iLS^Î, on distinguait Akr^üxjt Axi’â et Schousch a*1s «(j^pyL) Ailleurs (t. YI , p. 37 et 247) l’historien nomme la forteresse d’Akr, du territoire des

Hamidis ‘b.X.ysdl jà&. Plus loin (pag. 247) il dit : «La forteresse d’Akr Axis , et celle de « Schousch (ç^pj^>) sont situées dans le voisinage de Mausel. » Ailleurs (p. 293) il s’exprime en

ces termes : « La forteresse de Schousch pj £>) qui dépend du territoire des Hamidis, est située

« sur le sommet d’une haute montagne, à douze parasanges de Mausel. » Nowairi (26e partie, m. de Leide, fol. 3g r°) raconte que, dans l’année 528 de l’hégire (de J. C. n33) , Zenghi s’empara des forteresses des Curdes Hamidis. parmi lesquelles on distinguait Akr^i*)! et Schousch ^pj-^ Aab-

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moment où ils revêtirent les robes d’honneur. Le sultan leur envoya des tambours des drapeaux et des sommes d’argent. On les dispensa de venir, en personne, faire leur cour au sultan ^ partirent pour Damas, et assis-

tèrent, dans la citadelle de cette ville, à la grande réunion des habitants de la Syrie ^LdJt , revêtirent les robes d’honneur, et baisèrent la terre. Après

quoi, ils sortirent accompagnés de l’atabek, qui portait les insignes du sultan.

Il leur fit un présent considérable, au moment où ils allèrent jouer à la paume. Bientôt, on vit arriver à Damas, Melik-Aschraf-Moudaffer-eddin-Mousa, prince de Hems, Melik-Mansour, prince de Hamah; chacun d’eux avait avec lui quatrevingt mille pièces d’argent, deux charges d’habits, et des chevaux. Ils parurent dans la ville escortés des émirs, qui marchaient devant eux avec les attributs de la souveraineté. On leur délivra des diplômes d’investiture qui leur confirmaient la possession des villes soumises à leur autorité , et augmentaient leurs apanages. Ensuite, ils reprirent la route de leurs principautés.

Le sultan avait d’abord eu le projet de faire accompagner le khalife par un corps de dix mille cavaliers, qui ne l'auraient point quitté, jusqu’à ce qu’il eut été paisible possesseur de Bagdad. Il voulait que les fils du souverain de Mausel restassent à la cour du khalife; mais un de ces princes, se trouvant seul avec le sultan, lui conseilla de ne point réaliser ce projet. «En effet, lui dit-il, dès que «le khalife se verra maître de Bagdad, il agira hostilement avec vous, et vous 284 «enlèvera la souveraineté de l’Egypte.» Le sultan, frappé de cet avis, ne fit partir avec le khalife qu’un corps de trois cents cavaliers. L’émir Seïf-eddin-Belban- Reschidi et l’émir Schems-eddin-Sonkor-Roumi, furent envoyés à Alep, avec ordre de se diriger vers les bords de l’Euphrate; et dès qu’ils recevraient une lettre du khalife, un d’eux devait se rendre auprès de ce prince.

Le sultan monta à cheval pour faire ses adieux au khalife. Ce dernier partit , accompagné des trois fils du prince de Mausel; mais chacun d’eux le quitta en route pour se rendre dans ses Etats. Le khalife étant arrivé dans la ville de Rahbah, fut joint par l’émir Ali-ben-Hodhaïfah, de la tribu de Fadl, à la tête de quatre cents cavaliers arabes. Environ soixante Mamlouks de Mausel vinrent grossir sa troupe. L’émir Izz-eddin-Berkeh arriva de la ville de Hamah, accompagné de trente cavaliers.

M. Rich fait mention du district à' Akra ou Nanukor , situé dans la province d’Amadia ( Residen.ee in Koorclistan , tom. I, pag. 276; tom. II, pag. 19) , et de la montagne S Akra ( ibid .).

Le khalife partit de Rahbali, et se rendit à Meschhed-Ali; il y trouva un personnage , qui prétendait appartenir à la famille d’Abbas. Il avait réuni autour de lui sept cents cavaliers turkomans, qui lui avaient été envoyés d’Alep par l’émir Scbems-eddin-Akouscb-Bereki ; ces soldats, gagnés par les sollicitations et les promesses du khalife, allèrent grossir son cortège. Le khalife écrivit à son compétiteur, lui offrit une amnistie, et le pressa d’agir de concert avec lui pour relever la puissance des enfants d’Abbas ; ces propositions furent acceptées. Le prétendu Abasside vint trouver le khalife, qui lui tint religieusement parole , et le logea dans sa propre maison; après quoi, il se rendit à Anah, et puis à Hadithali, et prit la route de Hit. Il écrivit à Melik-Dâher, pour lui rendre compte de ce qu’il avait fait.

Cependant, l’émir Sandjar-Halebi ayant quitté Alep, pour se transporter à Damas, la première de ces villes tomba au pouvoir de l’émir Scbems-eddin- Akouscb-Bereki. Il écrivit au sultan pour l’assurer de sa soumission ; mais le prince exigea qu’il vînt en personne, lui faire hommage. Les deux émirs, Seifeddin-Reschidi et Sonkor-Roumi étant partis de Damas, Akouscli quitta Alep; les deux émirs entrèrent dans cette ville, et se dirigèrent de là vers l’Euphrate. Le sultan fil des courses sur le territoire d’Antioche, et ne revint sur ses pas qu’après avoir enrichi ses troupes, recueilli un butin considérable, et livré aux flammes les moissons et les chariots des Francs. Il nomma pour gouverneur d’Alep l’émir Ala-eddin-Bondokdari; il séjourna dans cette ville au milieu d’une cherté excessive de tous les objets, et d’une pénurie universelle. A peine le sultan avait-il quitté la ville, que les Francs lui envoyèrent des provisions, et demandèrent la paix ; il hésita , et exigea d’eux des conditions auxquelles ils refusèrent de souscrire; alors, il les traita avec mépris. Les troupes étaient déjà en marche pour entrer sur les terres de l’ennemi, du côté de Balbek. Les Francs supplièrent le sultan de retourner sur ses pas; la disette régnait alors sur toute la Syrie. La paix fut conclue; on convint que les choses resteraient sur le pied où elles avaient été jusqu’à la fin du règne de Melik-Nâser, et que les prisonniers qui avaient été faits depuis cette époque seraient mis en liberté. Des ambassadeurs francs arrivèrent avec la mission de recevoir les actes du traité, et de négocier une trêve pour le seigneur de Jaffa et le prince de Beïrout ; comme les Francs faisaient des difficultés relativement aux prisonniers, le sultan ordonna de faire transférer de Naplouse i Damas, les prisonniers francs, et de les faire travailler

an 65 9 (1261). IV. MELIK-DAHER-BIBARS. 169

aux constructions. Les Francs prétendaient avoir droit (5o) à une indemnité pour la ville de Zerin ; mais il leur fut répondu : « Vous avez, sous le règne

«de Nâser, reçu, en échange de cette place, celle de Merdj-oïoun ^ : vous «avez conclu un autre accord du même genre avec le souverain de Sis, et vous « avez entre vos mains le prix que vous avez reçu : comment osez-vous réclamer «un double dédommagement? Si vous vous en tenez aux clauses du traité, à «la bonne heure, sinon, notre seule occupation est de faire la guerre aux « infidèles. » L’émir Djemâl-eddin -Mohammed se mit en marche à la tête d’une armée, fit des courses sur les terres des Francs, revint sain et sauf et chargé de butin. Un autre corps de troupes tomba sur les Arabes de Zobaïd, qui avaient commis de graves désordres, en tua un grand nombre, et revint avec un riche butin. Le sultan ayant mandé les émirs arabes , leur fit des présents, leur accorda des propriétés territoriales, et leur confia la surveillance (5i)

(50) Je lis , au lieu de

(51) Le mot au pluriel signifie, si je ne me trompe : Le soin que l’on p/ctid

<1 une personne ou d’une chose, la surveillance que l’on exerce. On lit dans le Inschd (fol. 128 r°) : iSji <çis j j iüli «Il avait le soin d’ouvrir et de fermer cette porte, et était

« chargé de son entretien. » Ailleurs, en parlant d’une forteresse (fol. 127 v°) : 4.À.S « C’était

« lui qui en avait la garde. » Dans Y Histoire de la Conquête de Jérusalem (man. 714, fol. 263 r") :

Js.sLà'*w» « Il était alerte pour faire la garde, et exercer la surveillance. » Dans l’histoire d Ebn-Khaldoun (tom. VI, fol 4 r°) : ÜbL*Jt « Us étaient chargés d’avoir soin des

«voyageurs. » Dans l’ouvrage d’Imad-eddin-Isfahâni (f. 171 v°) : ! j 'JlSj* J! llJJî oXJj'

hisr-M ^ «Cette nuit, il renforça les védettes, et leur enjoignit de faire la garde avec une «extrême vigilance.» Dans le Inschd (fol. 102 r°) : ^ J bLU ^ ^ «Us ont

« un chef de leur nation qui est chargé de veiller sur eux. » Dans l’ouvrage de Khalil-Dâheri (fol. 118 r°) : I j Ü.0LÜ «L’action de placer des garnisons et des sur-

veillants. » Dans Y Histoire d'Égypte d’Ahmed-Askalâni (tom. II , fol. 102 v°) : wAj^Î ^

^ v— “F prenait des informations, sur cette matière, auprès des surveillants.» Dans la T ie de btbars (m. 8o3, f. 32 r°) : lJ.xj j JjbJI «il astreignit les Arabes

«des tiibus dAid, de Djerm, de Thalebah à veiller à la garde de la province.» Dans le Inschd (fol. 108 v ) : l9j.U I j J>^U| j J.=s. I j Lj I «Les surveillants établis

« dans les places frontières, les ports, dans les provinces, sur les routes. » Dans l’histoire d’Ahmed- Askalàni (man. 656, fol. 64 r°j : j « Il était chargé de la garde de la

« ville d Yezd , et de la province du Kerman. » Dans l’ouvrage d’Imad-eddin-Isfahâni (f. 1 5 1 r°) :

^5. ÂJjJ! «Il plaça en faction du côté des Francs une garde avancée, à la-

« quelle il recommanda la vigilance.» Et enfin, dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (man. 689,

des diverses provinces, en les obligeant à garder les passages jusqu’aux frontières de l’Irak. Il concéda, par un diplôme, à l’émir Scherf-eddin-Isa-ben- Mohanna, le titre d’émir de tous les Arabes; il nomma l’émir Ala-eddin-Hadj- Taïbars-Wéziri , gouverneur de Damas; et choisit pour remplir les fonctions de kadi de cette ville, le kadi Schems-eddin-Abou’labbas-Ahmed ben-Mohammed-Ebn- Kliallikan, en remplacement de Nedjm-eddin-Abou-Bekr-ben-Moliammed, qui fut gardé à vue et envoyé au Caire. Le diplôme d’investiture jJlij'd’Ebn-Kliallikan, fut lu le vendredi, neuvième jour du mois de Dhou’lhiddjah; on lui donna l’exercice de l’autorité judiciaire, depuis Arisch jusqu’à l’Euphrate, l’inspection de

tous les wakfs v ${3^ telles que mosquées, mdreslân (hôpital), collèges et autres

fondations pieuses , et le droit de professer dans sept collèges.

Le sultan partit de Damas, le samedi, dix-septième jour du même mois, pour se rendre en Egypte. A la fin du mois de Schewal, il destitua le kadi des kadis, Tadj-eddin-ben-Bint-Alaazz, et lui ôta le titre de kadi de Misr et de la partie méridionale de l’Egypte; il lui donna pour successeur le kadi des kadis, Borhaneddin-Khedr-Sindjari. Ebn-Bint-Alaaz resta en possession de la place de kadi du Caire et de la partie septentrionale de l’Egypte. Le sultan donna ordre de bâtir un wwc/i/ieâ((monument) dans le lieu nommé Aïn-Djalout.

Cette même année, le sultan écrivit (5a) au sultan Bérékeli, pour l’engager 286 à faire la guerre à Houlagou. Cette démarche eut pour motifs les bruits qui s’étaient répandus, que Bérékeli avait embrassé l’islamisme.

Les Tatars qui étaient restés en Syrie, firent une incursion sur le territoire d’Alep, et y portèrent le ravage ; Baidera leur chef, vint camper devant cette ville, et la resserra étroitement, en sorte que le prix des denrées augmenta dans une proportion excessive, et que les vivres manquèrent presque complètement; mais à l’approche de l’armée du sultan, les Tatars levèrent le siège et s’éloignèrent.

L’émir Scliems-eddin-Akousch-Bereki-Azizi s’empara de la ville d’Alep; il réunit auprès de lui les Turcomans et les Arabes. Après avoir séjourné dans cette

fol. 23 r°) : SyL-^J j àJæ [ySaJô ^L> > éjj! J—j l «Il adressa des

« lettres aux surveillants, pour leur enjoindre d’arrêter cet homme et de l’étrangler. - De là vient le

verbe qui signifie : Confier la garde , la surveillance. On lit dans la Vie de Bibars (man. 8o3,

fol. 61 v°) : .ihLJI ifjb j I)j3 Lias ^pjJ! «II nomma Seïf-eddin-

Atâ-ben-Azaz émir des Arabes de Barkah, et le chargea de la garde de la province. »

(52) Je lis au lieu de j.

an 660(1262). IV. MELIK-DAH ER-B1BARS. 171

place, l’espace d’environ quatre mois, il se dirigea vers Birali, dont il se rendit maître; ensuite, il partit pour Harran où il fixa son séjour. Tantôt il s’approchait d’Alep, tantôt il s’en éloignait , par l’effet de la crainte que lui inspiraient les armes du sultan. Cependant les Benou-Merin passèrent le détroit (de Gibraltar) pour aller attaquer les Francs , et remportèrent la victoire.

Melik-Modaffer-Iousouf-ben-Omar-ben-Resoul, souverain du Yémen , fit cette année le pèlerinage de la Mecque, couvrit d’un voile la Kabah , et distribua en aumônes des sommes considérables.

Cette année vit mourir: i°Melik-]Nâser-Salah-eddin-Iousouf, fils d’Aziz-Mohammed, petit-fils de Dâher-Gazi, arrière-petit-fils de Nâser-Salali-eddin , prince d’Alep et de Damas; ce fut le dernier souverain de la famille d’Aïoub. Il était âgé de trente-deux ans, et en avait régné vingt-quatre. Il fut tué par ordre de Houlagou ;

•2° Melik-Sâleh-Ismaïl-ben-Moudjahid-Schirkouli- ben -Kâber-Mobammed-ben- Mansour-Asad-eddin-Scbirkouh-ben-Schadi , prince de Hems; il péril de mort

violente; 3° le lettré* .<obM Moukhlis-eddin-Abou’Jarab-Ismaïl-ben- Omar-ben-

Iousouf-ben-Karnas-Hamawi.

Le second jour du mois de Moharram , le sultan arriva de Damas. La cherté AN des grains se faisait sentir dans cette ville; le ghirdrah ïj\j£ de froment monta 660. jusqu’à quatre cent cinquante pièces d’argent, et beaucoup de personnes moururent de faim.

Cependant Karaboga, général des Tatars , que Houlagou, lors de son retour vers les contrées orientales, avait établi gouverneur de Bagdad, partit de cette ville pour aller combattre le khalife Mostanser-billah; il pilla la ville d’Anbar (53) et égorgea tous les habitants. Il fut joint parle reste des Tatars qui se trouvaient à Bagdad. Le khalife s’avança à la rencontre de l’ennemi , et rangea ses troupes en bataille; il plaça aux deux ailes les Turcomans et les Arabes, et se réserva un corps d’élite, dont il forma le centre de son armée. Il fondit en personne sur les Tatars, et rompit leur avant-garde; mais il se vit trahi par les Arabes elles Turcomans, qui refusèrent de combattre. Des troupes que l’ennemi avait mises en embuscade, s’étant montrées tout à coup, les Arabes et les Turcomans prirent ouvertement la fuite. Les soldats qui restaient autour du khalife furent enveloppés de toutes parts, et massacrés; il n’en échappa que l’émir Abou’labbas-

(53) Je lisjLj^l, au lieu ile^Lé^l.

Ahmed, qui se rendit en Égypte, où il reçut le surnom de H dkem -biiam /■j-allah ainsi que les émirs Nâser-eddin-ben-Mohanna , INâser-eddin-ben-Sairam , Sâbek- -87. eddin-Bouzia-Saïrami, Asad-eddin-Malimoud, et environ cinquante hommes de la milice. On ignore quel fut le sort du khalife; suivant les uns, il fut tué dans le combat, le troisièmejour du mois de Moliarram ; suivant d’autres, ayant été blessé, il se réfugia chez une tribu d’Arabes et mourut au milieu d’eux. Ce combat fut livré dans la première dixaine du mois de Moliarram. Le khalife avait régné moins d’une année. Les dépenses faites par Melik-Dâher, pour le khalife et les princes de Mausel, s’élevèrent à un million soixante mille pièces d’or. Melik-Sâleh-Imadeddin-Ismaïl resta dans sa principauté de Mausel; ses deux frères Ishak et Ali, redoutant les attaques des Tatars, se retirèrent en Syrie. Ils vinrent trouver le sultan, au château de la Montagne, et furent reçus de la manière la plus distinguée; ils conjurèrent le prince d’envoyer un corps d’armée au secours de leur frère. Le sultan fit en effet partir l’émir Schems-eddin-Sonkor-Roumi, à la tête d’une troupe composée de Bahris et de soldats de la Halkah. Ils partirent du Caire, le quatrième jour du mois de Djoumadah premier. Le sultan écrivit à Damas pour ordonner le départ de la garnison de cette ville, sous le commandement de l’émir Ala-eddin- Hadj-Taïbars. Les deux corps quittèrent cette ville, accompagnés de Moëzz-eddin- Abd-alaziz-ben-Wadâali. La citadelle de Birah tomba au pouvoir des généraux du sultan ; ce prince conclut la paix avec Melik-Moughith, prince de Karak, après quoi, il fît en personne la revue des troupes égyptiennes, et leur fît prêter serment de fidélité à son fils Melik-Said-Nâser-eddin-Khakan-Bérékeh-klian, qu’il avait désigné pour son successeur.

Le dimanche , vingt-unième jour du mois de Safar, on vit arriver à Damas l’émir Abou’labbas-Ahmed, qui prit le surnom de Hdkem-biamr-alla/i ; il partit de cette ville, le jeudi vingt-sixième jour du même mois, pour se rendre en Égypte. Il arriva sous les murs du Caire, le vingt-septième jour de Rebi premier. Le sultan sortit en pompe à sa rencontre, lui assigna pour demeure la grande tour située dans l’intérieur du château de la Montagne, et lui fit fournir tout ce qui pouvait lui être nécessaire.

Au milieu du mois de Redjeb, quelques habitants de Bagdad, qui avaient été Mamlouks du khalife, et qui, après la mort de ce prince, étaient restés dans l’Irak, arrivèrent en Égypte sous la conduite de l’émir Seïf-eddin-ben-Selar ; le sultan les accueillit avec bienveillance. Il donna à l’émir Selar le grade d’émir de

[Y. MELIK-DAHER-BIBARS. 1 7*3

cinquante hommes , en Syrie, et lui assigna la moitié de la ville de Naplous; ensuite il l’appela en Égypte et lui conféra le rang d’émir de tabl-khanah (54).

(54) Le mot tabl-khanâh ou 4 Is1™5 désignait : Des tambours qui, joints à des trom-

pettes et à d'autres instruments , se faisaient entendre, à plusieurs moments du jour, à la porte des

souverains et des personnages élevés en dignité. Abou’lmahâsen dit (man. 671, foi. 149) : ' objJl

ïlil^Éid) ()n lit dans Y Histoire d’Égypte d’Ebn-Aïas (tom. II, fol. 206) : Sj ^ ^ ,

ûL/j ïUlsr-É^3 « Il ordonna de battre des tambours et des timbales. » Quelquefois le mot est mis au pluriel, comme dans ce passage de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (fol. 3 9 4 v°) : ïULs.

« On bat des tambours. » Dans mes notes sur Y Histoire des Mongols, j’ai donné des détails assez étendus sur l’usage, tel qu’il existait à Bagdad et dans les contrées plus orientales, de battre le tambour et de jouer d’autres instruments, à la porte des principaux personnages de l’État. En Égypte , la meme coutume s’était introduite. Suivant Khalil-Dàheri (foi. 25i r°) : « Le tabl-khanâh « qui se faisait entendre à la porte du sultan, se composait de quarante charges de timbales « de quatre tambours Ji^aO de quatre hautbois et de vingt trompettes jJu. Il était dirigé

«par un chef qui avait sous ses ordres un grand nombre de subalternes.» Au rapport

d’Abou’lmahâsen (manuscrit 663, folio 5o recto), et d’un écrivain anonyme ( Histoire d'Egypte, de mon manuscrit, folio ni recto), le vizir Izz-eddin-Aïbek-Bagdadi, qui vivait sous le règne de Mohammed-ben-Kelaoun, fut le quatrième vizir d’Égypte, à la porte duquel on battit le tambour. Plusieurs émirs jouissaient de cette prérogative; et, pour cette raison, chacun d’eux prenait le titre d ' émir tabl-khanâh , ou émir des tambours. Suivant le témoignage de Makrizi ( Solouk ,

tom. I, pag. 83o), et d’Abou’lmahâsen (man. 663, fol. 119 r°), l’émir Seïf-eddin-Behadur-As, qui vivait vers l’an 730 de l’hégire (de J C. 1329), faisait battre le tambour à sa porte trois fois par jour. Au rapport de l’auteur du Kâmel ou plutôt de Djemâl-eddin-ben-Wâsel (tom. VII, pag. 209), «Abou’labbas faisait porter auprès de lui de grands tambours, garnis de peaux de bœufs, tels que «ceux qui avaient été à l’usage des khalifes, et les faisait battre d’une manière effrayante» ^

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