I. MELIK-MOEZZ-AIBEK
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et Sadr-Eddin, kadide la ville d’Amid, qui avait été un des principaux personnages de l’État, sous le règne de Melik-Sâleh.
Le dix-neuvième jour de, Schaban , en vertu d’une résolution adoptée unanimement par tous les membres du gouvernement, on procéda à la démolition de la ville de Damiette. On fit partir du Caire, pour cet effet, un grand nombre de carriers , de maçons , et d’ouvriers de tout genre. Les murailles furent abattues , et la ville entièrement rasée. La grande mosquée échappa seule à la destruction. Quelques-uns des plus pauvres habitants se construisirent des cabanes de roseaux sur le bord du Nil, au midi du terrain qu’occupait la ville, et tracèrent ainsi le plan d’une nouvelle enceinte LAL», sur l’emplacement de laquelle s’est élevée la Damiette de nos jours.
Le vingt-sixième jour du même mois, on arrêta l’émir Djemal-eddin-Nedjebi ; et le lendemain, Akesch-Adjemi fut également conduit en prison.
Cependant, Melik-Nâser, souverain delà Syrie, à l’instigation de l’émir Schemseddin-Loulou-Amini, résolut d’entreprendre la conquête de l’Égypte. Il partit de Damas, à la tête de ses troupes, le dimanche, quinzième jour du mois de Ramadan. Il avait avec lui Melik-Sâleh-Ismaïl , fds d’Adel-abou-Bekr, fds d’Aïoub, Melik- Ascbraf-Mousa, fds de Mansour, Ibrahim, fds de Scliirkouh, Melik-Moaddam- Touranschab, fds du sultan Salah-eddin le grand, Nosret-eddin , frère de Touranschah, Melik-Dâher-Schadi, fds de Nâser-Daoud, et son frère Melik-Amdjed- Hasan , Melik-Amdjed-Abbas, fds d’Adel , et plusieurs autres princes. Cette nouvelle porta l’effroi dans le gouvernement de l’Égypte. On donna ordre de rassembler les Arabes du Saïd. Le second jour de Schewal, au moment où l’on apprit l’arrivée de Melik-Nâser à Gazali, l’on fit arrêter plusieurs émirs qui étaient soupçonnés de favoriser secrètement les prétentions de ce prince.
ces termes : «La garde de la porte du prince, et le soin de le soustraire à l’importunité du public, sont «confiés à un dignitaire qui porte le titre de Mezwdr Ce mot désigne le chef des Djanclars
«ij J Lard çXi.*, qui sont placés constamment à la porte du sultan , pour accomplir ses ordres, faire
« subir les châtiments qu’il a décrétés, exécuter ses arrêts sévères, et garder ceux qui sont détenus «dans les prisons. » L’auteur de l’ouvrage intitulé Mesalek-alabsar (man. arab. 583, fol. 179 r°), après avoir donné sur les fonctions de 1 ' Émir-Djandcir les détails que l’auteur de Xlnscha lui a probablement empruntés, ajoute : «Si le sultan veut faire appliquer à la torture ou mettre à mort un homme, «c’est X Emir-Djandar qui est chargé de l’exécution de la sentence. Aussi, dans les voyages du prince, «il est soir et matin occupé à faire la garde autour de lui, accompagné de son cortège ordinaire. » On peut voir sur ce mot M. Silvestre de Sacy, Chrestomat/iie arabe, tom. II, pag. 178.
Le lendemain, la nouvelle s’étant confirmée, on se prépara sérieusement à la guerre, et l’on fit revenir les chevaux qui étaient au vert , £* j! ! ^ I ( 1 6).
16. Le mot ^-Oj qui, dans son acception primitive, désigne le printemps, s’emploie, surtout en Egypte, pour signifier un champ couvert d’orge, de trèfle, et autres plantes, encore en herbe, et dans lequel on laissait les chevaux paître en liberté, afin que l’usage de cette nourriture rafraîchissante et pleine de suc les délassât de leurs fatigues , et leur donnât de nouvelles forces. On lit dans l’histoire d’Ahmed-Askalani (man. arab. 65 6, fol. i63 v°), en parlant des chevaux du sultan : l^sdJaj j~d « 11 ordonna de les ramener des pâturages de Djizeh. » Dans le Kâmel d’Ebn-Athir
(manuscrit, tom. VU, pag. 204) : ^ja , djjJi jLiaa.l! « 11 commanda de faire venir
«du pâturage les animaux destinés à être montés. « Dans la vie de Bibars (man. arab. 8o3, fol. 62 r°): idt- ibjS'jA ^.w^l ! ^»ld l^it « On était alors à l’époque où l’herbe est verte, et
«où les chevaux de l’Islamisme sont attachés dans les champs. >> Dans l 'Histoire d’ Égypte d’Abou’lmahasen (man. arab. 663, fol. 184 v°) : «On ne trouva point
« de chevaux, attendu que ces animaux étaient alors au vert. « Dans le Mcinhel-safi du même auteur
(tom. 111, man. arab. 749, fol. i52 v°) : ^ j)\ U « Il ne vit point
«le pâturage, et n’alla point à Djizeh, sur l’autre rive du Nil. » Plus loin ( ibid .), on lit : ^jUaLJ! djla j)\ ^Ji Âcj ^Jt Jjp ! « Le sultan lui dit : Descends aujourd’hüi, et passe le fleuve, pour te « rendre au pâturage. » Ailleurs ( ib . v°) : ULd <sj ! j I id- ’.J) « 1 1 se dirigea vers le pâturage ,
«et y séjourna plusieurs jours.» Et enfin (fol. 201 r°) : ^CA* " H passa sur la rive de
«Djizeh , pour aller chercher le pâturage. » Dans le Commentaire de Soïouti sur le Mogni (man. arab. 1238, fol. 100 r°), on lit, en parlant du petit d’une autruche : gOjJ! !^a> « Lui qui mangeait
«l’herbe tendre. » Dans V Histoire d'Égypte d’Ahmed-Askalani (t. II, fol. 100 r°) : ^UaLd!
aLzL « Le sultan était dans les pâturages de ses chevaux. » Ailleurs (fol. 1 1 8 r°) : J V>>‘
iLi. A4* t «Tarbaï se rendit auprès de ses chevaux qui étaient au vert à Djizeh. » Et enfin (fol. 128 r°): (J*) ç^~»j ^UaLJî « Le sultan se rendit à Wasim,
«dans le canton de Djizeh, à l’époque où les animaux sont au vert. » De là on a formé le verbe / » / , çjj à la seconde forme, qui signifie mettre un cheval au vert. Dans la Description de l' Egypte de
Makrizi (man. arab. 798, fol. 188 v°), on lit : ^djA Çj* jv^djdî ^ « Ils avaient des champs
«de trèfle, pour mettre leurs animaux au vert. » Et plus bas ( id . ibid.) : ^Jî ^LLLJÎ L°a4&
^ ^ " Lorsque le sultan allait visiter ses chevaux qui étaient
«au vert, à l’époque où leur temps était fini. » Dans l 'Histoire cl’Égypte d’Abou’lmahasen (man.
arab. 663, fol 60 v°), on trouve ces mots : As». îj « Qu’ils laissent leurs chevaux au
«vert l’espace d’un mois. » Dans la continuation de l’histoire d’Elmacin (man. arab. 619, fol. 52 v°) :
^3 j ÇjJ ^ “ *^e mettrai mes chevaux au vert; puis je reviendrai vous
« trouver à l’époque de l’hiver. » Ces faits sont parfaitement confirmés par le témoignage des voyageurs
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Le lundi, huitième jour de ce mois, l’émir Hosam-eddin-abou-Ali partit du Caire. On était alors en hiver. •
Le neuvième, l’émir Fâres-eddin-Aktaï le djemdar, chef des Mamlouks-Bahris, se mit en marche, à la tête du principal corps d’armée, composé de Turcs. Le reste de l’armée partit le onzième jour du même mois, et la réunion eut lieu dans la ville de Sâléhieh.
Le samedi, i3 du même mois , Melik-Moëzz-Aïhek nomma pour gouverner l’Égypte en son absence, l’émir Ala-eddin-Bondokdari. 11 donnait des audiences continuelles dansles collèges de Sàleh accompagné des déléguésde
la maison de justice J w>îy,afin dérégler les affaires, et déjuger les procès.
Le samedi, 20 du même mois, on proclama la prohibition de la vente du vin et l’abolition de l’impôt unique tbjij! i^î (17).
européens qui , à différentes époques , ont parcouru l’Egypte. Pierre Martyr, dans le récit de son ambassade ( Legatio Babylonica , Basilœ , i533, fol. 89 v°), après avoir raconté l’excursion qu’il avait faite aux Pyramides, continue en ces termes : « En traversant les prairies qui bordent le Nil , « nous rencontrâmes des troupeaux immenses de chevaux et de chameaux, et des tentes de « Mamlouks, disposées en forme de camps. Nous apprîmes de notre drogman que, dans l’Egypte,
« c’est aux mois de janvier et de février que l’on met les animaux au vert; et que les tentes qui « de tous côtés frappaient notre vue , étaient destinées à servir, pendant la nuit, de retraite aux « esclaves chargés du soin de ces divers animaux. » Puis il ajoute : « Je fus curieux de connaître « la méthode que l’on employait pour nourrir ces animaux, de manière à ce qu’ils ne pussent avec « leurs pieds gâter le pâturage. Et voici ce que j’appris. Aussitôt que chaque Mamlouk, avec ses « chevaux et ses chameaux, a occupé l’espace de terrain qui lui est assigné , chaque esclave attache « ces animaux par les jambes de derrière à des poteaux formés de pièces de bois passées au « feu, de manière à ce que l’animal puisse à peine, en étendant le cou, prendre l’herbe avec ses « dents. Dès que cette herbe se trouve consommée, on arrache les poteaux, et on les transporte un « peu plus loin. Chaque jour, on fait ainsi avancer les animaux, jusqu’à ce que l’on arrive aux « dernières limites du pâturage; car, les diverses parties de ces champs, après avoir été mesurées, « sont assignées par le sultan à chaque Mamlouk, en proportion du rang qu’il occupe. « Suivant le témoignage de Prosper Alpin [Reram Ægyptiacarum , lib. I, t. I, p. 6 et 7), dans l’Égypte, au mois de novembre, on coupe le trèfle, que l’on réunit en bottes, et que l’on donne aux chevaux, pendant quelques jours, afin de conserver la santé de ces animaux. M. le comte de Chabrol ( Essai sur les mœurs de l’Egypte, p. 4a5) atteste également que, dans la saison du printemps, on fait manger aux chevaux de l’orge en herbe.
(17) Les mots ibj.iL se trouvent, avec le même sens, dans un passage de l’histoire de Nowaïri. On y lit (26e partie, man. arabe de Leide, fol. 120 v°) : « que dans la ville de Hamah , « un homme appelé Ibrahim-ben-alfrandjiah était le fermier de l’impôt particulier» ^ !jJ t <ü J Lib 1J^j tbjijî ^ 'd Lrsr-’jib I Le terme signifie souvent un impôt. L’ouvrage de Khalil-
Dâheri (man. arab. 695, fol. 222 v°) nous offre cette phrase : J-Las'-0 « Le produit
En même temps, on apprit par de nombreux rapports que Melik-Nâser était arrivé à Daroum. •
Le 29 du même mois, Melik-Moëzz fit revêtir d’une robe d’honneur Melik- 230 Mansour-Mahmoud, et son frère Melik-Saïd-Abd-almelik. Ces deux princes, fils de Melik-Sâleh-Ismaïl, avaient été mis en prison par ordre du sultan Melik-Sâleh- Nedjtn-eddin. On leur fit parcourir les rues du Caire, afin de persuader au peuple que leur père Melik-Sâleh favorisait le parti de Moëzz contre Melik-Nâser, en attendant que le sort des armes prononçât entre les deux rivaux.
Le mardi, premier jour du mois de Dhou’lkadali , on fit proclamer dans la ville du Caire que Melik-Moëzz et les Mamlouks-Bahris .avaient conclu un traité de paix avec Melik-Mougliith-Omar, fils d’Adel, prince de Karak. Le fait était entièrement faux. Mais on se proposait, par cette imposture, d’arrêter la marche de Melik-Nâser.
Le jeudi, troisième jour du même mois, Melik-Moëzz descendit du château de la montagne, à la tête des troupes qui étaient restées auprès de lui, et se rendit à Sâléhieh, où se trouvaient réunis les différents corps d’armée qu’il avait
«des impôts du territoire de Damiette.» Ailleurs ( ibid . fol. 209) : bjlil*
« Les droits qu’on levait à Teraneh et à Manfalout. » Dans le livre intitulé Inscha (man. arab. 1073, fol. i35 v°) on lit : Ij-sÇ j 1 y j Isë-l ! y I (lis. à.&ysy>)
«La charge appelée Naclar - aldjihat a pour attributions essentielles la perception des droits «qu’on lève sur les marchands, tant par terre que par mer.» Dans un passage de Manhel-safi, d’Abou’lmahasen (tom. III, man. arab. 749, fol. 119 r°) : j ''-■'W?' <3 “B â'1
« employé dans la perception des droits de douane et autres impôts. » Dans un autre endroit du même ouvrage (fol. 87 v°) : Jb «Il remplit plusieurs emplois de finances,
«à Karak et à Damas.» Dans l’histoire de Makrizi (man. arab.672, pag. 706) : i3s- v — J-kd
y «On supprima un grand nombre de droits levés sur les marchands. » Et plus loin (ibid.) : L^l «C’était le plus considérable des droits que levait le fisc.» Et dans un autre endroit du même ouvrage (tom. II, man. arab. 678, fol. 485 r°) : jft ^
<ula v «Il s’empara de tout ce qui lui était dévolu, et qui consistait en trois
« impôts. » Le mot , en passant dans la langue persane , a conservé le sens de biens , richesses.
On lit dans le Habib-assiar (tom. III, fol. 3o5 v°) : j! j “Bs
s’occupèrent à constater le montant de ses meubles et de ses biens. » Plus loin (fol. 3o8 v°) : w’L^
j « Ils saisirent les biens et les propriétés des maris. » Ailleurs (f. 3og r ) : « Des biens des émirs et des principaux personnages de 1 Etat. » Et enfin (fol. 358 v°) : vJUàL j jULCj jî «La plus grande partie des biens
« des innocents fut livrée au pillage. »
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